Review

Prenez une louche de MMO sauce coréenne, une cuillère à soupe de pvp façon guerre épique moyenâgeuse, trois doses de sandbox, mettez votre four à fond pour des heures et des heures d’artisanat et vous obtiendrez : ArcheAge ! Ce mélange est-t-il aussi détonnant qu’annoncé ou vous faudra-t-il attendre Black Desert Online, le mastodonte de ce genre quelque peu novateur dans l’univers du massivement multijoueur ?

Il y a fort longtemps…

ArcheAge joue dans la cour des MMORPG Sandbox

ArcheAge joue dans la cour des MMORPG Sandbox

… Un certain Jack Song s’est mis à rêver d’un soft dans lequel le joueur aurait tout à reconstruire de ses propres mains avec l’aide de ses compagnons. Si son nom ne vous est pas inconnu, c’est normal, Monsieur Song est en effet le créateur de… LineAge ! Sa nouvelle production, ArcheAge, dévoilée il y a quelques années, a donné des nouvelles de temps à autre durant son développement, se faisant tour à tour star sous le feu des projecteurs puis totalement discret. Un rythme de communication en dents de scie qui n’augurait pas toujours du meilleur, donc. Qui plus est, tout fana de « MEUPORG » sait combien il faut allumer de cierges dans l’espoir de voir ce genre de titre franchir les frontières nipponnes (Blade and Soul si tu nous entends, on t’attend toujours !). Jack Song promettait à l’époque vouloir offrir un jeu le plus ouvert possible, permettant aux joueurs d’aller de la plantation d’arbres à leur abattage afin de fabriquer ponts, maisons, navires de guerre, … bref participer à la reconstruction du monde dans lequel vous évoluez mais aussi au bien être de votre personnage.

ArcheAge a donc ainsi vu le jour sur PC, développé par XL Games, une société ayant à son actif XL1, un jeu de couses online, Archeville, jeu mobile actuellement en développement mais aussi Civilization Online (avis aux fans de Sid Meier !) et édité par Tencent, les petits malins ayant notamment racheté League of Legends, ce qui leur a permis de passer devant Microsoft, Activision ou encore Nintendo en matière de chiffre d’affaire, rien que ça! Bref, derrière ArcheAge, il y a des studios qui ont les reins solides, et c’est déjà une bonne chose… mais le jeu en avait-il besoin ?

C’est l’histoire d’un Nuian, d’un Elf, d’un Harani et d’un Firan sur un bateau...

D'excellentes options de personnalisation

D’excellentes options de personnalisation

Le monde d’ArcheAge se compose de deux continents : Nuia et Haranya, abritant chacun deux races. D’un côté les Nuiens, grands humains aussi appelés les Conquérants du Continent, ils possèdent la capacité de revenir de l’au-delà plus puissants qu’avant leur mort, mais aussi de bâtir plus rapidement. Viennent ensuite les Elfes, habitant au fin fond des forêts et évitant au maximum de se mélanger aux autres races, ils peuvent garder leur respiration plus longtemps sous l’eau et sont des champions de natation. Sur le second continent, vous trouverez les Firans, gros matous pleins de poils qui croient en chaque chose qui vit. Ils possèdent une agilité, des réflexes et une force hors du commun et leurs griffes leurs permettent de grimper aux arbres ainsi qu’aux échelles plus efficacement. Enfin, les Haranis sont des pros de la survie et ont construit leur royaume sur les ruines de celui qu’ils avaient perdu. On leur doit les portails de téléportations et ils ont la faculté de réduire le temps de l’abattage et de la cueillette. Bref, des races totalement différentes pour autant de gameplay. Sans compter que chaque continent, chaque race a son histoire qui, pour ne rien gâcher, est intéressante.

Après la création physique de votre personnage, assez poussée, vous aurez le loisir de choisir sa classe parmi les six proposées, à savoir : l’art des guerriers, celui des archers, des mages, des nécromants, des assassins et des animistes (healers). Sachez que votre classe ne détermine aucunement votre personnage sur le long terme ! En effet, dès le niveau cinq, on vous proposera de choisir un second art tandis qu’au niveau dix, vous pourrez en choisir un ultime troisième. À vous de prendre des décisions réfléchies afin de monter un personnage certes ambivalent, mais conservant une certaine spécialisation afin de ne pas vous éparpiller.

