Review

Concluant la mythique série de jeux de combat BlazBlue, Central Fiction a la lourde tâche de faire encore mieux que ses aînés, tout en apportant une fin digne de ce nom à la saga et une paire de nouveautés censées redynamiser le gameplay. Un final en apothéose ou une frustration absolue pour le fan? La réponse dans ce test sur PlayStation 4!

Tout ce qui a commencé…

"Des cinématiques animées de toute beauté!"

« Des cinématiques animées de toute beauté! »

Arc System Works a clairement fait beaucoup de bruit ces derniers temps dans la communauté des jeux de combat ! On pense notamment au nouvel opus de leur saga phare de la baston: Guilty Gear Xrd. Mais cette série n’est pas la seule à recevoir tous les honneurs ! En effet, une autre franchise n’est jamais loin quand un GG pointe le bout de son nez: Blazblue!

Commencée il y a huit ans par un premier soft sur PS3, elle était certes prometteuse, mais très lourde et plutôt lente. Depuis, les choses ont énormément évolué et Blazblue est aujourd’hui synonyme de licence multimédia avec des mangas, des animés et même des romans à son effigie ! Cet ultime volet baptisé Central Fiction va-t-il nous offrir une conclusion satisfaisante aux aventures de Ragna tout en nous permettant de nous déchaîner avec des combos endiablés ? Enfilez vos gants de boxe et venez le découvrir avec nous !

Plus japonais que les sushi !

L’un des modes les plus complets de cet épisode, et c’est normal vu son statut d’opus final, est bien entendu le mode Story. Soyons clairs : l’histoire de Blazblue dans son ensemble est un véritable challenge à déchiffrer. Ça part dans tous les sens, c’est plein de sous-chapitres et on retrouve une tonne de clichés dans le style manga et animé japonais (parfois en bien… souvent en mal). Il y a une pléthore de personnages, de factions, de termes et d’événements dont il faut se souvenir pour arriver à ne pas perdre le fil du récit, mais Central Fiction semble ne se concentrer, principalement, que sur les péripéties de Ragna The Bloodedge.

"35 personnages pour un max de variété!"

« 35 personnages pour un max de variété! »

Ce mode Story va donc se voir ponctué de séquences animées totalement sublimes, dignes des productions actuelles de la scène télévisuelle nippone. Pour ce qui est du déroulement normal du récit, il sera présenté sous forme d’images de profil des personnages, légèrement animées pour donner une impression de mouvement, façon Visual Novel. Un petit bémol cependant ! Le mode histoire ne donne pas lieu à des masses de combats… et le temps de dialogue entre entre ceux-ci est très long ! On se retrouvera parfois avec… plus de dix minutes sans un affrontement ! Bonjour le rythme !

Heureusement, le destin de votre héros arrive à une fin triomphante et plus que satisfaisante, même si on pestera contre les autres histoires en suspens et qui le resteront à jamais, tandis que certains protagonistes seront tout bonnement oubliés. Des petits apartés viendront certes vous donner de légères informations à propos de l’état général de l’univers du soft de temps en temps, mais le scénario ne s’en soucie presque pas.

"Parmi les nouveaux combattants, la voluptueuse Bullet et son super-pouvoir de... fan service!"

« Parmi les nouveaux combattants, la voluptueuse Bullet et son super-pouvoir de… fan service! »

Autre point négatif du Story Mode: à ma grande surprise, son doublage est uniquement en japonais ! En effet, Arc System Works a décidé de couper la version anglaise pour cet ultime opus. Une hérésie puisque les voix de Blazblue dans la langue de Shakespeare étaient tout simplement excellentes, et les joueurs qui suivent la série depuis ses débuts se sont largement habitués à celles-ci. Comprendre, dans une certaine mesure et sûrement plus que pour la version japonaise, ce que les personnages se disent sans devoir lire les sous-titres aidait à élever l’action et les moments clé du récit. Assez étrangement, Arc System Works commence néanmoins de plus en plus à opter pour des doublages uniquement en japonais, ce qui peut paraître complètement sensé pour un jeu tel que Guilty Gear, qui n’a jamais connu de localisation sonore occidentale, mais pour Blazblue et son scénario travaillé, cette décision nous laisse perplexe: pourquoi couper ce contenu au tout dernier jeu ? C’est un peu une claque pour les joueurs américains et européens.

