Review

Jouer, durant mon enfance, à Resident Evil premier du nom, fut une expérience que je n’oublierai jamais (et faut dire qu’à l’époque, ça m’a valu quelques nuits d’insomnie!). Le manoir Spencer, ce côté Kitsch, le mystère derrière toute l’affaire… Dans cette ère noire où l’internet n’était pas encore accessible, se perdre dans les méandres de la lugubre habitation était chose commune… Et c’était bon ! Capcom nous ramène en arrière avec cette version HD du remake de Resident Evil, datant de 2002 et qui se jouait sur la célèbre Gamecube. L’horreur est-elle toujours là, tapie dans l’ombre ? Découvrons-le ensemble sur ce test…

Horreur d’une nuit d’été

Les effets de lumière sont tout bonnement magnifiques. Ambiance cozy au coin du feu? Nope.

24 juillet, 1998. Des meurtres extrêmement bizarres ont eu lieu à Raccoon City, paisible ville américaine des régions montagneuses. Toutes les victimes desdits meurtres comportent des signes de cannibalisme. La force spéciale de Raccoon City, l’escouade des S.T.A.R.S, est mise sur l’affaire. L’équipe est séparée en deux cellules, Alpha et Bravo. L’équipe Bravo prend les devants, mais les communications sont vite coupées et la cellule Alpha part à la recherche de ses camarades disparus, dans les montagnes. Ce que ces membres vont découvrir, une fois la carcasse de l’hélicoptère de leurs amis retrouvée, ne sera que le début d’une très longue nuit de terreur…

Bien que clichée des films d’horreur des années 80/90, la trame narrative de Resident Evil est plutôt bien pensée et rajoute aisément une couche de mystère et de terreur à l’atmosphère générale du jeu. Pour ce Remake, sorti en 2002 sur Gamecube initialement, l’histoire n’a presque pas bougé par rapport à la version originale et est même, à l’occasion, rallongée de quelques scènes et détails. Elle nous met donc aux contrôles de Jill Valentine, charmante guerrière de bleu vêtue, rapide mais vulnérable, ayant la capacité d’emporter plus d’objets que son partenaire, ou bien de Chris Redfield, jeune prodige des forces spéciales, aguerri et donc plus résistant mais également plus lent et avec une capacité de stockage d’objets limitée. Côté personnages secondaires, on pourra interagir avec divers membres des équipes Alpha et Bravo, dont notamment Barry Burton, enthousiaste rompu aux armes à feu et bourrin de service, Rebecca Chambers, la jeune bleue pleine d’idéaux qui servira de healer, sans parler du mystérieux Albert Wesker, capitaine du S.T.A.R.S. En bref : tous les ingrédients pour un cocktail d’horreur sont présents !

Quand l’ancien rencontre le nouveau…

De nouveaux monstres et mécaniques de jeu pour un remake de haute volée

Si vous êtes nouveau dans l’univers des Resident Evil old school, il faut un minimum de contexte. Resident Evil est un survival horror par essence, avec ses centaines de zombies assoiffés de sang, ses cerbères prêts à vous manger tout cru et ses corbeaux désireux de vous becter les globes oculaires, mais l’autre face de la pièce est plus complexe. En effet, tel un Myst, Resident Evil va vous faire fumer les méninges avec des dizaines de puzzles bien pensés, qui vous feront non seulement visiter le manoir dans chacun de ses recoins, mais qui vous demanderont également de réaliser quelques allers-retours à rendre fou les joueurs moins patients ! Mais, contrairement au jeu d’origine sur PlayStation 1, le remake Gamecube (et donc cette version HD aussi) a introduit une difficulté supplémentaire: à chaque fois que vous tuez un zombie, son « cadavre » reste là, inanimé, et ne disparaît pas comme c’était le cas avant. Au bout d’un certain nombre d’allers-retours, il risque de revenir, plus fort et plus rapide que jamais ! Savoir gérer ses emplacements d’objets savamment sera donc une aptitude vitale à acquérir, car votre seule solution pour occire à jamais ces morts-vivants une fois à terre sera de les brûler vifs à l’aide d’un briquet et d’une flasque de kérosène… et donc de deux emplacements de votre inventaire qui volent en éclat, deux! A noter que vous aurez à votre disposition une multitude d’armes, allant du simple Beretta jusqu’au lance-grenades. Vous pouvez stocker toutes les munitions que vous voulez pour chaque arme sur un seul emplacement d’objets, sauf pour le lance-grenades, qui peut utiliser divers types de munitions (explosives, incendiaires, acides…). De quoi vous donner une chance de survivre !

