Review

Mad Max, c’est tout d’abord une trilogie désormais culte, dont le second opus a posé les bases du cinéma de genre post-apocalyptique et continue encore aujourd’hui à influencer de nombreux films et jeux vidéo (coucou Rage !). Cette année, la licence est sortie de sa torpeur avec Mad Max: Fury Road, grosse claque dans la tronche de ceux qui désespéraient de voir débarquer un énième reboot sans saveur; c’était sans connaître la hargne toujours présente de George Miller, le papa (et papy) de la saga. L’adaptation vidéoludique orchestrée par Avalanche Studios (la série des Just Cause) se montre-t-elle à la hauteur de son modèle cinématographique ?

Pompe à freaks

Après son retour sur grand écran, Max Rockatansky débarque sur Next-Gen dans un Open World Post-Apocalyptique

Après son retour sur grand écran, Max Rockatansky débarque sur Next-Gen dans un Open World Post-Apocalyptique

Pas besoin d’être un spécialiste de la franchise pour aborder ce Mad Max, qui maintient l’ambiance, le style visuel et certains lieux de la saga, comme Pétroville, tout en offrant un scénario et une galerie de personnages inédits. N’espérez pas contrôler Mel Gibson ou Tom Hardy, laissant la place à un avatar franchement générique, sorte d’ersatz de Joel de The Last of Us, le charisme en moins. Un nouveau visage pour un personnage en grande partie inchangé: « Mad » Max Rockatansky, un ancien flic ayant perdu sa femme et son enfant, évolue dans des terres désolées, forcé malgré lui de côtoyer une belle galerie de dégénérés obsédés par la collecte d’eau et d’essence, denrées devenues rares à la suite d’une terrible catastrophe ayant changé le monde à jamais.

On le retrouve au début du jeu au bort de la mort, après avoir enfoncé une tronçonneuse dans le crâne de Scrotus le Scabreux, le chef redouté d’une terrible bande de malades sans foi ni loi qui sème la terreur sur son chemin. Assoiffé, privé de l’Interceptor, sa fidèle monture, il croise la route de Chumbucket, un mécano défiguré vouant un véritable culte aux moteurs, qui deviendra son fidèle (et unique) compagnon lors de sa quête du véhicule ultime, dans l’espoir d’atteindre un jour « les Plaines du Silence », un supposé havre de paix loin de toute cette folie.

Bat Max

Les combats à mains nues sont dynamiques mais trop nombreux

Les combats à mains nues sont dynamiques mais trop nombreux

L’amélioration de votre véhicule principal, appelé la Magnum Opus, est une des occupations principales proposées par le soft. De nombreuses missions tourneront en effet autour du fait de dénicher telle ou telle pièce dans un endroit dangereux, ou de faire affaire avec des chefs de territoire pour continuer votre quête du bolide ultime (d’autres voitures pouvant par ailleurs être collectionnées lors de courses, notamment). Mais dans le Wasteland comme ailleurs, tout se monnaie et il vous faudra donc récolter de la ferraille, qui fait office de devise locale. À vous les joies du pillage des corps ennemis et des nombreuses décharges disséminées sur la carte. Mais n’espérez pas vous balader tranquillement au volant de votre tas de ferraille, fragile mais pouvant être réparé en un clin d’œil par Chumbucket: de nombreux véhicules ennemis, parfois bien équipés, viendront vous mettre des bâtons, et diverses joyeusetés, dans les roues. Tout comme dans les films, les combats motorisés et autres courses-poursuites constituent une bonne partie de l’expérience et se montrent particulièrement jouissifs. Dégommer les portières ennemies avec votre harpon avant d’éjecter un conducteur ou d’exploser son réservoir avec votre shotgun ou votre fusil de sniper (très limités en munitions, cohérence oblige), quoi de plus défoulant ? Ces joutes motorisées sont vraiment maîtrisées et procurent à elles seules toute sa raison d’être au soft.

Les joutes motorisées sont le plus gros atout du jeu

Les joutes motorisées sont le plus gros atout du jeu

On ne peut malheureusement pas en dire autant des combats à mains nus, calqués sur ceux de la saga Batman Arkham (également édité par Warner Bros., tiens donc), système qui est en train de devenir peu à peu un incontournable. Une pression sur une touche suffit donc à effectuer des attaques plus ou moins efficaces, tandis qu’un indicateur de contre ou d’esquive s’affiche au-dessus des ennemis lorsqu’ils s’apprêtent à cogner. Bref, ici comme dans l’amélioration des combos et statistiques de Max, rien de nouveau à se mettre sous la dent pour les fans de Batou, le tout restant efficace mais parfois plombé par une caméra bien trop proche de l’action ne permettant pas toujours d’anticiper efficacement les assauts. Les affrontements étant particulièrement nombreux, la lassitude pointe vite le bout de son nez et ce ne sont pas les nombreuses variantes des freaks à dégommer qui viendront changer la donne. Si seulement ce constat ne s’appliquait qu’à cette facette du soft…

Pistons et roupillons

Les environnements désertiques, bien que retraçant fidèlement le monde de Mad Max, lassent très rapidement

Les environnements désertiques, bien que retranscrivement fidèlement le monde de Mad Max, lassent très rapidement

C’était difficilement évitable avec un monde post-apocalyptique constitué principalement de déserts et de ruines, mais la répétitivité des environnements entraîne très rapidement la monotonie, malgré la présence de certaines zones plus travaillées, comme un ancien aéroport enfoui sous le sable grouillant de féroces combattants. De plus, les développeurs ont eu la curieuse idée de bloquer régulièrement la progression dans l’histoire principale, vous obligeant à réunir certaines conditions afin de poursuivre votre périple. Qu’il s’agisse de faire baisser la menace du gang de Scrotus (en arrachant des épouvantails avec votre grappin, en vidant des camps ennemis de leurs occupants,…) ou de réunir assez de ferraille pour acheter une amélioration précise pour la Magnum Opus, vous serez bien souvent contraints à remplir des objectifs secondaires ne présentant pas forcément beaucoup d’intérêt, chaque décharge à dépouiller ou camp à conquérir variant très peu dans la manière de procéder. Sachant que pour ce faire, certaines actions ou destinations seront inaccessibles sans avoir préalablement amélioré votre monture, nécessitant là encore de dépenser votre ferraille durement gagnée, le jeu finit par s’enfoncer dans une sorte de cercle vicieux réduisant peu à peu le plaisir de la découverte à néant.

