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Ça y est, elle est enfin de retour, notre Miss Croft préférée ! Mais attention, si l’épisode Underworld, sans doute le meilleur de la série, vous a marqué, attendez-vous à perdre tous vos repères dans cette nouvelle aventure, toujours réalisée par Crystal Dynamics. Exit les longues phases d’exploration où l’observation est de rigueur, et place à un « Survival Uncharted » qui risque de déstabiliser les amoureux de Lara. Pour le meilleur ? Il semblerait bien que oui au vu de l’accueil chaleureux réservé par les fans pour les sorties PS3, XBox 360 et PC en 2013. Cette fois, place à 2014 et à une adaptation Next-Gen sur PS4 et XBox One, retouchée graphiquement, qui va tenter de séduire à nouveau les amoureux de la belle Lara.

Naissance d’une survivante

Pièges en eaux… sanglantes pour ce Tomb Raider!

Tout le monde sait qui est Lara Croft, l’archéologue aventurière la plus célèbre du monde vidéoludique, et la première icône de synthèse à dépasser le cadre numérique pour devenir un véritable phénomène de société, allant jusqu’à faire la couverture des plus grands quotidiens européens, voire même à être habillée par des couturiers haut de gamme, avant de voir ses pérégrinations êtres adaptées au cinéma sous les traits de la sculpturale Angelina Jolie (personnellement, j’aurai préféré Rhona Mitra ou Karima Adebibe, mais bon, ils m’ont refusé comme directeur de casting…). Mais au final, connaissez-vous vraiment cette femme aussi intrépide qu’inabordable, aussi intelligente que sensuelle ? C’est la question que se sont posées les développeurs de chez Crystal Dynamics. De quoi nous offrir un reboot complet de la saga en nous narrant tout ce qui a fait de Lara Croft celle qu’elle est actuellement (après tout, ils avaient déjà réinventé le Tomb Raider original avec l’édition Anniversary, on n’était pas à ça près). Attention, vous allez voir que la belle à eu une fin d’adolescence plutôt…sanglante, si vous ne vous en étiez pas déjà aperçu dans l’opus current-gen sorti en 2013, puisque ce qui nous est offert est une adaptation de ce dernier à la sauce PlayStation 4 et XBox One, le tout enrobé par un graphisme plus qu’alléchant et deux-trois idées de gameplay additionnels.

Place au pitch de départ : Lara, dont on situe l’âge dans cet épisode à environ une vingtaine d’années, se rend dans le Triangle du Dragon, un archipel d’îles asiatiques, à bord du navire Endurance. Jeune archéologue talentueuse mais timide, elle est accompagnée dans son expédition par l’expérimenté professeur Whitman, dont la passion pour les peuples anciens a laissé place à une reconnaissance médiatique malsaine, mais également par Conrad Roth, son mentor, et par sa meilleure amie, Sam, descendante de la reine Himiko, celle-là même qui a créé le Yamatai, la cité antique objet de la quête de notre Miss Croft (vous suivez ?). Hélas, tout ne se passe pas comme prévu, et l’Endurance est rapidement pris dans une tempête d’origine mystique, reléguant tout son équipage au rang de naufragés sur une île plus que mystérieuse dirigée par les Solarii, une secte de fanatiques pour le moins violents. C’est parti pour la genèse d’un mythe version survival/low-horror !

Tu peux le faire, Lara. Après tout, tu es une CROFT ! Mais tu ne le sais pas encore…

Lara Croft est encore plus humaine pour cette version Next-Gen!

C’est donc à un jeu d’action/aventure à tendance cinématographique que nous convie cette fois Crystal Dynamics. En gestation depuis plus de trois ans, ce nouveau Tomb Raider prend les traits d’un jeu à la troisième personne, totalement inspiré d’un Uncharted, en lui insufflant des éléments RPG et un côté exploration en plus. Attention cependant, on est loin des zones d’Underworld, où vous pouviez passer pas mal de temps à trouver LA bonne plate-forme ou LA bonne solution à un mécanisme ancien pour avancer. Non, ici tout est assisté. Quasi-impossibilité de tomber dans le vide, énergie qui se régénère seule, sixième sens qui vous indique en permanence où se trouvent les éléments interactifs et l’objectif à accomplir, automatisation des mouvements de Lara lors des sauts afin qu’elle s’accroche à une paroi où une corde sans se la jouer au millimètre près, mais également lors des phases de gunfights ou elle se baisse automatiquement près d’un abri, etc… Tout est fait pour que vous ne soyez jamais perdu, et seules quelques tombeaux annexes, bien planqués, ou objets cachés à repérer via des cartes vont vous titiller les méninges, mais sur un très court laps de temps. Le but ? Donner plus de dynamisme à un récit mené tambour battant comme un bon gros film hollywoodien…mais sur une quinzaine d’heures quand même !

