Dans une interview accordée au Wall Street Journal et relayée ce 17 août 2026, Hiroki Totoki, président et CEO de Sony, a lâché une déclaration au sujet de sa PlayStation 6 qui a fait l’effet d’une bombe dans l’industrie du jeu vidéo. Interrogé sur le calendrier de la prochaine génération de consoles, le dirigeant a candidement reconnu que la firme nippone n’avait toujours pas arrêté de date de lancement de sa future console ! « Nous n’avons pas encore décidé du moment où nous lancerons la nouvelle console, ni à quel prix », avait-il déjà martelé en mai dernier lors de la présentation des résultats financiers. Trois mois plus tard, rien n’a bougé : le flou artistique perdure, y compris dans les couloirs de la compagnie.
Cette aveu d’incertitude interne s’explique par un cocktail de contraintes économiques et stratégiques particulièrement explosif. La principale cause réside dans la pénurie mondiale de composants mémoire, exacerbée par la fringale insatiable de l’intelligence artificielle générative. Les prix de la RAM et des puces associées s’envolent et, selon Totoki, resteront « très élevés » durant l’exercice fiscal 2027 en raison d’une offre toujours insuffisante. Résultat : le coût des matériaux s’envole, rendant la fabrication d’une nouvelle console bien plus onéreuse que prévu. Sony se retrouve donc dans l’obligation d’observer attentivement l’évolution du marché avant de figer un quelconque calendrier ou positionnement tarifaire.
Au-delà des questions purement techniques, le dirigeant a également évoqué la possibilité de « changer de modèles économiques » pour contourner ces obstacles. L’ère des subventions massives qui permettaient de vendre les consoles à perte ou à prix coûtant semble bel et bien révolue. Totoki insiste sur la nécessité pour Sony de se transformer en un véritable géant du divertissement, privilégiant les IP, le cinéma, la musique et les jeux plutôt que le hardware pur. Dans ce contexte, précipiter le lancement d’une PlayStation 6 à un prix prohibitif (certains analystes évoquent déjà un plancher de 1 000 dollars) pourrait s’avérer contre-productif.
Alors que de nombreux observateurs misaient jusqu’ici sur une sortie fin 2027, alignée sur le cycle traditionnel de six à sept ans, l’horizon 2028 se précise de plus en plus. Plusieurs analystes et rapports internes, y compris ceux cités par des médias spécialisés, estiment désormais qu’un report à 2028 apparaît comme le scénario le plus probable. Cette hypothèse gagne en crédibilité au regard de la décision de Sony de cesser la production de disques physiques dès janvier 2028 : attendre cette échéance permettrait de lancer une machine pleinement adaptée à l’ère tout-numérique. De plus, la stabilisation éventuelle des prix des composants après 2027 offrirait une marge de manœuvre bienvenue.
Ainsi, les révélations de Mister Totoki ne sont pas seulement un aveu d’impuissance face aux aléas du marché : elles dessinent les contours d’une stratégie plus prudente et pragmatique. En refusant de s’enfermer dans un calendrier trop ambitieux, Sony se donne le temps de digérer la crise des composants, de peaufiner son offre et, peut-être, de réinventer le modèle même de la console. Pour les fans, l’attente s’allonge, mais l’année 2028 s’impose désormais comme le point de mire le plus réaliste pour l’arrivée tant espérée de la PlayStation 6.

















