Review

Cyber Connect 2, à qui l’on doit les .Hack et plus récemment les fabuleux Naruto Ultimate Ninja Storm, revient sur le devant de la scène avec une nouvelle franchise, infidélité programmée à son éditeur fétiche: NamcoBandai. C’est donc sous l’égide de Cacpcom cette fois que ce développeur de talent a décidé de nous en mettre la plein la vue. En effet, le seul mot d’ordre d’Asura’s Wrath est: grand spectacle!

Il était une fois l’hindouisme

Asura cherche à se venger de ses anciens camarades…et il l'air très très motivé!

Gaia, dans un lointain passé. Le monde est dominé par les Gohmas, sortes d’abominations issues des entrailles de la Terre Nourricière. Seul salut de l’humanité: les Demi-Dieux, dont Asura fait partie. Notre seigneur de guerre, sous le commandement de l’empereur Strada, laisse exploser sa rage guerrière et parvient, aux côtés de ses 7 compagnons d’armes, à neutraliser la créature qui génère les Gohmas, mais ce n’est que temporaire. Tandis que le Shinkoku, alias peuple des demi-dieux, se prépare au retour de la bête, une tragédie est en train de se nouer. Afin de s’accaparer les talentss magiques de Mithra, la fille d’Asura, le général Deus fait accuser ce dernier de l’assassinat de l’empereur, prenant ainsi la place tant convoitée de maître du pouvoir. Asura est banni dans les limbes, et 12000 ans s’écoulent ainsi. Mais la rage du demi-dieu guerrier continue de le consumer…et sa vengeance sera terrible!

C’est avec ce pitch clairement inspiré de la religion hindouiste que Cyber Connect 2 va nous narrer les aventures d’Asura pour s’extirper des limbes, se venger de ses anciens amis, et retrouver sa fille adorée. Le tout se fait par le biais d’un jeu qui mélange quatre genres vidéoludiques bien distincts: le shoot’em up, le beat’em all, le combat VS et les QTE. Hélas, aucune de ces phases n’est portée à son paroxysme. Le shoot est soporifiques et ultra scripté, Asura étant la plupart du temps en chute libre avec deux possibilités: un tir d’énergie classique et un lock. On explose du gohma à tour de bras dans le but de faire monter une jauge de fury qui, une fois pleine, nous permet de mettre notre héros en état de fureur exacerbée, et de passer à la prochaine étape du soft. Ce shéma de remplissage de barre d’énergie pour passer au script suivant du jeu est le même pour chaque phase, ce qui en devient clairement redondant.

Une variété des genres qui aurait pu faire l’affaire

Les phases de shoot sont surchargées et ultra-scriptées

Mais explicitons les autres genres qui parsèment le titre. Tout d’abord, le beat’em all, qui voit Asura s’attaquer à plusieurs ennemis à la fois. Au menu: un coup rapide qu’on peut enchaîner 4 fois, un coup fort qui a besoin d’un temps de recharge après chaque utilisation, un tir à distance, un saut et des esquives. Le minimum syndical. Ne cherchez pas de nouveaux combos, des armes ou un upgrade de perso. Nada! On est dans le bourrinage de touches pur et dur. Seul élément tactique, la jauge Trikaya vous permet d’utiliser votre coup puissant à volonté. Elle se remplit en fonction de la vitesse de vos combos. Encore une fois le but ultime est toujours d’exploser votre jauge de fury pour avancer dans le niveau. Schéma identique pour le duel en un contre un qui, s’il brille par sa mise en scène et ses styles musicaux adaptés, souffre néanmoins de la répétitivité de ce gameplay. On attend le boss, on évite ses attaques, on contre avec quelques combos et on balance sa fury quand elle est pleine. Au bout du 3ème demi-dieu, ça commence à faire un peu longuet…

Enfin, il reste les phases de QTE. Véritable animé interactif, chaque phase de ce type vous demande d’appuyer en synchronisation sur les touches qui s’affichent à l’écran. Pas de combinaisons compliquées, on reste dans l’ultra basique avec une prépondérance de la touche triangle ou Y pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à une attaque. Le must, c’est que même si vous ratez le QTE, l’action ne s’arrête pas! Vous pouvez faire toute cette partie sans vous soucier de la manette, le scénario suivra son cours! Seul bémol: une moins bonne note de synchro à la fin du sutra.

