Dans un communiqué choc publié ce jeudi, Ubisoft, le géant français du jeu vidéo, a révélé une restructuration profonde de son organisation interne, marquée par l’annulation de six projets en développement, la fermeture de deux studios et l’annonce de nouveaux licenciements. Parmi les titres sacrifiés figure le très attendu remake de Prince of Persia: The Sands of Time, un projet qui traînait en longueur depuis des années et qui symbolise les difficultés actuelles de l’entreprise.
Cette décision s’inscrit dans un « reset majeur » visant à recentrer le portefeuille de jeux sur des critères de qualité renforcés et une priorisation plus sélective, selon les mots des dirigeants d’Ubisoft.
Le remake de Prince of Persia: The Sands of Time, annoncé avec fanfare en 2020 lors d’un Ubisoft Forward, était censé raviver la flamme d’un classique de 2003, acclamé pour son gameplay innovant mêlant acrobaties, combats et manipulation du temps. Développé initialement par Ubisoft Pune et Mumbai, le projet avait suscité des controverses dès ses premières images, critiquées pour leur qualité graphique jugée datée. Face au backlash, Ubisoft avait reporté la sortie à plusieurs reprises : d’abord prévue pour janvier 2021, elle fut repoussée indéfiniment en 2021, puis transférée à Ubisoft Montréal en 2022 dans l’espoir de redresser la barre.
Malgré ces efforts, le titre n’a jamais vu le jour, et son annulation définitive a été confirmée cette semaine. Selon un communiqué officiel, le projet n’atteignait pas « le niveau de qualité attendu par les fans », marquant un coup dur pour la série qui remonte à 1989.
Cependant, Ubisoft assure que la franchise Prince of Persia n’est pas enterrée et qu’elle continuera sous d’autres formes, sans préciser de détails.
Outre ce remake emblématique, cinq autres jeux ont été annulés : quatre projets non annoncés et un titre mobile non spécifié. Parallèlement, sept autres jeux en cours de développement ont été reportés, incluant potentiellement des suites attendues comme un remake d’Assassin’s Creed: Black Flag, bien que les détails exacts n’aient pas été divulgués.
Cette purge s’accompagne de la fermeture de deux studios, non identifiés dans le communiqué, et de nouveaux licenciements qui s’ajoutent aux vagues précédentes. Depuis 2023, Ubisoft a déjà supprimé plus de 2 000 emplois dans le cadre de ses efforts pour réduire les coûts et s’adapter à un marché du jeu vidéo en pleine mutation, marqué par une concurrence accrue de la part d’acteurs comme Tencent et une inflation des budgets de production.Financièrement, cette restructuration pèse lourd : Ubisoft anticipe une perte avant intérêts et impôts d’environ 1 milliard d’euros pour l’exercice fiscal 2025-2026, liée aux coûts d’annulation et aux investissements non amortis.
L’entreprise, qui emploie encore environ 18 000 personnes dans le monde, justifie ces mesures par la nécessité de « rester compétitive » dans un secteur en crise, où les échecs commerciaux comme Skull and Bones ou XDefiant ont ébranlé sa stabilité.
Yves Guillemot, PDG d’Ubisoft, a déclaré dans un appel aux investisseurs que cette « réinitialisation du portefeuille » permettra de se concentrer sur des franchises phares comme Assassin’s Creed, Far Cry et Rainbow Six, tout en explorant de nouveaux horizons comme les jeux en monde ouvert et les expériences narratives innovantes. Cette annonce a provoqué une onde de choc dans l’industrie. Sur les réseaux sociaux et forums comme Reddit, les fans expriment leur déception, particulièrement pour Prince of Persia, vu comme une opportunité manquée de revitaliser une IP dormante.
Des analystes soulignent que Ubisoft n’est pas seul : des géants comme Electronic Arts et Activision Blizzard ont aussi procédé à des coupes similaires ces dernières années. Pourtant, cette restructuration soulève des questions sur la durabilité du modèle AAA, avec des développements qui s’étendent sur des années et des budgets exorbitants. Pour Ubisoft, fondée en 1986 par les frères Guillemot, c’est un tournant critique : l’entreprise doit désormais prouver qu’elle peut rebondir, sous peine de voir son indépendance menacée par des rumeurs persistantes de rachat.
En conclusion, cette restructuration marque la fin d’une ère pour certains projets chers aux joueurs, mais pourrait ouvrir la voie à une Ubisoft plus agile et focalisée. Les yeux sont désormais tournés vers les prochaines annonces, espérant que des titres comme Assassin’s Creed Hexe ou le prochain Star Wars Outlaws (déjà reporté) sauront redorer le blason de l’éditeur français.

















