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Alcatraz, dit « Le Rocher (The Rock) », devient un centre d’intérêt vidéoludique au travers d’un point & click édité par Daedalic Entertainment. Un thriller noir dans lequel vous incarnez un couple de personnage : l’homme est incarcéré dans la célèbre prison suite à un vol qui s’est mal terminé et la femme reste à North Beach, située aux abords de la baie de San Francisco. Pour découvrir les secrets de son mari, son épouse va devoir l’aider à s’échapper. Mais l’évasion d’Alcatraz est-elle réellement possible ?

« Allez en prison sans passer par la case départ »

Saurez-vous aider Joe à s’évader du Rocher?

1954 : Alcatraz est un jeu développé par Irresponsible Games, un studio établi dans la Baie de San Francisco (tiens donc !). Le scénario est écrit par Gene Mocsy (A Vampyre Story, James Bond 007 : Quitte ou Double). Ce dernier s’est d’ailleurs très bien renseigné sur la prison (fermée en 1963 car elle coûtait trop cher) et North Beach, et a ainsi pu avoir accès à des zones inaccessibles aux touristes et à des informations secrètes sur le passé du mouvement Beat. Sans rentrer dans les détails, la Beat Génération est un mouvement littéraire et artistique des années 50’ dont le personnage féminin du soft fait partie.

Mais place à l’histoire à présent. Dès la cinématique de début, vous allez être les témoins d’une course poursuite entre des véhicules de police et un fourgon. Ce dernier finira dans un arbre avec les billets qu’il contenait en train de brûler dans un magnifique feu de joie. Joe, un afro-américain bâti comme un colosse et accessoirement l’un des 2 personnages principaux du jeu, va être arrêté chez lui quelques instants après, alors qu’il est en train de jouer du piano en compagnie de sa charmante femme Christine, le second protagoniste jouable. Il semblerait que notre cher ami soit intimement lié au vol de l’argent précité, et c’est tout naturellement qu’il va se voir emprisonner à Alcatraz. De là, il n’aura qu’une seule idée en tête, s’en évader à l’aide du plan mis au point par un certain Hank, un vieux bougre qui en a pour 99 ans à tirer et qui sait très bien qu’il n’a plus l’âge pour jouer les filles de l’air. Pendant ce temps, Christine va comprendre que le magot n’a pas brûlé, mais a été caché par son mari, et va tout faire pour remettre la main dessus, sa vie étant menacée par Mickey, un mafioso méticuleux, qui réclame ce qui lui est dû. Le but de la belle sera de mettre la main sur trois clés cachées chez des connaissances de Joe, le tout en évitant d’attirer l’attention de la mafia et de l’Inspecteur Graasi, qui entend bien faire toute la lumière sur cette sombre affaire.

Thriller Night !

Les dialogues ne durent pas trois plombes, ce qui est assez positif dans ce type de soft

Comme dans tout point & click qui se respecte, les interactions dans 1954 : Alcatraz se font à la souris à l’aide d’un curseur, qui prend cette fois la forme d’une menotte, le clavier servant principalement à accéder au menu, utiliser le raccourci inventaire ou afficher les zones interactives. Le clic gauche est utilisé pour les actions et le droit pour observer attentivement l’objet désiré. La mollette, elle, permet de visualiser l’inventaire, qui peut contenir pas mal d’objets combinables entre eux. A noter qu’ils ne seront pas tous utilisés, notamment ceux de Joe, ce dernier ayant différentes possibilités d’évasion bien que malheureusement cela n’ait pas vraiment d’impact scénaristique. Christine, quant à elle, dispose de la faculté d’ouvrir les serrures à l’aide d’épingles à cheveux (rassurez-vous, elle en aura plus qu’assez). Les énigmes sont nombreuses et toutes logiques, un plus pour ce type de soft.

A noter que vous pourrez alterner à loisir entre les deux héros et que vous serez rarement bloqué dans l’aventure de l’un en attendant la conclusion d’une énigme pour l’autre. Niveau interactions avec les décors ou les personnages, vous en aurez pour votre argent, et le background du soft est clairement travaillé, sans jamais lasser le lecteur/joueur. De plus, l’humour est souvent de rigueur, bien que le contexte narratif soit sombre par nature. Enfin, un mode intitulé  » 1954″ est présent, qui vous permettra de vous adonner au titre dans un superbe noir et blanc avec effet « vieux film ». Les amateurs apprécieront.

