Review
Sorti le 12 février dernier mondialement sur PS5, Xbox Series et PC, Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties – remake musclé de Yakuza 3 agrémenté d’une nouvelle intrigue annexe – atterrit également sur Nintendo Switch 2 via un portage que l’on espère exemplaire après avoir vu tourner Resident Evil Requiem sur le même support. Bref, une technique idéale pour savourer les bas-fonds yakuzas en mode nomade. Développé par Ryu Ga Gotoku Studio et édité par Sega, ce double pack propulse Kazuma Kiryu dans un océan de baston viscérale et de drames familiaux, avec des ajouts contemporains qui ravivent la flamme d’un opus autrefois controversé.
Un récit connu ET une histoire inédite
Kiryu, las des fureurs claniques, coule des jours paisibles à Okinawa en gérant un orphelinat peuplé d’enfants turbulents, jusqu’à ce qu’une conspiration immobilière orchestrée par des yakuzas véreux et des ombres gouvernementales le replonge dans le tourbillon. Dark Ties, l’extension inédite, tisse un fil sombre autour de liens fraternels brisés et de trahisons intimes, enrichissant le récit originel d’une couche émotive plus acerbe. Les dialogues ciselés, les twists shakespeariens et les thèmes paternels résonnent avec une intensité accrue, surpassant les maladresses narratives du Yakuza 3 d’antan pour un soap opera yakuza poignant et immersif.
Un système de combat remanié
La refonte du système de combat, hérité de Yakuza 0, transcende les blocages frustrants de l’original : combos fluides, QTE revigorés et heat actions dévastatrices – uppercuts thermiques ou takedowns acrobatiques – font des rixes un ballet endiablé. Les styles de combat multiples (Rush, Brawler, Beast) s’affinent au fil des upgrades, tandis que Dark Ties introduit des duels narratifs intenses contre des rivaux charismatiques. L’exploration d’Okinawa et Kamurocho regorge de substories hilarantes, de quêtes secondaires foisonnantes et de minigames addictifs – karaoké enflammé, golf impitoyable, cabaret kitsch – pour des dizaines d’heures de divertissement pur.
Un peu longuet en fin de run
Le mode New Game+ et les défis Dark Ties – arènes multijoueurs locales et classements en ligne – prolongent la rejouabilité, avec un crafting d’armes ingénieux et des personnalisations cosmétiques délirantes. Sur Switch 2, les contrôles Joy-Con s’avèrent précis pour les parades, et le tactile booste les menus. Quelques longueurs subsistent en fin de run, mais l’équilibre entre action brute et instants contemplatifs captive, rendant chaque session portable irrésistible.
Un superbe portage
Sur Nintendo Switch 2, le portage brille par sa stabilité adamantine : 60 fps constants en portable (1080p dynamique) et docked (4K upscalé via DLSS-like), sans chutes ni pop-in, surpassant les remasters antérieurs. Les éclairages volumétriques, reflets aqueux et foules animées exploitent le Dragon Engine à fond, avec des temps de chargement quasi nuls. La bande-son, remasterisée en Dolby Atmos, fusionne jazz languide, enka larmoyants et thèmes orchestraux épiques, sublimés par des voix japonaises/originales fidèles et un mixage immersif via les haut-parleurs Switch 2.
Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties : Trailer
Note N-Gamz : 17,5/20
Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties sur Nintendo Switch 2 métamorphose un épisode bancal en une vraie perle hybride, porté par un récit poignant, un gameplay affûté et une technique irréprochable qui sublime la portabilité nippone. Les rares vestiges datés et controverses de recasting pâlissent face à l’abondance de contenus et l’immersion totale. Un remake salvateur, taillé pour plus de 50 heures de yakuza-mania, prouvant que Kiryu conquiert les consoles nomades avec panache.
















