Review

Si le rugby passionne de plus en plus les foules, on ne peut pas vraiment dire que les jeux vidéo lui aient rendu de justes hommages jusqu’à aujourd’hui. C’est sûr, que les jeux de football ou de basket ont quand même bien plus la côte. BigBen Interactive a néanmoins voulu proposer Rugby 15, qui permet d’organiser ses propres tournois à domicile. Si les jeux Rugby sortent chaque année, ils passent généralement d’éditeur en éditeur et de développeur en développeur. Alors, l’alliance BigBen et HB studios a-t-elle permis de proposer un soft de rugby à la hauteur de ce que les fans attendent ?

Soyons réalistes

Un jeu de rugby officiel, c'est assez rare pour être signalé… quoique…

D’un côté, il y a les développeurs : HB studios. Déjà à l’origine de Rugby 04, 05 et 08, les jeux de sports, ça les connaît un peu. Un coup sur le credo du basket, un coup sur le hockey, le cricket ou le golf, c’est un peu les touche-à-tout du sport. De l’autre côté, l’éditeur : BigBen Interactive. Eux, ils sont plutôt axés sur les courses ou les jeux pour les enfants d’habitude, voire même plutôt sur le crédo des accessoires. Mais soit. Pourquoi pas. L’équipe aurait pu faire mouche et proposer un vrai bon jeu de rugby comme les fans en réclament, où on organise des tournois de folie comme dans Fifa ou PES pour le foot.

Bon, si la création de toute pièce des tournois est bien là, on bute d’abord sur un problème de taille. BigBen Interactive n’a pas réussi à obtenir toutes les licences et c’est dans un jeu basé sur des équipes mi-réelles mi-fictives qu’on évolue. Si le Top 14, le Pro 12, l’AVIVA Premiership Rugby et la Pro D2 sont bien présents, avec tous les clubs et les joueurs officiels de 2015, les équipes nationales et le Super 15 font dans la pure invention, et des plus farfelues s’il vous plaît. Nom et identité visuelle des joueurs et des clubs portent à présent des noms anglophones. Oui, on voudrait nous faire croire que Lyndon Borth est français. Pire, Royce Molder serait japonais. En outre, les notes attribuées aux clubs et aux joueurs sont celles qui ont été relevées à un moment très précis l’an dernier. Pas une moyenne. Et du coup, ce n’est absolument pas le reflet de la réalité. Même quand on n’y connait rien en rugby, on sait que Toulouse (même pas dans le top 3 du jeu) est quand même une bien meilleure équipe que Montpellier qui est pourtant classée dans Rugby 15 comme la meilleure équipe française, devant Toulon…

Hors jeu

Un coup de stick droit + une pression sur R2, et vous gagnerez à tous les coups!

Bon mais niveau jouabilité, ça donne quoi ? De prime abord, tout est là. Il est possible de plaquer l’adversaire, de faire des passes normales ou sautées, des mêlées ouvertes, de gérer les mauls, voire même de faire des feintes. Tout y est et les combinaisons de touche ne semblent pas impossibles, ce qui pourrait permettre de jouer presque comme sur le terrain. Sauf qu’une fois en match, le constat est à la limite de l’affligeant. Outre le fait qu’une simple technique à maîtriser avec son stick droit avant d’appuyer sur R2 vous permettra de gagner à tous les coups, même en mode difficile, on est surtout en face d’une intelligence artificielle qui brille plus par son côté artificiel qu’intelligent. Aucune défense sur les côtés! Quand vous aurez compris ça, il sera difficile pour vous de ne pas remonter le terrain avec une facilité déconcertante. De toute façon, pas d’inquiétude, la plupart du temps, les joueurs adverses ont tendance à se contenter de courir derrière vous sans trop tenter quoi que ce soit, et s’ils courent plus vite que votre joueur, il vous suffira de zigzaguer pour les semer. Sauf quand vous serez victime d’un plaquage par l’homme invisible, car oui, les bugs sont également omniprésents. On a donc aucun plaisir à jouer car ce n’est plus dans du rugby qu’on se lance mais dans une quête à la subtilité. Finalement, on aurait préféré être hors-jeu que hors du jeu.

Du côté des modes de jeu, il y a en revanche plein de possibilités. Évidemment, il est possible de créer entièrement son propre match amical, en choisissant son équipe et en paramétrant de nombreuses options, comme la difficulté, la durée des mi-temps (5, 10, 20 ou 40 minutes), la possibilité de prolongations, les conditions météo ainsi que la force du vent et la période de la journée. Il est également possible de faire un tournoi ou une saison complète. Mais surtout, le mode de jeu le plus intéressant sur Rugby 15, c’est quand même la possibilité de créer sa propre coupe. Là, vous pouvez choisir le nombre d’équipes que vous souhaitez se faire affronter (jusqu’à 32) et même le format des poules et des playoffs. Par ailleurs, il est également possible de jouer jusqu’à 4 en local, ce qui est assez sympa. Mais les avantages s’arrêtent là, car il est impossible de jouer en ligne, ni même de s’approprier un joueur personnel. Bref, en comparaison aux autres jeux de sport que l’on croise ces derniers temps, Rugby 15 ne brille pas vraiment.

Moche, mais sympa à l’oreille

Techniquement, le jeu est tout simplement une honte… et dire que ça tourne sur Next-Gen!

