Dans un contexte où une minorité bruyante agite le slogan « No Disc, No Buy » pour vilipender la transition numérique de PlayStation, le studio français Asobo a cru bon de jouer sur cette animosité pour promouvoir Resonance: A Plague Tale Legacy, son prochain titre prévu le 27 août 2026. Très proche de l’écosystème Xbox – le jeu sera disponible dès le jour 1 sur Game Pass –, Asobo a publié une vidéo sur les réseaux sociaux montrant une jeune femme recevant un exemplaire physique Xbox avec un enthousiasme feint, disque en main, comme pour célébrer la « vraie » propriété face à l’ennemi imaginaire Sony. Le message est clair : voici du physique, achetez-nous pour contrecarrer le tout-digital. Sauf que l’opération vire au fiasco total, révélant une déconnexion pathétique du réel.
Le sarcasme atteint son paroxysme dès les premières secondes de la séquence. La protagoniste, censée incarner la joueuse avertie défenseure du support physique, insère le disque… à l’envers dans la console Xbox Series. Une erreur basique, digne d’un néophyte qui n’a jamais touché un lecteur optique de sa vie. Comment prétendre défendre le « vrai jeu » quand on est incapable de manipuler correctement un simple disque Blu-ray ? Cette gaffe, immédiatement relevée par des centaines de commentaires moqueurs, transforme la promotion en sketch involontaire. Loin de prouver une expertise, elle expose une mise en scène maladroite, orchestrée par des communicants plus soucieux de capitaliser sur la polarisation des réseaux que de maîtriser leur propre produit.
Expect this in your mailbox very soon ️
Have you preordered your copy of Resonance: #APlagueTale Legacy yet?? pic.twitter.com/rL3sGIheOT
— Resonance | AUGUST 27 (@APlagueTale) August 15, 2026
Pire encore : le jeu n’est même pas intégralement sur le disque. Comme la majorité des titres contemporains sur Xbox (et ailleurs), Resonance: A Plague Tale Legacy exige un téléchargement obligatoire pour être jouable. La boîte physique n’est qu’un joli packaging, un ticket d’entrée vers un installateur en ligne. Voilà le comble de l’hypocrisie : vanter le « No Disc » tout en proposant un produit qui dépend entièrement du numérique. Les défenseurs les plus virulents du mouvement, souvent déconnectés des réalités techniques modernes – tailles de fichiers de 60 à 70 Go, patchs indispensables, contenus additionnels –, se retrouvent ainsi piégés par leur propre rhétorique. Asobo, en tentant de surfer sur cette vague de ressentiment anti-Sony, ne fait que démontrer à quel point ce combat est mené par des incompétents ignorants des contraintes actuelles de l’industrie.
Ce raté n’est pas anodin. Il illustre parfaitement comment une minorité bruyante, agitant des slogans simplistes sur les réseaux, influence des studios en quête de buzz facile. Asobo, pourtant reconnu pour la qualité narrative de la saga A Plague Tale, se ridiculise en s’alignant sur une polémique creuse plutôt que de se concentrer sur le fond du jeu : une aventure préquelle centrée sur Sophia, mêlant action, mythe et exploration. Au lieu d’un message authentique, on obtient une farce qui renforce l’idée que le « No Disc, No Buy » émane souvent de personnes hors-sol, incapables de distinguer un disque d’un simple support de marketing. Le physique a encore sa place pour les collectionneurs, mais pas au prix de telles impostures.

















