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Un chat. Une boîte. Du gaz mortel et une source radioactive. Tant qu’on n’ouvre pas la boîte, le chat est considéré comme à la fois vivant et mort. Voilà, grosso modo (pour les détails, Internet est votre ami) l’expérience de pensée qu’a menée le physicien Erwin Schrödinger, expérience qui n’est pas étrangère au monde vidéoludique ; on a pu la retrouver joliment exploitée dans l’excellent Virtue’s Last Reward, pour n’en citer qu’un. Schrödinger’s Cat and the Raiders of the Lost Quark va plus loin et fait du félin le héros d’un puzzle-platformer dont l’univers entier tourne autour de la physique quantique. Expérience concluante ?

Dead kitty, live kitty, little ball of fur

Le design et l’atmosphère de dessin animé attirent d’emblée une certaine sympathie

Le zoo des particules est en proie au chaos. Toutes les particules, ici représentées comme des animaux, se sont échappées, sèment la pagaille et risquent d’anéantir l’univers au passage. Et pour régler la situation, qui c’est qu’on appelle ? Le chat de Schrödinger, bien entendu !

Avec son ambiance de dessin animé et son héros agile et poseur qui fleure bon les mascottes plateformesques des années 90, Schrödinger’s Cat and the Raiders of the Lost Quark dégage d’emblée une sympathie certaine, renforcée par cette bonne idée de plonger le joueur dans un monde scientifique rendu mignon pour l’occasion. Mieux vaut toutefois avoir un minimum d’affinité avec la physique quantique, la plupart des vannes risquant de laisser de marbre une grande partie du public. L’humour a beau être parfois un peu lourdingue et les dialogues avoir tendance à tirer en longueur, on appréciera le doublage intégral de grande qualité, qui plus est interprété par un unique comédien en très grande forme.

Gluons + Leptons + Bosons = Boxon

Les Quarks et leurs capacités seront vos meilleurs amis

En tant que bon héros de jeu de plateforme qu’il est, le félin peut attaquer et bondir avec aisance ; mais ici, ces compétences ne lui serviront pas à grand chose. Votre salut viendra des Quarks, petites créatures possédant une couleur et une utilité propres : les Quarks bleus défoncent tout, les rouges créent des plateformes, les vertes vous entourent d’un bouclier permettant de traverser des zones toxiques et les jaunes vous font décoller comme un hélicoptère. Leurs capacités s’activent en associant trois Quarks d’une même couleur, chacune étant associée à une gâchette spécifique ; mais là où ça devient intéressant, c’est que l’association de différents types de Quarks permet de nombreuses possibilités. Par exemple, associer jaune et bleu permet de créer un projectile destructeur, tandis que le tandem jaune/rouge vous octroie une plateforme mobile.

Complexe sur le papier, le système se révèle finalement très intuitif et cohérent à l’utilisation, le menu pause offrant un récapitulatif des combos disponibles bien pratique en cas de trou de mémoire. Les niveaux se divisent en deux types, et c’est là qu’on entre dans le vrai problème du soft. D’un côté, des zones soigneusement pensées pour vous obliger à vous creuser les méninges histoire de tirer parti de chaque Quark récolté, ceux-ci étant en quantité très limitée. De nouveaux concepts, comme des obstacles vous dépouillant d’un certain type de Quark, apparaissent au fil de la progression et permettent de varier son approche. De l’autre, des environnements générés aléatoirement riches en Quarks qui nécessitent très peu de réflexion et poussent à utiliser encore et toujours les mêmes combinaisons.

Certains arrières-plans sont franchement repoussants

Là où le jeu aurait pu être une excellente pioche pour les fans de plateforme-puzzle si les développeurs avaient pris le soin d’éviter le remplissage et de ne concevoir que des salles designées avec goût, on se retrouve finalement devant un jeu mi-soigné, mi-fainéant, et on finit par parcourir les niveaux aléatoires sans réel plaisir, seulement porté par l’envie d’assister à la suite de l’histoire et l’espoir de se retrouver enfin face à des puzzles intéressants.

La physique de l’emploi

La bonne humeur de l’ensemble et le côté mignon de la direction artistique ne sauraient occulter le fait que le jeu n’est pas particulièrement agréable à l’œil. Les arrières-plans criards et l’aspect bordélique des zones générées aléatoirement fatiguent rapidement, de même que la bande originale extrêmement répétitive. Heureusement que le doublage de qualité est là pour sauver la mise au niveau de la présentation.

Au final, peut-on vraiment recommander ce Schrödinger’s Cat and the Raiders of the Lost Quark ? On répondra par un timide « oui mais », les séquences nécessitant l’emploi de la matière grise pouvant procurer une petite dose de fun aux amateurs de plateforme-puzzle accessible. Les candidats du genre ne manquant pas sur le marché indépendant, on aura tout de même des difficultés à conseiller chaudement ce petit soft hautement dispensable.

La bande-annonce

Réalisation: 12/20

Les personnages ont du style, mais les arrières-plans de mauvais goût et le foutoir que représentent les zones aléatoires minent peu à peu l’attrait graphique du soft. On déplorera également quelques bugs, rendant par exemple impossible la capture d’un monstre bloqué par des éléments du décor.

Gameplay/Scénario: 14/20

Le scénario est simpliste au possible mais mis en scène avec suffisamment de bonne humeur pour capter l’attention. Le gameplay, déroutant de premier abord, est finalement très intuitif et on prend plaisir à parcourir les salles pré-établies. Quel dommage qu’une grande partie du soft soit constituée de zones générées aléatoirement qui font office de remplissage à la progression dénuée de finesse.

Bande-Son: 13/20

Le doublage est de qualité et permet de tirer le meilleur de dialogues parfois trop long et un poil lourdingues. La bande originale, de son côté, est efficace mais bien trop répétitive.

Durée de vie: 13/20

En ligne droite, il faut compter environ six heures, nombreuses morts comprises. Les fans de 100 % auront de quoi faire s’ils désirent capturer chaque créature en liberté, activité chronophage mais franchement rébarbative.

Note Globale N-Gamz.com: 12/20

Pour un premier essai, le jeu d’Italic Pig ne démérite pas mais aurait nécessité plus d’attention de la part de ses développeurs ; un focus sur la qualité et la cohérence des salles parcourues aurait pu élever ce Schrödinger’s Cat and the Raiders of the Lost Quark au-delà du statut de simple casse-croûte peu consistant.

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About the Author

Guib
Guib
Accro (mais sainement ; et oui, amis journalistes, c’est possible) aux jeux vidéo depuis le jour où j’ai reçu ma Super Nintendo accompagnée de Super Mario All Stars à l’âge de 6 ans, je suis passionné par les jeux de plate-forme, mais pas uniquement. Peu importe le genre, je suis surtout intéressé par les titres qui ont une âme et qui dégagent une réelle personnalité. Quelques-uns de mes jeux cultes : Yoshi’s Island, Beyond Good & Evil, Ico et les jeux Rockstar (oui, ça tranche avec le reste mais ces gars-là m’ont rarement déçu). J’ai aussi une petite faiblesse moins avouable pour les jeux nanars descendus par la plupart des testeurs, mais chut. Etant fan de cinéma fantastique et écrivant depuis quelques mois des critiques de films, j’ai eu envie de me diversifier et de me lancer dans le test de jeux vidéo, et me voilà !