Review

À l’origine, Shadowruns est un jeu de rôle né en 1989 qui a été décliné en jeu de figurines, romans, cartes et jeux vidéo à partir de 1993 (Super Nintendo). Il prend place dans un univers futuriste qui a largement fait connaître le genre cyberpunk. L’action se passe dans un monde axé sur la technologie où a eu lieu « l’Eveil de la magie ». Les enfants ont muté en différentes races : elfes, nains, trolls, orcs et différentes créatures exotiques. En gros c’est le bordel, la survie est difficile, et il vaut mieux sortir avec un bon flingue, des implants cyber ou maîtriser efficacement la magie. Un univers sombre et violent comme on les aime ! Financé via Kickstarter, cet opus se rapproche beaucoup de la version super NES mise au goût du jour, avec les possibilités graphiques et musicales actuelles. Un retour aux sources sur du tour par tour avec une bonne partie roleplay ne peut que donner un résultat sympathique. La preuve en test !

Le livre dont vous êtes le héros en jeu vidéo

Un univers cyberpunk de légende!

L’uchronie prend forme en 2070 (2050 dans les premières versions) et est dirigée par différentes mégacorporations, des multinationales ayant leurs propres armées avec toutes les magouilles politiques que vous pouvez imaginer. Puissantes, cruelles, elles sont sans pitié pour la populace. Afin de sortir du trou pourri où vous vivez, il y a peu de solutions. Vous faites le plus beau métier du monde : shadowrunner, un mercenaire. Baston, baston, enquêtes et récompenses et baston pour finir. Oui, parce qu’à la fin, pour récupérer ce qu’on vous doit, il faut très souvent en venir aux armes.

On commence classiquement par le choix de son personnage, de sa classe et la personnalisation de l’avatar. Il y a assez de combinaisons pour être satisfait et ne pas y passer trois heures. Mais ne vous trompez pas ! Votre choix influera sur la façon de jouer. Un samouraï des rues va se battre simplement. Un mage disposera de sortilèges d’attaque ou de soin et un shaman pourra faire appel à des invocations. Le Rigger comptera surtout sur la technologie et des drones, et le Decker (hacker) jonglera avec les systèmes informatiques. Vous pouvez aussi distribuer différemment vos points de karma pour créer votre propre prototype. J’ai pris une combattante elfe. Simple, efficace. C’est d’ailleurs le credo du jeu.

Un partenaire vous propose de retrouver son meurtrier en échange de quoi vous toucherez son assurance vie

La petite histoire : En ce moment, ça ne va pas fort. Votre boulot vous rapporte que dalle et vous vivez dans les bas-fonds. Puis vous recevez un message d’un ancien partenaire qui a pris la précaution de s’enregistrer dans l’optique où il serait tué. Prémonition ? En tout cas, il vous propose de retrouver son meurtrier en échange de quoi vous toucherez son assurance vie. Cela vous entraîne dans une enquête haletante et pleine de rebondissement avec des passages de dialogues drôles et décalés mais dont on appréciera entièrement la saveur si on est bilingue, anglais oblige. Du vrai rôleplay avec un choix multiple de réponse, qui changera votre avancée, et de l’humour. Génial !

Intuitif et jouissif mais super dirigiste ! 

C’est si facile ! C’est du tour par tour, on clique, on se déplace, on tire, on recharge…. Même sans rien piger des explications en anglais, on peut jouer facilement. Mais si la prise en main est simple, il ne faut pas croire pour autant que la difficulté du jeu est faite pour un homme de Cro-Magnon totalisant deux neurones. Un minimum de stratégie et d’intelligence sont requis pour venir à bout de vos ennemis, qui peuvent surgir sans crier gare surtout au moment où vous croyez en avoir fini, que vos points de vie sont au plus bas et que vous commenciez à respirer. Utilisez au mieux les compétences de vos shadowrunners et de votre environnement. Les têtes brûlées qui foncent ne survivront pas !