Dessine-moi… Un rocher

L’ambiance musicale et visuelle est conforme aux années 50’

Si la seule cinématique du soft est faite de dessins crayonnés en noir et blanc du plus bel effet, les décors du jeu sont également de la même trempe d’excellence, mais s’inscrivent aussi dans le contraste, en offrant une 2D maîtrisée tout autant colorée que détaillée. Alcatraz est très ressemblant à la réalité que l’on peut s’en faire au regard des archives télévisuelles, surtout en ce qui concerne la cour. Les personnages sont réalisés en 3D, mais bien leur modélisation soit approximative, elle passe sans soucis étant donné la focale volontairement lointaine de la caméra. Par contre, énorme coup de gueule concernant les animations pour les actions de vos protagonistes, limitées à leur plus simple expression. Ainsi, vous ne verrez jamais votre héros utiliser un objet ou le donner à un NPC. Il va juste tendre le bras… Idem pour Christine, qui tiendra son sac à main du début à la fin du titre, sans jamais fourrer la main dedans malgré la pléthore d’objets qu’il contient. De quoi casser l’immersion en un clin d’œil. Ajoutez à cela un nombre assez incroyable de fautes d’orthographe et de bugs dans les textes en français, et vous aurez compris le premier point faible de ce point & click, le second étant clairement la durée de vie famélique du soft, qui se boucle en moins de 3 heures sans aucune replay value. Aïe.

Niveau musical, par contre, on est directement bercé par l’ambiance des années 50’ avec un style jazzy qui fait plaisir à entendre. Les voix anglaises sont bien doublées et crédibles, et les bruitages, dans l’ensemble, très bons. Rien à redire à ce niveau.

« Alcatraz, j’y étais ! »

1954 : Alcatraz n’est pas un mauvais point & click, c’est un fait, mais il n’a rien de vraiment original et manque surtout d’une intrigue qui captive le joueur, d’une durée de vie plus longue et d’un meilleur travail d’adaptation en français. Une bonne idée de départ, malheureusement pas assez exploitée.

La bande-annonce

Réalisation: 15/20

Le style des années 50’ est bien représenté par des graphismes simples, recherchés et travaillés, notamment pour les paysages en 2D. Ce qui est le plus décevant, par contre, c’est ce manque d’animation dans les interactions des personnages. A force, Christine risque d’attraper une crampe au bras !

Gameplay/Scénario: 13/20

Le scénario du jeu n’a rien d’exceptionnel, surtout si l’on prend en compte le fait qu’il n’y a pas spécialement de fin et que le suspense est aux abonnés absents. Le gameplay, lui, est classique pour le genre, hormis l’alternance entre Joe et Christine, qui aurait méritée d’être utilisée un peu plus intelligemment. Au moins, les dialogues sont efficaces.

Bande-Son: 16/20

Qu’on aime ou non le jazz, il faudra faire avec. L’ambiance est basée sur le style musical de ces années-là et passe plutôt bien. Concernant la qualité des voix et des bruitages, rien à redire, c’est propre et net.

Durée de vie: 12/20

Comme pour nombre de point & click, la durée de vie n’est jamais très longue, et les bons joueurs termineront le soft en moins de 3h. Certes il est toujours possible de le refaire en changeant deux-trois façons de procéder, mais sans aucun impact sur le scénario.

Note Globale N-Gamz.com: 14/20

1954 : Alcatraz offre au final un scénario/thriller assez moyen de par son manque de surprise. On s’attend à y trouver une fin inattendue alors que ce n’est pas le cas. La réalisation est correcte dans son ensemble, mais l’absence générale d’animations avec les objets et la qualité de la vidéo finale sont décevantes. On notera néanmoins un très bon travail documentaire sur la réalité carcérale d’Alcatraz, et le nombre plus que convaincant d’énigmes dont la logique fait plaisir à voir. Pas un mauvais point & click, mais pas inoubliable non plus.



About the Author

Devilhawk

Utilisateur de jeux vidéos depuis tout petit (j’ai commencé avec Bubble Bobble et Prince of Persia), je possède actuellement PS3, PSVita et bientôt PS4. Je suis fan de la série Kingdom Hearts, des jeux destructeurs (comme Red Faction et les Lego (si, si!)) et des jeux en coopération. Question cinéma, je me tourne plus vers les films d’horreurs (sauf les slashers) ainsi que les séries à suspens (tel Lost). Je suis également admirateur d’Hayley Williams et de son groupe (Paramore). Sinon je peux être disponible pour des parties multijoueurs aussi bien en coopération qu’en compétition (du moment que ce soit par équipe, j’aime pas le solo).