Review

Que les  choses soient claires : Le fait que le mot « Souls » ne soit pas présent dans « Bloodborne » n’en fait pas moins un jeu de la lignée des Dark Souls et Demon Souls. Qu’est-ce que ça veut dire ? Et bien que ce jeu est brutal, impitoyable, bref, difficile à souhait dans la plus belle tradition des titres de chez From Software. En effet, le soft ne sera pas tout de suite accessible et vous devrez en apprendre chaque mécanique à la manière forte. Patience et persévérance seront les maîtres mots de votre nuit de chasse dans la ville maudite de Yharnam. Jouer à Bloodborne doit vous sembler être une corvée en lisant ces mots, mais si vous ouvrez votre esprit pour vous laisser subjuguer, vous vous retrouverez immergé dans une expérience qui vous tiendra à bout de souffle du début jusqu’à la fin…

Un mystère enveloppé dans une brume sombre…

Bienvenues à Yharnam…

Si, de prime abord, il n’y a pas de véritable histoire dans Bloodborne, à part le simple fait de savoir que le joueur est un chasseur qui soit massacrer les bêtes infestant Yharnam, la vérité est toute autre ! Au même titre que les jeux Souls, les moindres éléments narratifs sont cachés. Il suffira de lire les descriptions des objets, de parler aux NPC et d’examiner l’environnement pour commencer à comprendre ce qu’il se passe vraiment, comme un puzzle dont l’on doit se procurer les pièces en combattant des hordes démoniaques.

Vous vous réveillez donc, après la création de votre personnage, dans une bien étrange clinique abandonnée. Vous êtes à présent le chasseur. Un rempart sacré envoyé par l’église pour combattre le fléau qui s’abat sur la ville de Yharnam et ses environs. Qu’est-ce que cette nuit de chasse vous prépare ? Quelles horreurs vous attendent, tapies dans l’ombre ? Toutes ces réponses vous seront données… peut-être ! En effet, Bloodborne présente énormément de chemins alternatifs et entièrement optionnels (souvent très bien cachés) qui vous mèneront à des boss secrets, des NPC qui vous donneront des objets ou d’autres quêtes annexes, voire même des allégeances qui vous permettront d’affronter d’autres joueurs en PVP. Vos actions vous conduiront donc à trois fins différentes, d’où l’intérêt de recommencer le jeu en New Game +… sans parler de la difficulté accrue ! (Ce serait trop facile sinon…).

Jetez votre bouclier… Prenez plutôt un flingue !

L'armurerie des chasseurs n'est pas des moindres…

Le gameplay dans Bloodborne est inédit et techniquement différent comparé aux autres jeux Souls. Les fondations se font similaires à leurs prédécesseurs cependant, ce qui peut aider les vétérans de la série à se mettre dans le bain plus vite. Dans les titres passés, les joueurs étaient encouragés à jouer de façon prudente, méthodique en privilégiant la défense. Dans Bloodborne, le soft vous force presque à être constamment offensif, vous poussant à vous reposer sur vos réflexes et votre timing. Pour refléter ce changement, les contrôles de votre personnage sont à présent plus nerveux. Les roulades sont maintenant devenues des pas de côté, des « dash », et le bouclier a complètement disparu de votre inventaire, laissant place à une arme à feu de votre choix qui vous servira à étourdir vos ennemis, si votre timing est assez bon. Votre arme principale, quant à elle, aura maintenant deux « modes », permettant soit de switcher entre une formation plus légère et donc privilégiant la rapidité ou plus longue / plus puissante en cas de besoin et selon la situation. Je vous laisse imaginer le nombre de combos possibles en mélangeant coups rapides et puissants tout en changeant de mode d’arme principale… C’est pour le moins extrêmement stylé ! Bloodborne présente également une nouvelle mécanique : vous pouvez récupérer des points de vie en attaquant un ennemi qui vient de vous blesser si vous répondez immédiatement à son attaque. Raison de plus pour être très agressif…

Malgré la nature rapide et nerveuse du gameplay, tout est encore précis et très fluide, même plus que dans n’importe quel autre jeu Souls. Les dash et autres pas de côté sont très satisfaisants, surtout quand vous évitez de justesse une attaque ennemie. Mais ne vous emportez pas trop vite, car chaque attaque et pas de côté consument votre barre d’endurance, ce qui peut vous laisser démuni face aux hordes démoniaques, même si celle-ci se recharge au bout d’un moment. Les attaques de votre arme principale sont donc rangées en deux catégories, de façon assez classique. Vous avez vos coups rapides et vos coups lourds. Cependant, vous pouvez maintenant charger vos coups lourds pour des dégâts extras.