Visuellement alors, c’est peut-être mieux ? Et bien non. D’abord, l’interface de jeu. Absolument pas claire, et pas du tout optimisée. La sélection des équipes est assez fastidieuses, et vous en découvrirez même parfois par pur hasard. Dommage, il y avait pourtant un large choix, mais s’il faut passer de longues minutes pour chercher celle qui nous intéresse, autant passer son chemin. Graphiquement aussi, le jeu peine. Les animations sont très rigides et manquent nettement de fluidité. Les joueurs, s’ils sont parfois reconnaissables en vue éloignée, ne sont toutefois pas vraiment ressemblants… enfin en ce qui concerne les joueurs des équipes pour lesquels BigBen a obtenu les licences puisque les autres ont également un faciès fictif. Quant aux détails, à l’heure où certains jeux de sports perfectionnent la moindre goutte de sueur, ici, ils sont quasiment inexistant. Même la pelouse est fade.

On relèvera néanmoins l’autre atout du jeu qui a quand même l’avantage d’être entièrement traduit en français. Eric Bayle et Thomas Lombard endossent le rôle des commentateurs et le font bien. Les remarques sont justes et crédibles, mais on reprochera en revanche un manque de variété et de présence. C’est en tout cas bien agréable de retrouver les voix françaises des plus grandes compétitions internationales et du TOP 14. Pour le coup, on pourrait s’y croire, ou presque. Et c’est peut-être sur ce point que le jeu aurait pu vraiment tirer son épingle du jeu.

Enfin un bon jeu de rugby ?

Rugby 15 cumule les défauts et même les grands fans de rugby ne sauront apprécier de prendre ce jeu en main. Trop facile, trop de bugs, des graphismes décevants, une interface agaçante et une IA dont on se moque allègrement au fil du jeu, sans compter les licences incomplètes qui vous font jouer tantôt avec une équipe qui existe, tantôt avec une équipe qui n’existe pas. Bref, les deux atouts dans la balance, à savoir la possibilité de créer sa propre coupe et les commentaires d’Eric Bayle et Thomas Lombard, ne font absolument pas remonter le poids du jeu. Dommage, mais on aurait espéré mieux, à demi emmêlé le jeu s’est fait plaquer.

Le Vidéo-Test par Neoanderson

Réalisation: 5/20

Des vrais joueurs qui ne ressemblent pas aux vrais joueurs d’un côté. Des joueurs fictifs étrangement laids de l’autre. Des graphismes tristes et des détails absents à l’heure où certains jeux proposent une goutte de sueur ultra-détaillée. Une pelouse terne. Bref, le jeu ne brille vraiment pas par son design. Proposer un titre aussi fade sur une console nouvelle génération aurait presque de quoi faire rougir. En outre, l’interface de jeu est un véritable labyrinthe, vraiment mal fichu et peu clair.

Gameplay/Scénario: 9/20

Si Rugby 15 propose d’emblée plusieurs modes de jeu permettant de créer ses propres matches, jusqu’à des tournois complets et des saisons entières, voire même de créer sa propre coupe. On se gausse facilement quand on se rend compte qu’il est tout à fait possible de ne pas maîtriser les nombreuses fonctionnalités (dommage, il était possible de tout faire, des mêlées aux plaquages, en passant par la gestion des mauls), et de gagner tous les matches très facilement. L’autre bémol réside sur le côté bancal de la cohabitation entre des équipes réelles et des équipes fictives puisque BigBen Interactive n’a pas obtenu toutes les licences. Et c’est bien dommage, car on finit par s’y perdre. De toute façon, l’interface nous perd déjà en route tellement elle est peu claire.

Bande-Son: 14/20

Enfin quelque chose de positif dans le jeu puisque les commentaires sont fait par les voix françaises officielles des grandes compétitions internationales et du TOP 14 : Eric Bayle et Thomas Lombard. Plutôt crédibles et justes, les remarques sont néanmoins assez peu présentes et manque de variété. Dommage, car c’est vraiment là l’atout de Rugby 15.

Durée de vie: 11/20

Si vous choisissez de jouer avec chacune des équipes, vous pourrez passer un petit moment à faire le tour du jeu car celles-ci sont nombreuses. Vous pouvez choisir de faire des tournois complets et des saisons entières. Et vous pourrez vous amuser à créer votre propre coupe, le second atout de Rugby 15 et pas des moindre, car c’est vraiment là que vous pourrez pleinement faire place à votre potentiel de créateur et vous prendre un instant pour un des plus grands cravateux du rugby, ceux qui décident carrément de l’invention d’un tournoi. En revanche, le système de jeu étant dominé par une IA un peu bête, vous vous lasserez certainement vite de gagner match sur match.

Note Globale N-Gamz.com: 9/20

Si vous attendiez un vrai bon jeu de rugby, passez votre chemin. Rugby 15 déçoit beaucoup plus qu’il ne séduit. Malgré quelques atouts qui auraient mérité d’être mis en valeur, comme la possibilité d’utiliser tous les gestes techniques de ce sport ou encore le mode créatif permettant d’inventer sa propre coupe en y intégrant un bon paquet d’équipes, le jeu bat de l’aile dès qu’on se retrouve confronté à l’IA beaucoup trop sotte. Trop facile et assez peu esthétique, les nombreux défauts viennent ternir les avantages. Dommage, les voix d’Eric Bayle et Thomas Lombard nous auraient presque permis de nous y croire. Pour de vrai. Loupé.


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CerberusXV3
CerberusXV3
Un smartphone greffé dans la main gauche, une manette dans la droite, polyvalente, rebelle, débrouillarde, un poil geeky, tatouée, piercée, pas fataliste mais réaliste, n’aime pas les préjugés, addict au café et à la junk-food, bref : comme tout le monde, mais en pire.