Review

Sacred, franchise hack’n slash ô combien prisée des amoureux de baston, de customisation, et d’héroic-fantasy, nous revient pour un troisième opus qui va faire grincer pas mal de dents ! En effet, avec le studio Keen Games désormais aux commandes, exit tout le côté RPG/Loot des opus antérieurs et place à un « arcade-hack’n slash » qui pourrait carrément faire figure de beat’em all multi. Vous me direz, si le résultat est bon, les développeurs auront au moins eu le mérite de changer l’orientation d’une série qui entrait trop en concurrence avec l’inégalable Diablo III. Mais cela en valait-il la peine ?

Tu connais l’histoire de… ?

Ancaria a de nouveau besoin de ses héros!

Sacred 3 prend place peu après les événements du… 2 (on ne vous la fait pas à vous, hein !). Alors que Zane le maléfique, aux commandes de son empire Ashen, tente toujours de renverser la paix qui règne dans le Royaume d’Ancaria afin de venger sa mère, une Elfe Noire tuée pour… sauver ce même Royaume ! Pour accomplir son funeste objectif, notre sorcier maléfique va voler le Cœur d’Ancaria, une relique sacrée gardée par les féroces guerriers d’Halios. Fort heureusement, la télépathe Aria va faire appel à un groupe de quatre justiciers hors norme afin de sauver la situation, botter les fesses de Zane, et ainsi empêcher scénaristiquement toute suite de Sacred de voir le jour… (non, là je déconne)

C’est donc au travers d’une histoire contée en artworks, et malgré une cinématique de titre (non, pas d’intro… de titre… vérifiez dans le vidéo-test) superbe, que vous allez découvrir tout en « humour » le destin tragique des peuplades d’Ancaria. En effet, les développeurs ont cru bon de donner au récit un côté « totale déconne » comme on peut le voir dans un Borderlands, par exemple. Seulement voilà, là où le jeu de Gearbox y trouve une vraie personnalité, Sacred 3 y perd complètement en crédibilité. Dommage.

Pousses-toi de là, que j’explose des crânes !

On est très loin du shaman ou de la chasseuse de démons d’un certain Diablo 3 en termes de charisme

D’emblée, Sacred 3 vous permet d’opter pour quatre classes de personnages bien distinctes. Ainsi, vous allez pouvoir incarner Marak, le tank de service adepte des pouvoirs solaires, mais également Vajra, l’archer venu du froid dont les flèches givrantes ralentiront sans peine les hordes ennemies déferlant sur vos compagnons. Equilibre des sexes oblige, place aux demoiselles avec la ravissante et musculeuse Alithea, lancière amazone adepte du poison, et la toute de latex blanc et mauve (les goûts, les couleurs, tout ça, tout ça…) vêtue Claire, paladin/séraphine dont la rapidité n’a d’égale que sa propension à utiliser les forces de la lumière comme arme. Bref, un casting hétéroclite, même si on est très loin du shaman ou de la chasseuse de démons d’un certain Diablo 3 en termes de charisme.

Une fois votre héros choisi, place au combat dans ce qui tient plus d’un beat’em all que d’un vrai hack’n slash. Exit l’Open World, place à une carte bourrée de niveaux obligatoires ou optionnels à choisir en déplaçant une simple icône de personnage. On repassera pour l’immersion. En plein combat, le soft utilise deux touches d’action récurrentes : l’attaque classique, que vous allez marteler tout du long pour sortir des combos automatiques, et un coup visant à briser les boucliers adverses, obligatoire face aux ennemis plus costauds. A côté de ça, vous pourrez user d’objets avec le stick de droite, mais aussi d’une esquive ou d’une aura de protection, interagir simplement avec des éléments de décors pour ouvrir des portes ou projeter des ennemis, et enfin vous servir de deux pouvoirs divins ayant chacun leur propre jauge, rechargeable avec le temps ou via des bonus. En gros, vous allez « avancer-taper-ouvrir une porte » jusqu’à atteindre le boss de fin de stage et le bourriner comme il se doit, seul, à deux en local ou jusqu’à quatre en multi online.

Les skills sont réduites à leur plus simple expression

Le souci, c’est que même si le défouloir est très sympa, surtout à plusieurs, le manque de combos, l’absence quasi-totale d’équipement à récupérer (tout au plus une épée en battant tel ou tel boss) et la redondance des mécaniques de jeu fait que l’ennui s’installe un peu trop rapidement, surtout en solo. Si encore vous pouviez réellement personnaliser votre héros comme vous l’entendez, mais hélas le tout est très limité, encore une fois. Ainsi, vous aurez la possibilité, via quatre arbres différents (techniques de combat/compétences/équipement et esprit d’arme), d’acquérir pour de la menue monnaie et le niveau d’expérience adéquat de nouveaux pouvoirs, customiser les anciens, joindre un fantôme à votre arme principale ou encore booster votre armure. L’avantage, c’est que vous pourrez toujours défaire toute amélioration entreprise et récupérer vos deniers pour tenter une autre approche. Le souci : tout est bien trop cloisonné, avec seulement six à huit pouvoirs à tout casser, une armure qui sera toujours la même, des esprits qui n’ont de sens qu’en multi (car ils octroient des bonus à votre équipe au détriment des vôtres), et des loots d’épée/lance/arc/masse ridicules. Bref, vous ne passerez pas des heures dans l’écran de statut de votre héros, c’est certain.

