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Dying Light pourrait être considéré comme étant le grand coup que le développeur Techland veut frapper pour être reconnu dans la cour « des grands ». En effet, ce studio Polonais a réussi à se faire un nom dans le secteur de plus en plus restreint des titres de classe intermédiaire, en sortant des jeux qui, dans le pire des cas, nous proposaient au moins des choses différentes des habituels titres triple A. Avec Call of Juarez, ils nous ont ainsi montré qu’ils pouvaient nous livrer une intensité narrative intéressante, et avec Dead Island, le développeur voulait nous livrer son ambition de créer un jeu d’action en Open World digne de ce nom. Seulement voilà, certaines de leurs oeuvres manquaient clairement de consistance aussi, avec Dying Light, Techland tente le tout pour le tout pour atteindre la « ligue pro ». Pari réussi? Découvrons-le en détail…

La contamination du mois…

La nuit tombée, la véritable horreur commence…

Dying Light prend place dans la ville fictionnelle d’Harran qui, durant les préparations d’une compétition d’athlétisme internationale (pas les Olympiades, bien-entendu, parce que licences et blah blah blah,…), est frappée par une mystérieuse épidémie zombie. A ce niveau, le titre prend les scénarios apocalyptiques clichés, déjà vus dans des milliers d’autres œuvres cinématographiques et vidéo-ludiques, mais les emmène dans des territoires encore jamais explorés. Le fond du Moyen-Orient avant tout. Harran se présente de fait comme étant une ville Turque, en tout cas au niveau de son architecture, et tire son nom d’une ancienne cité de Mésopotamie. Cette ville est plutôt distinctive et présente des dynamiques d’interaction sociale qui diffèrent énormément des conventions occidentales que nous connaissons bien.

Le jeu commence plusieurs mois après que l’épidémie ait éclaté au sein d’Harran, et une certaine normalité s’est installé au coeur de la peuplade. Un ordre s’est établi, et les survivants ont appri à vivre dans la ville infestée d’horreurs. C’est à ce moment précis que Kyle Crane, agent de l’organisation GRE, y est parachuté pour récupérer des fichiers volés d’une importance capitale pour l’éradication du virus. Commence alors un jeu de mensonges et de tiraillements pour notre agent, qui devra à la fois aider les survivants, chercher le dossier dérobé et ne pas griller sa couverture sous peine d’échouer sur tous les fronts !

Et tu tapes, tapes, tapes…

Les zombies sont de véritables Tanks et il vous faudra employer toute votre puissance pour vous en débarrasser… Dommage que le système de combat soit si répétitif

Bien que Dying Light ne soit pas un survival horror à proprement parler, les ressources que vous allez y récupérer sont bien limitées. Les armes à feu sont rares, et les coups de fusil vont attirer l’attention des infectés. Comme dans Dead Island, les armes de mêlée ne sont pas beaucoup plus fiables. Elles sont fragiles, et même si elles peuvent être réparées, voire améliorées, elles finiront par se briser inévitablement. Les zombies, d’un autre côté, sont extrêmement résistants et auront besoin de bon nombre de coups pour être vaincus. Ceci présente un problème, car les combats deviennent assez vite lassants. Là où Dead Island nous offrait un système de combat « analogique », Dying Light est plus simple. Vous pouvez viser différentes parties du corps de vos ennemis, et les armes blanches peuvent même les démembrer dans les bonnes circonstances. Mais après seulement quelques heures de jeu, j’ai eu l’impression de vivre encore et encore le même affrontement.

Dying Light nous pousse donc plutôt à ne pas engager l’ennemi, aussi souvent que possible. On nous encourage de fait à utiliser les habilités de parkour de Crane. Vous n’allez pas courir sur les murs façon Prince of Persia ou faire des saltos arrière périlleux, donc ne pensez pas à un successeur spirituel de Mirror’s Edge. Vous pouvez courir, sauter et grimper. Et Crane grimpe bien, très bien. Vous pouvez donc vous lancer de bord en bord avec facilité. Les mécaniques ici sont, hélas, tout sauf fluides. En effet, elles sont même plutôt maladroites, ce qui est un mot qui pourrait bien définir bon nombre de choses dans Dying Light. Les menus et les inventaires se gèrent ainsi via de longues listes, le système de crafting d’objet se fait uniquement via une liste (encore…), et on ne voit pas vraiment la partie création tandis que le système de progression du personnage pourrait être vu comme étant un poil obtus.

