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Castlevania : Lords of Shadow… ou la meilleure idée de Konami en termes de reboot d’une licence phare ! En ayant donné carte blanche aux européens de Mercury Steam pour réinventer totalement sa saga vampirique, le développeur nippon a permis à un scénario culte de voir le jour, et surtout à un jeu typé beat’em all/aventure de séduire le grand public avec son esthétique léchée et son héros charismatique : Gabriel Belmont. Prévu comme une trilogie, ce reboot se pare aujourd’hui d’un remake HD du Mirror of Fate sorti sur 3DS. Elément indispensable pour la bonne compréhension du triptyque, cet opus en profite pour introduire trois nouveaux personnages et s’insérer entre le Lords of Shadow originel et sa suite. Préparez-vous à affûter vos canines, N-Gamz a cuisiné le jeu pour un test… saignant comme il faut !

Bienvenue dans… « LA » famille !

Un conflit de famille qui dégénère? Normal entre vampires!

Lords of Shadow premier du nom nous narrait les aventures de Gabriel Belmont, un pourfendeur de démons aux services de l’Ordre de la Lumière, prêt à détruire chaque Seigneur des Ténèbres pour retrouver un masque maudit lui permettant de ressusciter Maria, sa dulcinée. Cette fois, bien que l’on commence ce Mirror of Fate en incarnant le beau Gaby lors d’un prologue de l’opus originel, on se rendra vite compte que le scénario tourne autour de la descendance de ce dernier, le titre vous faisant incarner tour à tour Trevor, mais également son fils Simon, et aussi Alucard, progéniture de Dracula (qui n’est autre que Gabriel ayant renié Dieu…vous suivez toujours ?). C’est donc à un véritable conflit familial que vous allez assister, le tout bien cloisonné dans les méandres d’un château rempli de démons, goules et autres joyeusetés. C’est quand même plus classe qu’un épisode de Confessions Intimes, non ?!

Si le soft vous trimbale d’une ère à l’autre sans vergogne, passant de Gabriel à Simon, puis à Alucard, pour finir par Trevor (pourquoi faire simple…), le scénario est en tous points compréhensible et… passionnant ! En effet, Mercury Steam nous a concocté d’incroyables révélations tout au long de l’aventure, et les amoureux de la saga de Konami risquent d’être très surpris, dans le bon sens du terme, du moins s’ils gardent en mémoire l’optique des développeurs qui est de mettre l’accent sur Dracula en tant que héros de leur trilogie, et non les Belmont. Dommage que la fin soit bâclée et peu fournie, montrant clairement que le titre sert de lien rapide pour apprécier le Lords of Shadow 2 sur PS3 et XBox 360, prévu pour dans quelques mois. Mais croyez-nous, suivre les pérégrinations de nos fistons maudits et des manipulations occultes de la Confrérie de la Lumière est incroyablement prenant si vous avez déjà terminé le premier épisode.

Si tu veux, je connais un très bon dentiste…

Un scénario incroyable pour un gameplay maîtrisé

Au niveau du gameplay, Mercury Steam a remanié le beat’em all à la Devil May Cry mâtiné d’énigmes qui caractérisait le premier Lords of Shadow pour, capacités techniques de la 3DS obligent, nous offrir un jeu d’action/aventure/plateforme en vue de profil, avec des graphismes en 3D et pas moins de quatre niveaux de difficulté différents (je vous en rajoute, ma p’tite dame ?!). Le tout rappelle furieusement, durant les premières minutes, les heures bénies des Castlevania 4, Symphony of the Night ou encore le plus récent Order of Ecclesia, qui ont donné ses lettres de noblesse à la saga. Cependant, force est de constater que la direction prise par les développeurs est clairement différente. Exit les statistiques façon RPG et les tonnes d’objets à collectionner d’un SOTN précité, par exemple, et place à un personnage qui gagne certes de l’XP, mais qui apprend automatiquement ses combos, dont l’arme ne sera rien d’autre que le fouet, et qui ne pourra utiliser que deux objets spécifiques, ainsi que deux pouvoirs magiques, pas un de plus.

