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Ah, le Londres Victorien, les ruelles sombres de White Chapel, la Révolution Industrielle apportant son lot de nouvelles armes, une tonne de références à la légende Arthurienne… ajoutez à cela une bonne grosse louchée de steampunk et vous obtiendrez The Order : 1886, le nouvel étalon graphique de la PlayStation 4, hélas non dénué de défauts… Alors, vous êtes prêt à embarquer dans une aventure où le fantastique se mêle au réel dans un titre qui gomme allègrement la frontière entre cinéma et jeu vidéo ? Dégainez vos manettes, c’est sur N-Gamz que ça se passe!

Londres 1886

Un Londres Victorien-Steampunk pour une histoire qui joue avec le fantastique

Les années 1880 auront été marquantes pour l’Angleterre qui, en plus de connaître sa révolution d’ordre mécanique et économique, va également être le théâtre d’une violente agitation sociale sévèrement réprimée mais aussi de la tristement célèbre affaire de Jack l’éventreur, entre autres. Bref, pas de quoi s’ennuyer ! Passé ce léger court d’histoire qui vous explique un peu le contexte « réel » de The Order : 1886, penchons-nous un peu plus sur ce soft qui y mêle une bonne dose de fantastique. Développé par les papas de God of War sur PSP et de la conversion d’Ôkami sur Wii, à savoir Ready at Dawn, épaulés par le Studio Sony de Santa Monica (God of War sur console de salon… comme par hasard), ce titre édité par Sony a été présenté pour la première fois en grandes pompes grâce à un trailer diffusé lors de l’E3 2013 qui en avait bluffé plus d’un (le soft étant développé depuis 2009 et les premières idées ayant germé depuis 2006). Aujourd’hui, il débarque exclusivement sur nos PlayStation 4 et entend bien nous montrer la puissance de cette dernière… au service d’un jeu inoubliable ?

Dans the Order : 1886, vous débutez votre aventure dans la peau d’une personne plutôt « mal barrée », expérimentant les techniques de tortures d’époque dans de sombres catacombes. Après avoir réussi à vous sortir non sans mal de cette situation plutôt délicate, vous voilà en plein flashback, histoire de revivre les événements qui vous ont amené à un tel destin. Vous incarnez donc Galahad, un membre de l’Ordre de Sa Majesté, un groupe de chevaliers issus de la célèbre Table Ronde (on ne vous en dira pas plus !). Escorté par la charmante Igraine, vous avez pour mission de botter les fesses d’aliénés semant la pagaille en plein cœur d’un Londres Victorien tendance Steampunk. Le souci, c’est que ces derniers vont se montrer particulièrement coriaces… certains d’entre eux n’étant autre que des lycans ! Oui, oui, oui des loups garous m’sieurs, dames ! Alors que la police décide de mener son enquête seule de son côté pendant qu’officiellement, l’Ordre n’a pas à y mettre les pieds, officieusement il ne peut s’empêcher de les mettre dans le plat !

Tesla et La Fayette sont dans un zeppelin…

Certaines armes ont vraiment du cachet

The Order : 1886, est un jeu de tir en vue objective (TPS), mêlant action et Quick Time Event (QTE). Croisement improbable entre un Heavy Rain et un Gears of War, le soft possède une mécanique connue et exploitée dans de gros titres avec des touches que l’on aura déjà vues mille fois assignées à la couverture contre un mur, le tir à l’aveugle, le zoom, la course, etc… Rien de bien nouveau de ce côté-là et autant dire que les vieux de la vieille ne seront pas perdus tandis que les petits newbies trouveront la prise en main extrêmement aisée. Vous aurez le choix des armes, divisées en quatre classes, qui en plus d’être belles, seront agréables à manier et posséderont chacune leurs facultés. Au menu donc : des fusils, des revolvers, des mitrailleuses, des grenades fumigènes ou incendiaires, et deux-trois guns électriques ou lanceurs de flamme made in Nikola Tesla himself, l’inventeur attitré du jeu.

