Review

Parmi les grosses sorties actuelles, il n’est pas aisé pour un développeur indépendant de sortir du lot. Pourtant, Jasper Byrne, créateur et musicien de son état et qui a, entre autres, programmé Soundless Moutain II (dont le modèle n’était rien de moins que… Silent Hill 2 !) y arrive très bien, ne serait-ce qu’avec Lone Survivor, son  nouveau titre. Fort de son succès sur PC, voici le jeu qui nous revient dans une version Director’s Cut à destination de la PS3 et de la PS Vita. Arborant un style retro, Lone Survivor va vous emmener dans un univers Post-Apocalyptique où vous devrez survivre aux infectés se trouvant en dehors de votre appartement, rien que ça !

Survive or not survive… that is the question

Apprêtez-vous à pas mal de sueurs froides!

Déjà sorti sur pc en mars 2012, Lone Survivor se dote cette fois de graphismes améliorés histoire de fêter en fanfare sa sortie sur les consoles Sony. Au menu des ajouts : nouveaux objets, nouvelles fins, lieux inédits à visiter, trophées et surtout, pour les anglophobes, une traduction en français ! A noter que cette version est développée par Curve Studios, et non plus par Super Flat Games, les créateurs originels. Les « remplaçants » ne sont pas des novices en matière de portage PS3/Vita puisqu’ils viennent de nous gratifier il y a peu d’un très sympathique Stealth Inc. : A Clone in the Dark.

Mais revenons à ce qui nous intéresse : Lone Survivor ! Vous y incarnez … et bien en fait vous ne le saurez pas, pour la bonne et simple raison que le personnage ne veut pas le dire ! Pour lui, ça n’a plus d’importance, surtout que l’épidémie qui décime son monde a commencé il y a bien longtemps déjà. Anonyme, à court de provisions, il a l’impression d’être le seul survivant, mais s’il y en a d’autres, il va falloir les retrouver. Il ne veut pas mourir seul !

Coincé dans l’immeuble et muni de votre masque, vous allez devoir trouver un moyen de quitter le bâtiment  tout en évitant ceux qu’on appelle familièrement « monstres ». Vous ferez la rencontre de plusieurs personnages : Monsieur le Directeur qui vous donnera des objets en échange d’autres, l’homme avec une boîte en carton sur la tête, une fille qui aime faire la fête et d’autres protagonistes tous aussi troublants les uns que les autres. Mais sont-ils vraiment réels ? N’est-ce pas plutôt le fruit délirant de votre imagination, vous qui souhaitez désespérément passer de vie à trépas accompagné ? En attendant de trouver la réponse à cette question existentielle, vous passerez votre temps dans des allées ensanglantées,  des endroits aussi étranges que glauques, tout en découvrant deci-delà des clins d’œil à d’autres jeux. Sortirez-vous du cauchemar pour autant?

Seul dans le noir

Après toutes ces années, Chuck a toujours bonne mine!

Pour pouvoir survivre dans cet enfer en 2D, il faut faire place à l’action et à l’exploration minutieuse! Premièrement : Vous allez devoir vous nourrir : soit vous mangez les aliments crus, soit vous pouvez les préparer avec des ustensiles ad hoc mais pour ça, il faudra trouver du gaz, de l’eau, un ouvre-boîte, … Attention à ne pas consommer ce qui est périmé ! Les denrées inutilisables peuvent vous rendre malade, mais surtout vous servir à attirer les ennemis si vous êtes à court de munitions pour votre pistolet. En effet, il va vous falloir être très économe sur ce que vous possédez, le moindre manquement peut se révéler mortel, allant même jusqu’à vous obliger à reprendre le jeu depuis le début !

Pour avancer, vous pourrez compter sur l’interaction avec les éléments du décor afin de trouver tout ce qui vous aidera à continuer l’aventure. Ainsi, les piles vous permettent de garder votre lampe-torche « en vie », cette dernière attirant les ennemis vers vous, mais vous permettant également de voir les objets dissimulés dans le noir. En plus d’amener vos adversaires loin de vous avec des appâts, vous pourrez également les aveugler avec des fusées éclairantes ou, plus simplement, les tuer avec votre pistolet (visez la tête !). Pas de respawn en vue et c’est tant mieux. Concernant votre état de santé, il apparaîtra via des flashs rouges ingame.

Des miroirs vous serviront de téléporteurs vers votre appartement, histoire de sauvegarder grâce à une petite sieste réparatrice. A noter qu’une radio vous donnera régulièrement des informations sur les tâches à accomplir, et que la cuisine de votre logement vous permettra de cuisiner efficacement, histoire de vous donner un inventaire digne de ce nom. Enfin, dernière aide, sans doute la plus précieuse: votre carte des lieux, indispensable pour quadriller chaque secteur !

