Review

Dans une époque sombre et trouble où les FPS « militaires » à la sauce « film d’action » semblent faire la loi, un seul studio se lève envers et contre tous pour montrer que la simulation militaire, la vraie, la dure, y’a que ça de vrai! Depuis ArmA : Armed Assault sorti en 2006 sous Windows, les passionnés de chez Bohemia Interactive en ont sué et bavé pour nous proposer une expérience virtuelle digne de la réalité. Alors sortez les treillis, lacez vos rangers, serrez bien votre brelage et enfilez votre casque : ArmA III est là, et l’enfer vous appelle, soldat!!!

La guerre….La guerre ne meurt jamais

La guerre, la vraie, elle est ici!

ArmA II, sorti en Juin 2009, a frappé fort chez les joueurs de tous horizons. Alors que vous sortiez d’une partie de Call Of Duty endiablée (dans laquelle vous aviez passé plus de temps à tirer qu’à réfléchir), voilà que vous vous retrouviez sur le champ de bataille de Tchernarus où, deux balles venues de nulle part fichées dans votre torse plus tard, vous étiez un soldat mort – et surtout un joueur intrigué. Pour vous définir la série ArmA (et son cousin germain, Operation Flashpoint), il m’est ainsi plus facile de la comparer à ses principaux compétiteurs actuels dans le monde du FPS à univers militaire contemporain, à savoir Battlefield de chez EA Games et l’inévitable Call Of Duty d’Activision. Là où ces derniers vous proposent donc une action standardisée, facile d’accès et de la fusillade non-stop, ArmA a toujours eu un objectif tout autre : celui de vous mettre dans la peau d’un soldat…un vrai. Un homme toujours à l’aguet, un guerrier armé qui planifie et réfléchit avant d’agir et qui, dans l’action, cherche la moindre couverture pour éviter la mort, qui prend souvent la forme d’une simple balle perdue.

Cette sensation de fragilité, mais aussi de réalisme omniprésent, couplée à des outils créatifs très poussés pour la communauté et des possibilités de gameplay gargantuesques (véhicules, cartes ouvertes, vaste choix d’armes et de moyens de tuer) ont ainsi hissé ArmA, puis ArmA II au panthéon de la simulation militaire malgré les nombreux défauts du dernier opus (bugs en pagaille). On attendait donc ArmA III au tournant pour ce qui était de résoudre les problèmes de son prédécesseur, tout en nous offrant une qualité d’expérience de jeu en accord avec les capacités actuelles de nos machines. La mission est-elle réussie ? C’est l’heure du débriefing !

Sergent ? C’est où que j’appuie pour tirer ? (Silvester S., jeune recrue analphabète)

Vous devrez tout apprendre sur le tas, même l’usage des drones

La première chose qui frappe lors de l’arrivée sur le menu d’ArmA III (à part une musique qui nous rappelle étrangement le style de celles de Battlefield 3), c’est que même en relisant plusieurs fois toutes les options, vous ne risquez pas de trouver de tutoriel à proprement parler. Malheureusement, c’est une leçon que Bohémia Interactive semble avoir oublié cette fois: Là où ArmA II nous proposait un tutoriel sommaire mais plutôt complet, vous êtes ici livrés à vous même dans un jeu qui va beaucoup, beaucoup demander de vous. Autant dire que les premières heures de jeu seront très rudes, et que la phrase « Mais bon sang, quelle est la touche pour faire ça!? » risque de revenir souvent dans votre esprit. Passons ensuite aux modes de jeux disponibles : On a donc accès au mode « Présentation », nous permettant de participer à de nombreuses missions couvrant l’intégralité des aspects du jeu en terme de gameplay, mais aussi le mode « Défis » qui vous permettra de vous entraîner au tir (et croyez-moi, le tir dans ArmA, ça se travaille, tout particulièrement pour les armes de longues portées qui respectent incroyablement bien la physique balistique), sans parler du « Multijoueur » qui propose différents modes de jeux en ligne ou en LAN (de la coopération au deathmatch, en passant par l’inévitable créateur de missions), en terminant par les classiques Campagne et Scénarios.

