Review

Il était une fois deux studios d’animation qui se faisaient une guerre sans pitié, chacun essayant de prouver sa supériorité sur l’autre en haussant les prouesses techniques aussi bien que la qualité des scénarii. Ces studios se nommaient Pixar et Dreamworks. Aussi, lorsque le studio Pixar fut à nouveau salué pour son petit dernier, « Rebelle / Brave », son rival proposa « LES CINQ LEGENDES / RISE OF THE GUARDIANS », et la magie reprit vie…

Une question de foi 

Les 5 Gardiens: Jack Frost, North, Tooth, Bunny et Sandy

Jack Frost prend conscience dans une forêt hivernale. Son nom il le sait car le Petit Homme dans la Lune le lui a dit, mais il est totalement amnésique. Tout ce qu’il découvre, c’est son pouvoir sur la glace, la neige et le vent d’hiver, et qu’il est invisible et impalpable pour les humains… Trois cents ans plus tard, les quatre Gardiens veillant sur les rêves des enfants -soit le Père Noël, le Lapin de Pâques, la Fée des Dents et le Marchand de Sable- se retrouvent confrontés à leur pire ennemi: Pitch, le Croquemitaine. La lune leur désigne alors un cinquième Gardien: le trublion Jack Frost.

D’un point de vue cinématographique et technique, ce film est déjà une pure réussite, notamment grâce à son parti-pris d’intégrer les doubleurs dans les personnages, leur donnant ainsi un extraordinaire réalisme. Jack frost ressemble beaucoup à Chris Pine. North est une caricature d’Alec Baldwin. Et Bunny emprunte plus que son accent australien à Hugh Jackman. Le travail sur les textures est époustouflant, notamment les fleurs de givre apparaissant sous la main de Jack. Enfin, si le film suit la trame des romans de William Joyce (qui l’a en partie produit), certaines scènes d’une merveilleuse poésie onirique renvoient directement à l’univers d’un autre de ses producteurs -et pas des moindres!- Guillermo del Toro. La présence et le character design des petites fées des dents sont déjà très révélateurs (ces personnages étant une véritable obsession du réalisateur/producteur espagnol, comme l’attestent « Hellboy 2 » ou « Don’t be affraid of the dark »), mais cette « pate » typique de l’ibère explose littéralement dans une scène où les beaux rêves de Sandy parcourent la ville, mythiques créatures de sable, dinosaures ou raies manta volantes.

Jack Frost découvre ses pouvoirs sur le givre

Mais toute la technique du monde ne saurait être suffisante si le scénario n’était pas à la hauteur! Il est donc heureux que celui-ci soit entièrement au service de son sujet. Des différences entre les protagonistes naît une homogénéité subtile et souvent inattendue, qui met en valeur le plus touchant de tous: Jack Frost lui-même. Ne vous y trompez pas, Jack est un personnage terriblement émouvant avec son mélange d’insouciance enfantine et son immense solitude, son désir de comprendre qui et ce qu’il est entrant souvent en conflit avec le bien qu’il veut faire. Et là réside le petit plus de l’histoire, le détail qui achève de parfaire l’ensemble: Jack Frost et l’infâme Pitch sont les deux revers de la même médaille! Car à bien des égards, leurs buts et leurs faiblesses se rejoignent pour mieux reprendre cette éternelle histoire du libre arbitre quant à la voie qu’on choisit.  Jack et Pitch seraient-ils les Luke Skywalker et Darth Vader du merveilleux?  La réponse est oui, sans hésitation.

Pitch (Jude Law), un Croquemitaine aussi charismatique que pathétique

Trop souvent, la magie véhiculée par le cinéma moderne est une magie de Prisunic, de l’enchantement prédigéré qui ne peut que faire regretter aux moins jeunes d’entre nous cette époque bénie des années 80 où la magie avait un sens avec des films comme « Dark cristal », « Labyrinthe », « Légende » ou encore « l’Histoire sans fin ». Dès lors, comme il est doux de s’abandonner à un film comme LES CINQ LEGENDES, qui parvient à nous rendre ce sens de la féérie et à nous donner envie de croire à nouveau dans le Père Noël! Ce long métrage s’adresse à tous ceux qui ont encore une étincelle d’enfant au fond du cœur, une étincelle qu’un peu de merveilleux peut retransformer en brasier et qui peut-être… Peut-être peut redonner vie à ces légendes de notre enfance qui, tels des fées Clochette, n’attendent qu’un peu de foi en eux pour revenir…

 

Note Globale N-Gamz: 5/5

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Almathea
Recette de l'Almathea. Prenez 30 années à regarder, aimer et défendre la japanimation. Mélangez avec autant d'années de cinéphilie orientée vers le fantastique et l'horreur. Ajoutez une pincée de cosplay, une bonne louche d'attrait pour le yaoi plutôt pas mignon, 200 kilos de mangas et un grand zeste de vampires. Enfin, faites mijoter le tout dans une casserole de regard critique sur le monde pendant au moins 37 ans. Bon appétit :D Mes opinions ne sont pas universelles, aussi ne serons-nous pas toujours d'accord. Mais je suis toujours partante pour un débat constructif dans la bonne humeur. Alors n'hésitez pas ;)