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Attendu depuis des mois par les fans de jeux de rôle post-apocalyptique, Fallout 4 pointe enfin le bout de son nez ! Contrairement à l’opus New Vegas, dont Bethesda avait confié le développement à Obsidian, ce quatrième épisode a été complètement confectionné par la maison-mère. Tour à tour désiré puis décrié, à la suite des premières présentations presse, la faute à un moteur de jeu moins impressionnant que prévu, le titre fera-t-il de l’ombre à ses prédécesseurs ou se contentera-t-il juste de nous offrir un gros florilège d’action en dépit de son patrimoine RPG ? Sortons donc de notre abri anti-atomique et regardons la réponse tout de suite.

Fallout boy ou Fallout girl ?

Une vie de rêve... pour le moment.

Une vie de rêve… pour le moment.

Pour ceux qui l’ignoreraient, la saga Fallout pose son action dans un futur post-apocalyptique, après qu’une guerre thermonucléaire ait ravagé les Etats-Unis. Vous jouez le rôle d’un survivant, confiné dans un abri anti-atomique, et qui décide d’en sortir pour voir ce que le monde lui réserve. Du coup, première nouveauté dans ce Fallout 4 dès les premières minutes de jeu: la possibilité de contempler le monde avant la catastrophe ! Alors certes, ce n’est qu’une phase jouable d’une dizaine de minutes tout au plus, mais c’est largement suffisant pour nous faire profiter d’une vie simple, heureuse, dont on sait qu’elle va bientôt être chamboulée. Idéal pour l’immersion. Le tout est judicieusement incorporé dans le gameplay puisque vous vous retrouverez devant votre miroir pour créer votre personnage (homme ou femme). Vous ferez ensuite la connaissance de votre conjoint(e), du robot de maison, ainsi que de votre nouveau-né. Enfin, vous aurez à répondre aux questions d’un représentant de la société Vault-Tec qui vous affirmera que vous et votre famille détenez une place dans un abri atomique, avant de vous permettre de vous y enregistrer via le système S.P.E.C.I.A.L. afin d’attribuer pas moins de 21 points de stats entre Force, Perception, Endurance, Charisme, Intelligence, Agilité et Chance. Ces points vous permettront par la suite d’accéder à un nombre important d’aptitudes que vous pourrez augmenter à chaque gain de niveau.

Amusez-vous à créer votre personnage : basique ou extravagant !

Amusez-vous à créer votre personnage : basique ou extravagant !

Une fois que vous aurez fini de découvrir le monde idéal qu’on vous propose ou de vous amuser avec votre petit personnage (voire même les deux), les choses vont très vite se compliquer ! En effet, l’apocalypse est là, à votre porte, et vous n’aurez comme unique solution que de courir avec votre famille vers le sauf-conduit de Vault-Tec. L’immersion est excellente et on est déjà happé par l’ambiance unique de ce Fallout 4. Une fois atteint le fameux abri, numéroté 111, et sans vous préoccuper un poil de ce qui a pu arriver à « ceux d’en haut », vous allez vous retrouver cryogénisé pour une période de… 200 ans ! Quel choc, quand vous vous réveillez aux termes de ce sommeil forcé, d’assister, impuissant, au meurtre de votre chéri(e) et à l’enlèvement de votre bébé. C’est ainsi que débute votre magnifique aventure dans le monde à ciel ouvert de Fallout 4!

Vault-tec à votre écoute

L'exploration est de mise et jamais lassante!

L’exploration est de mise et jamais lassante!

Il est plaisant de constater que, depuis que Bethesda a repris les rênes de sa saga, l’originalité de la mise en scène est de mise, notamment sur les tous premiers moments du soft, clairement immersifs. Un sentiment qui ne vous lâchera plus tout au long du titre. On regrette cependant vraiment le manque de soin apporté à l’écriture et au côté roleplay. De fait, vous comprendrez bien vite que vous ne pourrez pas devenir un ange ou une véritable ordure. En effet, dans Fallout 4, il n’est pas question de moralité, juste d’un peu de cynisme éventuellement pour paraître détaché. Ainsi, les dialogues avec les PNJ se composent de 4 réponses désormais. Le système de persuasion répond quant à lui toujours présent et fonctionne désormais avec un code couleur. De cette façon, si votre charisme est élevé, une petite phrase « verte » vous ouvrira une voie royale pour détourner la psyché de votre interlocuteur. En revanche, un charisme amoindri ne vous laissera qu’une maigre chance de faire changer d’avis la personne en face de vous, via une phrase teintée de orange ou pire… aucune, avec une phrase rouge.

