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Après un troisième opus qui s’est directement payé le luxe d’entrer dans le top 3 des RPG PlayStation 2 grâce à une histoire résolument mâture, un mix entre dating-sim et jeu de rôle et un système de combat totalement addictif, la saga Persona avait intérêt à sortir l’artillerie lourde pour proposer un nouveau volet qui ne décevrait pas les fans. C’est chose faite avec Persona 4 sur PS2, et aujourd’hui la version Director’s Cut, intitulée The Golden, sur PS Vita. Attention les yeux : chef d’œuvre en vue !

Les joies du lycée au pays des démons

Un scooby gang version japanim absolument terrible!

Rien à faire, vous n’aviez pas signé pour ça ! Fils d’un riche homme d’affaire parti aux quatre coins du globe, vous étiez bien tranquille dans votre appart 5 étoiles lorsque votre « vieux » a décidé de vous envoyer chez votre oncle, en plein cambrousse japonaise, afin que vous appreniez la vie, la vraie ! Vous voilà donc, simple lycéen, perdu dans une petite bourgade qui était bien tranquille avant que vous n’y apparaissiez. Il est vrai que depuis quelque temps, une étrange rumeur circule entre les élèves : « Si tu allumes ta télé à minuit lors d’une nuit pluvieuse, tu découvriras ton âme sœur ! »… Comme de juste, vous allez tester tout ça, et vous rendre compte que c’est loin d’être la femme de votre vie qui apparaît sur le tube cathodique, mais bien une vision cauchemardesque d’un meurtre prochainement commis ! C’est parti pour un remake de Buffy contre Les Vampires gonflé au Scooby Gang avec une bonne dose de noirceur et un aspect foncièrement hardcore gamer!

A force d’investigation, vous allez vous lier d’amitié avec un groupe de lycéens qui a également visionné cette « Midnight Channel » (non, ce n’est pas une chaîne porno !) et s’y est retrouvé quelque peu enfermés. Le hic, c’est que toute personne qui se retrouve cloîtrée dans ce monde parallèle (oui, oui, vous avez bien lu, vous êtes emprisonnés dans votre télé…et ce n’est même pas avec Sarah Michelle Gellar !) perd peu à peu la raison et y développe un « niveau » qui lui est propre, se calfeutrant dans le coin le plus reculé de son monde. S’ensuit la création d’être d’ombres, appelés Shadows, dont l’unique but est de dévorer l’hôte qui leur a donné la vie pour…vivre, justement ! Vous aurez donc jusqu’à la prochaine nuit pluvieuse pour sauver chaque protagoniste prisonnier de la chaîne, dans un dongeon/rpg pure souche mâtiné de simulation de vie estudiantine histoire de varier les plaisirs.

Mais pourquoi je n’ai pas fait mes études au Japon, moi ?! 

Vivre une année scolaire au pays des monstres, ça n'empêche pas d'aller à la plage!

Avouez, on a tous rêvé d’être le héros d’une histoire aussi paranormale. Quoi, pas vous ? Ok, je dois être bizarre alors, mais le scénario de Persona 4 (et du 3 également, puisqu’il tire autant dans la vie d’étudiant que dans le mysticisme) m’a d’office parlé. C’est bien simple, j’ai entamé le jeu un jeudi soir, et j’ai fait deux nuits blanches d’affilée pour vous offrir le vidéo-test tant l’histoire m’as scotché. Point de vue rythme, c’est du haut niveau. Vous passez d’une phase de socialisation estudiantine en journée, à des promenades libres le soir, avant d’aller combattre du monstre dansla MidnightChannella nuit tombée. Aucun temps mort, des dizaines de choses à faire, que cela aille des examens scolaires à des mini-jeux, en passant par des jobs d’étudiant pour gagner de l’argent, ou tout simplement des sorties entre amis pour accroître vos liens relationnels, nécessaires à l’obtention de pouvoirs supplémentaires pour vos persona. C’est quoi une persona ? Et bien c’est le cœur du gameplay voyons !

Si en journée vous passez votre temps à suivre des cours, flirter, sortir entre potes ou encore forger des armes et équipements, la nuit venue, vous vous retrouvez en plein dungeon/rpg dans des niveaux en full 3D créés aléatoirement. Le but : gravir les différents étages du monde pour atteindre son hôte et le délivrer. Pour ce faire, vous pouvez créer des équipes de 4 personnages (contre 3 dans l’opus précédent) et les contrôler tous entièrement (ce qui était impossible dans l’épisode précédent, sauf dans le remix PSP). Chaque personnage dispose d’une attaque basique, de la possibilité d’utiliser des objets ou de se défendre, voire de fuir, mais aussi  et surtout des capacités spéciales de sa persona, cette matérialisation fantomatique de leur moi intérieur. Si vos compagnons ont une seule persona attitrée, qui monte de niveau indépendamment du leur, vous avez la possibilité de transporter avec vous un nombre donné de ces esprits, que vous recueillez au fil des combats. Chaque persona ayant des attributs propres (feu, glace, éclair, vent, …), vous comprendrez vite que vous faire un set avec un max de « monstres » différents est primordial pour gagner les combats !

