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S’il y a bien un jeu de rôle à ne pas rater sur PlayStation Vita, c’est clairement Persona 4 : The Golden, développé par Atlus. Issu de la prestigieuse saga Persona qui a connu sa quintessence sur PlayStation 3, ce J-RPG mixant allègrement occultisme, paranormal et simulation de vie estudiantine a le don de rendre accroc en seulement quelques heures… pour des nuits blanches de plaisir. Sentant le filon, Acquire a décidé de copier-coller la recette en remplaçant les Personas par des Minds… et en retirant complètement l’aspect social du titre pour se concentrer sur les donjons et les combats. Le résultat, baptisé MIND Zero, sort sur la nomade de Sony et n’est clairement pas dénué d’intérêt. Une autre dimension vous attend, suivez-moi !

Mind-toi de tes affaires !

Une histoire paranormale inspirée de Persona, la mise en scène en moins

Kei Takanashi, étudiant nippon lambda au look d’éternel taciturne, ne se doutait pas qu’en se baladant tranquillement au beau milieu du quartier d’Amamiya, il allait se voir aspirer dans l’Inner Realm et y rencontrer la malfaisante (et ultra sexy) Fossoyeuse, une entité qui va lui proposer un marché : choisir la seule arme compatible avec lui parmi les milliers que comporte son « échoppe » diabolique. Une erreur, et c’est la mort assurée, comme tant d’autres malheureuses victimes avant lui. Fort heureusement, notre héros attitré opte pour une faux gigantesque, et va tout faire pour comprendre qui l’a envoyé là et pourquoi l’Inner Realm, ce monde parallèle au nôtre et composé d’esprits alter-égos de chaque humain, semble envahir petit à petit notre réalité.

Bien entendu, il ne sera pas seul dans cette quête, puisque ses amis proches, Leo et Sana, ont également réussi l’épreuve de la Fossoyeuse, ce qui leur a donné le pouvoir, tout comme vous, de contrôler un MIND, l’un de ces fameux alter-ego spirituels. Aidé par le détective privé Ogata, qui a monté une agence enquêtant sur les phénomènes paranormaux, vous n’allez pas tarder à arpenter de sombres niveaux générés par de puissants ennemis, tout en continuant à vivre, le jour, votre quotidien estudiantin. Vous l’aurez compris, on nage en plein Persona-Like avec cette histoire de royaume invisible au commun des mortels, de monstres qui pénètrent dans notre dimension, et de matérialisation de psyché sous forme de créatures prêtes au combat.

Mind en scène : Zero ?

Un concept de Dungeon RPG pour lequel il faut forcément accrocher

Si la mise en scène du scénario de Mind Zero se résume à des écrans fixes sur lesquels discutent les personnages,  l’histoire n’en demeure pas moins très intéressante, ne se révélant que très lentement. Les phases d’exploration en ville se résument à une carte sur laquelle on balade un curseur afin de déclencher des événements et des quêtes annexes (en général données par l’agence paranormale) qui se dérouleront également via de jolis artworks bien statiques. On dirait presque, par moment, du visual novel, puisque qu’à aucun instant vous ne pourrez vous balader librement dans des décors urbains ou encore simplement votre lycée, comme on le ferait pourtant dans un Persona, par exemple. On a l’impression que les développeurs ont voulu mettre de côté tout l’aspect exploration du monde réel pour se concentrer uniquement sur les points forts du titre : ses donjons et son système de combat.

En effet, dans ce J-RPG pure souche, vous allez devoir, en équipe de trois, arpenter de sombres niveaux dont certains bien barrés (celui basé sur les contes pour enfants est clairement malsain), le tout en vue interne via des déplacements en case par case. Chaque donjon est composé d’une foultitude d’étages, de warp zones, de trésors et « d’events » hostiles (boss, groupe d’ennemis plus puissants). Ajoutez à cela un rythme de combat aléatoires ultra violent, et vous comprendrez que vous allez passer le plus clair de votre temps à faire trois pas pour ensuite occire du monstre à tour de bras, et ainsi de suite, dans une optique de « farming pur et dur ». Heureusement, vous pourrez sauvegarder à n’importe quel moment. Ouf !

Un gameplay aussi redoutable qu’un Master Mind

Le Mind fonctionne comme un Persona, mais vous protégera des coups en plus!

