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Ferrari a depuis toujours été synonyme de voitures au look racé, au moteur véloce et à la carrosserie rutilante. Attisant l’envie des amateurs de belles choses, la marque au cheval cabré se voit aujourd’hui offrir son propre jeu grâce au talent des petits gars de Slightly Mad Studios, les créateurs de Need For Speed Shift. Alors, ce Test Drive : Ferrari Racing Legends prendra-t-il le même chemin vers le succès que son illustre homologue précité ? La réponse dans les lignes qui suivent.

C’est un avion ? Une Fusée ? Superman ? Mais non…c’est une Ferrari !

Le soft reprend toute l'histoire de Ferrari

Estampillé Test Drive, ce Ferrari Racing Legends, qui sort pour fêter les 60 ans de la marque, se veut être une licence parallèle aux Unlimited, ces derniers étant résolument orientés online et open world. De fait, oubliez les courses poursuites sur des îles paradisiaques auxquelles nous avait habitués la licence phare d’Atari. Ici, on est dans la simulation pure et dure, la conduite au millimètre près et la joie de prendre ses virages à la corde, le tout au volant des 51 voitures proposées, allant des premiers modèles de la marque italienne jusqu’à la dernière F1 actuelle. Niveau circuit, le jeu fait dans l’ultra complet avec pas moins de 16 lieux emblématiques et 36 parcours, certains reprenant une même course sur différentes périodes historiques. Idéal pour voir les changements de tracés au cours des décennies.

Les modes de jeu, eux, sont on ne peut plus classiques : un mode carrière, une course rapide, un phantom attack et un mode online. A ce niveau, il est clair qu’on aurait aimé un peu plus de variété. Course rapide vous permet de vous mesurer à l’IA (15 concurrents) sur tous les tracés du soft, à débloquer en mode carrière. Nombre de tours, de concurrents, type de voiture et heure de la journée font partie des paramètres que vous pourrez modifier. Attention cependant, aucun changement climatique n’est prévu, seulement une variation de luminosité due à l’heure du parcours (et aucune course de nuit non plus). Dommage. Le mode phantom attack, quant à lui, vous met aux prises avec votre ghost pour battre vos propres records. Enfin, le online correspond à un quick race avec jusqu’à 7 autres participants humains. Rien de transcendant, le titre assure le minimum syndical à ce niveau. Enfin, signalons la « salle de projection » vous permettant d’admirer vos plus belles voitures et ralentis sous tous les angles, sympathique pour les collectionneurs.

Histoire d’une ascension fulgurante

Vous allez devoir vous surpasser pour piloter cette F1

Heureusement, la pierre angulaire du soft ne se résume pas à ces modes de jeu un peu chiches mais essentiels. Non, le véritable cœur du titre se nomme « Campagne » et vous permet de revêtir les traits d’un pilote d’essai aux seins d’épreuves retraçant les 60 ans d’existence de Ferrari. Courses de calibrage, grand-prix, spéciales ou compétitions contre un concurrent renommé, vous allez devoir vous frotter à pas moins de 35 missions soit au total 216 épreuves, réparties en trois grandes périodes historiques pour la marque : or, argent et moderne. Vous allez donc couvrir l’histoire du cheval cabré de 1647 à 2011, autant dire qu’il y aura de quoi faire.

C’est justement l’une des forces du soft : le nombre hallucinant de trophées à récolter en mode campagne et le fait de vous mettre au volant aussi bien d’une Ferrari 125 S que d’une Formule 1 dernier cri pour remporter l’une des 864 médailles mises en jeu. Une médaille est attribuée chaque fois que vous remportez une épreuve, et il existe une médaille par mode de difficulté (au nombre de quatre, l’un étant caché). Enfin, un objectif secondaire est attribué à chaque épreuve. Par exemple, si pour votre première course vous devez terminer dans les trois premiers, votre mission secondaire sera d’arriver en tête. Imaginez donc le nombre phénoménal de choses à accomplir si vous voulez finir le jeu à 100% ! Et croyez-nous, rien que le mode facile est déjà très corsé…

T’as eu ton permis dans une boîte de Bonux ?

