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Quand Capcom a confié le reboot de son beat’em all d’aventure le plus célèbre à un studio européen, les gens ont d’abord crié au scandale. En effet, avec Devil May Cry, les petits gars de Ninja Theory recevaient une sacrée pression sur les épaules! D’abord décrié pour le nouveau look de Dante, le titre estampillé désormais DmC a pourtant recueilli d’excellentes critiques à sa sortie en 2013, sur PS3 et Xbox 360. Nerveux, fun et foncièrement irrévérencieux, le soft perdait le côté exploration de la franchise pour s’adonner à une baston explosive à travers une patte artistique hallucinante. Autant dire que si vous êtes passé à côté de cet épisode, vous avez raté quelque chose… raison pour laquelle Capcom a décidé de nous le ressortir en version HD, comprenant tous les DLC, sur Next-Gen (bon ok, qui a dit que c’était pour l’argent?). Bonne idée ou portage raté? La réponse tout de suite, et en vidéo qui plus est!

Dante? Dans ta face oui! 

Dante arbore un look teenager punk-rock pour une aventure hallucinante!

Dante, l’anti-héros au look ravageur, est de retour mais pas comme vous l’imaginez. Si vous vous attendez à voir un trentenaire aux cheveux blancs et à la longue veste en cuir rouge, vous allez être saisi. Certes, on garde bien l’aspect légendaire du personnage via sa parenté mi-ange, mi-démon, son énorme épée et ses deux flingues mythiques, mais place à la jeunesse ! Se déroulant dans une réalité parallèle, DmC nous offre un Dante au look punk-teenager dont le physique rappelle étrangement celui d’un Hayden Christensen sous amphétamines (et il a le même doubleur, en plus). Vous comprendrez donc aisément qu’à sa sortie, ce DmC partait avec un « handicap » auprès des fans qui n’aiment pas qu’on touche à leur sacro-sainte icône, c’est un fait. Pourtant, le titre s’est fait un nom sur PS3 et 360, aussi une petite piqûre de rappel en HD sur Next-Gen pour ceux ayant loupé le soft semble être une bonne idée d’autant que, comme allez le constater, le lifting est plutôt réussi. Mais revenons-en au scénario. 

Parfaitement conscient de son statut de tueur de démons, notre héros peut voir ces derniers dans le monde réel et les combattre dans les limbes, une dimension alternative qui n’est pas sans rappeler certains passages de Silent Hill ou le changement de décor en temps réel d’un Soul Reaver. Très tôt, Dante va retrouver son frère, Vergil, et intégrer son organisation. Leur but : tuer Mundus, le chef des créatures maléfiques et accessoirement meurtrier de la mère des frangins, sur le point de dominer notre réalité. Une histoire de vengeance qui va entraîner dans son sillage bien des malheurs. Et un nouveau départ pour une saga qui commençait légèrement à s’essouffler.

Ange ou démon ? Pourquoi choisir ? 

Les combos sont toujours au coeur du gameplay, notamment ici avec Vergil et son DLC

Si Ninja Theory a gardé la base de l’histoire d’un DmC (Dante, Vergil, Mundus, Sparda), ils ont quand même pris pas mal de largeur niveau scénario, c’est un fait. Mais un vrai reboot ne s’accompagne pas que d’un changement de storyline ou de background, non. Cette fois, même le gameplay a été renouvelé, se voulant plus accessible. Dante dispose de fait de deux coups (faible, fort), d’un saut et d’une touche de tir. Classique ? Que nenni, car notre héros bénéficie de trois états bien différents. En normal, vous combattez avec Rebellion, votre épée, mais vous pouvez passer sur simple pression d’une touche de tranche, de l’état angélique à l’état démoniaque, chacun avec ses armes de prédilection. Faux mortelle ou kunais en mode ange, hache titanesque ou poing mortel en mode démon, il y a de quoi faire, d’autant que les combos sortent très facilement et permettent pas mal de subtilités en passant d’un mode à l’autre en plein combat. Idem pour Vergil, dont le DLC « La Chute de Vergil » inclus dans cette Definitive Edition nous narre sa résurrection et fait le lien avec Devil May Cry 3 directement. Notre ange des ténèbres bénéficie ainsi de trois états comme son petit frère, mais d’un peu moins d’armes et de combos différents hélas.

