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Oyez oyez, un courageux chevalier est arrivé : la pelle aiguisée et fier d’une campagne Kickstarter au succès monstre, Shovel Knight a enfin posé les pieds sur les 3DS et Wii U européennes quelques (interminables) mois après son arrivée sur PC, profitant d’un passage par la case traduction. C’est parti, creusons ensemble le contenu de la version 3DS.

La pelle du devoir

Comme le veut la tradition, l’aventure démarre au sein de plaines verdoyantes

Pour les deux-trois anglophobes du fond, Shovel Knight est une chevalier armé d’une fidèle pelle idéale pour dénicher des trésors et pourfendre ses ennemis. Faisant autrefois régner l’ordre aux côtés de sa chère acolyte Shield Knight, avant que celle-ci ne disparaisse suite à un terrible combat, le brave guerrier est forcé de reprendre du service pour se débarrasser de l’Ordre des Sans Quartier, menés par la terrible Enchanteresse.

Premier soft de Yacht Club Games, studio fondé par d’anciens employés de chez Wayforward (les papas de Shantae et du récent remake de DuckTales, pour ne citer que ceux-là), Shovel Knight était attendu au tournant par les nombreux backers ayant soutenu le projet sur Kickstarter et par les amoureux de la plate-forme époque Nes, auxquels le jeu s’adresse avant tout.

L’aventure, ça creuse

En pleine vague néo-rétro sévissant actuellement dans le monde des jeux indépendants, Shovel Knight fait une fois de plus du pied aux amoureux d’une époque révolue. Les principales inspirations sont ici à chercher du côté de Megaman, pour le feeling général et la progression, et de Castlevania pour la gestion des items. On retrouve également ci et là divers éléments empruntés à d’autres dignes représentants de l’ère 8 bits, comme la carte du monde à la Super Mario Bros.3, rencontres « aléatoires » incluses. Mais ce qui force d’emblée le respect, c’est la cohérence et la personnalité propre qui se dégagent du titre.

Malgré les apparences, la difficulté du soft est loin d’être un obstacle pour les moins aguerris

Concentré du meilleur tout en rejetant le pire de ce qui se faisait à l’époque (non les amis, tout n’était pas mieux avant), Shovel Knight est une réussite sur absolument tous les tableaux. La maniabilité est sans faille, le level design est parfait, encourage l’exploration et ne fait état d’aucun remplissage (si on excepte un très, très court instant de recyclage sur la fin, et c’est vraiment pour chipoter) et, cerise sur le gâteau, la gestion de la difficulté est exemplaire. Disposant d’un certain challenge mais ne cédant pas aux sirènes du hardcore à tout prix, le soft vous propose une difficulté auto-gérée : les checkpoints peuvent être détruits en échange de trésors, des items permettant de regagner toute sa vie sont disponibles et rechargeables à l’infini entre les niveaux et l’augmentation des jauges de vie et de mana sont entièrement optionnelles. En ajoutant une relique permettant de se rendre invincible quelques instants en échange d’un peu de mana, certains crieront peut-être à trop de facilité, mais force est d’avouer que cette difficulté en grande partie laissée à l’appréciation des joueur est une preuve de plus que les développeurs ont vraiment tout compris aux pièges à éviter lors de la conception d’un jeu du genre.

Pour les férus de défis, le mode New Game +, vous permettant de garder tout votre équipement dès le début tout en vous offrant moins de checkpoints et en vous infligeant plus de dégâts, disponible une fois l’aventure terminée (comptez de cinq à six heures) sera tout indiqué et fera sans nul doute office, pour certains, de vrai plat consistant. Notons au passage l’arrivée prochaine de contenu supplémentaire gratuit, développé grâce au succès de la campagne de financement participatif. Franchement, que demander de plus ?

