Review

Impossible d’être fan de dungeon-RPG à la première personne et de bouder la série des Etrian Odyssey qui fait son petit chemin sur les portables Nintendo depuis 2007. Véritable bouffée d’air frais, la saga a exhumé le genre pour le porter aux nues auprès d’un public aussi bien averti que totalement néophyte, mais surtout fans de ce type de jeu bien particulier. Sept ans après sa sortie sur DS, Etrian Odyssey Untold : The Millennium Girl valait-il le coup d’un remake sur Nintendo 3DS?

« Tu tiens ta carte à l’envers »

Une refonte graphique agrémentée de sympathiques animations

Errer au travers de tours et détours, aller à la rencontrer sans fin des monstres rôdant dans les labyrinthes, tracer des cartes les plus précises possibles… la recette Etrian Odyssey n’a pas été changée jusque-là, et à première vue, ce Millennium Girl semble être le parfait petit portage bien sage d’une console à une autre, qui ne fera pas de remous et ne révolutionnera pas le genre. Objection ! comme on dit dans le milieu. Le jeu a tout d’abord fait peau neuve, pour adopter un style graphique plus fin, plus détaillé, avec une patte cartoon/manga très jolie à regarder. Des animations ponctuent les interactions entre nos personnages, très bien réalisées et apportant une dynamique agréable quand le jeu et ses tableaux sont un peu répétitifs. La possibilité, pour les vieux de la vieille, de switcher de la bande-son réorchestrée à la bande-son chiptunes originale signée Yuzo Koshiro est une petite fantaisie en plus qui ne laissera pas indifférent.

Cet opus se la joue également « à la carte » (sans mauvais jeu de mot) afin d’être aussi bien accessible pour les débutants que pour les joueurs confirmés : de l’assistant de cartographie aux différents niveaux de difficulté, chacun y trouvera son compte et on ressent clairement une envie (ou un besoin ?) des développeurs d’élargir leur public au plus possible, ce qui peut être légèrement délicat avec un genre de niche comme celui du dungeon-RPG à la première personne.

Libre-arbitre, choix, ta mère et moi

Des combats intenses et à la difficulté paramétrable

Toutes les features du jeu sont donc modifiables ingame : la difficulté est un peu trop retorse ? Pas de soucis, il est possible de passer en mode « Pic-Nic » à tout moment et de revenir à une difficulté normale, voire hardcore pour ceux rôdés à ce type d’exercice et en quête de challenge. Le joueur aura donc toujours accès aux options de jeu et aura sans cesse cette possibilité du choix afin de continuer son aventure « à la carte », comme évoqué précédemment. Le choix qui fait bouder, c’est qu’en 2014, il est toujours impossible d’avoir plus d’un seul slot de sauvegarde et donc une seule partie. Sachant que le jeu propose un mode « Classic » (habituel : on crée ses personnages et hop là, c’est parti mon kiki) et un mode « Story » scénarisé et avec des personnages imposés, élément qui a été ajouté au jeu d’origine, autant dire qu’à cause de cette unique sauvegarde, les puristes devront faire eux aussi, le choix « contraignant » de commencer par le mode « Story » et de faire le New Game+ en mode « Classic », afin de profiter des scénarios additionnels et de toutes les classes de personnages.

Car non, il ne faudra pas faire la tête à ce scénario, à la narration délicate et bien rythmée. Si dans l’opus d’origine, le seul héros de l’épopée était le labyrinthe Yggdrasil qu’il fallait explorer en long large et travers, et nos personnages uniquement des « pantins » sans caractère qu’il faudra élever pour réussir cette aventure, le mode « Story » se compose d’une équipe de 5 combattants, aux backgrounds différents et mettant un peu de couleur dans l’exploration. Cependant, seules les rares prises de position du joueur comptent (il est souvent proposé trois types de réponses selon les situations : cool / pas cool / je m’enfoutiste) et si nos comparses se permettent d’émettre un avis, ils n’influencent en rien le déroulement de l’aventure, au mieux, le choix du joueur mais c’est bien tout.

Une intrigue oui, mais des clichés aussi !

Les Pierres Grimoires, une excellente idée pour améliorer vos compétences

Aborder un scénario dans un dungeon-RPG uniquement basé sur l’exploration d’un labyrinthe était un petit challenge à relever, mais pas sans la possibilité de bonnes idées. Le résultat pour ce Millennium Girl est globalement sympathique même si redondant et abondant de clichés. Si vous cherchez une histoire originale, passez votre chemin car cet opus n’apporte aucune révolution avec son scénario. Notre personnage, un Highlander, est convoqué à Etria par le Radha (le big boss quoi) afin d’enquêter sur une « anormalité » touchant le pays, avec différents tremblements de terre et autres apparitions louches de monstres. Notre petit bonhomme rencontrera un trio d’explorateurs venus eux aussi enquêter sur l’anormalité et ensemble ils découvriront une jeune fille amnésique (bin tiens) qui s’avèrera être âgée d’un millénaire et volontaire pour aller casser les dents de la Calamité, bestiole à l’origine de tous les problèmes sur lesquels l’équipe enquête. Le tout sur fond d’histoire de pollution, d’hommes décadents, de gros monstre et d’une arme unique pour sauver l’humanité. Plus plan-plan, tu meurs.