La rébellion finale !

BlazBlue Central Fiction apporte une pléthore de nouveautés au gameplay déjà bien nerveux des précédents opus, l’ensemble étant toujours très fluide et réactif à souhait. Ici, chaque guerrier propose un univers unique de possibilités à lui tout seul. Honnêtement, j’ai rarement vu un jeu de combat avec des spécificités aussi prononcées pour chaque combattant. Niveau maniabilité, le soft se prend en main comme un jeu de baston 2D traditionnel. On bouge d’avant en arrière et de haut en bas grâce aux flèches directionnelles (ou le joystick, si vous aimez émuler les sticks arcade)  tandis que chaque touche est assignée à une action : Attaque faible, moyenne et forte. A noter : un mode tutoriel très bien ficelé vous montrera aussi bien les bases que les techniques plus avancées.

"De nouvelles techniques qui dynamisent le gameplay"

« De nouvelles techniques qui dynamisent le gameplay »

Parmi les systèmes inédits que ce BlazBlue nous propose, citons les Exceed Accels. Il s’agit en fait de techniques spéciales que vous pouvez sortir pendant un Overdrive (un mode où vous pouvez booster vos statistiques pendant une courte période, moyennant de la barre de Super). Pour les vétérans de la série, ça se rapproche un peu des Distortion Drive, mais en beaucoup plus simples à réaliser ! Ce qui rend le jeu un peu plus accessible sans pour autant ennuyer les joueurs expérimentés.

Une autre nouvelle mécanique à faire son apparition n’est autre que l’Active Flow. Dans les jeux BlazBlue précédents, et même dans Guilty Gear Xrd, un gamers qui joue de manière trop défensive se verra pénalisé. L’Active Flow est un peu l’opposé de ça puisque avec ce dernier, un combattant très agressif, qui attaque de manière constante et continue, entrera en mode Active Flow, ce qui augmentera ses statistiques de force et de récupération de barre de Super. C’est une subtilité qui vient rafraîchir le gameplay et cela va également ajouter une toute nouvelle couche de stratégie dans les rencontres, vous poussant parfois à prendre des risques pour obtenir ce boost ! La nervosité des rixes ne s’en trouve que plus insoutenable, pour notre plus grand plaisir!

"Un rythme nerveux et fluide pour une pléthore de modes de jeu"

« Un rythme nerveux et fluide pour une pléthore de modes de jeu »

Outre le mode histoire et le sacro-saint arcade, il y a une brochette de nouveaux modes qui vous aideront à trouver votre style de gameplay graduellement. Par exemple, le mode Speed Star, dans lequel vous devrez vous soucier de faire des combos variés et optimaux pour vous assurer que votre chrono n’arrive pas à zéro ! Il y a aussi l’Alliance, qui vous demandera de créer une équipe de quatre personnages et de mener une série de combats contre l’ordinateur. Ajoutez à cela d’autres modes bonus et vous obtiendrez une excellente variété et une durée de vie conséquente !