Manette en main, vous dirigez Lara sans aucun souci. On sent que chaque phase d’animation a été travaillée pour être la plus souple et naturelle possible. La belle s’adapte à son environnement, et le nombre de mouvements est assez conséquent. Vous pourrez sauter, esquiver, utiliser votre torche pour enflammer de nombreux objets, vous munir de quatre armes différentes, allant de l’arc au shotgun en passant par les beretta et la mitrailleuse. Chaque arme est upgradable via des éléments à récupérer dans des caisses ou coffres. Un petit côté RPG qui ne s’arrête pas là puisqu’au fur et à mesure de ses découvertes et des morts d’ennemis, Lara acquiert de l’expérience et monte de niveau. De quoi débloquer des aptitudes spéciales telles qu’un sixième sens plus performant, la possibilité de récolter des matériaux sur les adversaires tués, des instant kills avec chaque arme, etc… Ajoutez à cela des bonus à débloquer via des défis à remplir (allumez X torches ou déterrer X cadavres, …) et la possibilité de revenir dans les zones déjà explorées via des feux de camp qui servent de sauvegarde et de téléporteur, et vous comprendrez que les adeptes du 100% auront de quoi faire. Dommage que la linéarité générale de l’aventure principale gâche un peu le fun de la découverte et de l’exploration.

Le coup de polish graphique sur le soft force le respect

Et si vous voulez prolonger le plaisir de jeu, un mode online très jouissif est implémenté dans le soft, avec une confrontation entre survivants et Solaris tripante à souhait et un aspect leveling bien présent. Une réussite. Enfin, en ce qui concerne l’adaptation qui est l’objet du présent test, signalons l’incorporation de l’intégralité des DLC des versions current-gen, un making-off complet, la présence du comics de Dark Horse narrant les événements avant l’embarquement sur l’Endurance et l’utilisation de commandes vocales pour changer d’armes en hurlant à son écran : ARC ! PISTOLET ! BOMBE A NEUTRON !!! (non, oubliez cette dernière…). Un dernier bonus pas vraiment utile puisque vous n’aurez pas intérêt à parler à votre ami (ou petit(e) ami(e), ou mère, ou chien, ou fourmi de compagnie…) en jouant sous peine que Lara vous sorte l’artillerie lourde sans que vous le lui ayez demandé…

Le début de l’ère next-gen!

Si le gameplay de Tomb Raider reprend des mécaniques déjà vues et éprouvées dans des titres comme Uncharted ou Gears of War, force a été de constater que sur current-gen, la technique ne se cantonnait pas au passé et nous en mettait plein les yeux. C’est bien simple, si l’on exceptait un aliasing assez persistant, mais pas gênant, on pouvait affirmer que Tomb Raider faisait partie du haut du pavé des titres de la fin de l’ère Play 3 et XBox 360. Effets climatiques, flammes, gouttelettes d’eau qui parsèment la caméra, laquelle se montrait toujours extrêmement cinématographique et dynamique, tout était fait pour que graphiquement le titre soit l’un des plus beaux sur les supports foulés en 2013. L’animation n’était pas en reste et ne ralentissait jamais. Bref, un voyage au bout de l’enfer qui avait laissé des traces sur votre rétine, avec des jeux de lumières à la fois glauques et diaboliquement aguicheurs. J’en voulais d’ailleurs à l’époque pour preuve les trois dernières heures du soft, tout simplement ahurissantes de plaisir visuel (la fuite de la forteresse Solaris bluffante en termes d’effets spéciaux et de dynamisme).

De l'action et des mécaniques de jeu inédites dans un Tomb Raider pour un résultat: explosif!

Et bien sur Next-Gen, dans cette adaptation, c’est toujours aussi vrai, et même plus ! En effet, le travail des équipes de Crystal Dynamics est assez impressionnant puisque nous allons pouvoir admirer encore plus d’effets climatiques, encore plus de détails, une animation à 60FPS (only sur PS4), des effets spéciaux incroyables et surtout une Lara redesignée pour paraître encore plus réaliste, le tout sans un gramme d’aliasing ! C’est bien simple, la moindre trace de sang se lira sur la peau de la belle, et le côté « crasseux » voulu par les développeurs ressort à merveille. Alors certes, les prochains jeux spécialement conçus pour Next-Gen nous mettront dix foix plus au tapis de par leur réalisation (inFamous 2 en tête), mais on ne peut nier le fait que jouer à ce Tomb Raider, même en ayant fait l’opus PS3 ou 360, est impressionnant techniquement parlant.

Niveau musical, le soft est loin d’être en reste avec un instrument sonore spécialement conçu pour toutes les ondes discordantes qui font partie du jeu. Une ambiance à mi-chemin entre le koto désaccordé et le violon malsain, de quoi vous mettre mal à l’aise lorsque vous explorerez une rivière de sang à la façon d’un Forbidden Siren, référence du survival/horror glauque. Les voix, elles, sont réussies, mais loin derrière la quintessence de la V.O. anglaise, dans laquelle la voix de Lara est interprétée par la troublante Camilla Luddington, qui a elle-même joué toutes les séquences de « performance capture ». Du grand art qui va vous montrer à quel point cette Miss Croft est devenue diablement humaine, et par la même risque de déplaire à une certaine catégorie de fans.

