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Remake, reboot. Vous en avez assez de ces deux stratagèmes terriblement à la mode dans les milieux du cinéma et du jeu vidéo quand il s’agit de remettre en selle une franchise ? On vous comprend. Ne reniez pas pour autant ce Ratchet & Clank version 2016, ou vous pourriez passer à côté d’une sacrée bonne surprise…

Le jeu adapté du film adapté du jeu

Les fans retrouveront évidemment des têtes bien connues dans cet incroyable reboot

Les fans retrouveront évidemment des têtes bien connues dans cet incroyable reboot

En plus d’être un remake/reboot, ce Ratchet & Clank disponible uniquement sur PS4 est une adaptation du film sortant bientôt sur les écrans. Une raison de plus d’être méfiant à priori, et pourtant, Insomniac Games a mis le paquet pour le retour de ses deux héros phares. Les développeurs nous racontent une fois de plus la rencontre entre Ratchet le lombax et Clank le petit robot, qui devront s’allier au sein d’aventures intergalactiques remplies d’armes loufoques et de grands méchants… vraiment très méchants !

Plus qu’un remake, le jeu réimagine presque intégralement le premier volet sorti sur PS2 il y a déjà 14 ans (vous le sentez, le coup de vieux ?) en gardant ses principaux éléments tout en proposant un vrai nouveau titre à part entière. Pour le meilleur ? Oh que oui !

Ça va péter, chérie

Pas question ici de bouleverser une formule qui a fait ses preuves, il est donc toujours question d’action/plateformes 3D bourrée d’affrontements survitaminés et d’armement dévastateur à améliorer sur cinq niveaux, le cinquième étant toujours synonyme de version ultra-efficace de l’arme en question. En plus des pétoires classiques, on retrouve quelques nouveaux venus délirants comme le Groovitron, une énorme boule disco qui entraîne les ennemis (y compris les boss !) dans un numéro de danse incontrôlable ou encore le Moutonator, transformant vos opposants en inoffensifs moutons. Le système d’améliorations de vos joujoux est également une réussite: outre des stats classiques telles que le nombre de munitions ou la zone d’effet, il sera possible de débloquer de nombreux upgrades plus originaux.

Le Groovitron fera danser tous les ennemis, même les boss !

Le Groovitron fera danser tous les ennemis, même les boss !

L’esprit de la série est donc parfaitement respecté, l’humour étant une fois de plus omniprésent. Hélas, le scénario en tant que tel n’a jamais été le point fort de la saga, et ce volet ne fera pas exception. Pour compliquer les choses, les cutscenes, ici généralement composées de simples champs/contre-champs comme à l’époque PS2, cassent un peu trop le rythme frénétique des affrontements tandis que la narration, tentant de coller bon gré mal gré à celle du film, pâtit d’un manque de cohérence. Des extraits du long-métrage s’enchaînant en effet avec des cinématiques réalisées par le moteur maison. Du cop, la mise en scène et le récit manquent d’homogénéité. Forcément, il n’est pas évident pour un soft long d’une bonne dizaine d’heures de coller à la trame d’un film d’1H30.

De la plateforme en grande forme

Ce petit bémol mis à part, inutile de tourner autour du pot: ce Ratchet & Clank est une incontestable réussite. On aura en vérité bien du mal à reprocher quoi que ce soit d’autre au soft d’Insomniac Games. Il suffit de jeter un oeil à n’importe quel screenshot pour se rendre compte de l’incroyable travail abattu par les développeurs américains. Un film d’animation jouable, voilà comment on pourrait décrire le rendu visuel: tout, des animations aux décors chargés en détails, force le respect et fait office de vraie vitrine technique pour la PS4, la fluidité étant quasiment inattaquable, pour ne rien gâcher.