Tant qu’on parle de variété, sachez que ce BlazBlue incorpore également le roster de combattants le plus fourni de toute la franchise. De fait, tous les personnages présents dans le premier opus sont là, mais nous avons également de nombreux nouveaux guerriers issus des romans, des animés et même des mangas! Naoto, Hibiki, Izanami, Nine et beaucoup d’autres sont extrêmement fun à jouer et apportent une jolie subtilité à l’ensemble. Par exemple, Nine et Izanami sont spécialisés dans le combat à distance et utilisent beaucoup de boules de feu, à la mode keepaway. Naoto, par-contre, est un adepte du corps-à-corps brutal, capable de détruire quiconque s’approche de trop près pour se retrouver dans le sillage de ses ruées offensives. Enfin, « Es » et son énorme épée procure une alternative sympathique à tous les autres épéistes puisqu’elle peut placer des pièges grâce à son arme. Au total, ce sont ainsi pas moins de 35 personnages qui seront à découvrir !

Une beauté violente !

"Les effets spéciaux vous éblouiront et vous feront ressentir toute la puissance derrière vos coups!"

« Les effets spéciaux vous éblouiront et vous feront ressentir toute la puissance derrière vos coups! »

Central Fiction continue la tradition BlazBlue sur le plan technique et se veut tout bonnement magnifique d’un point de vue artistique. Les animations sont incroyablement puissantes et les couleurs explosent la rétine. Vos sens seront largement émoustillés durant les affrontements ! Ainsi, il y a quelque chose de très viscéral dans le fait de sortir un combo à deux chiffres dans le soft, car plus on enchaîne les coups, plus les effets spéciaux s’affichent à l’écran, tels des feux d’artifice qui bastonnent votre adversaire en votre compagnie ! Au moment où vous aurez atteint un combo de dix coups, les explosions d’énergie qui accompagneront chaque frappe seront totalement flamboyantes. Parfois, il sera même difficile de voir ce qui se passe vraiment, mais c’est tellement spectaculaire qu’on n’y fait pas attention. On savoure, tout simplement.

Les stages ne sont pas en reste, bien entendu ! Ils sont non seulement nombreux, mais ils sont surtout pleins de vie. Il se passe tellement de choses dans ces panoramas qu’on en serait presque distrait ! Composés d’un habile mélange de 2D et d’éléments en 3D, ils complémentent incroyablement bien l’action ! Le style général est donc, vous l’aurez compris, très japonais, dans un design le plus « manga » possible. Le framerate, quant à lui, est bloqué à 60fps pour un confort de jeu optimal. Ça ne descend pas d’un poil, même dans les moments les plus intenses et ça, c’est un énorme plus tant l’animation est un élément crucial pour un titre aussi rapide et nerveux que BlazBlue.

"Les stages sont vibrants et diablement vivants!"

« Les stages sont vibrants et diablement vivants! »

Mention honorable, enfin, à la bande-son du jeu, dans la veine bien rock et heavymetal des GuiltyGear. Elle va faire monter en vous une hype ultime avec notamment mon morceau préféré, le thème de Naoto, que vous pourrez retrouver en cliquant ici. Les bruitages ne sont pas en reste non plus avec une bonne puissance pour les coups et les attaques spéciales.

Des adieux en bonne et due forme !

Central Fiction est un package qui contient le meilleur de BlazBlue depuis ses débuts. Avec le plus large des rosters imaginable, une brochette de modes extrêmement intéressants, une grande variété de coups et de sympathiques nouveautés dans le gameplay ainsi qu’une réalisation tout bonnement somptueuse, le jeu de baston d’Arc System Works vous offrira des heures et des heures d’émerveillement. Côté histoire, ce volet propose une belle finalité aux aventures de Ragna, mais on sera déçu de ne pas voir le dénouement des destinées des autres personnages, de même que l’on se montrera frustré par leur faible participation dans la narration principale. Ajoutez à cela la grosse absence des doublage anglais et vous aurez compris que l’on se retrouve avec quelques taches de rouille dans ce soft autrement étincelant. Pas de quoi bouder notre plaisir néanmoins tant BlazBlue Central Fiction reste le titre le plus chargé en contenu et en gameplay de toute la saga. Une conclusion épique comme il se doit!