Cette édition reprend tous les skins sortis après le jeu originel, de quoi faire plaisir aux fans du premier Dante

Les combos justement, octroient toujours des notes de style qui boostent vos récompenses de fin de niveau. A noter que chaque arme dispose de ses propres coups, qui se débloquent via des points de compétences glanés au fil de votre montée de niveau. A vous de choisir judicieusement vos pouvoirs pour déchaîner les morts autour de vous avec style. Ajoutez à cela la possibilité d’entre en mode rage et celle de planer dans les airs, plus un grappin angélique ou démoniaque qui, au choix, attire ou repousse les ennemis et promet des séquences de plateformes grisantes, et vous obtenez un gameplay dynamique, quoiqu’un peu assisté. Dommage que cela se fasse au détriment d’un aspect exploration/aventure totalement absent. La linéarité est donc totale, même si ça et là quelques petits passages secrets ou portes à débloquer via des clés de bronze ou d’argent viendront briser légèrement cette monotonie, de même que la possibilité de refaire les anciens niveaux avec de nouveaux pouvoirs. Enfin, on retrouve les traditionnels orbes rouges comme monnaie d’échange pour acquérir des réserves d’énergie, voire même booster les capacités vitales de Dante ou Vergil. Du neuf, du vieux, pour un esprit plus trash, moins posé mais plus dirigiste que son modèle.

A noter que hormis le DLC lié à Vergil et raconté au travers de cut-scènes façon storyboard pas terribles, la Definitive Edition que voici propose plus de modes de difficultés, dont certains vraiment hardcore (un coup et vous êtes mort!), la possibilité de booster la vitesse d’animation par deux, ou encore tous les skins alternatifs sortis après le jeu original sur PS3 et 360, dont notamment celui qui donne à Dante son aspect « Made in Capcom ». Les fans apprécieront, même si on aurait souhaité de « réelles » nouveautés.

Mange plutôt ça ! Tête de … 

Le lifting graphique a supprimé l’aliasing et rehaussé les textures pour un résultat qui tourne à… 60FPS!

Vous le constatez, même si beaucoup de choses ont changé, il y a toujours moyen de se sentir en terrain connu avec ce DmC. Mais ce qui va le plus heurter la sensibilité des adorateurs de Devil May Cry reste sans conteste l’univers graphique mis en place. Fini les niveaux à l’allure gothique/médiévale des opus 1 et 3, ici l’architecture se veut totalement urbaine. Boîte de nuit, ruelles malfamées, fête foraine, entrepôt, sont autant de lieux que vous aurez à visiter, que ce soit dans le monde réel ou dans les limbes. Bonne nouvelle, cette version Next-Gen gomme l’aliasing omniprésent du jeu de base, et s’adjoint même des textures bien plus fines pour un résultat en 60FPS extrêmement plaisant à l’oeil. Bien sûr, certaines modélisations font un peu « cubiques » quand on connaît la puissance de la PS4 et de la One, mais au final le tout passe très bien. Et puis il faut avouer que voir le décor changer en temps réel, les bâtiments se tordre, les routes se creuser pour arriver dans des limbes incroyablement malsaines fait toujours son petit effet, avec des perspectives qui se modifient au bon vouloir des développeurs.

Niveau sonore, le titre nous offre une bande-son plus hard-rock que ses aînés, voire carrément techno par moment. Les doublages en français sont excellents, ne se gênant pas pour balancer une paire d’injures parfois bien senties, et les bruitages claquent à merveille. Bref, Ninja Theory maîtrise son sujet, malgré une caméra légèrement capricieuse et qui n’a pas du tout été optimisée entre-temps.

