Review

Lors de son officialisation à l’E3 2016, le Spider-Man d’Insomniac Games exclusif à la PlayStation 4 avait quelque peu surpris tout le monde. En effet, le studio a toujours mis un point d’orgue à créer ses propres licences, parmi lesquelles Ratchet & Clank ou Sunset Overdrive, et nous étions tous persuadés que si un jeu sur le Tisseur devait sortir sur une console Sony, il serait confié à Sucker Punch, dont le inFamous était une incroyable carte de visite pour entrer dans le monde des adaptations vidéoludiques de Super Héros. Et pourtant, maintenant que ce « Spidey » Next-Gen est entre nos mains, on peut vous le dire sans aucun doute: Insomniac était clairement THE studio apte à nous pondre… le meilleur jeu Spider-Man de tous les temps!

Un Spider-Man dans la fleur de l’âge

« Peter Parker, 23 ans.. et toujours Spider-Man! »

Manhattan, en plein coeur de la campagne électorale pour la réélection du maire Norman Osborn. Peter Parker, âgé de 23 ans, comptabilise pas moins de 8 années en tant que Spider-Man au compteur, et il a troqué son petit boulot de photographe au Daily Bugle pour un travail de chercheur scientifique qui lui offre pleinement satisfaction, lui faisant entrevoir le fait qu’il peut sauver bien plus de vies en blouse blanche grâce à son génie, qu’avec sa tenue d’homme-araignée et ses super pouvoirs. Avec la majorité des gros criminels se retrouvant derrière les barreaux grâce à lui, notre héros n’a désormais plus qu’une seule « grosse mission » et elle se joue aujourd’hui: faire tomber Wilson Fisk et son conglomérat du crime. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’en arrêtant le « caïd », il va entraîner une suite d’événements terriblement dramatiques qui vont mettre à mal ses croyances les plus profondes.

Vous l’aurez compris, si ce Spider-Man démarre avec la verve humoristique habituelle de ce cher Peter tout content de ruiner les plans de sa dernière Nemesis, on va très vite plonger dans un récit noir, sombre, où rien ne sera épargné à notre Tisseur et encore moins au gamer. En optant pour un scénario totalement original qui met en scène un Spidey dans la fleur de l’âge, au top de son « job » de Super Héros, Insomniac Games a clairement élevé la barre des adaptations vidéoludiques de l’homme-araignée pour l’amener vers une narration plus mâture, qui fait vibrer, frémir et surprend réellement le gamer, mais encore plus les fan des Comics et des films qui risquent de parler encore longtemps de la fin totalement folle de ce jeu.

Un Open World maîtrisé de bout en bout

« La ville est vaste et remplie à rabord de choses à faire. Un Open World plus que réussi! »

N’y allons pas par quatre chemins: ce Spider-Man n’invente rien, c’est un fait. Il se calque donc sur tout ce qui a fait le succès de titres tels que la saga Batman Arkham, en pompant allègrement dans diverses mécaniques qui ont fait leurs preuves telles que les méthodes d’infiltration, les tours destinée à dévoiler la map ou la gestion des combats, mais il le réalise avec un talent qui fleure bon tout l’amour qu’Insomniac Games a pour ses joueurs… autant que pour le personnage principal de son soft. Ainsi, les affrontements sont bien plus nerveux et aériens qu’un Batman, et le contre n’existe pas, vous obligeant à jouer de la toile, du gadget et des pouvoirs de vos diverses combinaisons pour vous défaire de vos opposants.

De même, l’Open World est vaste mais bigrement bien rempli de quêtes annexes et autres défis, jamais situés à plus de 30 secondes l’un de l’autre, permettant au gamer de passer d’une tâche à une autre sans jamais se lasser. On peut ainsi citer les énigmes de Black Cat, les stations scientifiques à remettre sur pied, les pigeons voyageurs à attraper au vol, les monuments à photographier ou encore les caches de Fisk, véritables nids à voyous où le « stealth kill » (même si Spidey ne tue personne) est roi et incroyablement tripant. Ajoutez à cela une flopée d’événement dynamiques qui sont autant de crimes à résoudre ou de criminels à arrêter, allant du kidnapping à la course poursuite d’un véhicule fou, et vous comprendrez que l’ennui n’est pas un mot que l’on peut utiliser pour ce soft, d’autant que vous ne jouerez pas « que » Spidey mais aussi Peter Parker en civil (avec de sympathiques énigmes scientifiques) ou encore Mary Jane, désormais reporter au Daily Bugle, en mode enquête et… chut, no spoil!

