Le 1er juillet 2026, Sony Interactive Entertainment a officialisé un virage majeur : à partir du 1er janvier 2028, la production de disques physiques pour les nouveaux jeux PlayStation cessera purement et simplement. Seules les versions dématérialisées seront proposées via le PlayStation Store et les revendeurs. Cette décision, justifiée par l’évolution des préférences des consommateurs et la domination croissante du numérique, a immédiatement provoqué une réaction diamétralement opposée entre les marchés financiers et la communauté gaming.
Du côté des investisseurs, l’enthousiasme a été immédiat. L’action Sony a bondi de 3,2 % le jour même de l’annonce, atteignant 3 354 yens à la clôture (environ 21 dollars). Ce gain s’est maintenu malgré un contexte boursier plus large marqué par des difficultés liées à la pénurie de mémoire. Les analystes saluent une amélioration structurelle des marges : en supprimant les coûts de fabrication physique et en orientant les joueurs exclusivement vers le PlayStation Store, Sony gagne en contrôle sur les ventes, élimine le marché de l’occasion et maximise ses revenus récurrents. Cette transition vers un écosystème tout-numérique est perçue comme un levier de rentabilité à moyen terme, particulièrement utile alors que la société prépare la PS6 pour un lancement prévu en 2028 et sans lecteur de disque.
Pourtant, cet engouement boursier va à l’encontre de l’avis majoritaire des gamers, lesquels expriment une colère vive et une mobilisation croissante. Sur les réseaux et les forums, la décision est largement vue comme une attaque contre le droit à la propriété, la préservation des jeux et le marché de l’occasion. Une pétition Change.org intitulée « Don’t Kill the Disc : Tell Sony to Keep Physical PlayStation Games » a déjà recueilli plus de 16 000 signatures en moins de 24 heures. Un sondage réalisé par Push Square révèle que 62 % des lecteurs envisagent d’acheter moins de jeux à l’avenir. Beaucoup craignent une PS6 sans lecteur de disque (éventuellement proposée autour de 1.000 dollars) et la disparition progressive de l’accès aux titres anciens, notamment après la fermeture annoncée des boutiques PS3 et PS Vita en 2027.
Cette fracture illustre un fossé profond entre Wall Street, qui voit dans le tout-numérique une opportunité de marges accrues et de fidélisation forcée, et une communauté attachée à la matérialité du jeu vidéo, à son histoire et à ses libertés. Si Sony a déjà fait machine arrière par le passé face à des réactions négatives et même brillé dans la contre-attaque face à la concurrence comme en 2013 avec ce mythique spot sur le partage de jeux physiques PS4 face à la Xbox One, le contexte actuel – digitalisation avancée et pression des actionnaires – rend un revirement plus improbable cette fois. Reste à savoir si la mobilisation des joueurs, via pétitions, boycotts ou pressions réglementaires, parviendra à infléchir une stratégie qui, pour l’instant, récompense financièrement l’entreprise mais érode sa popularité auprès de sa base historique

