Un TPS pure souche, sans innovation et bardé de cinématiques

Les divers niveaux et lieux disposent chacun de leur ambiance, leur identité propre et crédible, c’est un fait, mais malheureusement point de ballade au rendez-vous. En effet, vous irez là où on vous dit d’aller ! Pas de rébellion possible ! Ultra dirigiste, le soft se veut aussi, malgré sa diversité d’environnement, très voir même trop linéaire dans son gameplay : phase de cinématique…phase de combat…phase d’infiltration… et on remet le couvert encore et encore. Alors certes, d’autres jeux appliquent la même recette, et elle fonctionne, mais avec The Order il n’y a aucune idée originale, aucun ajout pour le faire sortir du lot, et pire, aucun aspect un tant soit peu « recherche » qui vous pousserait à refaire le soft une fois fini. A croire que le level designer est parti en cours de développement tant le titre nous donne l’impression, surtout au début (car par la suite on est vraiment « sur des rails »), de pouvoir explorer les environs mais nous offre au final des pièces annexes ou des bouts de ruelles vides… sans aucun bonus, sans document marquant, sans interaction avec le moindre passant histoire d’approfondir l’univers du titre. Nada hormis des « archives » sonores à récupérer et au contenu parfois trop nébuleux. Nous voilà donc avec un jeu mêlant action, décisions rapides et furtivité (parfois) mais manquant cruellement d’innovations.

Sortez les balles en argent !

Graphiquement, The Order: 1886 est hallucinant!

Si The Order : 1886 possède un point fort, c’est clairement sa réalisation ! Les graphismes sont magnifiques, les textures réalistes, les jeux de lumières fabuleux et chaque mouvement reste humainement possible, entraînant des animations logiques et réalistes : cheveux, vêtements, reflets sur ces derniers, sur les armes… bref une vraie petite claque visuelle qui nous montre de quoi est réellement capable la console de salon Next-Gen de Sony. On sent enfin que l’on titille la bête avec un rendu tout aussi bluffant que le dernier blockbuster hollywoodien fraîchement sorti dans les salles obscures ! On ressent également un vrai background dans la tête des développeurs, avec une réelle recherche quant aux tenues d’époque (bien que quelque peu revisitées), du Londres architectural du dix-neuvième siècle ainsi que du contexte historique de l’époque, le tout se mixant parfaitement avec les éléments de fantastiques imaginés par les scénaristes. Sincèrement, c’est plaisant de voir ce travail de fond, mêlant le réalisme à de la fiction pure et qui transparaît par des graphismes jamais pris en défaut ! (ND Neo : néanmoins, on aurait voulu s’immerger dans ce background avec une avalanche de documents utiles à ramasser, des discussions à épier, etc… comme c’est le cas dans un Bioshock, par exemple).

La bande-son, quant à elle, est loin d’être mauvaise et bénéficie d’un doublage français de bonne qualité en général même si l’on dénotera parfois quelques couacs. Les sous-titres sont fidèles aux voix et les bruitages d’ambiance, notamment lors des combats, sont de très bonne facture. On regrettera juste le manque de musiques hors séquence de gunfights, avec de longs silences qui auraient pu être allègrement remplacés par un peu de partitions de l’époque victorienne, ce qui n’aurait fait qu’ajouter du charme au soft !

Vive la liberté ! Hum…y’a que La Fayette qui la voit sa liberté, hein !

Un scénario bien amené mais une liberté proche du néant…

Que dire de The Order : 1886 au final ? De très bons principes issus d’une concurrence en surabondance, des idées de départ prometteuses, une histoire plutôt sympathique et une réalisation graphique hallucinante… mais qu’est ce qui pêche alors ? Et bien je vais prendre un comparatif plutôt simple : un sandwich jambon beurre ! C’est bon, ça dépanne… mais ça ne casse au final pas trois pattes à un canard une fois avalé (Je sais, vous êtes en train de vous dire : « Ah… LadyDisturbed et ses comparaisons/expressions à coucher dehors vient encore de faire des siennes », mais vous aimez ça, je le sais !). Allez, ce que je veux dire par là, c’est que les gars de Ready at Dawn avaient une très bonne base de départ, et plutôt que de nous coller de la nouveauté, des choses inattendues qui auraient pu révolutionner un tant soit peu le genre, ils sont restés sur le connu, le déjà vu, l’ultra-linéaire, faisant même parfois un peu moins bien que les ténors du genre sous certains aspects. Alors oui, c’est de la « valeur sûre », mais les joueurs sont de plus en plus exigeants et en veulent plus !

