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Lorsque Sackboy est apparu sur PlayStation 3, tout le monde s’est montré dubitatif face à ce petit personnage qui tentait de prouver que Mario et ses levels imposés avaient fait leur temps. En proposant un éditeur de niveau d’une puissance incroyable, des environnements modulables à souhait et la possibilité de jouer à quatre via le net, Little Big Planet, le titre dédié à notre petit personnage, a fait l’unanimité auprès de la communauté des créateurs en herbe, mais il a fallu le temps que les gens intègrent le concept du partage de niveaux persos sur console. Aujourd’hui, Sackboy envahit la Vita, et je dois dire que le plaisir est une nouvelle fois au rendez-vous !

C’est l’histoire d’un délire entre potes

Sackboy revient pour une aventure au creux de la main!

Media Molecule, c’est un peu la success story inattendue. Ce développeur n’avait qu’un concept quand il a décidé de s’adresse à Sony pour obtenir le financement de son jeu. Une idée délirante pour le monde des consoles : permettre à tout le monde de créer son jeu de plate-forme, comme il l’entendait, et de le partager avec le monde entier. Il faut croire que chez les papas de la PlayStation, on aime les défis, et la décision de soutenir le projet fut rapidement prise. Le résultat, bien qu’étrangement accueilli par les gamers au début, a pris de plus en plus d’ampleur pour permettre à Little Big Planet de venir titiller les plates-bandes du plus célèbre des plombiers moustachus.

Il faut dire que l’outil que les développeurs ont mis entre les mains de la communauté vidéoludique, à savoir un éditeur de niveau, voire même de type de jeu par moment, s’est révélé assez incroyable. Entièrement jouable à la manette classique, le système a permis de recréer des environnements féériques entiers, voire même de « copier » des jeux de la concurrence, de façon parfois assez parodique (Limbo, Assassin’s Creed, Mario, …). Bien évidemment, cette liberté de choix avait un prix à payer, et de nombreux niveaux étaient peu finis, voire injouable pour certains. Aussi, un deuxième opus a rapidement vu le jour, gommant les erreurs de jeunesse de son aîné en proposant un mode story intéressant, un éditeur encore plus puissant, et cette fois la possibilité de créer aussi bien de la plate-forme que du shoot, du sport et j’en passe. Les gamers ayant enfin appris à maîtriser la bête, les levels sont devenus de plus en plus travaillés et jouissifs. Mais tout ce petit monde peut-il entrer dans une Vita ?

Un pari risqué

Le côté tactile de la Vita est ultra agréable à maîtriser

Transposer un moteur de jeu qui permet tout et n’importe quoi sur une console portable, il fallait oser. Même si la Vita est la roll’s des nomades, elle dispose de moins de ressource que sa grande sœur de salon la PS3, et brider un soft tel que LBP dans ce qu’il a de plus cher, à savoir la création pure, aurait certainement fait fuir les fans. Ne vous inquiétez pas, l’éditeur de niveaux répond bel et bien présent et offre les mêmes largeurs que ses prédécesseurs, avec en plus quelques ajouts bienvenus, comme le fait de pouvoir prendre en photo n’importe quoi grâce à la caméra de la PS Vita, et de l’incorporer dans le jeu. Votre tronche sur un boss de fin de niveau, avouez que ça le fait !

On retrouve donc avec joie les trois modes de jeu histoire de satisfaire tous les publics : un mode story, un mode communauté, et un mode édition. Si je viens d’expliciter le troisième, le deuxième permet de parcourir l’intégralité des niveaux créés par les autres joueurs, le tri se faisant sur base de mots-clefs que les visiteurs apposent sur chaque level (grisant, one-shot, dur, effrayant, …). Les temps de chargement sont fonction de votre connexion et certains lags répondent parfois présents, mais rien de bien méchant face à l’infinité de niveaux possibles, dont certains sont juste aussi hallucinants que ceux issus des développeurs eux-mêmes, offrant de temps à autre des concepts que les programmeurs n’avaient même pas envisagés. Enfin, le mode story est sans doute le plus travaillé jamais donné à la série, avec un marionnettiste machiavélique, un monde à sauver, et des phases de jeu qui tirent pleinement profit des capacités tactiles ou gyroscopiques dela Vita comme des plateformes à effleurer du bout des doigts, des rouages à placer et à faire tourner, mais aussi des tétris-like, du shoot-em up à dos de moustique… et la liste est quasi infinie !