On ne peut pas plaire à tout le monde 

On ne peut que saluer la prise de risque de Capcom

C’est justement ça, le souci de DmC. En conservant certains éléments de Devil May Cry mais en les diluant un peu trop dans un souci de dynamisme et d’action non stop, le jeu de Ninja Theory en oublie tout l’aspect aventure, se bornant à n’être qu’un excellent jeu d’action/plateforme linéaire. Personnellement, j’aime bien cette façon de voir Dante et le côté grandiose et malsain des décors magnifiés par la Next-Gen et son animation à 60FPS, de même que la simplification des combos et le final ultra jouissif, mais il est clair que certains fans risquent d’avoir du mal à avaler la pilule. Soit, DmC est un excellent titre, bourré de fun, zéro prise de tête, et qui offre un spectacle visuel et auditif de haute volée. On ne peut que saluer la prise de risque de Capcom, et la nouvelle franchise en train de naître. Notre conseil: si vous avez déjà fait l’opus originel, passez votre chemin, le lifting graphique certes réussi et la vitesse d’animation ne gomment pas le fait qu’aucune nouveauté n’est au programme de cette Definitive Edition. Sinon… mais vous attendez quoi pour l’acheter?!?!?!

Le vidéo-test par Neoanderson

Réalisation: 16/20

Forcément, la note est moindre que sur PS3, malgré le fait que l’animation soit passée en 60FPS et que l’aliasing ait quasiment disparu. Au vu des capacités de la Next-Gen, la modélisation n’est pas à la hauteur. Il n’empêche: les textures ont été rehaussées et les jeux de lumière magnifiés, sans parler de ce design délicieusement malsain dans les limbes qui laisse une empreinte indélébile sur la rétine. Bref, ça bouge admirablement bien, c’est beau, glauque, et furieusement trash.

Gameplay/Scénario: 16/20

Les combos chers à la série des DmC sont de retour de façon plus assistée, mais aussi plus spectaculaire. Le switch entre les armes et les modes ange et démon se fait sans anicroche, les coups pleuvent, les notes s’additionnent, et Dante ou Vergil peuvent booster leurs capacités ou leurs armes via des XP. Dommage que l’aspect exploration soit un peu trop limité malgré la quête des clés, des âmes perdues, et des portes à ouvrir. Niveau scénario, on prend des noms connus, on les remodèle, on change les rapports entre eux, et on obtient quelque chose qui se tient plutôt bien et fait finalement le lien avec la mythologie Devil May Cry, notamment par le DLC « La Chute de Vergil » inclus dans cette Definitive Edition.

Bande-Son: 19/20

Les musiques techno/hard font vibrer chaque confrontation, les doublages sont excellents et bourrés d’injures autant que d’humour, et les bruitages claquent comme jamais. Un must.

Durée de vie: 17/20

Si on prend DmC comme un jeu d’action pur et dur, le fait de le terminer en 6 à 7h de jeu la première fois est tout à fait satisfaisant, d’autant que le DLC lié à Vergil rajoute deux bonnes heures au compteur. Qui plus est, la possibilité de retourner avec de nouveaux pouvoirs dans des niveaux déjà finis permet d’augmenter son score, de dénicher des quêtes annexes, et de débloquer par la suite des niveaux de difficultés hallucinants. De quoi faire pour obtenir les 100% ! 

Note Globale N-Gamz.com: 17/20

DmC fait honneur à la saga en lui offrant un reboot soigné, aussi bien graphiquement qu’au niveau du gameplay ou de la bande-son. Si les fans de la première heure regretteront le côté exploration revu à la baisse, les autres découvriront un soft qui en a clairement dans le ventre, offrant des combats intenses et un émerveillement visuel et auditif de chaque instant, magnifié dans cette version Next-Gen par un aliasing quasi inexistant, une animation qui carbure au 60FPS (x2!) et des textures plus fines. Dommage par contre que la modélisation n’ait pas été retravaillée, mais le soft reste extrêmement plaisant visuellement dans cette Definitive Edition, offrant de plus tous les DLC sortis jusqu’à présent. Ninja Theory a donc tenté un pari risqué, mais en apportant sa touche personnelle à l’univers de Dante, on peut clairement dire qu’une nouvelle saga est née. Amateurs d’action non-stop, ce DmC est fait pour vous si vous ne l’avez pas déjà fait sur PS3/360!



About the Author

Neoanderson (Chapitre Sébastien)
Hardcore gamer dans l'âme, la quarantaine depuis peu, je suis le rédacteur en chef autant que le rédacteur de news et le vidéo-testeur de ce site (foncez sur la chaîne YouTube d'ailleurs). Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy, Chrono Trigger, Xenogears et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je voue un culte aux shonens/seinens tels que Ga-Rei, L'Ile de Hozuki, Orphen, Sprite ou encore Asebi. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch, Inception et Tenet. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!