Review

27 ans après un premier épisode considéré encore aujourd’hui comme le père spirituel de Fallout, Wasteland nous revient enfin, cette fois sur consoles Next-Gen, pour une suite développée sous Unity 5 et expurgée de pas mal de bugs au travers d’un « Director’s Cut » très attendu (le titre étant déjà sorti sur PC en 2014). Vous êtes prêt à retrouver un énorme sentiment de nostalgie post-apocalyptique mâtiné d’une réalisation technique actuelle ? Suivez-moi !

Qui a encore appuyé sur le bouton rouge, hein?!

Bienvenue dans un monde post-apocalyptique comme on les aime!

Bienvenue dans un monde post-apocalyptique comme on les aime!

En 1988 sortait Wasteland premier du nom, un jeu de rôle à l’occidentale offrant de très bonnes notions de choix et un univers post-nucléaire comme on les aime. Son créateur, Brian Fargo, est ensuite allé de projet en projet, produisant notamment le très connu Fallout, dont le quatrième opus, intégralement en 3D à la troisième personne, vient tout juste de sortir (on l’a testé juste ici: http://n-gamz.com/video-game-review/fallout-4-test/). Cependant, il n’a jamais oublié son premier amour, le RPG vu de haut… et Wasteland 2 trottait toujours dans un coin de sa tête. C’est donc tout naturellement qu’en 2012 une campagne Kickstarter fut lancée pour récolter les 900.000 $ nécessaires à la création du soft. Sauf que les développeurs d’inXile (The Bard’s Tale) en charge du projet ont reçu… pas moins de 3.000.000 $ ! De quoi revoir les prétentions du jeu à la hausse et nous livrer un titre qui devrait combler les fans de la première heure.

Les déplacements se font sur une map sous haute tension... radioactive!

Les déplacements se font sur une map sous haute tension… radioactive!

Scénaristiquement parlant, Wasteland 2 fait directement suite aux événements narrés dans le premier opus. En 1198, une guerre thermonucléaire a réduit une bonne partie de la surface du globe à l’état désertique, et seuls une poignée de survivants tente de reconstruire un semblant de civilisation. Parmi eux, on trouve les Desert Rangers, d’anciens ingénieurs de l’U.S. Army qui ont pu trouver refuge lors du cataclysme et cherchent à présent à aider toute personne qui en aurait besoin. Dans Wasteland 1, ils ont réussi à mettre un terme aux agissements des Gardiens, des pseudo-moines dérangés vouant un culte à la technologie. Fier d’avoir pu récupérer la Citadelle de ces derniers et en avoir fait leur Q.G.n les Desert Rangers vont vite déchanter lorsque l’un des leurs, Ace, va être retrouvé mort… un humain synthétique doté d’une I.A. anormale gisant à ses côtés. En menant l’enquête, le groupe va très vite découvrir une sombre machination qui les amènera de leur précieux Arizona jusqu’au cœur-même… de Los Angeles !

Walker Desert Rangers

Vos rangers seront entièrement personnalisables et disposeront de capacités propres

Vous voilà donc parti à l’aventure avec 4 Desert Rangers entièrement customisables et personnalisables, en vue de 3/4 haut, parcourant les terres dévastées par la guerre atomique, offrant votre aide à qui la veut et rétablissant un semblant d’ordre partout où vous passez, le tout au travers de quatre niveaux de difficulté, 7 caractéristiques principales à définir pour vos héros et pas moins de 29 compétences liées à leurs performances sur différentes armes, capacités physiques et connaissances.

Vous aurez donc la possibilité de créer dès le départ une équipe hétérogène à votre image, ou opter pour des protagonistes pré-programmés. Au menu de votre périple: un nombre impressionnant d’ennemis en tous genres, pas mal de choix vitaux à faire, entraînant parfois des morts par dizaines, différentes approches tactiques ou plus bourrines, des quêtes secondaires très scénarisées et un paquet d’informations à récupérer pour vous immerger autant que possible dans ces U.S.A. post-apocalyptiques chers à la franchise. A noter que le titre n’est clairement pas avare en textes et autres documents, parfois anodins, ce qui pourrait rebuter les moins patients d’entre vous, du moins au début (l’action étant plus intense par la suite).

La représentation du jeu se fait de 3/4 haut pour une lisibilité optimale et un petit air de "Fallout" bien sympathique

La représentation du jeu se fait de 3/4 haut pour une lisibilité optimale et offre un petit air de « Fallout » bien sympathique

Concernant les combats justement, Wasteland 2 base son gameplay sur un système de tour par tour, plaçant vos héros sur une grille à la façon des Tactical-RPG à l’ancienne. A vous de choisir avec précision vos déplacements, vous mettre à couvert quand il le faut, utiliser vos compétences à bon escient et trier vos objets sur le volet pour parvenir à vous en sortir indemne. Petite nouveauté de cette version Director’s Cut, le Precision Strike, qui permet de cibler telle ou telle partie du corps de l’adversaire… à la Fallout !

Les amis de mes amis…

Tout au long de votre aventure, votre quatuor pourra recruter des PNJ et les adjoindre à son groupe avec un maximum de 3 protagonistes additionnels. Chacun a sa personnalité propre et réagira en fonction de vos actions. De même, certains auront un impact non négligeable sur l’avancée du scénario. Par contre, tant qu’on parle histoire, sachez que la police d’écriture choisie pour cette version console est clairement trop petite par moments, rendant des parties de textes complètement illisibles à moins de se coller à l’écran. Dommage.

