Review

Suicide Squad fait incontestablement partie des films les plus attendus de cette année 2016. Il faut dire que le marketing autour du dernier bébé de David Ayer a été sacrément important, mettant clairement en avant la belle brochette d’acteurs principaux tout en nous faisant miroiter un long métrage ultra badass au travers des diverses bandes-annonces survoltées diffusées ça et là. Vous l’aurez deviné : la hype générée fut énorme avant même la sortie, chacun pensant à juste titre que ce Suicide Squad serait incroyable au vu des trailers présentés. Sauf qu’il y a un hic… ces derniers ne représentant absolument pas le film !

Les pires crapules pour... sauver le monde!

Les pires crapules pour… sauver le monde!

Superman, le plus grand méta-humain et protecteur du peuple… est mort ! Une question légitime se pose alors : que faire si un autre méta-humain aussi puissant que ce cher Clark Kent apparaissait soudainement et désirait, cette fois, détruire l’Humanité ? Comment l’arrêter ? Amanda Waller a une réponse simple et efficace sur le sujet : créer un groupe de personnes très puissantes dont personne ne pleurera la mort. Bingo ! Le projet Task Force X voit le jour et entend bien utiliser les pires criminels pour protéger le monde de façon entièrement confidentielle. C’est ainsi que de charismatiques bad boys/girls comme « Deadshot » ou « Harley Quinn » vont s’allier avec comme unique leitmotiv une réduction de peine. Encadrés par le colonel Rick Flag, cette Suicide Squad va devoir combattre une mystérieuse force surnaturelle qui vient tout juste de se réveiller. Accrochez-vous, ça faire mal !… Ou Pas !

Ce petit pitch scénaristique mis en place il est temps de passer à la critique et autant être franc avec vous : le film que j’ai regardé n’était pas « Suicide Squad ». Non, personnellement, j’ai surtout vu « Le Show de Deadshot et Harley Quinn » ! Hormis ces deux personnages incarnés avec un sacré brio par Will Smith et Margot Robbie, les autres ne font l’objet d’absolument aucun développement et ne servent pour ainsi dire presque à rien, le pire étant sans conteste Slipknot, dont on se demande encore s’il ne s’est pas trompé de casting.

Au final, l'escouade se résume surtout à un binôme Harley Quinn - Deadshot

Au final, l’escouade se résume surtout à un binôme Harley Quinn – Deadshot

Cependant, ce Suicide Squad ne se résume pas qu’à ses personnages, l’environnement a également son importance et à ce niveau, on peut dire que la réalisation des décors est travaillée et crédible, de même que le design artistique est savamment choisi, avec des héros plus colorés que le reste histoire de clairement ressortir du background. Par contre la 3D, elle, ne ressort pas du tout! Elle se montre complètement inutile et ne sert au final qu’à assombrir le film et vous faire payer plus cher une place de cinéma qui l’est déjà bien assez. On termine ce constat technique avec une note positive concernant les effets spéciaux dignes d’un blockbuster et les cascades vraiment impressionnantes.

Niveau bande-son, je peux vous assurer que c’est certainement le point qui m’a le plus marqué à la vue de ce Suicide Squad. En effet, elle n’est composée que de chansons ultra connues et dynamiques, nous faisant totalement penser aux titres qui rythmaient l’excellent Gardiens de la Galaxie, avec la fameuse cassette de Star Lord. Et de là, tout naturellement, mon esprit s’est rendu compte en plein film que ce Suicide Squad lorgnait clairement du côté du long métrage précité de James Gunn, sorti il y a déjà deux ans. Les scènes humoristiques sont du même genre, la musique idem, et les personnages ont tous un style radicalement différent les uns des autres, mais en bien moins charismatique que Peter Quill, Gamora ou encore Groot. Du coup, je me suis retrouvé avec la désagréable sensation d’assister à une pale copie de nos fameux Gardiens. Un peu comme si DC essayait… de faire du Marvel parce que c’est rentable!