Sans proposer de choix permettant différentes fins, le scénario reste néanmoins très agréable à suivre et tout est mis en scène de façon à vous en envoyer plein la vue

Les sutras justement, parlons-en. Ce sont en fait les niveaux du jeu. Au nombre de 18, chacun nous narre une partie de l’histoire d’Asura et est mis en scène à la manière d’un épisode de série télé, avec un teasing du prochain niveau à la fin de chaque sutra, et une introduction typée cinéma, mentionnant le développeur, le réalisateur, etc… Si vous zappez toutes les cinématiques, vous pourrez finir chaque sutra en 2 minutes montre en main, d’où une durée de vie assez rédhibitoire. Cependant, je ne saurai que trop vous conseiller de suivre le scénario, véritable pierre angulaire du soft. Sans proposer de choix permettant différentes fins, il reste néanmoins très agréable à suivre et tout est mis en scène de façon à vous en envoyer plein la vue. Que ce soit le style légèrement crayonné des textures, le peu d’aliasing, les angles de caméra, la fureur des QTE ou encore l’excellent doublage anglais (vostf), tout est fait pour que vous passiez un bon moment, sans jamais vous prendre la tête. On ressent la fureur des coups, on ne lâche pas la manette avant la fin, car on a soif de connaître le fin mot de cette histoire.

Le DLC qui vous apportera…la fin!

Le bouton triangle (ou Y), votre véritable ami lors des phases de QTE

Hélas, même si la fin classique est tout ce qu’il y a de plus anthologique, la véritable fin du soft, que vous débloquerez après avoir obtenu la note maximale dans 5 sutras, sent clairement l’inachevé. On reste dans l’incompréhension et, surtout, dans l’expectative d’un second jeu ou d’un DLC…et là je dis stop. Qu’on nous mette des niveaux en plus, des personnages payants, etc… passe encore. Mais qu’on nous grille la fin pour nous proposer un dlc qui nous expliquera enfin comment se termine l’histoire d’Asura, c’est trop! Marre de ces jeux en kit pour lesquels vous déboursez une fortune (70 Euros), qui se finissent en 5h et qui en plus se permettent de vous offrir une « demi-fin ». D’autant que le soft, malgré ses trois modes de difficultés, son système de jauge trikaya customisable, ses nombreux artworks à débloquer et ses notes à la fin de chaque sutra, n’offre quasi aucune replay value, presque tout se débloquant lors de la première partie.

Attention, Asura’s Wrath n’est pas une daube, loin de là. Il faut saluer le travail des graphistes, des animateurs, des musiciens pour le spectacle époustouflant qu’ils nous délivrent au travers de leurs superbes cinématiques. Mais le format du jeu vidéo semble inadapté à un tel projet. On est bien trop spectateur et non acteur, et, contrairement à un Heavy Rain, le scénario n’est pas aussi poussé et aucun embranchement n’est prévu. Il s’agit de ce nouveau type de soft, plus contemplatif qu’autre chose, qui aurait mérité de sortir au cinéma au lieu de coûter 70 Euros sur une machine next gen. Et pourtant, malgré ce triste constat, le soft de Cyber Connect 2 happe le joueur dans son univers et lui fait vivre une expérience assez jouissive pour peu qu’on soit bourrin dans l’âme. Asura ne parvient jamais à magnifier ses phases de jeu, mais enterre la concurrence au niveau du plaisir visuel. Un jeu en totale contradiction avec son support, mais qui mérite un peu de votre attention lorsqu’il sera trois fois moins cher!

Le vidéo-test

Réalisation: 19/20

L’un des plus beaux jeu sur console next gen. Peu d’aliasing, un style graphique proche d’un animé comme seul Cyber Connect 2 sait en délivrer, une animation sans faille et une patte artistique qui force le respect, vous allez clairement en prendre plein la figure. Du grand art pour du grand spectacle, tout simplement.

Gameplay/Scénario: 10/20

Le scénario est agréable à suivre bien que très linéaire, mais le gameplay est à mille lieues des ténors du genre dans chaque catégorie abordée. De plus, la redondance du schéma: je bourrine, je remplis ma jauge de fury et une fois pleine je passe automatiquement au script suivant, aura tôt fait de vous lasser.

Bande-Son: 18/20

Des bruitages qui claquent, un doublage anglais très réussi et des musiques qui partent aussi bien dans le lyrique que dans le western à la Enio Morricone, cette bande-son est une franche réussite!

Durée de vie: 10/20

En suivant tout le scénario et en voulant débloquer la fin cachée (qui n’est pas une vraie fin en soi), comptez 5heures de jeu environ. A 70 Euros le soft, aussi beau soit-il, la pilule a du mal à passer, d’autant que la rejouabilité frôle le zéro absolu, tout se débloquant quasiment au premier essai.

Note Globale N-Gamz.com: 11/20

Déception est le maître-mot qui domine la pensée du joueur lambda une fois le jeu terminé. Amputé d’une vraie fin, de phases de jeux profondes et d’un gameplay digne de ce nom, Asura’s Wrath a tout de la démo technique des capacités des consoles next gen. Beau, fluide, assourdissant de fureur, le soft en met plein la vue sans baisse de régime, mais l’impression d’avoir en face de nous un « bête » film interactif sans aucun embranchement scénaristique ne nous lâche pas durant les cinq malheureuses heures que dure le titre. Un vrai jeu « pop-corn » en somme, comme un bon gros film d’action de l’été que l’on va voir sans se prendre la tête et avec le minimum de réflexion…mais en bien plus cher la place…

 



About the Author

Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j'apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!