Le bestiaire est riche, varié et… affamé!

Niveau variété d’armes, on se retrouve avec beaucoup moins de choix que dans les autres jeux Souls, mais cela ne veut pas dire que le département customisation laisse à désirer. En effet, chaque arme est beaucoup plus réfléchie et complète qu’auparavant, et le choix de celle-ci sera crucial durant votre partie. Certaines vont privilégier la distance, d’autres vont vous pousser à mener des combats tendus au corps à corps, ce qui peut vous faire suer, spécialement contre les boss, mais la récompense suivra très vite pour ceux en ayant le courage…

Le joueur peut s’équiper de différentes runes, ajoutant des effets à son chasseur, et insérer dans ses armes des fragments de sang monstrueux pour les améliorer (façon Matéria dans FF VII). Les remplaçants des « âmes », la monnaie d’échange pour des objets ou même augmenter de niveau, sont appelés ici « échos de sang ». Ces derniers pourront être trouvés, sans grande surprise, en écrasant un maximum d’ennemis. Si vous mourez, vous pouvez encore récupérer vos échos en retournant sur les lieux de votre « trépas ». Mais si vous mourez une deuxième fois avant de les avoir retrouvés,  ils seront perdus à jamais ! La dure loi des jeux Souls…

La progression de votre personnage se fait encore de manière assez classique. Vous commencez avec des statistiques de base selon la classe que vous choisissez en début de partie, mais de manière générale, vous pouvez faire évoluer votre héros comme bon vous semble. Avec un peu d’huile de coude, vous pouvez faire de votre guerrier un adepte de l’ésotérisme avec option gros bourrin… Le jeu en ligne reste aussi identique aux précédents titres Souls. Les joueurs peuvent encore lire et laisser des notes pour aider / troller son prochain, et on peut appeler à l’aide ou même se faire envahir par d’autres joueurs. Cette fois-ci, le soft s’assure que l’on puisse se retrouver entre amis en incluant un système de mot de passe en ligne qui vous permettra de vous connecter facilement.

Une rêverie sombre et lugubre… pour notre plus grand plaisir !

Comme le veut la tradition, une jolie créature s'occupera de votre leveling. Au passage, admirez la beauté ethérée et lugubre du soft. Une réussite!

Bloodborne est l’un des plus beaux jeux que j’ai vu sur PS4 jusqu’ici. Ce n’est peut-être pas le plus impressionnant d’un point de vue technique, à l’instar d’un The Order 1886, mais c’est plutôt le style, l’ambiance que dégagent les décors gotiques et en ruine qui vous donnent une impression d’authenticité mêlée à la fantaisie sombre du monde imaginé par From Software.

Tout ceci propose donc une immersion plus que certaine, et le sound design ne vient rien gâcher ! Le son distant d’un clocher sinistre, le subtil bruissement du vent effleurant votre cape se mêlant aux cris et aux lamentations dégoûtantes des créatures zombifiées de Yharnam… Le tout vous tiendra en haleine non-stop, et vous fera douter de chaque pas que vous allez prendre dans n’importe quelle direction. Je me souviens très clairement de ma première visite au village invisible de Yarhar’gul, d’ailleurs, qui m’a laissé bouche bée grâce à ses visuels époustouflants et véritablement effrayants, le tout étant enveloppé dans une ambiance sonore des plus réussies. Malheureusement, le jeu souffre encore de quelques bugs au niveau du frame rate, et les temps de chargements sont toujours un peu longs, malgré une mise à jour les réduisant (nous sommes passés de 40 secondes à 20 secondes). Cela dit, rien de vraiment grave puisque ces petits bugs n’apparaissent que très peu et à des endroits bien précis.