Un beau gâchis, le soft démarrant sur les chapeaux de roues, l’introduction mettant immédiatement dans l’ambiance et laissant espérer une vraie liberté d’action, l’intégralité de la carte étant accessible dès le départ. Sans être un monstre technique, la fluidité n’étant pas toujours au rendez-vous, Mad Max s’en sort avec les honneurs graphiquement et retranscrit parfaitement l’ambiance dégénérée régnant dans le Wasteland, le très bon doublage original (sous-titré en français) étant parfaitement dans le ton. Difficile de résister à Chumbucket et à son euphorie quasi constante, tranchant avec le caractère froid et distant de Max. On ne sera pas aussi enthousiastes vis-à-vis de la bande originale, dont la discrétion au profit des bruitages participe à la monotonie ambiante.

Mad Max: Pourrie Road ?

Mad Max est loin d’être un ratage. Sans cette tendance des développeurs à mettre le frein à la progression et en rendant obligatoires des objectifs qui auraient dû rester optionnels, on aurait pu tenir un jeu certes loin d’être inoubliable, les softs en monde ouvert étant désormais légion, mais réellement efficace. En l’état, on se retrouve face à un produit soigné, mais véritablement irritant, à défaut d’être grisant.

Le Vidéo-Test par Neoanderson. Note différente: 4,5/5*

Réalisation: 14/20

Sans être une bête de course, Mad Max s’en tire avec les honneurs, malgré une fluidité à revoir. Les environnements, forcément peu variés au vu du contexte, entraînent rapidement une lassitude qui ne disparaîtra que rarement.

Gameplay/Scénario: 13/20

Les combats motorisés sont défoulants, au contraire des affrontements à mains nues, calqués sur ceux des Batman Arkham et bien trop nombreux pour convaincre sur la durée. Si le scénario n’est pas palpitant, l’univers du jeu et les nombreux dégénérés qui le peuplent valent tout de même le détour.

Bande-Son: 14/20

Les doublages, Chumbucket en tête, sont au poil. Quel dommage que la bande originale se montre si discrète, renforçant la monotonie ambiante.

Durée de vie: 13/20

Techniquement, comme tout bon open-world qui se respecte, le jeu est long et peut vous occuper une trentaine d’heures si vous êtes du genre collectionneur. Alors pourquoi cette note ? Tout simplement parce qu’en bloquant à ce point la progression, les développeurs allongent artificiellement la durée de vie et finissent par saper très rapidement toute envie de s’y investir, en privant certainement bon nombre de joueurs du désir d’en voir le bout.

Note Globale N-Gamz.com: 13/20 (la Note Vidéo-Test: 4,5/5 diffère pour des raisons explicitées plus bas*)

Pour les aficionados de combats véhiculés, Mad Max saura sans doute remplir sa part du contrat, mais on aura bien du mal à le conseiller à tout prix aux fans d’action en monde ouvert, la faute à une progression bien trop mal pensée. On serait tout de même curieux et enthousiaste de voir débarquer une suite plus réfléchie de ce côté-là et plus variée au niveau des environnements, les bases se montrant tout de même bien solides.

* ND Neoanderson: Comme vous pourrez le constater, la Note du Vidéo-Test (4,5/5, soit 17 à 18/20) diffère sensiblement de celle du test écrit (13/20). C’est justement la force de N-Gamz, qui vous propose dans ce cas l’avis de deux testeurs, à savoir Guib, chargé du test écrit, et moi pour le vidéo-test. Nous avons chacun nos arguments, que nous vous exposons via nos différents supports. A vous de vous faire votre avis suivant vos affinités, ces deux tests reflétant assez bien la dissension que peut provoquer le jeu Mad Max au sein de la presse spécialisée (le titre a obtenu une note Metacritic de 70%, passant de 90% pour Gamer.No à 84% pour IGN, et descendant jusqu’à 40% pour Jimquisition.



About the Author

Guib
Accro (mais sainement ; et oui, amis journalistes, c’est possible) aux jeux vidéo depuis le jour où j’ai reçu ma Super Nintendo accompagnée de Super Mario All Stars à l’âge de 6 ans, je suis passionné par les jeux de plate-forme, mais pas uniquement. Peu importe le genre, je suis surtout intéressé par les titres qui ont une âme et qui dégagent une réelle personnalité. Quelques-uns de mes jeux cultes : Yoshi’s Island, Beyond Good & Evil, Ico et les jeux Rockstar (oui, ça tranche avec le reste mais ces gars-là m’ont rarement déçu). J’ai aussi une petite faiblesse moins avouable pour les jeux nanars descendus par la plupart des testeurs, mais chut. Etant fan de cinéma fantastique et écrivant depuis quelques mois des critiques de films, j’ai eu envie de me diversifier et de me lancer dans le test de jeux vidéo, et me voilà !