Yacht Club Games, un studio qui fait son trou

Les graphismes, s’affranchissant des restrictions techniques de la NES, sont de toute beauté

L’enrobage n’est pas en reste : en optant pour une réalisation typée NES tout en s’affranchissant des limitations de l’époque histoire de pouvoir se lâcher sur certains sprites et effets visuels, Shovel Knight jouit immédiatement d’un cachet et d’une ambiance propres, renforcés à la fois par les dialogues (efficacement traduits en français, jeux de mots foireux compris) entre le chevalier et ses adversaires et, surtout, par une bande-son hallucinante.

C’est simple, pour les amateurs de sonorités chiptune, la bande originale composée par Jake « Virt » Kaufman, avec la participation de Manami Matsumae (compositrice notamment célèbre pour son travail sur le premier Megaman, rien que ça), risque de tourner en boucle dans les mois qui suivent. De l’air principal obsédant au dernier thème de boss, tout n’est que régal pour les oreilles friandes du style. Même chose pour les effets sonores, authentiques et ne pouvant souffrir d’aucun reproche.

Dig du culte

Que reprocher à ce Shovel Knight ? Le fait que le soft se contente dans les grandes lignes d’emprunter chez ses petits camarades ? Même pas, au vu du brio avec lequel les développeurs s’approprient les codes du genre et en ressortent une œuvre qui fera date dans la plateforme rétro. Loin d’être opportuniste, Shovel Knight est un véritable cadeau pour tous les fans de ce type d’aventures, qui risquent d’en garder de précieux souvenirs, qu’ils soient visuels ou sonores.

La bande-annonce

Réalisation: 19/20

Rendant un sublime hommage aux jeux 8 bit sans s’encombrer des contraintes techniques de l’époque, l’aspect technique de Shovel Knight est une réussite totale, qu’il s’agisse de l’enrobage des menus, des décors ou du look des ennemis, par ailleurs très variés.

Gameplay/Scénario: 19/20

Synthétisant parfaitement tout ce qui fonctionnait à l’époque de la NES, le gameplay ne souffre d’aucun véritable défaut, le manque d’originalité étant comblé par une vraie maîtrise au niveau de la maniabilité et du level design. Et pour ne rien gâcher, même le scénario, la mise en scène et les dialogues ont bénéficie d’un véritable soin.

Bande-Son: 20/20

Inutile de tourner autour du pot, la bande-son de Shovel Knight est parfaite, autant musicalement qu’au niveau des effets sonores. Un grand nombre de compositions risque de vous trotter dans la tête un bon moment, soyez prévenus.

Durée de vie: 16/20

Six petites heures seront nécessaires pour compléter cette épopée sans vous presser, ce qui est déjà très honorable en soi. Mais si l’on rajoute les nombreux trésors à dénicher, le mode New Game + ainsi que le contenu gratuit prochainement disponible, autant dire que l’expression « en avoir pour son argent » prend tout son sens.

Note Globale N-Gamz.com: 19/20

Tout est dit, le temps n’est plus aux jolies formules : Shovel Knight est une perle du genre. Achetez-le immédiatement!



About the Author

Guib
Guib
Accro (mais sainement ; et oui, amis journalistes, c’est possible) aux jeux vidéo depuis le jour où j’ai reçu ma Super Nintendo accompagnée de Super Mario All Stars à l’âge de 6 ans, je suis passionné par les jeux de plate-forme, mais pas uniquement. Peu importe le genre, je suis surtout intéressé par les titres qui ont une âme et qui dégagent une réelle personnalité. Quelques-uns de mes jeux cultes : Yoshi’s Island, Beyond Good & Evil, Ico et les jeux Rockstar (oui, ça tranche avec le reste mais ces gars-là m’ont rarement déçu). J’ai aussi une petite faiblesse moins avouable pour les jeux nanars descendus par la plupart des testeurs, mais chut. Etant fan de cinéma fantastique et écrivant depuis quelques mois des critiques de films, j’ai eu envie de me diversifier et de me lancer dans le test de jeux vidéo, et me voilà !