Vous avez créé votre personnage… à vous le grand monde !

A vous de choisir au mieux votre art

A vous de choisir au mieux votre art

On apprend assez rapidement à manier son personnage dans ArcheAge, que l’on soit habitué des MMO ou totalement newbie dans cet univers. Le gameplay est bien pensé, tout est explorable, de la cime des arbres aux océans, en passant par le fond des lacs, et si les bugs étaient assez présents et nombreux à la sortie du jeu, aujourd’hui le soft a été grandement amélioré à grands coups de mise à jour. Si le principe du MMO en sandbox (comprenez par-là que vous devez tout reconstruire : maisons, plantations d’arbres, élevage d’animaux, fabrications de navire de guerre…bref la vie telle qu’elle est, mixée avec une quête épique) est excellent, celui de l’abonnement payant non imposé mais au final « obligatoire » pénalisera très vite les joueurs ne voulant pas mettre la main au porte-monnaie.

Je m’explique : dans ArcheAge, vous possédez un certain nombre de points d’artisanat, points vous servant à …tout ! Identifier les objets que vous récupérez en tuant de l’ennemis, monter votre petite plantation, construire votre maison… bref, chaque action nécessitera ces fameux points qui, malheureusement, ne se régénèrent pas rapidement, il faut l’avouer. Sauf si vous possédez le fameux statut d’abonné, auquel cas vous en récupérerez par tranche de cinq minutes ! Sinon, en tant que joueur lambda, vous n’aurez plus qu’à hurler à l’aide afin de trouver des compagnons pouvant mettre la main à la patte pour fabriquer votre navire, par exemple.

Les possibilités de se déplacer sont légions, MMORPG Sandbox oblige

Les possibilités de se déplacer sont légions, MMORPG Sandbox oblige

Passées les phases « sandbox », place aux combats qui se montrent classiques, certes, mais fluides et intuitifs, de sorte que l’on prend beaucoup de plaisir à parcourir la campagne en pve. Hélas, le pvp est quant à lui plutôt anarchique et les dix derniers niveaux seront assez épiques à grimper !!! Les diverses possibilités de parcourir les continents sont agréables : montures, planeurs, bateaux tandis que les arbres de compétences sont énormes et vous offrent une pléthore de possibilités, sans parler de la possibilité de changer de voie au cours du jeu grâce aux prêtresses que vous trouverez aux statues de résurrection. Ces dernières vous permettront aussi de récupérer l’xp que vous aurez perdue en mourant contre de la monnaie sonnante et trébuchante, bien entendu.

C’est beau, c’est bio mais un peu vide…

Hormis pour les elfes qui démarreront leur périple dans un environnement heroic-fantasy forestière assez magique rappelant sans problème l’ambiance du Seigneur des Anneaux, autant dire que les autres décors sont, malgré un souci du détail et une atmosphère très travaillée, assez épurés. Heureusement que les grandes villes vous montreront le potentiel du soft, arborant chacune un style propre : médiéval, oriental… Le tout se pare d’une 3D propre, d’effets de lumière sympathiques, mais pourrait être amélioré hors des cités, c’est un fait.

Les cités vous montreront tout le potentiel technique du soft

Les cités vous montreront tout le potentiel technique du soft

La bande-son, quant à elle, est une pure petite merveille vous insufflant de l’épique dans les oreilles et vous reboostant afin de sauver votre petit monde ! Elle changera au cours des événements pour notre plus grand plaisir, tandis que la voxographie est de très bonne qualité et que les personnages ne nous donnent pas l’impression toute bête de réciter un texte.

Alors le sandbox, l’avenir du MMO ?