La bande-annonce

Réalisation: 17/20

Le design des personnages est toujours aussi aguicheur et ces derniers sont animés avec brio pour vous donner une véritable impression de puissance derrière chaque coup. On pourrait presque deviner leur caractère rien qu’en les regardant bouger et frapper ! Les niveaux sont tout aussi beaux, vibrants et pleins de vie, ce qui accentue encore plus l’immersion dans cet univers complexe. De plus, les cinématiques animées se montrent tout simplement sublimes et vous donneront envie de regarder les animés officiels pour en avoir encore et encore. Le framerate, enfin, reste stable à 60 fps en toutes circonstances, ce qui nous permet de soutenir comme il se doit la nervosité viscérale des affrontements.

Gameplay/Scénario: 16/20

Le mode histoire, bien qu’un peu longuet avec ses combats un poil trop espacés, nous offre un récit complexe et un dénouement satisfaisant pour le héros principal, Ragna. Cependant, les autres personnages et leurs destinées sont complètement oubliés ! Dommage, étant donné que Central Fiction est le dernier opus de la série… (Quoique ?). A noter : le jeu vous proposera un récapitulatif de tous les événements qui se sont produits dans les titres précédents, ce qui peut être une bonne chose si vous ne voulez pas être largué. Cependant, il vous faudra 30 minutes de patience pour tout lire ! Niveau gameplay, rien à redire, le bébé de Arc System Works fait figure de must de la saga ! Des systèmes de jeu pleins de subtilités, un flow rapide et fluide, des personnages aux styles de combat uniques et des combos à rallonge impressionnants ! On en redemande!

Bande-Son: 16/20

Si vous pouvez mettre la main sur l’OST de BlazBlue Central Fiction, je vous la conseille vivement ! Écrite par le compositeur des Guilty Gear, elle livre des morceaux rock et heavymetal qui vont vous remplir d’énergie ! Je me suis retrouvé plusieurs fois à mettre en pause juste pour écouter les chansons de manière  optimale ! La note chute cependant quelque peu à cause des doublages uniquement en japonais ! C’est une véritable occasion manquée pour les fans de la première heure qui ont connu les doublages en anglais et qui s’étaient attachés à ces voix !

Durée de vie: 18/20

Avec un mode histoire très long et une myriade de modes bonus, BlazBlue Central Fiction vous tiendra en haleine durant de nombreuses heures ! Que ce soit avec des amis ou en ligne, vous voudrez toujours faire un dernier combat avant d’éteindre la console. Grâce à son roster très varié, apprendre à maîtriser à 100% ne serait-ce qu’un personnage vous prendra déjà d’innombrables heures, c’est donc de vous que dépend la durée de vie totale !

Note Globale N-Gamz.com: 17/20

BlazBlue Central Fiction est un excellent cadeau de départ pour les fans de cette série qui a toujours été fidèle à ses inspirations 2D. Une brochette de modes variés et fun, des systèmes de gameplay inédits et une sélection de personnages aussi intéressante qu’énorme sur fond de réalisation dantesque… Bref, un chant du cygne digne de la réputation de cette saga ! On peut ressentir tout le respect et l’amour qu’Arc System Works porte à la franchise et à quel point cet opus est un hommage à tous ceux qui ont vu cette licence grandir d’année en année. Pour les amoureux de « belle » baston, c’est un jeu que je recommande fortement ! 



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Snakethoot
Snakethoot
Je baigne dans la culture vidéoludique depuis ma plus tendre enfance, elle m'a façonné, elle m'a donné le goût pour les passions qui m'animent aujourd'hui. J'accorde la plus grande importance à chaque détail, aussi infime soit-il, pour être certain de saisir tout l'arôme que l'expérience d'un jeu-vidéo peut m'amener (Appelez-moi le romantique virtuel...). Cosplayeur à mes heures perdues, mon dévolu se jette aussi sur le septième art, les comics et la musique. Les passions comme les avis sont faits pour se partager et se discuter, ne soyez pas timides!