Aucun screenshot ne pourra rendre hommage à l'impressionnant rendu visuel du jeu

Aucun screenshot ne pourra rendre hommage à l’impressionnant rendu visuel du jeu

En plus du gameplay traditionnel et des missions aux commandes de Clank axées sur les puzzles,  Insomniac a mis les bouchées doubles sur les séquences propres à vous arracher les rétines (mention spéciale pour les phases de shoot spatial) et la mâchoire, le rythme auquel s’enchaînent les événements étant un véritable modèle à suivre. On restera forcément sur sa faim une fois le dernier boss vaincu, mais le mode Challenge, qui fait office de New Game + (mais qui ne dispose pas de son propre slot de sauvegarde isolé de celui du mode principal, malheureusement) sera une excellente excuse pour s’adonner une seconde fois à l’aventure, qui offre un challenge adapté à tous à travers ses trois modes de difficulté. Croyez-moi, l’univers du titre a beau être enfantin, le mode Difficile l’est vraiment !

Cerise sur le gâteau, les fans de la franchise se délecteront des nombreux clins d’oeil aux différents épisodes disséminés un peu partout, le fan service culminant dans un musée Insomniac, accessible après avoir terminé le jeu, dont les multiples salles seront débloquées en récoltant les boulons en or à rechercher dans les différents niveaux, dans lesquels vous pourrez également prendre part à des quêtes secondaires ou autres courses d’hoverboard.

Remake plus ultra

N’en jetez plus: Insomniac Games nous livre un Ratchet & Clank cuvée 2016 magnifique, débordant de contenu et véritable lettre d’amour à la franchise qui a rendu le studio célèbre. Quoi, vous voulez une raison de plus de craquer ? Très bien: le jeu est proposé à prix doux, pour moins de 40 euros. Autant dire que si vous n’êtes pas encore fan de la série, ça ne saurait tarder !

La Bande-Annonce

Réalisation: 18/20

Depuis toujours, la série jouit d’une réalisation exemplaire. Ce volet PS4 n’échappe évidemment pas à la règle et en met plein les mirettes du début à la fin, tout en restant fluide. On regrettera juste les cutscenes molles à base de dialogues parfois longuets, comme à l’époque PS2.

Gameplay/Scénario: 16/20

Pas de surprise pour les fans, on est face à un soft d’action/plateforme défoulant et survolté se maniant comme un charme et enchaînant les séquences variées et spectaculaires. Tentant parfois maladroitement de se raccrocher au film dont il est l’adaptation, le titre souffre d’un manque d’homogénéité au niveau de sa narration et de son scénario, que la bonne humeur générale parvient sans problèmes à compenser.

Bande-Son: 15/20

Les doubleurs habituels (non, contrairement au film, pas de Youtubeur et de présentateur télé à l’horizon) reprennent du service et la bande-originale est d’une grande qualité, entre sonorités auxquelles nous a habitué la série et thèmes orchestraux donnant une dimension épique aux combats ou autres séquences spectaculaires.

Durée de vie: 19/20

Avec sa campagne longue d’une dizaine d’heures, ses quêtes secondaires, ses nombreux bonus à récolter et son mode Challenge (équivalant à un New Game +), Ratchet & Clank a de quoi vous faire passer de longues heures manette en main. Et vu le fun que procure le jeu, nul doute que vous risquiez d’y revenir en attendant impatiemment une éventuelle suite.

Note Globale N-Gamz.com: 18/20

Ratchet & Clank est à la fois une nouvelle démonstration du talent d’Insomniac Games, un remake/reboot d’une qualité rare, une exclu PS4 indispensable ainsi qu’un illustre représentant de la plateforme 3D, genre désormais en décrépitude que l’on espère voir reboosté par une sortie d’une telle qualité. Comment résister ?



About the Author

Guib
Guib
Accro (mais sainement ; et oui, amis journalistes, c’est possible) aux jeux vidéo depuis le jour où j’ai reçu ma Super Nintendo accompagnée de Super Mario All Stars à l’âge de 6 ans, je suis passionné par les jeux de plate-forme, mais pas uniquement. Peu importe le genre, je suis surtout intéressé par les titres qui ont une âme et qui dégagent une réelle personnalité. Quelques-uns de mes jeux cultes : Yoshi’s Island, Beyond Good & Evil, Ico et les jeux Rockstar (oui, ça tranche avec le reste mais ces gars-là m’ont rarement déçu). J’ai aussi une petite faiblesse moins avouable pour les jeux nanars descendus par la plupart des testeurs, mais chut. Etant fan de cinéma fantastique et écrivant depuis quelques mois des critiques de films, j’ai eu envie de me diversifier et de me lancer dans le test de jeux vidéo, et me voilà !