« Si son cœur bat, c’est qu’il est en vie »

Votre meilleure amie: la carte!

Pour profiter à fond de l’ambiance qui se dégage de Lone Survivor, il est préférable de ne pas jouer en pleine lumière, les graphismes très sombres et rétro du soft révélant leur quintessence dans la pénombre environnante. Les éléments du décor sont aisément reconnaissables, les jeux de lumières et de couleurs finement choisis pour un résultat très plaisant visuellement. Le tout, sans l’ombre d’un bug ou d’un ralentissement.

Niveau musical, l’écran titre se la joue rock, mais tout au long de l’aventure, vous aurez droit à des effets sonores dignes de vieux film d’horreur (retro again). Dans les zones plus calmes, vous pourrez apprécier de la musique douce jouée au piano, voire même au synthé, alors qu’à l’extérieur vous risquez d’ouïr un cœur qui bat ou le souffle du vent qui passe dans les conduits. Les nappes sonores changent également lorsqu’on approche d’une zone avec un « monstre », dans un effet similaire à celui créé par Silent Hill et sa radio. Une réussite et une vigilance auditive de chaque instant.

Seul survivant, à nouveau

Lone Survivor : Director’s Cut n’est pas un « nouveau » jeu, il a juste été amélioré par rapport à sa version PC pour être disponible sur PS3 et PS Vita, mais de fort belle manière, grâce à des graphismes retravaillés, une maniabilité adaptée, et une traduction française digne de ce nom. Un soft d’action/exploration horrifique, à l’ambiance unique et au look retro pour une multitude de fins et une replay value intéressante. A expérimenter pour les téméraires qui recherchent un vrai et bon survival-horror !

La bande-annonce

Réalisation: 16/20 

Niveau rétro, le jeu est sublime mais il faut juste aimer ce style graphique. L’adaptation est plus belle que sa version de base, qui était déjà elle-même très plaisante. Les effets de lumière de la lampe-torche et des fusées éclairantes sont épatants, et la patte artistique est inoubliable.

Gameplay/Scénario: 16/20

L’histoire est très classique au vu de la ressemblance avec d’autres licences, notamment Silent Hill, puisque dès le début, vous vous trouvez coincé dans votre appartement et pensez être le seul être vivant de ce monde dévasté. Mais la trame est, au final, très bien construite avec un questionnement perpétuel entre cauchemar et réalité. Le gameplay est simple, travaillé, avec un inventaire maniable et un réel sentiment d’oppression lorsque les denrées viennent à manquer.

Bande-Son: 18/20

Grâce aux effets sonores, on se retrouve directement immergé dans l’ambiance horrifique du soft pour ne plus en ressortir. Jasper Byrne arrive sans problème à nous hypnotiser avec l’atmosphère frissonnante de son bébé.

Durée de vie: 15/20

Le jeu se termine en quelques heures, mais il va falloir le recommencer plusieurs fois pour trouver toutes les fins possibles. Vu le nombre de pièces, il est tout à fait envisageable d’oublier quelque chose lors de la première visite, surtout que les trophées cachés ne se débloquent pas ‘simplement’, mais bien grâce à une fouille minutieuse.

Note Globale N-Gamz.com: 16/20

Lone Survivor : The Director’s Cut est un magnifique jeu indépendant, où l’on est stressé à chaque instant ! La moindre erreur de jugement peut être fatale. Un survival-horror au style rétro qui en vaut réellement la peine grâce aux sensations qu’il procure, et s’il vous en faut plus, un mode Expert est même disponible si vous le terminez une première fois ! En clair (ça nous change des ténèbres environnantes), c’est un titre à posséder pour tous ceux qui veulent se faire peur, surtout qu’il sort à petit prix. Une excellente adaptation, tout simplement.



About the Author

Devilhawk

Utilisateur de jeux vidéos depuis tout petit (j’ai commencé avec Bubble Bobble et Prince of Persia), je possède actuellement PS3, PSVita et bientôt PS4. Je suis fan de la série Kingdom Hearts, des jeux destructeurs (comme Red Faction et les Lego (si, si!)) et des jeux en coopération. Question cinéma, je me tourne plus vers les films d’horreurs (sauf les slashers) ainsi que les séries à suspens (tel Lost). Je suis également admirateur d’Hayley Williams et de son groupe (Paramore). Sinon je peux être disponible pour des parties multijoueurs aussi bien en coopération qu’en compétition (du moment que ce soit par équipe, j’aime pas le solo).