Et c’est la que le bât blesse: La campagne, qui est délivrée gratuitement sous forme de 3 DLC depuis le 31 Octobre dernier, ne nous est pas parvenue à temps pour le test (idem pour les scénarios). Avec ça en tête, on comprend mieux le manque d’une mission « tutoriel » (qui sera, on l’espère, intégrée dans la première campagne), mais il est plutôt frustrant de se retrouver avec ce qui semble plus être une « démo » de jeu, malgré l’abondance des outils créatifs et en particulier le superbe créateur/éditeur de mission, dont l’interface revue et corrigée est maintenant bien plus instinctive que dans ArmA II. On est jamais mieux que dans sa propre mission ! Mais passons à présent au point le plus important du soft: L’action sur le terrain.

Il faut sauver le soldat Keyru

Un soutien aérien salvateur!

Une fois le bouton « Commencer » enfoncé, on retrouve beaucoup de points communs à ArmA II : vue aérienne du terrain de la mission, récapitulatif des objectifs, et…Nous voilà dans la peau de notre soldat. Encore une fois, les habitués de l’opus précédent ne seront pas du tout dépaysés : beaucoup de  touches et d’actions sont inchangées, et on retrouve le menu d’action à activer à l’aide de la molette de la souris, qui nous permet toutes les actions possibles (ou presque) en fonction de l’endroit pointé. On retrouve également l’interface de communication pour demander frappes ou soutien, commander ses soldats et donner son statut grâce à un simple rectangle qui nous associe les touches chiffres du clavier à différentes options. On aura vu (beaucoup) mieux, mais on aura vu pire.

Il est à noter que l’IA adverse, tout comme l’IA alliée, est plutôt bien gérée pour un jeu « Sandbox » dans lequel les possibilités sont, par nature, infinies ; Mais les principaux défauts d’une IA libre de ses mouvements reviennent au galop dans les moments difficiles et quoi qu’on y fasse, la vie de vos camarades (tout comme la vôtre) tiendra très souvent à moins d’un fil. En plus de ça, les soldats croisés sont bien loin d’être charismatiques ou vraiment humains, ce qui fait manquer à ArmA III une dimension très intéressante : celle de l’être humain en tant que personne sur le champ de bataille.

Pour ce qui est des nouveautés sacrément intéressantes, on note en particulier la possibilité d’explorer les fonds marins, offrant des moments tout simplement saisissants, avec pour seul bruit votre respiration et le décor enchanteur du monde aquatique (c’est l’émotion qui vous attend) et le pilotage de drone. Enfin, les aficionados seront aux anges puisqu’on retrouve quasiment toutes les qualités de l’opus précédent: le souci du détail, le réalisme saisissant du gameplay et de la physique du jeu, des tonnes de véhicules, des myriades d’armes, et aussi un sentiment incroyable quand on arrive à accomplir notre mission malgré tous les instants où l’on était à deux doigts d’une balle ou d’un obus perdu. ArmA III est plus que jamais un jeu qui se vit!

On s’y croirait!

Les séquences aquatiques sont tout bonnement bluffantes de réalisme!

Graphiquement parlant, le moteur du jeu a été embelli, et ça se voit! Bien qu’extrêmement gourmand en ressources (même si vous pouvez l’adapter à votre machine pour ne jamais altérer l’expérience de jeu), offre un réalisme saisissant, Un très bon point, surtout quand il est couplé aux couleurs chaudes et si belles des îles méditerranéennes de Atlis et Stratis. La végétation est très présente, et il va falloir apprendre à jouer avec elle comme avec le relief du terrain pour vous en sortir….Et surtout vous faire violence pour éviter de rester béa devant certains paysages, car l’ennemi vous guette !