« Le balancement de toile entre les buildings est grisant! On ne jour pas… on EST Spider-Man »

Mais plus que tout, ce Spider-Man brille par la quasi perfection de son gameplay et de ses « sensations ». J’en veux pour preuve les déplacements en toile, qui vous donnent plus que l’impression d’être Spidey en vous procurant même une impression de vertige saisissante et une vitesse de mouvement grisante. Entre les simples jets de toile qui vous balancent avec style au ras du sol, vous permettant de saluer les passants, les rush en ligne droite ultra speed et le ralentissement du temps qui permet de sélectionner l’un des milliers de points d’accroche du décor pour s’y propulser en un instant, c’est une jouissance vidéoludique de parcourir la ville dans une fluidité hors norme, rien ne semblant pouvoir arrêter les acrobaties de notre héros. Pour vous dire: j’ai pris tellement de plaisir à me mouvoir avec les toiles que je n’ai quasiment jamais utilisé les voyages rapides à base de métro new-yorkais… et pourtant Dieu sait que la map est vaste!

La PlayStation 4 crache ses tripes

« Une belle claque graphique! »

Paré de son propre moteur de jeu magnifié depuis Sunset Overdrive, Insomniac Games nous livre une prestation graphique assez incroyable pour son bébé, avec une distance d’affichage titanesque, une ville pleine de vie et de détails, aussi bien en hauteur que lorsque vous vous baladez en rue, des effets de lumières qui décrochent la rétine (malgré l’absence de vrai cycle jour/nuit) et une modélisation de personnages qui s’approche terriblement de ce qu’a pu faire Naughty Dog avec son Uncharted 4.

Le tout se déroule devant vos yeux avec un 30fps très solide, même si de micro-lags sont apparus sur notre version PlayStation 4 Pro, mais ils furent vraiment rares et n’ont jamais entaché le gameplay. Au final, on pourra juste pinailler sur l’absence de 60fps sur cette console, les devs ayant voulu privilégier une plus haute résolution à framerate bloqué (30fps donc) au lieu de laisser le choix au joueur comme il est pourtant de coutume.

« Une grande variété de mouvements et de skills au service d’un récit… poignant! »

Niveau bande-son, on reste dans l’excellence avec des musiques qui semblent tout droit tirées des longs métrages de Sam Raimi, autrement dit épiques en diable, surtout lors des séquences de voltige entre les buildings. Les bruitages ne sont pas en reste et nous offrent un Manhattan qui vit de jour comme de nuit au rythme des klaxons, des brouhahas de la foule et des sirènes de police. Et on ne vous parle même pas du bruit du vent quand vous filez entre les buildings! Mais plus que tout, c’est le doublage français de haute volée qui réjouit les oreilles, le titre ayant eu droit à un traitement de choix avec des grands noms made in France au générique, comme Donald Reignoux en Peter Parker, l’homme à qui l’on doit la voix d’Andrew Garfield dans les deux films « The Amazing Spider-Man »!

Le meilleur jeu Spidey de tous les temps?

Oh que oui!!! C’est bien simple, il y a si peu à reprocher à ce Spider-Man sur PlayStation 4 que nous lui mettons un 20/20 pour le fan du personnage tant il s’agit du meilleur hommage vidéoludique que l’on pouvait rendre à ce Super Héros si charismatique. Les autres trouveront forcément à redire sur le manque d’inventivité ou l’absence de 60fps, mais le jeu est tellement jouissif et il est si difficile de lâcher le pad une fois une partie lancée que ces reproches ne sont sincèrement que des broutilles face au vaste monde, à la richesse de l’aventure, à la maturité du scénario et au gameplay finement ciselé proposés par Insomniac Games pour ce qui n’est tout simplement rien d’autre que.. son plus beau chef d’oeuvre!