Jared Leto nous promettait un Joker monumental... au final il est surtout désespérément absent et à milles lieues de Nicholson et Ledger

Jared Leto nous promettait un Joker monumental… au final il est désespérément absent et à mille lieues de Nicholson et Ledger

Autre inconstance : la prestation de Jared Leto en tant que Joker. On en a fait des caisses durant le tournage et les trailers nous donnaient l’impression que l’on aurait devant nous une prestation aussi remarquable que celle du meilleur Joker de tous les temps, feu Heath Ledger. Hélas, il est très dur de passer après celui qui a redéfini le rôle depuis le grand Jack Nicholson… du coup notre cher Jared se fait violemment basher par les critiques. Soyons honnête, le pauvre n’est pas particulièrement mauvais mais vraiment loin d’être aussi inoubliable que les deux ténors précités. Il nous présente tout simplement un Joker « différent », peut-être un peu trop d’ailleurs tant il est dans la surenchère permanente… enfin pour le peu qu’il apparaisse puisqu’il n’est présent à l’écran que seulement trois minutes sur toute la durée du long métrage.

Suicide Squad est donc forcément un film qui va largement diviser la Communauté des fans de DC Comics : soit on adore, soit on déteste. Même en essayant de rester le plus pro (et donc le moins fan possible), je ne parviens pas à effacer le malaise ressenti tout au long de cette œuvre :  cette impression de voir un film DC qui tentait de réussir sur le même créneau que les Marvel, se cherchant au final une réelle identité. Et pourtant, le projet de David Ayer a du potentiel, on ne peut pas le nier, mais une trop grande partie des personnages n’est clairement pas assez développée et le marketing trop violent et trop constant nous a fait miroiter de façon malsaine un film qui n’a, en réalité, jamais existé. Ce trouble permanent n’est d’ailleurs pas arrangé par la présence de scènes retournées ou ajoutées pour augmenter l’humour du film (peur de la concurrence de l’excellent Deadpool ?). On sent qu’elles ont été incorporés dans un long métrage déjà fini et qui aurait du s’avérer plus sombre dans sa version initiale.

Si la 3D n'apporte rien au film, les effets spéciaux ont le mérite d'être plutôt réussis

Si la 3D n’apporte rien au film, les effets spéciaux ont le mérite d’être plutôt réussis

Mais le point le plus énervant de ce Suicide Squad est sans conteste sa définition même du « méchant ». Le topo est quand même de créer une équipe avec les pires bad guys que le monde ait connu, pour en faire une arme contre de titanesques menaces. Le souci, c’est que je n’ai vu aucun vrai méchant, justement. Tout au plus des personnes ayant un bon fond et qui se font passer pour ce qu’elles ne sont pas. Tout ça est bien trop « Happy End » (NDMax : Mais si, vous savez « Tout le monde est beau et gentil, et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes »)!

Au vu de tous ces éléments, on peut vous affirmer une chose : Suicide Squad ne sera JAMAIS le film auquel vous vous attendiez après avoir maté les bandes-annonces en boucle, mais il est loin d’être la daube infâme que certains s’évertuent à enterrer encore plus. Honnêtement, je n’irai pas le revoir, mais j’ai passé un bon moment en compagnie de cette équipe plus qu’atypique, sans me prendre la tête. Si vous êtes fans, vous irez forcément le mater. Pour les autres, aucune obligation, loin de là…

La Bande-Annonce

Note Globale N-Gamz: 3,5/5



About the Author

MaximeChapeau
MaximeChapeau

Dévoreur de livres, de séries ou de films, j’adore partager ma passion avec le plus grand nombre. C’est donc forcément une joie pour moi de partager mes critiques cinéma avec vous ! Je suis un amateur de films d’action, de science-fiction et de fantastique, avec une grosse préférence pour la saga Hunger Games dont je suis extrêmement fan depuis que j’ai pu la découvrir en livres comme sur grand écran. Plus personnellement, je suis étudiant et grand adepte des arts du cirque, en particulier le jonglage. Gamer depuis mon plus jeune âge, j’aime les jeux rétros et tous ceux qui permettent d’avoir une bonne dose de fun entre amis! Pour l’histoire de mon pseudo, elle est très simple: j’adore les chapeaux, tout simplement! J’espère que vous apprécierez de lire mes critiques autant que le plaisir que j’éprouve à vous les rédiger!