Les talents sont agréablement imagés et demandent plus de réflexion avant d'être acquis

Les talents sont agréablement imagés et demandent plus de réflexion avant d’être acquis

Afin de rendre votre expérience de jeu plus simple, vous n’aurez plus la possibilité de dépenser une kyrielle de points de talents à chaque niveau. Cette fois, seul un point vous sera octroyé à chaque level up. Votre feuille de talent, qui ressemble légèrement à celle de Fallout Shelter, est composée de plusieurs étages comportant différentes aptitudes que vous pourrez débloquer en fonction du nombre de points attribués dans les catégories S.P.E.C.I.A.L. Ainsi, par exemple, vous ne pourrez accéder à la capacité de l’étranger – située à l’étage 4 de ladite feuille, que si vous avez préalablement affecté 4 points de talent à la Chance.

I’ll be back

Les combats sont bien plus nerveux, tendant parfois vers le FPS pure souche

Les combats sont bien plus nerveux, tendant parfois vers le FPS pure souche

Pour obtenir votre lot en points de talent, rien de mieux que l’exploration ! Arpentez tous les recoins de la carte et vous verrez qu’il y a bon nombre de choses à faire et de lieux à visiter, bien plus que dans les précédents Fallout d’ailleurs. Pour éviter de vous perdre, votre radar vous indiquera, à la façon de Skyrim, si vous avez découvert un lieu ou non (via un système de symboles remplis ou vides). Libre à vous, donc, de vous promener pendant des heures afin de dénicher de précieuses munitions ou des objets qui vous seront, comme nous le verrons plus tard, très utiles. Vous rencontrerez bien entendu bon nombre de créatures et, chose très appréciable, les combats sont désormais bien plus nerveux et dynamiques que dans les opus précédents ! En effet, le système SVAV n’arrêtera plus le temps mais le ralentira seulement, offrant une tension supplémentaire aux affrontements, dans lesquels vous pourrez vous faire aider par de précieux compagnons comme Canigou, le chien fidèle et très utile qui immobilisera vos adversaires et vous trouvera des objets bien cachés dans le décor. On déplore néanmoins le peu de soin apporté à ces PNJ salvateurs (ou ces ANJ pour Animaux Non-Joueurs dans le cas de notre ami quadrupède à fourrure), à l’instar de Fallout New Vegas, n’offrant que peu d’interactions entre vous et ces derniers.

Le mode construction devient très vite chronophage!

Le mode construction devient très vite chronophage!

Grosse nouveauté niveau gameplay, par contre, le crafting de constructions ! En effet, dès le début du jeu, vous serez confronté aux Miliciens, sorte d’escouade de justiciers indépendants voulant mettre de l’ordre et rendre la justice dans le chaos ambiant. Vous n’aurez pas d’autre choix que… de les aider à s’installer ! Du coup, vous allez pouvoir construire vos petits camps un peu partout dans le Commonwealth et les équiper en lits, décorations, nourriture, commerces. Pour faire toutes ces choses, vous aurez bien entendu besoin de composants qui se trouvent dans la nature. C’est là que vous comprendrez que tout ce que vous preniez pour des déchets va vite se transformer en biens très précieux, vous obligeant à courir de tous côtés pour créer ne serait-ce qu’une armoire de rangement. Rassurez-vous, tout ceci n’est que facultatif, mais on vous conseille de vous prendre au jeu puisque cela vous débloquera quelques quêtes amusantes. Bref, se balader et fouiner n’a jamais été aussi amusant que dans ce Fallout, d’autant que cela vous permettre de modifier aisément vos armes et vos armures, créer de délicieux repas à partir de viande trouvée… sur tout ce que vous pourrez tuer, et même fabriquer vos propres soins ou potions pour, par exemple, booster vos dégâts en combat.

Apocalypse please

Le craft d'armes vous motivera à explorer encore plus

Le craft d’armes vous motivera à explorer encore plus

Les performances de Fallout 4 sur consoles (PS4 en l’occurrence pour notre exemplaire de test) sont correctes mais il faut toutefois noter quelques chutes de framerate lors de vos excursions en plein air, voire même des freezes brutaux qui surviennent parfois suite à un chargement de sauvegarde ou un déplacement rapide. Il semblerait que la version PC soit plus fluide suivant votre degré d’anti-aliasing. Néanmoins, bien que nous les prenions largement en compte dans notre note de réalisation finale, la plus grande partie de notre expérience de jeu n’a pas été pénalisée plus que de raison par les défauts techniques cités plus haut. Heureusement pour lui, le monde de Fallout 4, s’il n’est pas le plus « Next-Gen » que l’on ait vu, se compose de lieux vastes, riches et vivants, très bien détaillés et qui sont vraiment agréables à l’œil, que l’on traverse des plaines désolées ou des souterrains malfamés en passant par des bâtiments décrépits. Le tout profite d’effets de lumière sympathiques et d’une météo qui tend parfois à cacher la grisaille de certaines zones. Vous l’aurez compris, malgré ses tares techniques, on ne peut nier que le soft possède un design artistique coloré à merveille sous un bel effet d’automne post-apocalyptique, conférant au titre une identité qui lui est propre, ce qui n’est déjà pas si mal.

Certes, techniquement ce Fallout 4 est parfois loin du compte, mais il propose une direction artistique incroyable avec cet "automne" post-nucléaire inoubliable!