Si les amoureux du côté jeu de rôle des anciens épisodes risquent d’être déçus, une fois passé ce cap on ne peut que saluer la simplicité et le côté jouissif de la prise en main. On fait ce que l’on veut de notre héros, il s’accroche au rebord des plateformes automatiquement pour éviter de tomber, les utilisations du fouet en tant que grappin sont très automatisées, il y a de nombreux checkpoints même durant les boss, et les combats ne s’encombrent pas d’une liste de manipulations ou de pouvoirs ultra ardue à mettre en œuvre. Non, ici les rixes sont basées principalement sur un coup direct et un coup de zone, divers enchaînements de ces deux touches, mais aussi et surtout sur le contre et l’esquive, tandis que les énigmes vous demanderont souvent d’utiliser l’une ou l’autre magie. Ainsi, Alucard peut soit se transformer en brume pour passer au travers des portails, soit en loup-garou pour dégommer des murs infranchissables, alors que Trevor bénéficiera du pouvoir de lumière et de celui des ténèbres comme… Gabriel! Signalons également que lesdits combats sont assez nerveux, que les ennemis font baisser radicalement votre barre de vie histoire de vous mettre la pression, et vous comprendrez que vous allez devoir vous la jouer réflexe/tactique en permanence. Qui plus est, au fur et à mesure des combos glanés, vous allez réellement sentir la supériorité physique de votre personnage, et ce sentiment de jouissance qui va vous animer lors des finish précalculés de monstres assommés, ça fait toujours son petit effet !

Bref, du début à la fin, on sent que le soft a bénéficié de beaucoup d’attention en termes de game design

Enfin, on termine la partie gameplay avec une featurette typique à la 3DS et son écran tactile : la possibilité de se laisser des petits mémos sur la carte du jeu, qui bien qu’un peu grossière par moments, permet néanmoins de se repérer assez facilement et surtout de savoir si une salle a été entièrement vidée de ses secrets. Signalons également la possibilité d’en apprendre plus sur les nombreux guerriers ayant voulu assiéger le château grâce à des parchemins disséminés ça et là sur des dépouilles, et surtout la faculté de découvrir des coffres de boost permanent de vie, de magie ou d’objets, sans compter le gros défi du jeu : le ramassage de toutes les entrées du bestiaire, histoire de parfaire votre connaissance des morts-vivants environnants. Petit plus également, le fait que les ennemis ne lâchent, à leur mort, des orbes de magie que si vous ne les avez pas abattu avec un pouvoir. Le corps à corps est donc parfois de rigueur si vous souhaitez rebooster vos capacités surnaturelles. Bref, du début à la fin, on sent que le soft a bénéficié de beaucoup d’attention en termes de game design et de progressivité de difficulté, de sorte que le joueur sent clairement qu’il devient de plus en plus réactif, de plus en plus fort personnellement. Un excellent travail, peut être un peu trop grand public pour ceux qui ont connu des titres ultra hermétiques et ardus comme Symphony of the Night (mais c’est justement de là que naissait tout le fun du soft), c’est un fait, mais qui ne gâche en rien le plaisir ressenti lors des longues sessions de jeu.

Nooooooooooon, pas la lumière du jour !!!

Des décors qui jouent sur la contre-plongée en permanence

Visuellement parlant, le soft est absolument somptueux pour un portage de titre 3DS. Aucun aliasing n’est présent grâce à un filtre graphique bien calibré, les décors font souvent dans le grandiose avec des piliers de plusieurs dizaines de mètres, des statues gigantesques, des angles de caméra dynamiques que ce soit lors de l’exploration ou lors des combats, et surtout des effets de lumière vraiment impressionnant pour un soft à petit prix. Alors oui, certaines zones en intérieur sont un peu trop banales, et le château peut au final sembler un peu étroit par rapport aux titres estampillés Konami, mais l’essentiel est là : une ambiance graphique typique à la saga qui vous transporte dans un univers gothico-horrifique à souhait, balayé par les éléments déchaînés (mention spéciale aux effets de pluie) et remarquablement mis en scène.