Oui, ouf car le jeu est clairement difficile et les combats ne permettent pas l’erreur, croyez-moi. Mais ces combats, justement, ils ont l’air de quoi ? Et bien vous allez avoir affaire à une vue « à la Dragon Quest », entendez par là que vous visualiserez vos ennemis de face, dans un affrontement au tour par tour où vos protagonistes n’apparaîtront à l’écran que par intermittence, à chaque attaque qu’ils déclencheront. Vous bénéficiez de trois jauges distinctes pour les affrontements : les LP, qui symbolisent vos points de vie. S’ils tombent à zéro, c’est la mort, tout simplement. Ensuite viennent les MP, alias vos points de… MIND (vous avez dit « magie », je vous ai vu !). En gros, vous allez pouvoir invoquer (« devoir » serait plutôt préférable si vous voulez rester en vie) votre MIND à n’importe quel moment, pour qu’elle attaque à votre place mais surtout, prenne les coups qui vous sont destinés ! Chaque tour qui passe avec un MIND invoqué diminue automatiquement vos MP, de même que chaque attaque encaissé par ledit MIND fait baisser la jauge précitée. Si vos MP atteignent zéro suite à un coup adverse, vous entrez en MIND Break et perdez automatiquement un tour, ce qui peut très vite s’avérer mortel. Vous pouvez bien évidemment désincarner votre « double spirituel » et vous mettre en garde pour récupérer « SA » précieuse vie.

Enfin, dernière jauge, et non des moindres, les TP, alias Technical Points. Vous les recevez dès que vous prenez un coup ou que vous en donnez un. Leur utilité ? En plus d’être souvent associé aux diverses skills/magies des MIND, en même temps que vos LP (un soin coûte ainsi 2TP, une attaque spéciale 2TP et 10% de LP, etc…), ils vous permettent surtout d’utiliser le mode Burst, qui vous offre un tour d’action supplémentaire instantané pour le sacrifice de 3TP. A vous de bien peser le pour et le contre, car si en combat contre trois ou quatre adversaires, les TP se régénèrent très vite (vu que vous recevez plus de coups distincts), contre un boss unique, griller tous vos TP d’entrée de jeu est synonyme d’impossibilité de se soigner pour la suite du combat… Bref, un système de gameplay bien plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord, diaboliquement jouissif, et surtout expliqué de main de maître grâce à un tutorial permanent qui développe chaque aspect petit à petit, comme les oppositions entre pouvoirs élémentaires propres à chaque ennemi, la possibilité d’accélérer ou d’automatiser le rythme des combats, etc…

Les combats sont incroyablement techniques et hardcore, dans le bon sens du terme

Bien entendu, un J-RPG ne se résume pas qu’à ses combats, et il y a tout un côté gestion/préparation à prendre en compte dans MIND Zero. Ainsi, vos pouvoirs magiques et autres capacités passives sont gérés par des cartes que vous ramassez sur le cadavre de vos adversaires. Ces cartes peuvent ensuite être fusionnées entre elles pour en créer de nouvelles, ou tout simplement être « ingérées » par une carte principale pour en augmenter le niveau. Of course, qui dit niveau plus élevé dit forcément plus de TP pour l’utilisation, ce qui ajoute encore à la complexité des combats… mais c’est si bon de se faire du mal ! Enfin, histoire d’enfoncer le clou un peu plus sur le côté hardcore du jeu, vous allez pouvoir revêtir trois pièces d’équipement, en plus de votre arme, alors qu’il existe… quatre types de protections. A vous donc de choisir entre les uniformes, les gants, les chaussures et les pendentifs/bracelets, en étant obligé d’en laisser un sur le côté. Cruel, isn’t it ?

Une réalisation en dent-de-scie

Techniquement, il est clair que ce Mind Zero propose des artworks de personnages magnifiques et ultra charismatiques, des décors 2D qui semblent directement tirés d’un animé, et une animation à toute épreuve en mode exploration de donjons. Le souci, c’est que la 3D utilisée dans les niveaux a tout d’un portage PSP paresseux (alors que le soft n’est jamais sorti sur la première console portable de Sony…). Textures pas assez travaillées, effets de lumières aux abonnés absents, modélisation de l’environnement et des ennemis bien trop simpliste, il est clair que le soft est loin d’être un étalon graphique pour la Vita, là ou Persona 4 nous proposait des graphismes bien plus aboutis, voire même encore plus poussés que sur PlayStation 3.