Le soft se joue à la façon d'un tactical-rpg

Dans Shadowrun Returns, l’argent est sans conteste le nerf de la guerre. Il vous permet de vous équiper, de vous booster en cyber (bien que cela vous coûte des points d’essence) et même d’embaucher une équipe de shadowrunners, jusqu’à 3 potes pour vous éclater dans les rues. Pas de tunes, pas d’avancée. Alors soyez un petit écureuil prudent ! Le seul gros problème est le manque de liberté. C’est tellement linéaire qu’on est envoyé d’un tableau à l’autre sans avoir vraiment le choix. Le jeu est une sorte de MJ (NDLR : Maître du Jeu) tyrannique qui, en vraie partie sur table, se serait fait traiter de dictateur et sortir à coup de pied dans les fesses. Aucun choix sur cette première campagne. Par contre, comme c’est participatif, j’ai bon espoir de voir des scénarios plus souples proposés par les joueurs eux-même. L’avantage du public rôliste et de l’ouverture à la création en contenu ouvert à tous grâce à un puissant éditeur de missions.

Graphismes et sons à la hauteur du jeu

L’univers donne lieu à des décors très glauques et sombres, presque apocalyptiques, qui sont très bien traduits graphiquement. Des détails de qualités et des effets de combat simples. Cela ne cassera pas la patte à un wookie mais on n’en demande pas des tonnes non plus. Je regrette juste un peu le manque de travail sur les tirs et autres effets de sorts qui auraient peut être mérité de meilleurs bruitages pour nous immerger dans les combats. Mais les lumières et les persos sont bien rendus, donc on ne va pas chipoter non plus.

Un éditeur de campagne très puissant offert à la communauté

Pour la musique, une fois n’est pas coutume, j’ai gardé celle d’origine mêlant sons électro, bonne guitare et rythmes adaptés à l’action en scénario. C’est vraiment un bon point positif qui colle à l’ambiance cyberpunk telle que je me l’étais imaginée à l’époque où je lançais des dés sur une table. Bravo à Jordan Weisman, Mitch Gitelman, Marshall Parker et Sam Powell d’avoir su capter l’essence de ce si vieux jeu. 

À réserver aux rôlistes en l’état.

Tel quel, avec la seule campagne accessible actuellement, Shadowrun Returns est très limité. 15 heures de jeu pour arriver au bout en prenant son temps. Mais j’ai bon espoir car la communauté de rôlistes qui a financé le jeu va sans doute créer des campagnes bien plus ouvertes et riches que la seule disponible actuellement. Je pense qu’il faut prendre le jeu comme une démonstration de ce qui est faisable, et bien comprendre qu’il permet de nombreuses possibilités avec les graphismes et le système simple proposé. Moi j’ai pris grand plaisir à faire joujou dans ce monde et mes oreilles en redemandent même, ce qui est rare. Pour un jeu à moins de 20 euros, que demander de plus ?

La bande-annonce

Réalisation: 13/20  

Des bons et des mauvais côtés. Graphiquement, le soft est joli bien que sur le plan de la 2D on ait déjà fait beaucoup mieux. Le tout reste un peu trop statique et jouit d’un système de sauvegarde un peu bancal.

Gameplay/Scénario: 12/20  

Le soft est bien trop dirigiste, même si le scénario proposé est riche et plein de rebondissements. Niveau gameplay, il s’agit d’un tactical-rpg pure souche, avec un bon système d’upgrade des personnages, mais légèrement simpliste.

Bande-Son: 16/20   

La bonne surprise avec une ambiance qui reflète bien le côté cyberpunk en mêlant sons électro, bonne guitare et rythmes adaptés!

Durée de vie: 12/20  

Court pour le moment mais évolutif grâce à un éditeur de campagnes complet. A voir sur la durée si la Communautésuit.

Note Globale N-Gamz.com: 13/20

Un beau futur s’ouvre devant Shadowrun Returns, qui a su planter un décor et un système de jeu ouvrant de nombreuses possibilités. Mais vivement la version française ! Si la Communauté suit vraiment le soft et propose de nouvelles campagnes, rajoutez 2 à la note finale!



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Krator et Xeleniel
Couple de gamers passionnés par le jeu de rôle, il se sont rencontrés sur un grandeur nature et jouent ensemble depuis treize ans. Il teste, elle écrit. Il a la quarantaine et se régale sur les jeux pc. Elle a la trentaine, est romancière et adore le ciné. Ils se disputent pour jouer sur l'ordinateur mais sont toujours d'accord sur les jeux à acheter. Hack and slash, MMORPG, jeux de stratégie en temps réel... Vastes domaines, beaucoup de choix et encore beaucoup à découvrir !