Une évolution qui prône l’immersion

Le système d'évolution est extrêmement travaillé

Malgré les implémentations assez inégales de tous ces systèmes, ils restent l’une des meilleures choses de Dying Light. Ce qui le départage de la masse. Les différentes façons de faire progresser votre personnage vous donnent ainsi une vraie impression d’évolution, de croissance en tant que free-runner. Même si certains objets complètement vitaux, comme le grappin, ne sont obtenus qu’a partir d’une dizaine d’heures de jeu, ce qui peut mener à une certaine confusion, c’est une bonne façon de rafraîchir le gameplay au niveau des déplacements.

Avec de l’équipement aussi facile à briser et qui pourtant est vital à votre survie, vous serez amenés à faire de vrais choix importants concernant ce que vous allez emporter avec vous sur le terrain. Vous devrez aussi prévoir combien de temps vos missions vont durer, car une fois la nuit tombée, le refrain change… une nouvelle sorte de zombies vient pointer le bout de son nez. Plus puissants, plus rapides, plus résistants… bref, mieux vaut prendre la poudre d’escampette que de les affronter !

Peur du vide ?

La ville d'Harran est de toute beauté. Beau contraste avec les horreurs qui s'y passent!

Graphiquement, Dying Light est irréfutablement beau. Les textures sont bien détaillées et nettes, et les couleurs sont de toute beauté. Certes, les modèles des personnages ne brillent pas par leur animation faciale ou physique, mais ils font très bien l’affaire. On notera aussi une grande variété au niveau des apparences des zombies. On ne se perdra donc pas dans une masse de morts-vivants portant la même chemise de bûcheron rouge. Là où Dying Light brille vraiment, cependant, c’est dans sa représentation visuelle des hauteurs et de la taille. En effet, vous allez passer énormément de temps à escalader des structures très hautes, parfois même des buildings de trois ou quatre étages, mais il y a certains endroits spécifiques dans Harran qui surplombent la ville, et parfois, quand vous aurez de la chance (ou moins selon vos goûts), vous devrez les escalader…

Ces sections peuvent être considérées comme étant des combats de boss à proprement parler, tellement elles peuvent s’avérer difficiles et captivantes. En me regardant jouer, un ami, sujet au vertige, a du sortir quelques instants de ma chambre ! Si cette petite anecdote peut être drôle, elle démontre bien à quel point Techland a tapé dans le mille à ce niveau. Bref, on en voulait plus ! Malheureusement, ce que nous avons eu à la place, c’est énormément de passages au sol, où tout est plus redondant. Là où le bât blesse, c’est justement dans le design des missions du mode histoire. On nous envoie toujours chercher quelque chose, où quelqu’un veut que nous allions d’un point A à un point B. J’ai aussi la mauvaise impression que, dans le but de rallonger un peu le temps de jeu, Dying Light s’est amusé à séparer les dits points A et B le plus loin possible l’un de l’autre… me faisant parcourir des dizaines de fois des endroits que j’avais déjà vu auparavant, lors des missions précédentes…

Et avec des potes ?

Partez à l'assaut des hordes de zombies avec vos amis pour des parties délirantes… ou incarnez un mort-vivant!