Toute ce scénario, certes empreint de clichés, est narré au travers d’un rythme exploration / retour en ville / exploration / retour en ville pas folichon. Aucun lieu à visiter, hormis la taverne, le QG, le Radha’s Hall, la boutique, et l’auberge qui a tendance à pratiquer des prix invraisemblables pour se soigner dès que l’on monte de niveau, c’est la crise ! Des missions annexes y seront heureusement disponibles, histoire d’allonger encore le temps de jeu qui est déjà très conséquent. Pour ajouter un peu de crafting à tout ça, et pour aussi doter nos héros de compétences autres que ce pour quoi ils sont prévus, des « Pierres de Grimoire » sont disponibles, et seront reçues en combat : leur efficacité dépendra de l’attaque utilisée par le héros et du type de l’ennemi. Il sera ensuite possible de combiner plusieurs pierres afin d’améliorer nos compétences. Tout se fait au sein du QG de notre guilde, un manoir où attendront les Gardiens de Guilde, avec qui il sera indispensable d’entretenir de bonnes relations et de réaliser des quêtes afin d’obtenir des bonus à utiliser en combat (restore de HP et TP principalement).

Simple portage ou bonne surprise?

Etrian Odyssey Untold : The Millennium Girl ne réinvente pas le genre mais a su se doter de nombreuses additions pour ne pas être marqué du sceau « Portage tout simple ». Entre l’aspect « à la carte » du jeu, pour pouvoir gérer sa difficulté et les aides proposées, le lifting graphique et les animations très belles, le mode « Story », ses personnages attachants et son scénario qui s’accompagnera d’un New Game+ en mode « Classic »… cet opus a su prendre les améliorations des précédents titres pour nous proposer un petit cocktail qui saura ravir les amateurs de labyrinthe à n’en plus finir et de cartographie.

La bande-annonce

Réalisation: 15/20

Si le jeu s’est offert un beau lifting, on regrette un peu que les textures et décors dans lesquels on évolue restent toujours un peu « cheap ». Bien sur les éléments sont plus fins, les couleurs sont jolies… mais la 3DS est capable de bien mieux. Les animations ponctuant l’histoire sont, quant à elles, très belles et bien réalisées.

Gameplay/Scénario: 15/20

En mode « Story », le scénario est sympathique même si parfois cliché et redondant. La narration est cependant agréable et rythmée. Le gameplay est simple et les mécaniques de jeu faciles à prendre en main, mais attention à ne pas relâcher sa concentration, Yggdrasil regorge de monstres prêts à en découdre !

Bande-Son: 16/20

Pouvoir passer de la version originale à la version orchestrée de la bande-son est un petit plus agréable. Les différentes ambiances et lieux sont accompagnés par une musique tantôt jazzy, tantôt douce et classique, tantôt épique et plus rock’n roll. Un joli travail.

Durée de vie: 20/20

Entre les niveaux du labyrinthe à explorer et à passer au peigne fin, les différentes quêtes données par le Radha, les quêtes disponibles à l’auberge, les quêtes disponibles auprès des Gardiens de la Guilde, les Pierres de Grimoire à découvrir et à crafter, autant dire qu’il va falloir prévoir quelques très nombreuses heures de jeu pour voir la fin de ce titre.

Note Globale N-Gamz.com: 16/20

Destiné avant tout aux amoureux du genre dungeon-RPG, Etrian Odyssey Untold : The Millennium Girl ravira les néophytes comme les habitués et plongera le joueur dans de nombreuses heures d’exploration. Si la réalisation est parfois un peu vieillotte et le scénario un peu simple, la bande-son, la multitude de quêtes, le New Game+ et les animations valent le coup de se pencher sur ce remake.

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About the Author

Delilah
Étudiante en journalisme, je conjugue ma passion avec mon parcours scolaire et professionnel. Vous pouvez aussi me retrouver, dans le cadre de ma formation, chez Jeuxvideo.fr comme rédactrice. J’ai commencé à tâter du pixel très tôt, mon père étant lui-même joueur ... Mais mon premier « vrai » jeu a été Pokemon avec qui je continue de vivre une idylle passionnée. J’ai pu m’essayer à plusieurs styles de jeu, mais pour moi, rien ne vaut le RPG, l’action-aventure et … si on sait me convaincre (car je fais un peu la princesse) le FPS. Ne me parlez pas de Survival-Horror, je suis incapable d'y jouer, je prie toujours pour avoir une option générique dès le premier écran car même le menu me fait peur (mon voisin a peu apprécié peu mes hurlements sur Amnesia : The Dark Descent). Mais j'essaye, je retente l'expérience à chaque fois, je persévère !! Mon jeu culte est et restera Red Dead Redemption au point d’avoir un tatouage dédié à John Marston (mais je ne vous dis pas où, muahah), j’ai même arrêté de compter le nombre de fois où je l’ai fini ! Oh et useless fact : j’ai une passion bizarre pour les serial-killers^^.