Review

Tetsuya Tsutsui avait connu un gros succès avec son manga Prophecy, sorti chez Ki-Oon en 2012 et 2013. C’est donc tout naturellement que son spin-off, Prophecy : The Copycat se voit également édité dans nos contrées. Si le triptyque avait plu, malgré une fin un peu décevante, on espère que cette nouvelle série s’annonce encore meilleure ! Examinons le tome 2 !

Anonymous, version gore

Prophecy nous plonge dans un univers sombre et glauque, dans lequel la police a beaucoup à faire … Alors que le monde est considéré injuste par beaucoup, il est un homme qui va agir. Masqué d’un papier journal, il se fait appeler Paperboy et décide que désormais, la justice, ça sera lui. Complètement dérangé psychologiquement, la mission qu’il s’est attribuée est la suivante : punir des malfrats intouchables, de part leur position sociale ou leurs relations, ou parce que leurs délits ne sont pas considérés comme « assez graves » pour la police, et ensuite poster les vidéos de leur torture sur le net afin de les exposer et les humilier.

La relève

« Paperboy, un justicier qui n’y va pas de main morte »

Suite à la fin funeste connue par Paperboy lors de la première trilogie, nombreux sont les jeunes gens, victimisés dans leur jeunesse, à vouloir prendre sa place. Plusieurs groupes imitant ledit Paperboy sont donc apparus, chacun apportant sa version de la justice au monde. La plupart sont complètement dérangés et se contentent de partager des photos ou vidéos de torture pour leur bon plaisir.Parmi eux, un groupe suit la ligne exacte de Paperboy ; ils se font appeler « Paperboy : the Copycat ». Derrière ce nom, on retrouve Takeru et Sota, deux amis d’enfance qui ont été considérés comme des victimes toute leur vie. Rejoints par la suite par leur amie Kyoko, violée, ils ont décidé de punir les petits criminels hors de portée ou tout simplement les monstres impunis.Ils ont également mis en place une cagnotte en ligne, qui doit être remplie pour que la vengeance soit accomplie. De son côté, la police piétine mais ne désespère pas ; après avoir déniché le Paperboy original, cette équipe de Copycat ne peut pas leur échapper bien longtemps ….

Du sang, des tripes et des boyaux

Si vous ne l’aviez pas déjà deviné : Prophecy n’est pas du tout destiné à un jeune public. Il s’agit bel et bien d’un seinen et une certaine maturité est préférable afin de le lire. Le premier aspect, très concret, qui classe ce manga en seinen, ce sont les scènes de torture plutôt graphiques. Le trait du mangaka est très réaliste et dur, et cela amplifie encore plus le côté glauque de l’histoire. Les détails ne vous seront pas épargnés, que l’on crucifie une victime ou que l’on brûle son visage : vous verrez tout. Souvent sombre, glauque et sanglante, l’ambiance mise en place dans Prophecy fait mouche ; c’est un coup de maître, mais à ne pas laisser traîner dans les mains des plus jeunes.

« Des scènes dures, maîtrisées admirablement par Fumio Obata »

Ensuite, un point nettement moins évident mais qui peut être tout aussi dangereux pour un jeune esprit, c’est tout simplement le thème du manga. Faut-il faire justice soi-même et les réseaux sociaux sont-ils une excuse pour laisser libre court à sa violence ? Le manga ne se veut pas moralisateur, il reste pour l’instant très nuancé ; aucune réponse n’est bonne ni mauvaise. Il faudra au lecteur une certaine maturité pour ne pas tirer de mauvaises leçons de ce manga.

La violence peut-elle être réglée par… la violence?

Prophecy prenant place dans un monde qui pourrait nous être contemporain, on est tentés de faire évidemment des liens avec la société actuelle. On le sait, il est toujours plus facile d’être virulent lorsqu’on est caché derrière un écran et la violence sur les réseaux sociaux est quotidienne. Iriez-vous également jusqu’à participer à des cagnottes afin de tuer des gens ? Où se situe la limite de votre humanité ? La violence est-elle une réponse appropriée à la violence ?

Plus qu’un sympathique thriller, ce seinen pourrait donner véritablement à réfléchir. On attend bien évidemment impatiemment le tome 3 pour voir quelle morale l’auteur souhaite faire passer, mais les deux premiers tomes ont tout à fait réussi le pari de faire réfléchir quant à la violence de la société actuelle.

Note Globale N-Gamz: 4/5

 



About the Author

Amy
Amy
Gamer girl et otaku dans l'âme, j'ai fait du fansub -aux postes de traductrice/checkeuse- pendant plusieurs années. A la fin de mon anime favori (R.I.P. Bleach), j'ai lentement décroché ; et depuis, j'ai erré sur le net ... Jusqu'à ce que je trouve N-Gamz ! Un site qui me permettrait de partager ma passion non plus de la japanim, mais des jeux vidéos avec un public ; parfait ! Je vais donc mettre tout mon petit coeur dans mes articles et tests, en espérant qu'ils vous plairont ! Random fact : je fais un délicieux brownie