Review

Si son nom ne vous dit rien, sachez que Mark McMorris est un jeune snowboarder canadien au palmarès plutôt sympathique. Et cette année, il apporte son soutien, et son nom, au nouveau jeu de glisse du petit studio HB Games. Alors qu’il semblerait que l’âge d’or des softs du type, notamment avec le fantastique SSX3, soit loin derrière nous, Mark McMorris – Infinite Air se veut ambitieux, réaliste et … réussi ? Jetons-y un oeil de plus près !

Du snowboard en vrai… ou presque 

"Chouette alors, du terrain tout plat !"

« Chouette alors, du terrain tout plat ! »

Le pari de HB Games est plutôt osé : proposer un univers snowboardesque en monde ouvert ! Attendez-vous donc à des étendues de neige à perte de vue, parsemées ça et là de pistes créées par les joueurs eux-mêmes. Cependant, vu le vaste terrain de jeu offert, on ne va pas vous y abandonner directement. Le soft commence donc par un tutoriel. Que vous soyez pro de snowboard ou que vous n’ayez jamais mis les pieds dans une station de ski, on vous conseille clairement de suivre à la lettre les conseils qui vous sont donnés.

En effet, Infinite Air fait partie de ces jeux dans lesquels les devs veulent vous montrer une chose capitale : le snowboard, c’est super difficile ! Si vous pensiez pouvoir descendre les pistes à toute vitesse ou effectuer des tricks basiques mais jolis après un peu de pratique, il faudra rapidement vous rendre à l’évidence : vous devrez vous entraîner encore et encore. Vous l’aurez compris, le soft est bien plus proche de la simulation pure et dure que du vrai jeu vidéo arcade ultra fun. Pour tout vous dire : au début, vous aurez même du mal à atterrir sur vos pieds après un simple saut ! Il vous faudra dès lors des heures de pratique avant de maîtriser les tricks les plus simples.

Là où l’on sent également que le titre a voulu se la jouer « pro » et n’a pas pensé aux novices complets du snowboard, c’est lorsque, dans certaines missions, on vous demandera d’exécuter telle ou telle figure, sans bien évidemment vous expliquer… à quoi elle correspond ! Quelqu’un ici maîtrise le Nuclear Japan Backflip 540 ?

Un monde ouvert… trop ouvert ! 

Infinite Air est également bourré de petits bugs ou de recoins mal pensés ! Si, dans la droite lignée du début du jeu, vous ne gérez pas tout à fait les commandes, vous aurez tôt fait de vous retrouver hors piste. Parfois le titre prendra heureusement la relève et vous ramènera sur le tracé après un court décompte mais trop souvent, vous serez complètement abandonné, errant sur les plaines enneigées. En effet, il arrive que le sol devienne très plat pendant un laps de temps très (très) long. Du coup, avançant à coup de ollies, vous aurez l’impression de ramer de façon interminable.

"Vous pouvez créer votre propre piste en sculptant la neige"

« Vous pouvez créer votre propre piste en sculptant la neige »

A d’autres moments, vous serez même coincé dans une petite crevasse. Littéralement « coincé », entre deux murs de neige, sans pouvoir en sortir ! Dans ce cas, vous n’avez qu’une option : réinitialiser le parcours… en entier ! Notons qu’après une chute, votre personnage, apparemment incapable de se relever tout seul, sera automatiquement téléporté à un autre endroit de la piste … vous coinçant parfois dans lesdites crevasse ou entre un arbre et un rocher ! Eh oui, on varie les plaisirs !

Il est évident que tous ces soucis, petits mais très nombreux et donc très agaçants, sont la conséquence d’un open world mal optimisé tel que celui proposé. Le studio s’est montré trop ambitieux pour ses capacités et si le jeu est, d’un point de vue extérieur, plutôt joli, on tombe rapidement nez-à-nez avec des bugs qui n’auraient jamais dû se trouver sur notre route. A côté de ces désagréments, on retrouve tout de même un contenu assez riche. Au delà du monde infini dans lequel surfer et en plus des défis proposés par le jeu, vous pouvez rejoindre des pistes ou parcours créés par d’autres joueurs et tenter de battre leurs records en réalisant des figures plus complexes et mieux maîtrisées. De la même façon, vous pouvez également créer votre piste. Choisissez sa taille, sa complexité, … vous pouvez même sculpter la neige, créant ainsi des snowpark inédits.

Un petit air de sport d’hiver 

Les bandes-annonces d’Infinite Air, sublimes, nous avaient mis l’eau à la bouche. Montagne et neige font forcément bon ménage pour offrir des panoramas à couper le souffle. Et pourtant, une fois en jeu … c’est le drame ! Si de loin, les décors sont plutôt sympathiques (voire jolis), une fois le nez dedans, c’est beaucoup moins glamour. En effet, quand vous vous fracassez contre un rocher ou foncez dans un arbre, vous avez alors parfaitement l’occasion d’admirer de près les textures nettement moins heureuses qu’escomptées. Evidemment, étant donné l’envergure des montagnes, il aurait été surprenant qu’il en soit autrement. Néanmoins, on regrette tout de même les rochers très carrés et les sapins en papier.

