L’action Nintendo a subi une dégringolade alarmante ces derniers mois, perdant plus de 33 % de sa valeur depuis son pic historique de 14 795 yens en août 2025, pour clôturer à 9 950 yens aujourd’hui. Cette chute, qui efface près de 14 milliards de dollars de capitalisation boursière, a semé la panique parmi les investisseurs, selon des analystes comme Dr. Serkan Toto de Kantan Games. Les causes sont multiples, mais le bide commercial de Metroid Prime 4: Beyond, sorti en novembre 2025, cristallise les inquiétudes sur le manque de hits first-party et la stratégie globale de la firme japonaise.
La hausse vertigineuse des coûts de production joue un rôle central. Les prix des puces mémoire RAM ont bondi de 41 % au dernier trimestre, tandis que les NAND flash augmentent de 8 %, impactant directement la fabrication de la Switch 2. Ajoutez à cela les tarifs douaniers imposés par les États-Unis sous l’administration Trump, qui menacent d’une augmentation généralisée des prix des consoles et accessoires. Nintendo, via son président Shuntaro Furukawa, a admis que ces coûts seraient répercutés sur les consommateurs, alimentant les craintes d’une érosion de la demande.
Mais le vrai coup dur vient du front logiciel. Après un lancement record de la Switch 2 en juin 2025, les ventes ont ralenti, particulièrement aux États-Unis et en Europe, avec des discounts inhabituels pendant les fêtes – un signe de faiblesse pour une console censée dominer. Les investisseurs pointent du doigt l’absence de blockbusters first-party en 2026, et Metroid Prime 4: Beyond incarne ce vide. Annoncé comme un retour triomphal pour la saga, ce titre développé par Retro Studios avec un budget dépassant les 100 millions de dollars s’est révélé un échec retentissant.
Metroid Prime 4: Beyond a tanké au lancement, avec des ventes estimées entre 1 et 2 millions d’unités mondiales en un mois – loin des attentes pour une licence culte attendue depuis des années. Au Japon, berceau de Nintendo, les chiffres sont catastrophiques, confirmant le statut de « flop » du jeu. Critiquement, il culmine à un modeste 80-81 sur Metacritic, le plus faible score de la série Prime. Les reproches fusent : un level design atroce, un open-world forcé et vide qui parasite la progression linéaire traditionnelle, des boss battles ennuyeuses ou mal conçues, et un hub centrale qui ne fonctionne pas.
Avec un budget gonflé (plus de 1 000 personnes aux crédits), ces ventes ne couvrent pas les coûts, contrairement aux anciens opus à 10 millions de budget. C’est une « vraie bouse » pour beaucoup, un titre qui rate le coche en essayant de plaire à tous – y compris au marché japonais avec des personnages secondaires inutiles – sans satisfaire personne.
Nintendo, autrefois intouchable avec des hits comme Zelda ou Mario, semble peiner à innover sans diluer ses franchises. Le flop de MP4 questionne la viabilité de suites AAA pour des séries de niches comme Metroid, menaçant potentiellement des emplois chez Retro Studios. Les analystes craignent dès lors un cercle vicieux : moins de ventes, moins d’investissements, plus de hausses de prix.
En somme, cette chute n’est pas qu’une correction : elle expose les faiblesses d’une stratégie post-Switch 2. Nintendo doit rebondir vite, sous peine de voir sa domination s’effriter face à une concurrence affûtée. Les investisseurs attendent des annonces concrètes – et un vrai hit – pour retrouver confiance.
















