Microsoft explore activement plusieurs voies pour restructurer sa division Xbox, allant jusqu’à une éventuelle scission complète ou une filialisation, voire une cession future. Selon un rapport exclusif relayé par Reuters, le géant de Redmond envisage des options radicales pour son activité gaming, qui peine à retrouver sa rentabilité et sa compétitivité. Parmi les pistes évoquées figurent la transformation de Xbox en filiale à part entière (à l’image de LinkedIn ou GitHub), la création d’une joint-venture avec des partenaires externes, ou une scission pure et simple qui pourrait faciliter une vente ultérieure. Bien qu’aucune décision ne soit imminente, toutes les portes restent ouvertes, selon des sources proches des discussions, et elles sont toutes plutôt sombres hélas.
Cette réflexion intervient dans un contexte particulièrement tendu pour la division. Les ventes de consoles Xbox ont décliné, tandis que les paris ambitieux sur le Game Pass et le cloud gaming n’ont pas compensé le manque de blockbusters exclusifs. Les marges se sont effondrées à environ 3 %, malgré des investissements colossaux dépassant les 20 milliards de dollars sur cinq ans. La nouvelle patronne de Xbox, Asha Sharma (nommée en février 2026 en remplacement de Phil Spencer), a obtenu le feu vert de Satya Nadella pour augmenter les dépenses sur les franchises phares comme Halo, Fallout et The Elder Scrolls, dans l’espoir de relancer la machine. Des licenciements massifs sont par ailleurs prévus dès juillet, accompagnés de coupes budgétaires dans le marketing.
L’avenir de Xbox s’annonce particulièrement sombre, fruit de choix stratégiques souvent contestables et de promesses non tenues au cours de plus d’une décennie de règne de Phil Spencer. Celui-ci avait érigé le Game Pass en révolution censée « tout changer », multiplié les acquisitions pharaoniques (Activision Blizzard en tête) et promis un écosystème inclusif et florissant. En réalité, la part de marché console n’a cessé de s’éroder face à PlayStation, les exclusivités ont souvent déçu, et le modèle d’abonnement a cannibalisé les ventes traditionnelles sans générer les revenus escomptés. Ces décisions, parfois qualifiées de « ridicules » par les observateurs, ont laissé une division exsangue, contrainte aujourd’hui à des mesures d’austérité drastiques et à une remise en question existentielle.
Une scission ou une revente ne serait pas une solution miracle. Détachée de Microsoft, Xbox pourrait gagner en agilité mais perdrait l’énorme soutien financier et l’intégration avec Windows ou l’IA. Une vente, quant à elle, soulèverait des questions sur l’identité même de la marque et l’avenir des studios first-party. Quoi qu’il advienne, le constat est amer : après des années de communication mensongère triomphaliste et de virages stratégiques hasardeux orchestrés par Phil Spencer, Xbox se retrouve à la croisée des chemins, avec un avenir incertain et potentiellement beaucoup plus modeste qu’escompté. Les prochaines semaines, avec les annonces de licenciements et les mises à jour budgétaires, devraient apporter des éclaircissements cruciaux sur la direction que Microsoft compte prendre.

