L’aspect Survival du soft a été rehaussé… vous allez vraiment avoir peur d’y rester!

Toutes les mécaniques de gameplay de Resident Evil sont faites pour que la tension atteigne son paroxysme. Vous jouez en tant qu’être humain. Certes, entraîné, mais simplement humain. Les hordes de monstres qui vous attendent seront infatigables, et chaque petite erreur pourrait signifier votre mort ! Pointer votre arme sur un ennemi prendra un petit moment par exemple, si bien que viser et tirer sur un monstre à proximité peut vous prendre deux secondes d’animation. Deux secondes pendant lesquelles, si vous avez mal calculé votre coup, vous pouvez vous faire agripper par un vil et puant zombie ! Vous pouvez vous dégager de l’étreinte mortelle de vos adversaires cela-dit, à condition d’avoir trouvé un objet de self-defense comme une dague, une grenade flash ou une batterie pour votre Taser. Une fois agrippé, il vous suffira d’appuyer sur la gâchette R1 pour utiliser ce « joker » et vous en tirer à bon compte ! Au niveau de la représentation de l’action, le jeu se déroule totalement en caméra fixe, avec des décors précalculés. Vous dirigez donc votre personnage à l’aide des touches directionnelles, façon « Tank », à l’ancienne, ou alors avec le joystick, qui va vous permettre de bouger votre personnage sur un plan 3D, sûrement plus tendre avec les nouveaux venus (et en plus vous n’êtes pas obligés de presser la touche carré pour courir, si c’est pas le bonheur ça!). A noter que ce type de représentation permet d’avoir des angles fixes largement « traîtres » car vous pourrez entendre des bruits suspects sans savoir vraiment d’où ils viennent… jusqu’à ce que le prochain plan se charge ! Vous avez donc le choix en terme d’avancement : Combattre ou Fuir.

Un lifting en bonne et due forme !

Le lifting des modèles est flagrant! Les personnages sont plus vibrants, plus réels.

Pas besoin de passer par quatre chemins pour vous dire que Resident Evil HD Remaster est beau. J’irais même jusqu’à dire magnifique. Tous les plans ont étés remaniés, les textures retravaillées, les effets d’éclairages améliorés et des effets cinématographiques de mouvement de caméra (la plupart du temps horizontaux ou verticaux, suivant les mouvements de votre personnage) viennent éblouir même les plus grands vétérans, déjà habitués au jeu. Les modèles des personnages ont étés remis au goût du jour, et c’est peut-être ce qui se voit le plus. Les plis des vêtements, les ombrages beaucoup plus prononcés, les musculatures plus saillantes, les expressions faciales plus prononcées… Les protagonistes sont plus vrais, plus vivants !

La musique, bien qu’elle soit plus ambiante que mélodique, touche en plein dans le mile. Elle a été remixée une énième fois pour ce nouveau Remaster, parfois, à mon sens, inutilement étant donné que les morceaux de la version Gamecube étaient déjà parfaits. Là où le jeu pêche, par-contre, c’est dans les dialogues. L’audio de ces derniers est assez mal compressé, et donne un effet « téléphone » assez désagréable à l’oreille. Hormis ce petit hic, les bruitages ambiants et des différentes armes à feu ou autres pas sont parfaitement retranscrits.

Hormis les costumes exclusifs du B.S.A.A, vous débloquerez une multitude de costumes au cours de vos parties.