Et c’est parti pour les joutes, qui vous demanderont en général d’utiliser chaque pouvoir sur un ennemi pour en définir les points faibles, qui seront ensuite enregistrés dans une base de données consultable à tout moment en pleine rixe. L’avantage d’utiliser un sort face auquel l’adversaire est vulnérable est de le « mettre au tapis », vous offrant alors deux possibilités : soit vous le frappez directement et vous le paralysez pour un tour, soit vous arrivez à mettre tous les ennemis à terre, vous offrant la possibilité de faire une ALL-OUT Attack qui fait attaquer vos quatre protagonistes simultanément. Autant dire que les dégâts sont à l’avenant ! Et je ne vous parle même pas des fusions entres personas, des cartes à ramasser quand vous finissez vos combats par une all-out et qui vous octroient différents boost, des coffres à découvrir en mode exploration et qui recèlent parfois des monstres surpuissants, des quêtes à accomplir dans un temps donné, des exams à préparer, des rencarts à mettre au point, …aaaaaaaargh, il n’y aurait pas assez d’une vie pour tout faire tant ce Persona 4 est un must !

J-Pop Culture au top ! 

Un RPG riche, immersif, et tout simplement inoubliable!

Persona 4 The Golden est un archétype parfait du jeu pop culture au top ! Avec une esthétique totalement geek et design, des persos charismatiques qui respirent la classe, et un travail de stylisation qui va jusque dans les menus, tout concourt à vous immerger dans cet univers à la fois coloré, pop, mais également très sombre par moments. Les graphismes sont travaillés et les personnages restent dans un look manga très agréable. L’animation demeure sans faille de bout en bout, sans parler des cut-scènes réalisées en japanim, tout simplement fabuleuses sans être omniprésentes. D’ailleurs, après plusieurs heures de jeu, vous aurez carrément accès à une encyclopédie sur Persona contenant des lives de concert, lesdites cut-scènes, et même les trailers des opus précédents. De quoi se régaler !

Mais plus que tout, ce qui donne son cachet « j-pop » si particulier au jeu réside dans sa bande-son. Rien que le générique d’intro vaut son pesant d’or, et le reste des pistes sonores passe allègrement et sans aucune gène de la chanson interprétée par une idol à des nappes sonores lugubres et des atmosphères pesantes. Il faut vraiment expérimenter cette aventure auditive que représente Persona pour se rendre compte à quel point le tout se tient dans le jeu pour un résultat original et surtout saisissant de part en part. De même, les doubleurs anglais des protagonistes sont tout à fait dans le ton en nous proposant des timbres qui collent parfaitement aux personnages. Un sans faute et surtout une O.S.T. à vous procurer d’urgence !

Persona-lement, ce jeu est un must ! 

Ni plus, ni moins, Persona 4 The Golden est tout bonnement le meilleur RPG sur PS Vita, et sans doute l’un des trois meilleurs RPG de tous les temps sur consoles (avec Xenogears et Final Fantasy VII). Avec sa réalisation hors norme baignant dansla J-PopCulture, son histoire occulte passionnante, son système de combat aux petits oignons et sa gestion des Personas totalement chronophage, le soft d’Atlus va vous attraper dans sa toile pour ne plus vous relâcher avant un final grandiose ! Si vous ne devez posséder qu’un seul jeu sur PS Vita et que vous maîtrisez l’anglais, ne cherchez plus !

Le vidéo-test

Réalisation: 18/20 

Graphismes au top avec des donjons en Full 3D de toute beauté, des personnages charismatiques et des effets spéciaux dans le ton, Persona 4 The Golden fait honneur à la Vita et se révèle encore plus travaillé que son alter-ego sur PS2. L’animation n’est pas en reste, notamment lors des combats, et les cut-scènes en anime sont bluffantes.

Gameplay/Scénario: 19/20  

Le système de combat est tout bonnement excellent, avec sa gestion des faiblesses élémentaires, les personas à faire monter de niveau, les cartes recueillies à la fin des rixes et la possibilité de mettre K.O. chaque monstre pour une All-Out Attack d’anthologie. Les fusions de personas, les liens sociaux entre vous et vos compagnons de classe, la simulation de vie estudiantine, tout est finement pensé et jamais lassant. Le scénario, quant à lui, est un peu moins sombre que celui du troisième opus, mais vous scotchera à votre Vita quoiqu’il arrive !

Bande-Son: 19/20   

Des thèmes J-Pop acidulés qui côtoient des nappes sonores lugubres pour un résultat absolument saisissant. Les doubleurs anglais sont parfaitement dans leurs rôles et les bruitages au poil. Une O.S.T à se procurer d’urgence.

Durée de vie: 20/20 

Vous n’êtes pas prêt de voir la fin du soft, d’expérimenter toutes les fusions, d’obtenir les meilleures armes et les costumes ultimes. Comptez une cinquantaine d’heures rien que pour le scénario principal, et le double si, comme moi, vous vous faites happer dans l’aventure et les quêtes annexes!

Note Globale N-Gamz.com: 19/20 

La PS Vita tient son RPG d’anthologie ! Bien plus encore que la compilation FFX et X-2HD qui sortira prochainement sur la nomade de Sony, Persona 4 The Golden est une référence en matière de jeu de rôle chronophage, avec un système de combat palpitant, de la gestion de Personas immersive, un mix aventure/simulation de vie estudiantine réussi et un habillage graphique de toute beauté ! Ne passez surtout pas à côté si vous maîtrisez l’anglais !



About the Author

Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j'apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!