Review
Sorti le 29 janvier dernier, UFOPHILIA est un jeu d’horreur psychologique en vue subjective développé par le studio indépendant k148 Game Studio et édité par JanduSoft. Disponible sur PC, PlayStation 5, Xbox Series X|S et Nintendo Switch au tarif de 12,49€, il entend se positionner comme une alternative extraterrestre à des titres d’investigation coopératifs paranormaux tels que le bien connu Phasmophobia. Avec son petit prix, il pourrait bien représenter une proposition accessible pour les amateurs de simulations tendues et de phénomènes inexpliqués. De quoi me donner envie de le tester sur PS5 Pro pour vous donner mon avis !
L’intrigue d’Ufophilia place le joueur dans la peau d’un enquêteur obsessionnel des phénomènes ovnis, hanté par le besoin de prouver l’existence d’une vie extraterrestre. Sans narration linéaire traditionnelle, le récit se construit à travers les découvertes : en explorant des sites isolés marqués par des anomalies étranges, on recueille des indices, des enregistrements et des preuves visuelles qui dessinent un tableau de conspirations, de contacts hostiles ou curieux, et d’une menace invisible qui plane sur l’humanité.
L’atmosphère, inspirée des légendes ufologiques et des thrillers paranoïaques, distille une tension diffuse où la peur naît davantage de l’inconnu et de l’isolement que de jumpscares grossiers. Chaque mission révèle un peu plus les comportements variés des entités, renforçant ce sentiment d’être observé et vulnérable face à l’altérité cosmique.
Le gameplay repose sur une boucle d’investigation purement solo rythmée par l’exploration et la collecte de preuves. Un constat amer quand on sait que la grande force des Phasmophobia-like réside dans le multijoueur. Armé d’un arsenal d’outils spécialisés (détecteur EMF, vision nocturne, caméras thermiques ou à ondes, etc.), le joueur arpente donc tout seul des lieux déserts – forêts reculées, bâtiments abandonnés ou zones rurales – à la recherche d’indices d’activité extraterrestre.
Il faut identifier le type d’entité parmi plusieurs variantes (grises classiques, insectoïdes, reptiliens ou formes plus exotiques), chacune présentant des comportements distincts et des dangers potentiels. La photographie constitue le cœur de l’expérience : capturer l’alien dans sa forme pleinement manifestée demande précision, timing et une bonne gestion des outils pour ne pas se faire surprendre. Les phases d’analyse de retour à la base ou au van ajoutent une dimension de déduction, où l’on recoupe les données pour valider ses trouvailles et débloquer de nouveaux équipements ou sites.
Cette mécanique d’investigation s’accompagne d’une progression par essais et erreurs qui récompense l’observation attentive et l’adaptation. Les entités réagissent dynamiquement à la présence du joueur, modifiant l’environnement (lumières qui clignotent, portes qui claquent, perturbations électromagnétiques) et forçant une approche prudente. Si le concept brille par son originalité et sa rejouabilité – chaque session peut révéler de nouvelles combinaisons d’indices –, la routine des allers-retours vers la base et la courbe d’apprentissage initiale peuvent parfois briser l’élan. Sur PS5 Pro, les contrôles se montrent réactifs et l’interface claire, rendant les sessions fluides même lors des phases les plus tendues.
Techniquement, UFOPHILIA mise sur une réalisation sobre mais efficace, avec des environnements immersifs qui renforcent le sentiment d’isolement et de menace latente. Les effets de lumière, les particules et les distorsions visuelles liées aux anomalies extraterrestres créent une atmosphère crédible, même si certains assets paraissent un peu datés par moments. Sur PS5 Pro, l’expérience gagne en netteté et en stabilité, avec un framerate constant qui évite les accrocs gênants.
La DualSense est particulièrement bien exploitée : les vibrations haptiques traduisent les pics d’activité électromagnétique ou les mouvements furtifs des entités, tandis que les gâchettes adaptatives offrent un retour tactile satisfaisant lors de l’utilisation des appareils photo ou des scanners. La bande-son, quant à elle, constitue l’un des points forts du jeu : une conception audio soignée mêle ambiances oppressantes, bruits parasites inquiétants et effets sonores percutants qui amplifient la paranoïa sans jamais tomber dans le gratuit.
Ufophilia : Trailer
Note N-Gamz : 12/20
UFOPHILIA propose une expérience d’investigation originale et tendue, qui transpose habilement les codes du genre horrifique vers le thème des ovnis avec une réalisation technique correcte et une utilisation intelligente des capacités de la DualSense. Son concept d’enquête solo, porté par des outils variés et une ambiance immersive, séduira les amateurs d’enquêtes paranormales et de découvertes progressives. Cependant, la répétitivité des allers-retours, une courbe d’apprentissage parfois frustrante et un manque de variété dans les missions à long terme l’empêchent de briller comme ses illustres modèles. Et puis comment justifier le manque d’une composante multijoueur, qui fait pourtant le sel de ce type d’expérience dans des Phasmophobia-like ? Bref, Ufophilia est juste un titre honnête et accessible qui brille par son atmosphère et son originalité thématique certes, mais reste largement perfectible sur le plan du rythme, de la profondeur et surtout de la convivialité.

