Le Vidéo-Test

Réalisation: 19,5/20

Si nous avons rencontré deux-trois bugs mineurs et quelques micro-lags durant notre test de Spider-Man, la réalisation du soft impose le respect et se pose d’emblée parmi les plus beaux jeux de la PlayStation 4, aux côtés d’oeuvres majeures comme Horizon Zero Dawn ou God of War, même si on aurait adoré un 60fps au lieu du 30 imposé par les devs. Manhattan est vaste, détaillée et ses rues sont noires de monde, les effets spéciaux flattent la rétine, la ville est superbe de jour comme de nuit ou sous la pluie et les modélisations des personnages (en costume ou sans) s’approchent terriblement de ce que propose la quintessence du genre: Uncharted 4. Un jeu aussi beau à regarder que fun à jouer donc!

Gameplay/Scénario: 20/20 pour le fan (18,5/20 sinon)

Le scénario imaginé par Insomniac est juste incroyable et s’il démarre avec l’humour et la verve caractéristique de tout bon Spider-Man, il prend par la suite des allures dramatiques insoupçonnées, magnifiées par des cinématiques dotées d’une mise en scène parfaite. Les devs n’ont pas hésité à multiplier les séquences tragiques pour nous pondre un jeu au scénario violemment mâture qui nous présente un Spider-Man terriblement… humain. Niveau gameplay, le titre fait dans le Batman Arkham pure souche, usant de nombreuses mécaniques popularisées par le jeu de Rocksteady pour les pousser à leur paroxysme, sans rien réinventer néanmoins. Bref, les accros d’Action-RPG Open World seront en terrain connus et pourraient parfois trouver un petit côté répétitif à l’ensemble, mais les fans du Tisseur se régaleront tant la sensation de se balancer de toile en toile est grisante et les combats nerveux à souhait, le triple arbre de compétence et les gadgets permettant de varier les plaisirs pour des combos totalement fous. Ajoutez à cela le feeling ultra réussi de l’infiltration et la foule de quêtes annexes assez intéressantes, et vous comprendrez qu’une fois le pad en main, il sera impossible de le lâcher!

Bande-Son: 20/20

Les musiques semblent directement tirées des envolées épiques des films Spider-Man tandis que les bruitages de Manhattan nous immergent pleinement dans l’activité débordante, même de nuit, de ce quartier titanesque de New York. Mais plus que tout, c’est le doublage français irréprochable qui donne vie aux personnages et au récit imaginés par Insomniac Games, et nous fait vibrer durant les nombreuses séquences riches en émotion qui émaillent le titre!

Durée de vie: 19/20

Comptez une vingtaine d’heures pour boucler l’aventure principale en furetant à droite et à gauche, et cinq à dix de plus si vous voulez atteindre le 100%, le titre fourmillant de défis, de quêtes annexes, de lieux à prendre en photo, d’événements criminels dynamiques et d’énigmes à résoudre. Le must, c’est que tout est brillamment disposé sur la map pour que quelque soit votre point de chute, vous ne soyez jamais à plus de trente secondes de quelque chose à faire… on ne s’ennuie donc pas un instant, même si de rares missions font un peu dans le remplissage « pour dire de… ».

Note Globale N-Gamz.com: 20/20 pour le fan de Spider-Man (19/20 sinon)

On l’avait fortement pressenti durant notre preview du jeu il y a deux mois mais c’est aujourd’hui une certitude: Spider-Man sur PlayStation 4 est tout simplement… le meilleur jeu Spider-Man de tous les temps, et il devrait le rester pendant de longues années (jusqu’à un Spider-Man 2 d’Insomniac Games, sans doute) tant la barre a été placée très haut, que ce soit en termes de réalisation graphique époustouflante, de scénario poignant, de bande-son au top et de durée de vie convaincante. Alors certes, les adeptes des Open World qui bouffent du Batman Arkham à tous les petits déj’ se diront que ce titre n’a pas inventé la poudre tant il reprend les ficelles de son illustre modèle made in Gotham City, mais il le fait avec tellement de brio et de générosité qu’on ne peut qu’être séduit… et encore plus si l’on est fan de l’Homme Araignée! Un must absolu pour tous les amoureux du Tisseur!



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Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef autant que le rédacteur de news de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen/seinen tels que Ga-Rei, L'Ile de Hozuki, Orphen, Sprite, Asebi, ... Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!