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Flashback, vous connaissez ? Non, ce n’est pas le fait de revivre intérieurement un événement du passé, mais bien le jeu du génialissime Paul Cuisset ! Mélange d’action, de plate-forme à la Prince of Persia, d’aventure et de réflexion, le titre mettant en scène Conrad l’amnésique contre une race d’aliens belliqueux a fait les beaux jours du PC et de la Super Nintendo il y a de cela bien des années. Alors quand un petit studio indépendant nommé Ratloop Asia décide de lui rendre hommage en nous faisant incarner…un poulet, on ne demande qu’à voir ce que leur Rocketbirds : Hardboiled Chicken sur Vita a dans le ventre !

C’est pas ma guerre ! 

Les dialogues se veulent volontairement humoristiques

C’est par une cinématique façon dessin animé survolté que l’histoire de ce Rocketbirds commence. On y aperçoit Hardboiled Chicken, un poulet dissident harnaché à un jetpack qui se fait descendre au-dessus de la jungle par une groupe de pingouins surarmés. Non, vous ne rêvez pas, on parle bien de volatiles et d’armes à feu. Il faut dire que depuis Worms, on a du mal à faire confiance à la faune de nos environs… C’est donc aux commandes d’un gallinacé totalement calqué sur une parodie de Rambo que vous allez arpenter des niveaux en vue de profil, dans le seul but d’abattre le dictateur qui règne d’une main de fer sur Albatropolis : Putski !

Si d’un premier abord, le scénario de Rocketbirds peut sembler simpliste, il devient intéressant dès qu’on le regarde avec la lunette de la parodie rambo-esque. Le jeu est gore à outrance, et le fait d’incarner des animaux atténue l’impact viscéral du message post-guerrier voulu par les développeurs. De quoi faire passer une certaine morale en nous montrant l’absurdité de la guerre, notamment grâce à des dialogues humoristiquement à contre-pied des cinématiques sérieuses. Hardboiled faisait partie de l’armée ennemie suite à un lavage de cerveau depuis la naissance, et va se retourner contre ses « créateurs » grâce à une révélation. Flagellation, meurtres par dizaines, torture, tout y passe dans les cut-scènes, on vous aura prévenu.

Conrad, reviens, j’ai les mêmes à la maison ! 

Rocketbirds fait furieusement penser à Flashback

Totalement calqué sur un Flashback dont on aurait retiré tout l’aspect scénaristique et augmenté de façon spectaculaire le côté action, Rocketbirds se manie comme un bon vieux titre old school. Tout le gameplay est basé sur la progression via des déplacements 2D dans des décors 3D, avec des ennemis apparaissant au fur et à mesure d’un scrolling un peu facétieux (une fois j’avance, une fois je passe à l’écran suivant…). A votre disposition pour occire l’armée des pingouins, des armes à feu telles que le beretta, le fusil à pompe ou la mitraillette, partageant toutes le même type de munition. Ces dernières se vident rapidement et les recharges sont disposées avec une certaine radinerie dans les niveaux. Gare au manque de stock ! Votre volatile dispose d’une jauge de vie, à régénérer via des trousses de soins tout aussi rares. Bref, le jeu se veut dur, et ce n’est pas un mal.

Niveau mouvements, Harboiled Chicken peut avancer, sauter, s’accrocher à des rebords, utiliser des ascenseurs, tirer devant lui (mais jamais au-dessus, on n’est pas dans Contra non plus…), se baisser et surtout effectuer les sacro-saintes roulades qui ont fait le bonheur des amoureux des aventures de Conrad. Essentielles, ces dernières vous permettent de vous rapprocher rapidement des ennemis et d’esquiver les tirs des pingouins en position debout. Ajoutons à cela des énigmes à base d’interrupteurs à activer, de cartes d’accès à obtenir, et surtout la présence des merveilleux cerebugs, insectes qui vous permettent de prendre le contrôle des gardes adverses, et vous obtenez un gameplay classique, mais efficace, du moins sur le court terme, la redondance faisant par la suite son œuvre. Heureusement qu’un mode deux joueurs online ou local inédit rattrape le tout. Enfin, mieux vaut oublier les phases en jetpack rajoutées à cet opus (le soft étant à la base un titre PC), insipides, peu maniables et totalement répétitives.