Bien entendu, le plus beau des enrobages 3D (pour un portage 3DS, on le rappelle toujours !) ne serait rien sans une bande-son à la hauteur, et à ce niveau-là, Mercury Steam a mis les petits plats dans les grands, en mixant allègrement des compositions lancinantes et obscures à des rythmes guerriers frénétiques, le tout sous la houlette d’Oscar Araujo, le compositeur, qui a clairement compris tout le mysticisme lié à Castlevania. Chœurs religieux, percussions, violons et lyre se mêlent pour nous offrir une orgie auditive du même calibre que le premier Lords of Shadow sur console de salon. Seul hic, le peu de thèmes présent, qui donnent du coup parfois l’impression que la B.O. tourne en boucle. Les bruitages, eux, sont un peu plus anecdotiques, et les doublages anglais sonnent juste, c’est un fait, mais la voix du Dracula de Symphony of the Night restera toujours, à mon sens la meilleure jamais créée.

Royal Canin…e ?

On ne va pas y aller par quatre chemins, j’ai pris un pied d’enfer en jouant à ce remake HD de Mirror of Fate. Extrêmement bien réalisé, surtout lorsqu’on connaît l’opus 3DS qui avait tendance à méchamment pixeliser et à ramer sans vergogne, ces aventures de la famille Belmont et de sa malédiction au cœur du château de Dracula nouent de fort belle façon le lien entre les deux opus de salon. Avec un gameplay clairement accessible mais néanmoins progressif et très demandeur sur la fin, le soft ne pêche que par une fin bâclée qui, certes, apporte son lot de révélations, mais n’en demeure pas moins un peu chiche au vu de tous les efforts réalisés pour en débloquer la totalité. Néanmoins, on vous recommande chaudement ce titre vendu à petit prix, voire même en bundle avec le premier Lords of Shadow !

Le Video-Test par Neoanderson

Réalisation: 18/20

Pour un titre vendu à petit prix et, surtout, un portage de jeu 3DS pas foncièrement beau à l’origine et ayant tendance à ramer, on peut dire que Mercury Steam a fait un travail remarquable. L’animation est parfaite, l’aliasing absent, et les jeux de lumière de certains tableaux sont tout bonnement bluffants, sans parler des effets climatiques très réalistes. Attention, il faut néanmoins toujours garder en tête que c’est un portage, donc la note est attribuée en fonction de ce statut.

Gameplay/Scénario: 18/20

Le gameplay a été remanié par rapport aux opus made in Konami pour correspondre un peu plus au grand public. Les héros ont des automatismes qui favorisent les prises de risque (accrochage automatique aux rebords, checkpoints nombreux, objectif toujours indiqué sur la carte…) mais ce sont surtout les combats qui vous donneront du fil à retordre, tant ils feront appel à vos réflexes et votre stratégie en termes de pouvoirs magiques. Qui plus est, le fait d’incarner pas moins de quatre personnages différents permet d’explorer de nouvelles salles et de voir les implications de l’un dans l’aventure de l’autre. Le scénario, quant à lui, est tout bonnement excellent, avec une fin juste un peu trop radine pour être honnête.

Bande-Son: 17/20

Si les doublages et les bruitages font un peu passe-partout, c’est surtout grâce à ses musiques que ce Mirror of Fate HD prend son envol vers les stratosphères du plaisir auditif. Grâce à ses compositions totalement en accord avec les thèmes chers à la saga, le titre vous réjouira les oreilles en permanence, malgré le nombre un peu faible de pistes sonores.

Durée de vie: 15/20

Comptez une dizaine d’heures pour arriver à la fin, et deux à trois de plus pour nettoyer tous les secrets des salles du château (condition obligatoire si vous voulez assister à la fin cachée du soft). Un mode de comparaison des meilleurs scores online est également de la partie.

Note Globale N-Gamz.com: 18/20

Castlevania Lords of Shadow : Mirror of Fate HD est clairement un élément essentiel de la saga imaginée par Mercury Steam, et une très bonne pioche pour qui souhaite s’adonner à l’action/aventure gothique à moindre coût. Graphiquement réussi, bénéficiant d’une bande-son incroyable et d’un scénario tout bonnement passionnant, ce remake HD de la version 3DS se doit de faire partie de votre ludothèque si vous voulez comprendre l’intégralité du scénario hallucinant de cette trilogie qui semble d’ores et déjà culte. Dommage que la fin de cet « épisode 2 » n’est pas été plus fournie et nous laisse avec un maximum d’interrogations. On compte sur Lords of Shadow 2 pour clore tout ça en beauté !



About the Author

Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j'apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!