Une réalisation « sacred-ment » intéressante

Techniquement, le jeu affiche des couleurs chatoyantes et de nombreux détails

S’il est une chose que Sacred 3 maîtrise, c’est bien sa réalisation graphique. Avec des couleurs chatoyantes, des environnements détaillés et des angles de caméra dynamiques, le titre de Keen Games fait de l’œil à tout gamer adepte d’héroic-fantasy. Bien sûr, on notera toujours un peu d’aliasing et deux-trois bugs liés à la gestion des ombres, mais force est de constater que le fait d’avoir opté pour des niveaux cloisonnés et non un Open World permet au titre de bénéficier de belles améliorations techniques. Petit bémol, par contre, pour les ralentissements et saccades parfois rencontrés lorsque de nombreux ennemis sont présents à l’écran… mais il est clair que le boxon général en multi ne doit pas faire tellement de bien au processeur chargé de calculer tout ce bazar… Quoiqu’il en soit, cela ne nuit quasiment jamais à la jouabilité, on n’en demandait pas plus.

Au niveau sonore, on se retrouve avec des musiques à fort relent épique, qui nous promettent un récit inoubliable dans la veine d’un Lord of the Rings… jusqu’à ce que l’un de nos héros ouvre la bouche ! En effet, même si le doublage est très bon, l’humour bien trop présent nuit totalement à l’immersion sérieuse au sein du titre… et de fait on aura vite fait de couper les voix histoire de s’y croire un peu plus. Quant aux bruitages, il font leur boulot, avec de très bonnes basses lors des coups au sol, par exemple.

C’était mieux avant ?

Que les choses soient claires : les fans de Sacred 1 et 2 ne pourront pas aimer ce troisième opus. Bien trop linéraire, ôtant tout élément de RPG, voire même parfois de hack’n slash (exit l’open world, les niveaux aléatoires et les loots) à ses prédécesseurs, le soft de Keen Games se veut juste être un bon gros beat’em all heroic-fantasy des familles, et si on le prend comme tel on peut vraiment ressentir du plaisir à pratiquer le jeu… du moins avant que la monotonie solo ne fasse son apparition. En multi, par contre, Sacred 3 offre une durée de vie très convenable, un univers sympathique malgré un humour qui rate sa cible, et une réalisation plutôt jolie. Bref, des fans déçus, mais de nouveaux adeptes potentiels pour la franchise… 

Le Vidéo-Test par NeoAnderson

Réalisation: 15/20

Bigre, ce Sacred 3 est vraiment beau sur consoles current-gen, avec son grand nombre de détails, ses angles de caméra dynamiques, ses explosions de couleurs lors des pouvoirs et son design artistique recherché. Dommage que quelques saccades/ralentissements viennent un peu gâcher la fête, surtout à deux en local.

Gameplay/Scénario: 10/20

On oublie complètement le côté RPG/Hack’n Slash de l’opus précédent, idem pour l’Open World. Sacred 3 se joue comme un bon gros beat’em all, point ! La customisation du personnage est réduite à sa plus simple expression avec des arbres de compétences linéaires, un loot inexistant, et très peu de pouvoirs. Il n’empêche que le défouloir est plaisant car bien bourrin, voire bordélique à plusieurs. Niveau scénario, la vengeance de Zane aurait pu être intéressante si elle n’était pas sans arrêt rendue ridicule par un humour loin d’être… drôle justement.

Bande-Son: 14/20

Les musiques de Sacred 3 sont épiques à souhait, et de fait en totale inadéquation avec les doublages, certes réussis, mais bien trop « humoristiques » pour faire vrai. En ce qui concerne les bruitages, aucune fausse note, mais rien de transcendant non plus. On fait le boulot, ni plus, ni moins.

Durée de vie: 12/20

Si vous accrochez au concept et que vous jouez à plusieurs, le titre peut vous tenir en haleine une vingtaine d’heures. Par contre, en solo, la lassitude va vous gagner rapidement, et vous lâcherez le soft bien avant les crédits de fin, rien ne vous poussant à continuer l’aventure… et encore moins à créer un nouveau personnage par la suite.

Note Globale N-Gamz.com: 13,5/20

Sacred 3 aurait pu être le digne successeur d’un second opus plus que réussi, en devenant de fait un sérieux concurrent à l’hégémonie de Diablo 3. Hélas, Keen Games semble avoir eu peur du mastodonte de Blizzard et a décidé de revoir entièrement le concept de la saga pour en faire un simple beat’em all multi. S’il n’en reste pas moins plaisant à plusieurs, tout en étant bien réalisé, le défouloir ainsi créé montre vite ses limites en solo.


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About the Author

Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j'apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!