Review

Avec 4 prix et 9 nominations aux Oscars, La Forme de l’eau est sans nul doute l’un des films les plus intéressants du moment. Il faut dire qu’avec Guillermo del Toro aux commandes, réalisateur d’oeuvres poétiques à souhait telles que le Labyrinthe de Pan, on s’attend forcément à être emporté dans une fable onirique et sombre… et on n’est pas déçu!

« Un amour impossible entre Elisa et une mystérieuse créature aquatique? »

Elisa Esposito est une simple employée dans un centre de recherche américain ultra secret. Muette, elle vit seule et se sent isolée du reste du monde. Mais sa vie va se retrouver bouleversée lorsque, au détour d’une morne journée de travail, elle va se retrouver confrontée à une expérience du centre : une créature aquatique humanoïde! Rapidement et contre attente, notre héroïne va se prendre d’affection pour cet être et tenter de communiquer avec lui du mieux qu’elle peut… Et si l’amour pouvait naître au moment où on s’y attend le moins, entre deux « espèces » que tout oppose?

D’un point de vue technique, il n’y a clairement rien à redire sur La Forme de l’Eau. Le décor est fidèle à l’esprit des années 50/60 aux Etats-Unis, que ce soit au niveau des véhicules, du matériel scientifique et même des costumes dignes d’une publicité d’époque. On adore également l’omniprésence de l’eau, que l’on retrouve même dans les teintes des éléments extérieurs (couleur sarcelle pour les voitures, papier peint verdâtre sur les murs, …). Niveau effets spéciaux, on est surpris qu’ils soient assez peu nombreux puisque hormis le costume de la créature, il y en a assez peu, ce qui ancre forcément beaucoup plus l’oeuvre de del Toro dans une mouvance « réaliste ». Un vrai bol d’air frais pour notre ère du fond vert à outrance et du tout numérique.

Avec une victoire aux Goldens Globes, au BAFTA Awards et aux Oscars, la musique de La Forme de l’Eau ne pouvait qu’être absolument magnifique, et c’est le cas puisqu’on est transporté dans un véritable torrent mélodique tout au long du film. Tour à tour douce et puissante, discrète puis stressante, différente mais ô combien réconfortante, la bande-son fait carrément office de personnage à part entière. Un véritable coup de génie de la part du compositeur français Alexandre Desplat.

« Un film qui fait de la différence sous toutes ses formes sont message principal »

En termes de jeu d’acteur, on ne pourra que saluer les prestations de Sally Hawkins (Elisa Esposito) et Michael Shannon (Richard Strickland, identifié comme le « méchant »), vraiment bons dans leur rôle. Miss Hawkins incarne à merveille son personnage muet et « différente » du reste du monde, tandis que ce cher Michael nous énerve au plus haut point avec son côté imbu de lui-même et son art de manipuler pour arriver à ses fins. Il parvient même à donner de légers accents de folie à Strickland. On adore!

Alors au final et devant ce déluge de compliments, peut-on réellement dire que La Forme de l’Eau possède des points négatifs ? Pour ma part, non… mais j’ai pu voir des critiques plutôt étranges qui indiquent regretter le rappel sempiternel du film sur la différence, ce qui passe forcément par un casting extrêmement varié aussi bien en termes de couleur de peau que d’orientation sexuelle ou de handicap physique. Ces personnes y voient un « quota » demandé par Hollywood pour être politiquement correct, mais c’est qu’il n’ont rien compris au message fondamental du long métrage que veut faire passer Guillermo del Toro: les différences ne sont acceptées… que par des personnes qui sont elles aussi « différentes ». L’eau prend toujours la forme de son contenant, tout comme l’amour peut prendre toutes les formes (homme, femme ou… créature), dixit le réalisateur en personne!

Vous l’aurez compris: la Forme de l’Eau est une réussite artistique et même si son scénario est cousu de fil blanc, on ne peut s’empêcher de se laisser emporter par la vague de poésie du film. A découvrir absolument!

La Bande-Annonce

Note Globale N-Gamz: 5/5



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MaximeChapeau
MaximeChapeau
Dévoreur de livres, de séries ou de films, j'adore partager ma passion avec le plus grand nombre. C'est donc forcément une joie pour moi de partager mes critiques cinéma avec vous ! Je suis un amateur de films d'action, de science-fiction et de fantastique, avec une grosse préférence pour la saga Hunger Games dont je suis extrêmement fan depuis que j'ai pu la découvrir en livres comme sur grand écran. Plus personnellement, je suis étudiant et grand adepte des arts du cirque, en particulier le jonglage. Gamer depuis mon plus jeune âge, j'aime les jeux rétros et tous ceux qui permettent d'avoir une bonne dose de fun entre amis! Pour l'histoire de mon pseudo, elle est très simple: j'adore les chapeaux, tout simplement! J'espère que vous apprécierez de lire mes critiques autant que le plaisir que j'éprouve à vous les rédiger!