Resident Evil HD Remaster nous offre également quelques petits bonus exclusifs à cette version, parmi lesquels les costumes B.S.A.A de Chris et Jill, vus pour la première fois dans Resident Evil 5. Si la version de Jill est fine et élancée, et qu’elle passe superbement bien à l’écran, tout comme sa grande sœur, la version S.T.A.R.S, je n’ai pu m’empêcher de rire en voyant Chris déambuler dans son costume B.S.A.A. avec l’allure d’un gorille allaité aux anabolisants. Parmi les autres bonus, un mode « cinéma » où l’on peut débloquer et regarder les différentes cinématiques du jeu, un leaderboard en ligne pour consulter les profils des joueurs ayant terminé le jeu le plus rapidement, et ce dans un classement par difficulté, un manuel de jeu incorporé dans le menu de départ et des modes de difficulté additionnels, dont le fameux mode « ennemis invisibles » et « Original mode », où les ennemis seront extrêmement coriaces, les balles rares, et les coffres à objets ne seront plus communicants entre eux ! Bref, un mode pour les vétérans, les vrais !

Si la peur ne vous tue pas, quelque chose d’autre le fera…

La beauté et la simplicité de Resident Evil HD Remaster nous donnent une bonne leçon : les meilleurs mystères n’ont pas besoin de fioritures excessives pour être captivants. Contrairement à ses petits frères, qui nous sortiraient des nouveaux virus, de nouvelles épidémies et de nouvelles histoires tirées par les cheveux, Resident Evil a une trame narrative simple, avec des objectifs clairs et concis. C’est juste vous, le manoir et votre imagination. Ce trio vous emmènera très loin pour une aventure à l’ancienne, où vous redécouvrirez la signification du genre Survival Horror. Contrôles remis au goût du jour, graphismes remaniés, contenu additionnel bien garni, prix plus que démocratique… Pour quelle raison au monde ne vous procureriez-vous pas ce jeu ?! Foncez !

Le Vidéo-Test par Neoanderson

Réalisation: 18/20

Je n’aurais jamais cru que la version Gamecube de Resident Evil puisse être améliorée de quelque façon que ce soit, mais Capcom à réussi le pari avec brio. Le jeu est riche en contenu et les graphismes sont éblouissants. Ils n’ont rien à envier aux jeux actuels. Si vous aimiez l’original et le Remake, ce jeu va vous combler !

Gameplay/Scénario: 18/20

Ici, le fait que l’on peut choisir son style de jeu (En commandes « Tank » ou en « 3D » avec l’analogique) est une preuve flagrante que Capcom souhaite faire découvrir le jeu aux nouvelles générations tout en apportant un hommage aux vétérans. Simple, efficace et apportant une couche de plus à la tension qui est générée par les rencontres avec les horribles monstres du manoir, le gameplay de Resident Evil est savamment alambiqué. Le scénario, bien que pas trop recherché, accomplit bien son rôle et n’accapare pas toute l’attention du joueur, le laissant plutôt se focaliser sur l’atmosphère.

Bande-Son: 16/20

Les morceaux utilisés ici sont des remix des remix (« Remixception ») de la version Gamecube 2002. Bien que plutôt réussis, ils sont assez anecdotiques. Pas vraiment nécessaires, ils font tout de même leur travail et ajoutent à l’atmosphère globale du jeu.

Durée de vie: 18/20

Resident Evil HD Remaster vous offrira de nombreuses heures d’amusement ! Avec l’histoire principale qui vous prendra entre 10 et 15 heures si vous y jouez pour la première fois, les nombreuses difficultés de départ plus celles à débloquer, le « Original Mode », … Bref, le soft vaut le coup d’être joué au moins deux fois, avec chaque personnage.

Note Globale N-Gamz.com: 17/20

Resident Evil HD Remaster est un véritable chef-d’oeuvre, mêlant nostalgie et mécaniques actuelles avec succès. Que vous soyez un pro de la série ou tout simplement un nouveau venu, vous trouverez votre bonheur dans ce soft ! Et vu le prix, ça serait dommage de passer à côté de ce joyau !



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Snakethoot
Snakethoot
Je baigne dans la culture vidéoludique depuis ma plus tendre enfance, elle m'a façonné, elle m'a donné le goût pour les passions qui m'animent aujourd'hui. J'accorde la plus grande importance à chaque détail, aussi infime soit-il, pour être certain de saisir tout l'arôme que l'expérience d'un jeu-vidéo peut m'amener (Appelez-moi le romantique virtuel...). Cosplayeur à mes heures perdues, mon dévolu se jette aussi sur le septième art, les comics et la musique. Les passions comme les avis sont faits pour se partager et se discuter, ne soyez pas timides!