Si Dying Light peut présenter quelques failles en mode solo, le mode multijoueur est assez complet. Vous pourrez jouer jusqu’à 4 joueurs au même temps, et le tout est plutôt bien pensé. Chaque participant pourra conserver ses statistiques et continuer de faire avancer son personnage, et plusieurs missions semblent être toutes faites pour le jeu à plusieurs (comme les zones de quarantaine, pullulant de zombies). Le soft propose aussi des sortes de petites compétitions improvisées entre joueurs, que l’on peut accepter ou non, comme des courses d’un point A à B ou des King of the Hill où l’on essaye de tuer le plus grand nombre d’ennemis. En bref, les choses qui seront répétitives en solo le seront forcément moins en jouant avec des amis. A essayer donc si vous en avez la chance ! A noter aussi : le mode « Be the Zombie » vous offrira, comme le nom le suggère, de vous mettre dans la peau d’un zombie et de traquer les autres joueurs en envahissant leur partie (à la Dark Souls). Les mécaniques sont entièrement différentes et cela devrait vous offrir quelques heures d’amusement en plus !

Un zombie de tous les jours

Dying Light perd souvent de vue ce qui le rend excellent. On y retrouve d’incroyables idées et un paysage sublime, qui viennent redonner un souffle de vie nouveau à un genre vu et revu, certes, et l’évolution verticale ainsi que le sens du vide sont époustouflants, mais malheureusement le tout n’est pas assez exploités au final. On se retrouve donc avec un jeu bien, mais sans plus. Un défouloir certain, qui lassera assez rapidement la plupart des joueurs en solo. Privilégiez donc le mode multi, autrement plus fun !

Le Vidéo-Test par Neoanderson

Réalisation: 14/20

Des graphismes assez beaux, des paysages et des couleurs réussis, mais qui au final ne sont pas révolutionnaires. Des missions redondantes, se ressemblant toutes et des mécaniques de combat qui vous poussent plutôt vers la fuite, pour qu’au final, vers la fin du jeu, on vous balance des tonnes de zombies sur la tronche. Allez comprendre…

Gameplay/Scénario: 13/20

Le Gameplay est fonctionnel, mais parfois (souvent?) maladroit. Cela se ressent notamment dans le parkour, qui vous fera évoluer dans des situations peu probables, en tout cas en ce qui concerne la physique de notre planète, la Terre ! Le système de combat est simple et efficace, mais les rencontres avec les ennemis durent décidément trop longtemps. L’histoire est plus qu’anecdotique, avec des personnages qui ont autant de charisme qu’une poignée de porte.

Bande-Son: 15/20

Dying Light ne comporte pas vraiment de pistes musicales à proprement parler, mais plutôt des morceaux d’ambiance, qui accompagnent assez bien vos péripéties dans la ville d’Harran. Les bruitages, eux, vous glaceront le sang la nuit tombée. Niveau doublage, le soft est entièrement en français et le tout passe plutôt bien.

Durée de vie: 16/20

Le jeu est assez long, avec 45 heures au compteur pour terminer ma première partie. En prenant bien le temps de finir le mode histoire et les missions annexes, sans compter les missions en multijoueur et le mode « Be the zombie », vous en aurez pour votre argent.

Note Globale N-Gamz.com: 14,5/20

Dying Light est un soft regorgeant de bonnes idées et intentions, mais qui ne réussit pas vraiment à conquérir le genre. Le jeu tombe trop facilement dans ses vices, et par souci de conformité, néglige ses aspect les plus intéressants comme l’escalade de bâtiments monstrueux et les escarmouches en haute altitude. Dommage en somme, mais cette expérience servira peut-être à Techland pour l’avenir. En tout cas nous leur souhaitons la meilleure des chances, car ils sont prometteurs…



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Snakethoot
Snakethoot
Je baigne dans la culture vidéoludique depuis ma plus tendre enfance, elle m'a façonné, elle m'a donné le goût pour les passions qui m'animent aujourd'hui. J'accorde la plus grande importance à chaque détail, aussi infime soit-il, pour être certain de saisir tout l'arôme que l'expérience d'un jeu-vidéo peut m'amener (Appelez-moi le romantique virtuel...). Cosplayeur à mes heures perdues, mon dévolu se jette aussi sur le septième art, les comics et la musique. Les passions comme les avis sont faits pour se partager et se discuter, ne soyez pas timides!