Signalons également que de nombreuses compétences sont utilisables hors combat et vous permettront réellement de mener votre aventure à VOTRE façon. Vous pourrez ainsi vous la jouer discrétion en crochetant les serrures et piratant les systèmes informatiques, le tout via une roue d’action très ergonomique. Bref, un titre léché qui devrait procurer pas mal de bonnes sensations aux adeptes des RPG à l’occidentale, malgré un pathfinding parfois frustrant.

Comme un air de Fallout

Les combats sont tactiques au possible et la réalisation en Unity 5.0 leur rend clairement hommage!

Les combats sont tactiques au possible et la réalisation en Unity 5.0 leur fait clairement honneur!

Les graphismes de cette version Director’s Cut, qui passe du moteur Unity 4.5 dans l’original au 5.0 ici, ont clairement été remasterisés sur un an de temps. Ainsi, plusieurs niveaux ont connu un lifting intégral pour y apporter une touche plus réaliste, plus détaillée. La 3D des décors, qui permet de les faire tourner pour avoir le meilleur angle de vue possible avec un ¾ haut plutôt lisible, semble plus vivante et l’interface de jeu a été repensée pour offrir une prise en main très satisfaisante à la manette. Un petit trip visuel post-apocalyptique crédible, notamment grâce à des environnements plus agréables à l’œil (si tant est qu’une ère post-guerre thermonucléaire puisse être belle à contempler). Le design des Rangers, enfin, bénéficie d’une foule d’options supplémentaires et leurs animations sont plus travaillées.

Si les musiques, réalisées par le compositeur de Fallout, sont plutôt discrètes mais bien dans le ton, les dialogues, quant à eux, bénéficient d’un soin tout particulier puisque pas moins de 8000 lignes de textes ont été enregistrées, ce qui permet à beaucoup plus de NPC d’être doublés en français. Certes, quelques traductions sont un peu bancales, mais dans l’ensemble le constat est très satisfaisant et permet de cerner correctement toutes les conversations, ce qui est capital pour un jeu de cette ampleur scénaristique. Les bruitages, enfin, se montrent de bonne qualité et donnent une certaine personnalité propre à nos petits héros de pixels… et à leurs armes !

27 ans d’attente… mais ça les valait !

Plus de 27 ans après sa création, le monde de Wasteland reprend vie au travers d’une suite « Director’s Cut » de qualité, n’hésitant pas à multiplier les clins d’œil au premier titre du nom, pour un résultat travaillé qui conviendra parfaitement aux amoureux des rpg occidentaux typés Fallout 1 & 2. On ne peut que saluer les petits gars de inXile qui ont accompli un boulot titanesque… et espérer ne pas attendre encore un quart de siècle pour avoir droit à un troisième épisode !

La Bande-Annonce

Réalisation: 15/20

En passant de Unity 4.5 à 5.0, Wasteland 2 a subi un joli lifting graphique dans cette version Director’s Cut par rapport à son premier jet en 2014. En résultent des décors bien plus vivants et des personnages qui gagnent en options de customisation visuelles, pour un univers post-apocalyptique vraiment agréable à regarder. Seul bémol : une police d’écriture trop petite !

Gameplay/Scénario: 15/20

Le scénario de Wasteland est riche et complexe, allant même jusqu’aux origines du conflit thermonucléaire vécu dans le premier. Les choix sont nombreux, les morts aussi, et c’est un réel plaisir de suivre l’histoire imaginée par inXile. Le gameplay, quant à lui, est plutôt bien adapté à la manette et permet pas mal de choses en exploration (crochetage, piratage, …) et d’excellentes tactiques en combat malgré un pathfinding pas toujours optimal. Bref, un système de jeu qui sent bon les Fallout 1 & 2, et forcément leur père spirituel : Wasteland 1 !

Bande-Son: 15/20

Les musiques sont discrètes mais réussies. Il faut dire qu’on les doit au compositeur de Fallout 1 & 2, des références. Niveau doublage, on compte pas moins de 8000 lignes de dialogues entièrement en français ! Bien que l’on dénote parfois certains soucis de traductions, l’intention est à féliciter et on comprend, au final, bien mieux le scénario et toutes ses ramifications.

Durée de vie: 19/20

Vous pouvez tabler sur un minimum de 80h pour finir l’histoire principale et les nombreuses quêtes annexes. Sans compter l’importante replay value grâce aux choix proposés dans l’aventure.

Note Globale N-Gamz.com: 16/20

Wasteland 2 était un excellent RPG occidental à l’ancienne, et sa version Director’s Cut est encore meilleure ! En passant sous Unity 5.0, le jeu a bénéficié d’un impressionnant lifting graphique qui nous offre au final un portage sur consoles Next-Gen vraiment intéressant. Si vous avez aimé Wasteland 1 et les deux premiers Fallout, foncez les yeux fermés ! Espérons juste une chose: qu’un troisième opus soit déjà dans les cartons pour ne pas encore attendre un quart de siècle avant de savourer à nouveau une telle pépite!



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Arkamis
Arkamis
J'ai appris à connaître les jeux vidéo très tôt, grâce a mes frères, avec la NES, la Master System, et j'en passe. J'y ai découvert un univers de rêve qui, 15 ans plus tard, me réserve toujours autant de surprises et de plaisir, que ce soit rétro ou current gen