Tomb Raider Reborn, or not ?

Une aventure presque « revisitée » dans son immersion Next-Gen
Oui, on peut le dire, ce Tomb Raider sur Next-Gen est encore meilleur que son modèle sur consoles actuelles. Il offre un véritable reboot à la saga, et un bon qui plus est! Plus en adéquation avec le gameplay des titres de notre époque, le jeu de Crystal Dynamics emprunte autant à Uncharted qu’à Resident Evil 6 ou Gears of War pour nous offrir un jeu d’action/aventure mâtiné de RPG de haute-volée, c’est un fait. D’autant que le travail d’adaptation graphique est saisissant, nous offrant une aventure presque « revisitée » dans son immersion grâce à la foultitude de détails et d’effets spéciaux ajoutés par Crystal Dynamics, sans parler du minois de Miss Croft, bien plus crédible pour l’occasion. Cependant, les aficionados des épisodes typés exploration tels que l’excellentissime Underworld risquent de rester sur leur faim avec ce volet trop dirigiste en dehors de la quête aux 100%, et surtout bien moins dépaysant que ne l’étaient les autres opus de la saga. Néanmoins, même s’il se coupe éventuellement d’une partie de ses fans, ce nouveau volet des aventures de Lara saura, à n’en pas douter, s’attirer une toute nouvelle frange de gamers à sa cause. Comme on dit : une de perdue…

Le Vidéo-Test PS4 par Neoanderson

Le Vidéo-Test de la version PS3 et 360

Réalisation: 19/20

Exit l’aliasing de l’épisode current-gen, cette fois le soft joue encore plus dans la cour des grands avec une végétation plus dense, plus réaliste, des effets de lumières incroyablement bluffants, une animation à 60 FPS sans faille et des personnages criants de vérité grâce à une Lara Croft re-modélisée pour plus de réalisme. Un régal pour les yeux, même si on se doute que les prochains titres qui seront, eux, spécialement calibrés pour la Next-Gen, risquent de nous déscotcher encore plus la rétine.

Gameplay/Scénario: 17/20

Si les adeptes de l’exploration regretteront la trop grande linéarité de ce Tomb Raider, les autres seront ravis de manier une Lara beaucoup moins raide, incroyablement souple et débrouillarde, munie d’armes upgradables et de points d’XP à répartir dans différentes compétences. Le côté « Metroid-Vania » assumé pousse à retourner dans les anciennes zones avec les nouvelles aptitudes pour débloquer le fameux 100% de découvertes, et les combats sont vraiment intenses, permettant des morts silencieuses jouissives. Les ajouts de gameplay pour cette version Next-Gen, comme l’utilisation des commandes vocales pour le choix des armes, sont anecdotiques. Niveau scénario, les développeurs se sont attelés à nous offrir un récit plus intimiste, plus humain, mais qui prend des proportions épiques dignes d’un vrai Tomb Raider sur la fin.

Bande-Son: 18/20

Avec ses sonorités discordantes, ses envolées lyriques lors de la découverte de tombeaux, ses rushs ténébreux et son omniprésence, la musique de ce Tomb Raider mérite bien son statut de personnage à part entière. Les bruitages sont criants de réalisme. Les doublages, quant à eux, sont très bons mais bien loin de la V.O.en anglais, juste sublime.

Durée de vie: 17/20

Pour un Tomb Raider, le soft se parcourt un peu trop rapidement, la faute à une exploration et un sens de l’observation réduits à leur plus simple expression suite à l’utilisation du sixième sens. Néanmoins, la quête des 100% rajoute de l’intérêt, de même que le mode multi très sympa. Et puis, 15h, c’est peu pour un Tomb Raider, mais beaucoup pour un Uncharted-like. De plus, cette version Next-Gen incorpore les DLC payants du multijoueur current-gen, un making-off et un comic book histoire d’apprendre la genèse de chaque personnage.

Note Globale N-Gamz.com: 19/20

Véritable reboot de la saga, ce Tomb Raider risque de prendre les fans à contre-pied. Certains lâcheront l’affaire, mais la majorité devrait apprécier ce renouveau made in Crystal Dynamics des aventures de Lara Croft. Plus glauque, plus sombre, plus sanglant, mais aussi plus dynamique et anthologique, nul doute que ce Tomb Raider va rester gravé dans les mémoires, et encore plus sur Next-Gen grâce à cette adaptation graphiquement de haute volée qui nous immerge encore plus dans cette aventure de l’extrême. 



About the Author

Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j'apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!