Les différentes vues sont toutes très jouables

Si le mode compétition est bourré à craquer de médailles et d’épreuves, il est hélas trop sobrement mis en scène. Pour tout scénario, vous n’aurez qu’un écran texte vous présentant le contexte de la course juste avant que celle-ci ne démarre. Il va falloir faire jouer votre imagination pour réellement vous y croire, mais le jeu étant estampillé « simulation », je pense que les amateurs du genre ne lui en tiendront pas rigueur, l’austérité étant en général de mise dans ce type de soft.

Place maintenant à la conduite pure, l’élément du soft qui se doit d’être réussi. Et là, j’émettrai un petit avertissement aux gamers quand même, car si le jeu se veut orienté simu justement, il ne propose à proprement parler aucun réglage du véhicule. Exit la pression des pneumatiques, les plaquettes de frein, la gomme des pneus et autres joyeusetés mécaniques. Ici il ne faut se concentrer que sur la façon de prendre le meilleur virage, de trouver le juste freinage et d’anticiper les réactions de votre voiture. Certains risquent de trouver ça extrêmement dommageable pour le soft, mais je n’entre pas dans cette catégorie. Ce que j’attends d’une simu, c’est la véracité des sensations une fois au volant, et là le titre est tout juste parfait. C’est bien simple, vous allez devoir millimétrer chacune de vos actions si vous souhaitez remplir à bien les objectifs qui vous sont confiés.

Le plus intéressant dans le jeu, c’est la gradation de la difficulté et la progressivité du gameplay. En ne se focalisant que sur la conduite et en vous imposant le véhicule sans réglage de votre part, vous n’aurez aucune excuse si vous ratez votre virage. Ce sera uniquement parce que vous n’aurez pas su adapter votre vitesse ou négocier votre courbe. Tout le monde est donc logé à la même enseigne, et mine de rien, ça fait du bien pour qui n’est pas adepte de la mécanique. Rassurez-vous, il y a déjà fort à faire rien qu’en « apprenant » à conduire. Si, au départ, les premières épreuves se bouclent aisément, il suffit d’accéder à la troisième mission pour se rendre compte que le soft ne rigole pas et qu’il va falloir batailler dur pour arriver à vos fins. Et pourtant, malgré la difficulté, aucune frustration ne naît car on se voit progresser, on fait des temps de plus en plus impressionnants, et c’est tout simplement un réel plaisir. Les développeurs ont vraiment pondu un gameplay aux petits oignons : exigeant, précis, et jouissif.

Une technique sobre pour une austérité contradictoire

On note un élément assez rare dans un jeu dédié à un constructeur : on peut casser les voitures !

Visuellement parlant, Ferrari Racing Legends rend hommage aux voitures de la marque, avec une modélisation fidèle quelle que soit la vue adoptée (externe, capot, cockpit ou interne). Les effets de lumière flattent la rétine et les circuits sont fidèlement reproduits. Le hic, c’est que les décors sont un peu « vides ». C’est sûr, on ne rencontre pas des milliers de personnes sur le bord de la route lorsqu’on court à Francorchamps, mais là on se sent vraiment seul. Ajoutez à cela un léger clipping et un peu d’aliasing, et vous comprendrez que Slightly Mad Studios avait encore de la marge pour améliorer son bébé. Heureusement, l’animation est sans faille et niveau sonore, c’est du tout bon avec des bruits de moteurs qui vont vous faire vibrer de bonheur. Signalons enfin un petit rendu sépia très sympathique pour le début des épreuves se déroulant durant la période or, et un autre façon retransmission des années 80 pour la période argent. Immersion garantie sans dénaturer l’expérience de jeu puisque ce rendu visuel cesse dès les premières secondes de course.