Graphiquement, le soft n'est pas digne d'une Vita

Heureusement, la bande-son s’en sort, quant à elle, avec les honneurs puisque les doublages anglais sont absolument excellents et permettent de faire vivre les scènes 2D ultra-statiques (comme quoi, un bon doubleur peut vraiment vous donner l’impression d’y être). Il est vrai que par rapport à un Persona, Mind Zero compte bien plus de dialogues doublés entièrement. A côté de ça, la musique en combat colle bien à l’ambiance, sans jamais lasser malgré le rythme élevé d’apparition de monstres, et la B.O. des boss est mystique à souhait. Et surtout, il y a une réelle différence de ton sonore entre l’Outer Realm (alias notre monde) et le Inner Realm. Le premier offre une tessiture j-pop sympathique tandis que le second est clairement axé sur la discordance musicale. Un régal.

Après le Coca, le Persona Zero ?

Amputé de toute la partie sim dating/social life qui fait le charme d’un Persona, ce Mind Zero joue totalement et exclusivement la carte d’un dungeon-rpg pour hardcore gamers attirés par le paranormal tokyoïte. Si vous rentrez dans le trip, vous allez littéralement passer des heures de plaisir dans les niveaux proposés, à faire un maximum de farming pour augmenter votre expérience, c’est un fait, mais il est vrai que comparé à Persona 4 : The Golden sur la même console, le titre d’Acquire est toujours en deçà de son modèle. Il n’empêche qu’il reste un très bon RPG sur console portable, et que vous auriez tort de passer à côté si le côté redondant d’un Dungeon-RPG ne vous rebute pas.

Le Vidéo-Test par Neoanderson

Réalisation: 14/20

Ce MIND Zero souffle le chaud et le froid, mettant en opposition de superbes artworks 2D pour les décors et les personnages dans l’Outer Realm, et une 3D basique à base de textures simplistes pour les donjons et les combats dans l’Inner Realm. Dommage, car on passe bien plus de temps dans le second que dans le premier.

Gameplay/Scénario: 15/20

Le système de triple jauge LP/MP/TP et de Minds encaissant les coups à votre place est redoutable, c’est un fait. La fusion de cartes pour les pouvoirs magiques fait clairement penser à du Persona, et il y a beaucoup de petites facilités (automations des combats, augmentation de la rapidité de ces derniers, etc…) qui rendent au final le dungeon-crawling très agréable. Le scénario est ultra linéaire, faisant penser, dans sa mise en scène, à du visual-novel, mais propose clairement ce qu’il faut de mystères pour se laisser suivre sans problèmes. Par contre, retirer tout l’aspect simulation de vie made in Persona ampute le titre d’un sacré atout par rapport à son concurrent direct.

Bande-Son: 19/20

Le Outer Realm et ses musiques J-Pop contraste avec le Inne Realm et ses tonalités malsaines, mais le résultat est incroyable pour les deux. Jamais une musique ne lasse, même en combat, et les nombreux doublages, en anglais ou en jap, sont effectués à la perfection pour véritablement donner vie au récit (et croyez-moi, avec un style visual novel ultra statique, ce n’était pas gagné).

Durée de vie: 16/20

Encore une fois, il faut accrocher au principe du farming à outrance et du level up très lent au sein de niveaux labyrinthiques proposant une profusion de combats. Mais si c’est votre trip, alors ce MIND Zero va vous tenir en haleine une bonne cinquantaine d’heures sans soucis, sans parler des nombreuses possibilités de fusion de cartes.

Note Globale N-Gamz.com: 15/20 pour les adeptes du genre, 12/20 pour les autres

Personnellement, j’ai diablement accroché à MIND Zero, car j’adore passer des heures dans un dédale labyrinthique à faire monter mes personnages de niveaux, affiner mes techniques, mes combos, ramasser une pléthore d’objets et de cartes customisables, et j’en passe. Le tout est servi par un scénario certes linéaire mais bien ficelé, et une bande-son qui dépote. Dommage que la réalisation 3D fasse un peu cheap et qu’on oublie tout le côté simulation de vie estudiantine et liens sociaux d’un Persona. A essayer avant d’acheter pour voir si vous adhérez au concept du Dungeon-Crawling pur et dur.



About the Author

Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j'apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!