Certes, techniquement ce Fallout 4 est parfois loin du compte, mais il propose une direction artistique incroyable avec son « automne » post-nucléaire inoubliable!

Niveau bande-son, ce Fallout 4 inaugure une grande première dans l’histoire de la saga : TOUS les personnages ont une voix ! Bon ok, ça ne casse pas trois pattes à un Brahmin, mais c’est plaisant et les doublages en français sont plutôt corrects, quoiqu’un peu fades par moment. On apprécie vraiment le fait que votre héros parle, ce qui rajoute un sacré plus à l’immersion. Pour les musiques, Inon Zur est de nouveau aux commandes de la B.O., qui vous offrira de superbes compositions un brin mélancoliques, idéales pour se balader dans cet univers post-apocalyptique. A noter que vous pourrez également profiter de stations de radios que vous capterez au moyen de votre Pip-Boy.

It’s The End Of The World As We Know It

Il est vrai que, même si Bethesda a changé le ton de son dernier bébé pour lui ôter une certaine liberté de roleplay qui vous permettait auparavant de jouer un Saint ou une Crapule, et bien que le titre ne bénéficie pas de la même qualité d’écriture qu’un Fallout New Vegas, on ne peut blâmer Fallout 4. En effet, le soft offre quand même plus de 100 heures de jeu, un système de crafting et de construction attractif et complet, des combats bien plus dynamiques que ses prédécesseurs et un univers post-apocalyptique cohérent et immersif, le tout nimbé dans une direction artistique et une ambiance sonore dignes de ce nom. Fallout 4 est clairement l’un des jeux de cette fin d’année 2015, avec une licence qui n’a décidément pas fini de nous étonner !

La Bande-Annonce

Réalisation: 14/20

Même si d’autres titres, sortis récemment, offrent des graphismes et une réalisation qui a de quoi vous donner une vraie claque, Fallout 4 s’en sort quand même grâce à une direction artistique maîtrisée. Heureusement d’ailleurs, puisque le soft n’est pas exempt de bugs parfois drôles (des objets flottants ou des PNJ bloqués), parfois frustrants comme des freezes, des chutes de framerate ou des temps de chargement plutôt longs. Il n’empêche, au final le jeu se laisse regarder, notamment grâce à ses visuels empreints de douceur automnale malgré l’aspect fondamentalement tragique de la situation.

Gameplay/Scénario: 14/20

Exit la réputation et le karma (et donc avec eux partie très intéressante du roleplay), ce Fallout 4 se veut plus accessible, avec des combats plus pêchus, mais un scénario moins inspiré qu’avant hélas. Heureusement, explorer le Commonwealth pour dénicher de petits objets à recycler histoire de construire un abri, de quoi de survivre, se protéger ou encore chercher des munitions et des armes qui arracheront la tête de vos ennemis par leur puissance de frappe ou de feu a de quoi plaire et pousser le joueur à multiplier les quêtes et les dialogues avec les NPCs, mais aussi écouter les fréquences radios et les holobandes pour découvrir l’histoire de ceux qui ont foulé cette terre avant vous. Bref, un gameplay qui devient très vite addictif.

Bande-Son: 16/20

Malgré l’impression d’avoir parfois en face de vous des personnages qui se moquent éperdument de la fin du Monde ou de leurs interlocuteurs, les doublages français sont plutôt bons. L’ambiance sonore est d’ailleurs sublimée par les compositions musicales d’Inon Zur, aux relents mélancoliques donnant un ton unique à cet univers si tragique.

Durée de vie: 18/20

Les missions, qu’elles soient importantes ou non, sont nombreuses et rien que le fait de vouloir explorer tout le Commonwealth vous occupera pendant pas mal de temps. C’est bien simple, comptez une septantaine d’heures pour terminer le soft comme il se doit. Et bien plus si vous voulez tout voir et tout récupérer.

Note Globale N-Gamz.com: 15/20

Sans prendre de gros risques, Bethesda nous livre un quatrième épisode de Fallout dans la lignée des précédents. S’appuyant sur un concept qui a fait ses preuves, Fallout 4 promet à celui qui s’y plonge des heures de jeu et d’exploration au sein d’un univers post-apocalyptique crédible et immersif malgré une technique en retrait. Bien que le côté roleplay ait été simplifié, il est contrebalancé par des combats très dynamiques qui bénéficient d’une nouvelle fraîcheur, plus proche des FPS traditionnels par moments. En bref : ce Fallout est un « bon » RPG au sein d’un « excellent » univers.



About the Author

Deyleina

Joueuse le jour et streameuse la nuit (avec une grande passion pour le cosplay), je suis une adepte des jeux PC depuis ma plus tendre enfance (mon premier jeu étant « Prince Of Persia ») ! J’adore également les films (surtout d’animation), la littérature (manga powa!) et la musique ! Ma devise : « Enjoy and Play » !