Une Vita qui assure 

Les cerebugs sont LA réussite du soft

Par rapport au soft de base, on ne peut qu’admettre que les développeurs, tout en conservant le cachet dessin animé propre à leur jeu, on augmenté tout le côté graphique de ce Rocketbirds. Décors en 3D plus que jolis, jeux de lumières concluants, sprites 2D fins, seule l’animation un peu hachée des personnages et le côté Ragdoll des exécutions laisse un arrière-goût de frustration. Rien de bien méchant cependant, tant la patte artistique est agréable à l’œil. Signalons néanmoins un ajout pour le moins dispensable : la possibilité de faire légèrement tourner le décor en inclinant la PSVita à droite ou à gauche. Cela ne sert à rien au niveau du gameplay, et pire, dans le feu de l’action, pour peu que vous bougiez un peu votre console en tapotant telle ou telle touche, vous allez vite avoir mal au crâne. Dommage.

Néanmoins, on peut dire que la nomade de Sony a du potentiel et qu’Hardboiled Chicken l’exploite parfois de belle façon, notamment en termes de résolution d’écran. Niveau sonore, les bruitages sont très réussis, mais c’est surtout la bande-son lors des cuts-scènes, entièrement composée et chantée par New World Revolution, qui va vous rester en tête. Avec ses airs lancinants, la musique est tout bonnement excellente et ajoute au côté sérieux et noir des cinématiques.

Et mon c.., c’est du poulet ?! 

Une difficulté qui va vous faire retrouver quelques bonnes sensations 16bits…

Rocketbirds : Hardboiled Chicken partait avec un modèle de choix, mais n’est pas Flashback qui veut. En privilégiant l’action au détriment de la réflexion, le soft s’enlise un peu dans des situations redondantes et un scénario pas vraiment captivant si on entre pas dans son aspect parodique. Doté d’une faible replay value, d’une maniabilité qui souffre de quelques temps de latence et d’un manque d’épique, le titre s’en sort néanmoins grâce à certaines bonnes énigmes, un character design et une patte graphique très plaisants, et une difficulté qui va vous faire retrouver quelques bonnes sensations 16bits…mais pas toutes hélas. Gageons que l’essai sera pleinement réussi dans la suite d’ores et déjà prévue !

Le vidéo-test

Réalisation: 15/20

Hormis des animations un peu raides et un scrolling capricieux, le jeu offre une réalisation qui fait honneur à la Vita en termes de 2D. Jeux de lumières chatoyants, personnages détaillés et graphismes fins même lorsque la console dézoome, Rocketbirds se paie en plus le luxe d’offrir des décors en 3D de très bonne facture.

Gameplay/Scénario: 14/20

Totalement inspiré de titres comme Flashback, le gameplay se veut résolument old-school, et donc rigide. Doté de quelques bonnes énigmes à base de Cerebugs et d’un mode deux joueurs, le soft s’enlise hélas quelque peu à cause de ses phases d’action redondantes et de séquences en jetpack pas vraiment inoubliables. Le scénario, quant à lui, ne vous plaira que si vous y voyez une parodie de la guerre. Au premier degré, c’est totalement bancal…

Bande-Son: 16/20

Composée par le groupe New World Revolution, la partie musicale du soft offre des titres totalement en accord avec l’ambiance voulue par le développeur : noir, lancinant, mais sans négliger le côté action.

Durée de vie: 10/20

Le jeu est court et n’offre comme seul challenge que la récolte de drapeaux révolutionnaires. Un peu cheap, même si le titre est disponible à petit prix (9,99€).

Note Globale N-Gamz.com: 14/20

Rocketbirds : Hardboiled Chicken, bénéficie d’un très bon portage sur Vita, avec des graphismes remaniés et des détails à foison pour une résolution jamais prise en défaut. Hélas, le soft manque d’un souffle épique et reste cantonné à la catégorie du petit jeu sympathique, sans plus, la faute à une maniabilité un peu trop frustrante et à un manque de variété dans les situations. Saluons l’hommage à Flashback, néanmoins, et l’ajout du mode deux joueurs propre à cette version.



About the Author

Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j'apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!