Cette austérité graphique (attention, ne confondez pas avec jeu moche, loin de là !) semble parfois en contradiction avec la marque au cheval cabré, pleine de luxe et d’exubérance. Et comme pour contrecarrer le sort, on note un élément assez rare dans un jeu dédié à un constructeur : on peut casser les voitures ! Et oui, les dégâts sont pris en compte, uniquement sur le plan visuel, certes, mais ils ont le mérite d’exister et d’être parfois assez impressionnants. Vous rêvez de plier une Ferrari en quatre, c’est possible, mais cela n’aura aucune incidence sur votre conduite. Un petit délire des développeurs qui nous plaît énormément, et qui a dû leur coûter pas mal d’efforts pour faire plier les créateurs automobiles d’ordinaire si frileux à griffer leur bébé. Un bon point donc.

Un jeu à deux vitesses

Un jeu ultra technique pour des voitures de rêve!

En conclusion, ce Test Drive : Ferrari Racing Legends ne se destine clairement pas à tous les publics. Les amoureux de bidouillage de moteurs et de réglages d’amortisseurs lui déploreront sa focalisation sur la course, et les fanas de l’arcade le trouveront trop « simu ». Reste que pour tous ceux qui veulent s’améliorer en termes de conduite pure, Test Drive : Ferrari Racing Legends offre un challenge de choix avec une véritable progression entre les épreuves. Même s’il manque de modes de jeux et si son habillage austère pourra rebuter certains joueurs, ceux qui feront l’effort de persévérer découvriront un soft exigeant, mais très jouissif. Un bel hommage à la marque dont il porte le nom, tout simplement.

 

Le Video-Test

Réalisation: 13/20

Les graphismes sont très réussis en ce qui concerne les véhicules, mais un peu plus ternes pour les décors. On ressent une grande impression de vide et du clipping apparaît çà et là, ainsi que de l’aliasing. L’animation, elle, ne souffre d’aucun problème, par contre le manque de conditions climatiques nuit à la variété des situations sur le plan visuel, et on aurait adoré concourir de nuit. Pour une mise à jour peut-être ?

Gameplay/Scénario: 14/20

Le scénario vous met dans la peau d’un pilote d’essai qui va vivre toute l’épopée Ferrari, des débuts à nos jours, soit une soixante d’années. L’idée de revivre l’histoire d’une marque est excellente, mais l’absence de cinématique rend le tout très austère et difficilement immersif. Le gameplay, lui, est calibré pour un plaisir de jeu progressif et les voitures ont un comportement très réaliste, ce qui sous-entend que vous allez devoir vous accrocher pour les dompter. Le fait de ne pas pouvoir effectuer de réglages mécaniques peut poser souci pour les plus mécanos d’entre vous, mais il a au moins le mérite de recentrer le débat sur la conduite pure.

Bande-Son: 15/20

Des musiques d’ambiance qui mettent la pression avant les courses et des bruitages tout bonnement divins, il n’en fallait pas plus pour donner du bonheur aux amateurs de grosses cylindrées.

Durée de vie: 17/20

Oubliez le online ou le time attack, le seul mode qui vaille le détour est clairement le mode « campagne », et pour peu que vous y accrochiez, vous êtes partis pour des dizaines d’heures de jeu. Gagner les 864 médailles que compte le soft n’est pas à la portée du premier venu, mais tout cela vous permettra de débloquer des circuits et voitures de rêves, tout en vous faisant progresser, sans même vous en rendre compte, sur les chemins de la course parfaite.

Note Globale N-Gamz.com: 14/20

Deux poids, de mesures, voilà comment résumer ce Test Drive : Ferrari Racing Legends. Clairement pas arcade, mais trop centré sur la conduite pure pour plaire aux férus de réglage pré-course, le soft risque d’avoir du mal à trouver son public. Pourtant, malgré un habillage austère, il est pétri de qualité, notamment de par son mode Compétition long et exigeant, mais terriblement jouissif pour qui s’immerge un tant soit peu dans l’univers du plus célèbre constructeur automobile de tous les temps.



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Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j'apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!