ArcheAge dispose d’énormément de bons points pour un MMO… quand on possède le statut d’abonné ! Problématique : le jeu en lui-même ne mérite pas forcément ce fameux abonnement. Les graphismes sont ainsi époustouflants… mais quand le vide ne règne pas ! Bref, il y a toujours un bémol avec du bon, du mauvais, du très bon, du très mal pensé et on ne saurait que trop conseiller aux développeur de passer à un autre système financier avant de voir les serveurs du jeu désertés… comme ce fut le cas sur d’autres softs.

La bande-annonce

Réalisation: 15/20

Malgré une réalisation très propre et soignée, on traverse énormément de zones désertes où peu de choses sont à faire (hormis farmer). On ressent même un décalage assez énorme entre les zones qu’au final on ne fait que traverser et les villes où les quêtes pleuvent. On croise encore quelques bugs de collisions, ce qui est assez dommage même s’ils sont loin d’être handicapants. Enfin, les cinématiques sont d’une très bonne qualité.

Gameplay/Scénario: 13/20

Le scénario est bon, certes, mais il apparaît quelque peu vu et revu. Le coup de la guerre entre races, la paix maintenue par un fil de soie et l’équilibre du monde qui ne se porte pas au mieux, ça sent les bases du MMO héroic-fantasy. Le gameplay, quant à lui, est fidèles aux normes de tout bon MMO coréen qui se respecte, à savoir prendre de l’xp en tuant mobs sur mobs, ce qui pourrait en lasser certains. Le principe de sandbox est bien exploité, mais le statut d’abonné pénalisera rapidement les joueurs ne voulant pas mettre la main au porte-monnaie. Enfin, les combats sont fluides et la possibilité de créer sa propre « classe » est excellente : vous voulez un guerrier gérant les arts de la nécromancie, et bien vous pouvez ! Dommage que le pvp soit le point faible du jeu, trop anarchique au goût d’énormément de joueurs. Bref, tout semble en demi-teinte dans ArcheAge, d’où la note.

Bande-Son: 15/20

Une bande-son d’excellente qualité, aidant à l’immersion totale dans le jeu. Cependant, on regrettera que toutes les scènes de dialogues des quêtes ne soient pas doublées mais écrites. Les bruitages, quant à eux, ne souffrent d’aucune fausse note.

Durée de vie: 10/20

Comme tout MMORPG qui se respecte, le nombre d’heures ne se compte pas et ne dépendra que de votre envie de vous immerger dans le soft. Le souci, c’est que l’attente interminable pour récolter des points d’artisanat sans payer risque de vous lasser très vite !

Note Globale N-Gamz.com: 13/20

ArcheAge est un bon MMORPG mais pas le meilleur que l’on puisse trouver sur le marché. Si le pari du Sandbox est à moitié gagné (dès l’instant où vous mettez la main à la carte bleue), il est dommage de trouver encore à notre époque des jeux dans lesquels les joueurs ne sont pas tous sur le même piédestal. Qui plus est, le principe des mégaserveurs européens n’était peut-être pas la meilleure des idées quand on voit la mentalité de certains membres de la communauté qui n’hésitent pas à insulter leurs camarades. Il n’empêche que le soft est très beau, surtout dans les villes, et propose un grand contenu, un gameplay fluide lors des combats, et des arbres de compétences travaillés. Bref, avec les bonnes mises à jour, le titre peut vraiment trouver son public.



About the Author

LadyDisturbed
Jeune sœur de bataille, dévoreuse de romans à la vitesse de la lumière et fanatique de jeux vidéos depuis la plus tendre enfance... voilà ce qui pourrait résumer de façon rapide votre petite rédactrice. Les mangas ne me font pas peur, la couture et le cosplay sont mon lot quotidien, l'écriture de fan fiction m'occupe et je rêve et vis dans un monde fait de fantasy et science fiction où les princesses Disney ont leur place. Éclectique, je suis ouverte à tous types de jeux, allant du RPG au FPS en passant par le Visual Novel, les MMO ou encore les jeux de stratégie et voguant dans les eaux troubles des jeux indépendants que je me plais à vous faire découvrir. Je ferais tout ce qui est possible pour être juste dans mes jugements, et puisse le sort vous être favorable !