Oui car ArmA III, c’est dur, et c’est cru : les rares musiques (très facilement oubliables pour le coup) cèdent toujours très vite leur place au silence, celui de la tension et de la concentration. Votre soldat ne court pas à 40km/h en continu sur des airs de symphonie wagnerienne, il prend du temps pour changer d’arme. Le tir n’est pas facile à maîtriser et, parfois, les missions se dérouleront sans un bruit, vous laissant seul face à l’environnement hostile, seul avec votre âme de soldat. Le jeu ne vous promet pas d’action « BOUM BOUM PAN PAN » héroïque, avec une légion de QTE et  8 sauvetages du monde à la seconde… et ça fait du bien!

Jack ! On est plus dans un film d’action ici !

ArmA III, comme ses prédécesseurs, c’est la simulation du soldat humble mais bien plus héroïque que les autres. Ici, vous forgez votre destin et le résultat de votre mission : aucun script ne vous attend. A vous d’affronter la mort, la vraie, et à vous de vous entraîner pour l’éviter à la prochaine descente sur le terrain. A vous d’entrer dans le bac à sable ultime de la simulation militaire réaliste, dure et parfois cruelle. Et on en est heureux, dans son masochisme latent : ArmA III ne casse pas la recette, mais l’améliore plutôt bien. On retrouve les mêmes sensations qu’avant, dans un univers plus chatoyant, en plus agréable, en plus grand. Hélas, on retrouve aussi…toutes la frustration de l’interface rouillée, du nombre hallucinant de touches qu’aucun tutoriel ne nous aide à apprendre, de l’action immédiate et demandeuse sans entraînement de soldat au préalable. En bref, ArmA III, en l’état (et donc sans avoir pu tester la campagne avant le test) c’est un fusil d’assaut qu’on vous jette dans les mains, en vous criant « ALLER, FONCE MAINTENANT ! GO, GO, GO ! » sans aucune autre sommation. De quoi repousser un grand nombre de joueurs, et surtout de nouveaux joueurs potentiels…

La bande-annonce

Réalisation: 17/20

Le moteur graphique va faire suer votre ordinateur, mais vos yeux vont être ébahis devant tant de beauté et de détails…Enfin, tant que vous avez la configuration pour.

Gameplay/Scénario: 14/20 

L’absence totale de tout scénario (et de tout tutoriel) rend le jeu très difficile à l’accès, et les points rouillés du gameplay n’ont pas vraiment changés. Cependant, les passages sous-marins et les autres nouveautés ont été parfaitement réalisées et offre de bonnes sensations.

Bande-Son: 13/20 

Les musiques très peu inspirées des quelques missions que nous propose le jeu sont très loin de séduire, et les coups des fusils font parfois plus penser à des explosions de pétards qu’à de vrais tirs.

Durée de vie: 19/20

Quand on voit qu’ArmA II a donné naissance à Day-Z et quand on connaît la qualités des outils mis à disposition du joueur, on se dit que tout est possible dans ArmA III…Et même plus ! A noter encore une fois que la campagne solo ne nous est pas parvenue pour le test et ne peut donc pas être notée.

Note Globale N-Gamz.com: 16/20

Mission accomplie pour ArmA III !…Mais les dommages collatéraux sont nombreux, et les nouveaux joueurs risquent d’avoir beaucoup de mal à rentrer dans la danse tant que des efforts ne seront pas fait par les développeurs au niveau de l’accessibilité. En attendant, le jeu vous pousse a vous dépasser tout en vous offrant une simulation militaire ultra réaliste et demandeuse, des possibilités incroyables de personnalisation, et des sensations uniques… et ça, c’est assez génial pour être signalé.



About the Author

Keyru

Jeune joueur conçu il y a 20 ans de cela qui remercie tout ce qui l’entoure à chaque occasion pour avoir eu l’opportunité de découvrir et d’expérimenter l’univers magique du jeu vidéo. Je vois le jeu comme un 8ème art, comme un moyen de nous faire ressentir de manière plus forte et plus colorée des expériences importantes pour notre évolution en tant qu’être. Je suis donc un grand amateur des jeux en open-world, des RPG et des softs qui se concentrent plus sur l’aventure et la sensation donnée au joueur plutôt que sur le scoring. En dehors de cela, je suis cosplayeur, airsofteur, rêveur, et j’aspire à devenir un agent secret avec une voix rauque et un bandana.