Un cauchemar dans lequel on replonge volontiers…

Même s’il n’est pas un jeu destiné à tous les publics, Bloodborne reste un soft excellent. Le titre est indubitablement beau et il pousse le joueur à aller plus loin, à s’améliorer grâce à sa courbe de progression alambiquée et à explorer et découvrir tous les secrets que son monde renferme. Et ça, c’est déjà plus que la majeure partie des softs actuels pourraient en dire! La difficulté brutale fait certes partie de l’expérience, mais ne soyez pas focalisés seulement sur ça : si vous prenez le temps de vraiment vous laisser submerger par l’ambiance du jeu, vous en comprendrez toute la passion et le dur travail que From Software y a mis.

Le vidéo-test par Neoanderson

Bonus: le déballage du kit presse

Réalisation: 18/20

Bloodborne regorge de contenu et de moments complètement épiques. Les nombreuses zones aux alentours de Yharnam, toutes reliées entre elles, sont plus belles les unes que les autres. Avec un bestiaire riche et varié, le soft vous tiendra en haleine du début jusqu’à la fin par le spectacle visuel qu’il propose (sans parler du challenge). On déplore juste quelques chutes de framerate vraiment ponctuelles.

Gameplay/Scénario: 18/20

Brumeuse, l’histoire de Bloodborne est très complexe et peu de joueurs en comprennent toute son ampleur, qui fera suite à une recherche approfondie dans le jeu. Ce côté mystérieux ne peut qu’ajouter au charme de la ville infestée, et vous poussera à vouloir en savoir plus ! Côté gameplay: que du bonheur ! Les contrôles sont nerveux, fluides et précis, le tout sera bien-entendu agrémenté par de nombreux styles de combat à adopter avec vos armes, et le fait de devoir vous adapter à de nombreuses situations très différentes les unes des autres vous apportera une variété de jeu hors du commun.

Bande-Son: 17/20

Enregistrée dans les studios mythiques d’Abbey Road à Londres, la bande-son de Bloodborne a été composée par Chuck Doud, Tsukasa Saitoh et Michael Wandmacher et jouée par un orchestre de 65 instrumentalistes et 32 cœurs. Elle s’étend sur plus de 90 minutes de pure jouissance acoustique. Epique, grandiose, menaçante, bref, une bande-son digne du jeu et des créatures que vous allez affronter dans Bloodborne…

Durée de vie: 19/20

Vous l’aurez compris, Bloodborne est un jeu très difficile. Sa courbe de progression en sera d’autant plus optimale car vous sentirez votre personnage grandir et se renforcer au fil du temps, ainsi que vos propres réflexes et talents. Le titre est également très long, et comme tout bon RPG, vous aurez des dizaines et des dizaines d’heures au compteur avant de terminer l’histoire principale, sans compter les nombreuses quêtes annexes et boss cachés parsemés dans le jeu ! Vous pourrez également admirer trois fins possibles, selon certaines conditions, ce qui vous donne au moins une excuse pour aller jusqu’au New Game + 3 !

Note Globale N-Gamz.com: 19/20

Si vous cherchez des sensations fortes, un gameplay alambiqué et fluide, une ambiance hors du commun qui vous transportera dans un monde lointain… c’est par ici que ça se passe ! Bloodborne est le digne successeur des jeux Souls, et dépasse même de loin tous ses pères. Amateurs de titres hardcore, ne manquez pas le coche avec ce soft !



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Snakethoot
Snakethoot

Je baigne dans la culture vidéoludique depuis ma plus tendre enfance, elle m’a façonné, elle m’a donné le goût pour les passions qui m’animent aujourd’hui. J’accorde la plus grande importance à chaque détail, aussi infime soit-il, pour être certain de saisir tout l’arôme que l’expérience d’un jeu-vidéo peut m’amener (Appelez-moi le romantique virtuel…). Cosplayeur à mes heures perdues, mon dévolu se jette aussi sur le septième art, les comics et la musique. Les passions comme les avis sont faits pour se partager et se discuter, ne soyez pas timides!