Eclipse Glow Games, studio chinois à l’origine de Tides of Annihilation, a récemment mis à disposition de certains médias une démo de gameplay de plus de quarante minutes, ce qui a engendré un véritable raz-de-marée de vidéos inédites sur la toile, comme vous pourrez le constater dans notre article sur le sujet en cliquant ici. Au-delà des combats dynamiques et du système d’invocation des chevaliers spectraux de la Table Ronde, c’est l’apparence de l’héroïne Gwendolyn qui a immédiatement cristallisé les critiques. Comparée aux trailers et images antérieurs, son visage apparaît désormais plus lissé, générique et, selon de nombreux observateurs, « occidentalisé » : les traits anguleux et tranchants qui lui conféraient une identité forte ont été adoucis, donnant un résultat jugé plus stérile et moins distinctif, voire même carrément sans personnalité, à la façon des mannequins que l’on peut trouver en vitrine des enseignes de monde.
Parallèlement, sa silhouette a subi des ajustements visibles. La poitrine, autrefois opulente et animée d’une physique dynamique, semble réduite et davantage couverte ; les effets de « rebond » ont été atténués, voire quasi absents dans certaines séquences. Sur les forums Steam et les réseaux sociaux, ces modifications sont qualifiées de « beauty nerf » (affaiblissement de la beauté) ou de « censure ». Certains joueurs y voient directement une influence « woke » ou des « DEI adjustments » (ajustements liés à la diversité, l’équité et l’inclusion), accusant le studio d’avoir sacrifié l’attrait esthétique original pour se conformer à des standards de représentation plus « progressistes » ou pour courtiser des prix et un public occidental plus large. Des titres de discussions comme « Massive DEI adjustments on female characters – no more pretty faces or big tits » circulent, alimentant un sentiment de trahison face à un design initial perçu comme audacieux et séduisant.
Ces soupçons de wokisme s’inscrivent dans un climat plus large de méfiance de certains segments de la communauté gaming envers les redesigns de personnages féminins, souvent interprétés comme une forme d’autocensure ou d’idéologie imposée. Le timing renforce les interrogations : le changement survient après le départ, pour raisons de santé, de Jennifer English, la comédienne de voix originale de Gwendolyn, remplacée avec son soutien. Bien que le studio n’ait jamais confirmé de lien, certains y voient une possible adaptation du modèle de visage à la nouvelle interprète ou une évolution artistique. Eclipse Glow Games a apporté une réponse technique, expliquant que le visage restait cohérent et que les différences relevaient d’optimisations d’éclairage et de rendu en temps réel, avec des perfectionnements à venir.
D’autres voix relativisent ou contredisent l’angle « woke ». Certains joueurs, y compris chinois, estiment que le nouveau visage apparaît plus doux, naturel ou même plus proche d’esthétiques asiatiques, et nient toute réduction significative de la poitrine ou des effets physiques. D’autres soulignent que les modifications restent mineures et que le gameplay prime. Le studio, basé en Chine et s’inspirant de légendes arthuriennes occidentales, n’a jamais évoqué de motivations idéologiques. Pourtant, le silence relatif sur les raisons précises du redesign laisse le champ libre aux interprétations, transformant une simple itération de modèle en symbole de débats culturels plus vastes.
Au final, Tides of Annihilation se retrouve au cœur d’une polémique classique du jeu vidéo contemporain : entre volonté d’évolution artistique, contraintes techniques et perceptions de censure idéologique. Les fans les plus attachés au design original espèrent un retour en arrière ou des ajustements, tandis que d’autres continuent de miser sur la qualité du combat et de l’univers. Reste à voir si, d’ici la sortie, Eclipse Glow Games clarifiera sa position ou laissera les images parler d’elles-mêmes.

