"Beau de loin mais loin d'être beau"

« Beau de loin mais loin d’être beau »

Les modélisations des riders, par contre, sont plus réussies. Enfin, soyons précis : leurs corps et accessoires sont plus réussis. Ainsi, même s’ils transparaissent très peu sous les bonnets et les masques, on aperçoit parfois des morceaux de cheveux ou de visage … pas toujours très flatteurs ! Néanmoins, les tenues sont réalistes au possible, chapeau. On regrette par contre qu’elles soient très classiques, on aurait aimé un peu plus de folie, histoire de pouvoir réellement personnaliser son avatar ou donner plus de peps aux pros du snow jouables dans le bébé de HB Games.

Le « vrai » snowboard c’est dur mais c’est fun. Ici… c’est juste dur ! 

Si Mark McMorris Infinite Air plaira sans doute aux (très) hardcore gamers et aux snowboarders ravis de montrer à quel point leur sport est complexe, on ne peut nier qu’il est complètement passé à côté de l’objectif principal d’un jeu vidéo : divertir ! Le pari était sans doute trop ambitieux: un monde trop vaste et donc trop difficile à gérer, des modélisations assez plates, des recoins absolument illogiques où l’on se perd avant de coincer son avatar sans espoir de l’extirper de là, … Bref, trop de contraintes qui ne font qu’ajouter des points négatifs à un soft qui se coulait déjà très bien tout seul grâce à son gameplay bien trop complexe. Vous l’aurez compris : ici à la rédac, on attend toujours le jeu de glisse qui viendra redorer le blason du genre.

La bande-annonce

Réalisation: 13/20

Les screens distribués petit à petit par HB Games étaient prometteurs : la vue était sublime et les modélisations n’étaient pas loin d’être parfaites. On aurait presque eu du mal à faire la différence entre un écran de jeu et une photo d’un véritable snowboarder surfant sur la poudreuse. Pourtant, si nombre des points graphiques sont effectivement réussis, l’open world vient tout piétiner. Un terrain trop vaste, trop d’éléments à gérer et donc un grand nombre d’incohérences visuelles au programme, sans parler des bugs de collisions qui vous bloquent à vie dans le niveau, des textures grossières et des visages et chevelures peu flatteurs pour vos riders. Dommage.

Gameplay/Scénario: 9/20

Voici le gros point noir du jeu. La prise en main est très longue et très difficile ; il faudra vous accrocher pendant de nombreuses heures et ne rien lâcher avant de pouvoir prétendre maîtriser ne serait-ce qu’un minimum le jeu. Les figures sont complexes à réaliser ; même tenir debout et faire une bonne réception peut relever de l’exploit ! Qu’il s’agisse d’un parti pris ou d’une mauvaise gestion de la difficulté, il est certain que le gameplay ne convaincra pas la majorité. Niveau scénario, rien à l’horizon, c’est un jeu de glisse classique.

Bande-Son: 14/20

La bande-son est dans la lignée du jeu, elle s’est voulue réaliste. Si les bruitages sont très réussis (je reconnais bien le bruit que fait mon fessier en tombant dans la poudreuse), on ne peut pas en dire autant de l’ambiance musicale. Les morceaux choisis ne sont pas mauvais, ils conviennent bien pour une musique de fond apaisante ; mais ce qu’il nous aurait fallu, c’est une bande-son pleine de peps, d’énergie et qui équilibre un peu ces moments de solitude vécus en montagne.

Durée de vie: 10/20

Des pistes en veux-tu, en voilà. Des défis à relever. Un mode multijoueur online. Bref, du contenu, il y en a ! Mais aurez-vous vraiment l’envie de tester toutes ces facettes du jeu, après avoir galéré dès le début ? Pas sûr.

Note Globale N-Gamz.com: 10/20

On l’aura compris : le snowboard, c’est difficile. Il est cependant dommage qu’un jeu qui se veuille « réaliste » se doive d’être également aussi complexe et mal pensé dans sa jouabilité. Pour avoir un avant-goût du vrai snowboard, des chutes, des galères quand il n’y a pas de pente, et de la difficulté à réaliser le moindre petit saut, il est certain que Mark McMorris – Infinite Air est parfait. Si tout ce que vous vouliez, c’était passer un moment sympa devant votre console, tout en effectuant des tricks funs dans une bonne ambiance, dans ce cas, vous n’avez pas choisi le bon titre, d’autant que l’Open World proposé est bardé de bugs parfois très frustrants à gérer. Le Steep d’Ubisoft, prévu pour le mois prochain, va donc devoir faire mieux que ça pour redorer le blason des jeux de glisse Next-Gen.



About the Author

Amy
Amy

Gamer girl et otaku dans l’âme, j’ai fait du fansub -aux postes de traductrice/checkeuse- pendant plusieurs années. A la fin de mon anime favori (R.I.P. Bleach), j’ai lentement décroché ; et depuis, j’ai erré sur le net … Jusqu’à ce que je trouve N-Gamz ! Un site qui me permettrait de partager ma passion non plus de la japanim, mais des jeux vidéos avec un public ; parfait ! Je vais donc mettre tout mon petit coeur dans mes articles et tests, en espérant qu’ils vous plairont !
Random fact : je fais un délicieux brownie