Qui plus est, notre monsieur La Fayette, en bon français, nous assène sa bonne vieille liberté toutes les cinq phrases, alors autant dire que les développeurs auraient dû en faire leur credo plutôt que de nous imposer un unique chemin à prendre et une seule façon d’agir ! Au final, The Order : 1886 est un « bon » titre (n’allez pas vous y méprendre, c’est loin d’être une honte vidéoludique), mais il manque clairement d’innovations et… de liberté.

Le Vidéo-Test par Neoanderson

Réalisation: 17/20

Une réalisation magnifique, des textures soignées et des jeux de lumières saisissants qui effacent la frontière ciné/jeux vidéo pour faire de The Order : 1886 la nouvelle référence graphique de la console. Hélas, comme on dit : les graphismes ne font pas tout et on a beau avoir des reflets ultra clean, des mouvements corporels d’un réalisme fou, aucun bug ni lags, le soft reste malheureusement ultra linéaire et dirigiste.

Gameplay/Scénario: 14/20

Un gameplay sommaire, quelque peu vu et revu, sans aucune innovation ni liberté de mouvement, se payant même le luxe de nous proposer de l’infiltration ultra scriptée et des pièces ou ruelles « annexes » sans rien à y découvrir. Heureusement que le scénario vient remonter le niveau ! En effet, pour peu que l’on soit fan d’histoire, de l’Angleterre et de légendes et contes classiques, c’est le bonheur !

Bande-Son: 13,5/20

La qualité des doublages est plutôt bonne bien qu’inégale par moment, mais on regrette vite de ne pas avoir plus de musiques d’ambiances hors combats. Autant dire que ça manque un peu de vie par moment !

Durée de vie: 11,5/20

Oui, moi aussi j’ai hurlé au scandale quand j’ai lu sur la toile que le jeu se faisait en 5 heures. Rapidement démentie, la news avait tout de même semé le trouble chez les joueurs qui attendaient le soft depuis quasiment deux ans. Je vous rassure : vous pouvez comptez un peu moins du double en normal, et un peu plus en difficile (étant donné l’absence de replay value, on vous conseille de commencer carrément par ce mode). Cependant cela reste trop short. Je ne veux pas faire ma rabat-joie mais quand on voit le prix des jeux… on pourrait s’attendre à des durées de vie un peu plus conséquentes…

Note Globale N-Gamz.com: 13/20

Le risque, quand on attend un jeu depuis aussi longtemps et qu’on est autant aguiché par la campagne de communication, c’est la douce déception que l’on risque d’en tirer. Soyons franc, je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai été fortement déçue par The Order : 1886. Non, le jeu est magnifique, l’histoire prenante mais les défauts du titre tels que son absence de liberté, son infiltration scriptée ou son manque d’interactivité sont usants à la longue. J’aurais adoré me balader à ma guise dans ce Londres historique, le découvrir à mon rythme et pas à celui qu’on m’impose ni par l’unique chemin que l’on m’oblige à emprunter. Trop dirigiste, le soft ressemble plus à un film interactif mais reste tout de même agréable et distrayant à parcourir. Il n’empêche, une impression domine pendant toute la durée du jeu : que tout le budget est passé dans la réalisation et la com, plutôt que dans l’innovation du gameplay qui se confine à de « l’habituel » et du sans-surprises.



About the Author

LadyDisturbed
Jeune sœur de bataille, dévoreuse de romans à la vitesse de la lumière et fanatique de jeux vidéos depuis la plus tendre enfance... voilà ce qui pourrait résumer de façon rapide votre petite rédactrice. Les mangas ne me font pas peur, la couture et le cosplay sont mon lot quotidien, l'écriture de fan fiction m'occupe et je rêve et vis dans un monde fait de fantasy et science fiction où les princesses Disney ont leur place. Éclectique, je suis ouverte à tous types de jeux, allant du RPG au FPS en passant par le Visual Novel, les MMO ou encore les jeux de stratégie et voguant dans les eaux troubles des jeux indépendants que je me plais à vous faire découvrir. Je ferais tout ce qui est possible pour être juste dans mes jugements, et puisse le sort vous être favorable !