Seul bémol, la longueur de certains stages n’est pas vraiment adaptée au support portable, d’autant qu’un énorme aspect collectionnite s’ajoute à la plate-forme, avec des tonnes de stickers à collecter pour les utiliser en mode édition ou débloquer des passages secrets, mais aussi de la coop à deux obligatoire pour terminer le jeu à 100%. Plus communautaire, tu meurs !

Une Play 3 entre les mains, Media Molecule l’a fait !

Techniquement, cette version Vita n'a pas à rougir de sa mouture sur PlayStation 3

Si on pouvait craindre une baisse de régime du moteur 3D conséquent des opus de salon, force est de constater que Media Molecule s’en tire extrêmement bien. Le jeu est fluide en tout instant, les textures chatouillent agréablement la rétine, les effets de lumières sont au top et la physique des éléments n’a pas subi de coupe drastique. Ok, il y a un léger filtre graphique qui floute un peu l’image, très certainement pour éviter tout aliasing et masquer une résolution plus basse que sur PS3, mais le tout passe incroyablement bien et impressionne techniquement, d’autant que cette fois, une pseudo-mise en scène est de rigueur avec des phases de scénario racontées par d’humoristiques scènes d’action.

Musicalement parlant, le soft propose une ambiance travaillée et propre à chaque environnement, mais toujours au top en terme de qualité. Les bruitages fusent, les voix en français sonnent justent, et les compositions sonores sont de toute beauté, allant de l’électro au féérique pour des instants auditifs de pur bonheur. Il faut voir, par exemple, le deuxième univers et sa patte graphique digne d’un Tim Burton sous acide, le tout mâtiné d’une musique à la fois malsaine et angélique… Du grand art. 

Sackboy a encore frappé

A nouveau, Little Big Planet s’impose comme une référence dans le genre de la plate-forme communautaire, mais aussi du solo car son mode histoire est le plus addictif de la série. Avec ses graphismes dignes d’une PS3, son ambiance musicale divine, ses trouvailles de gameplay hallucinantes et sa durée de vie infinie fournie par un éditeur de niveau surpuissant et alimentée par les joueurs, le titre ne rate le prix de soft ultime qu’à cause de l’inertie de Sackboy, qu’il conserve depuis le premier opus, et certains niveaux un peu en deça des autres car tentant au final certaines phases mal calibrées pourla Vita ou durant trop longtemps. Quoiqu’il en soit, ce LBP Vita se doit de faire partie de votre collection si vous avez un tant soi peu une âme de créateur ou si vous recherchez juste un jeu riche, beau, jouissif, inventif et long (bref si vous aimez les jeux video ^^’).

Le Vidéo-Test par NeoAnderson

Réalisation: 18/20

La réalisation du titre impose le respect. Certes, le filtre qui « floute » l’intégralité du soft peut ennuyer au premier abord, mais la qualité des animations et des textures nous prouve quela Vita en a décidément dans le ventre, d’autant plus que l’intégralité de l’éditeur de niveau répond présent. Une prouesse.

Gameplay/Scénario: 16/20

Si certains prétexteront que le scénario du mode solo est un peu convenu, on ne peut que saluer l’effort de Media Molecule pour donner vie à son univers via des cut-scènes hilarantes et des doublages de bon ton. L’éditeur de niveau promet toutes les fantaisies possibles et les trouvailles de gameplay grâce aux fonctionnalités de la Vita sont très souvent pertinentes, malgré un ou deux couacs comme la maniabilité lors des phases de shoot ou l’inertie de Sackboy.

Bande-Son: 19/20

Les compositions sont magistrales, les bruitages détonants, et le tout instaure une ambiance propre à chaque monde visité qui vous rappellera aussi bien Tron que les univers de Tim Burton. Le doublage est à l’avenant pour notre plus grand plaisir.

Durée de vie: 20/20

Avec son mode story long et riche, son aspect collectionnite avec sa foultitude de costumes, de bonus et d’éléments de décors à débloquer, ses nombreux passages secrets, son mode multi et surtout son incroyable éditeur de niveaux alimenté par la communauté, vous ne pourrez jamais vous lasser du titre.

Note Globale N-Gamz.com: 19/20

Little Big Planet sur Vita est aussi bon que ses aînés, voire même meilleur grâce à un mode story qui tient la route et de nouvelles fonctionnalités de gameplay tactiles bien senties. L’éditeur de niveaux impose le respect et offre une durée de vie colossale pour un soft techniquement excellent. Rien à redire, Media Molecule maîtrise son sujet de bout en bout pour nous offrir une sacrée expérience vidéoludique, qu’elle soit solo ou multi. On adore !



About the Author

Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j'apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!