Review

Après avoir marqué nos coeurs par le biais de deux fabuleuses héroïnes nommées Max et Chloé, et en nous offrant une saison spin-off et un épisode bonus qui jouent avec nos sentiments every fuc**** time, les frenchies de Dontnod sont enfin de retour avec une vraie suite à Life is Strange ! Au menu: deux nouveaux personnages, une aventure inédite et des choix qui, nous l’espérons, auront autant de répercutions que lors du volet originel. Le pari de parvenir à s’imposer derrière le monument que fut Life is Strange 1 peut paraître rude tant les exigences des fans sont hautes, alors sera-t-il relevé dès le premier épisode de cette nouvelle saison sorti le 27 Septembre dernier ? Réponse dans ce test.

Bye girls…Welcome boys !

« Un road tripe entre frères face à une horde de policiers… on est loin d’Arcadia Bay »

Nous avions quitté Max, Chloé et Arcadia Bay sur un choix final ardu. Personnellement, il m’avait fallu une bonne clope et dix minutes lors de ma première partie, et une séquence de fin qui atteignait un paroxysme pour nos petites émotions déjà mises à mal lors des 4 épisodes précédents. Ce choix, on vous demandera ce qu’il en était dès le lancement de notre partie de Life is Strange 2, nouant notre petit coeur de nouveau mais laissant sous-entendre un clin d’œil voire mieux, un lien potentiel entre les deux softs.

Mais, il est temps de faire notre deuil une bonne fois pour toute afin de faire de la place à Sean et Daniel, deux frangins de Seattle aux origines mexicaines affirmées. Ils vivent avec leur padre, sorte de super héros garagiste hyper cool qui gère ses gamins seuls avec pas mal de brio. En bon ado qui se respecte, Sean a son petite monde dans lequel gravite sa meilleure pote et ses amis du club d’athlétisme. Un monde dans lequel on parle de soirée, de ramener de la bière, de fumer des pet’ et de jouer à des jeux vidéos toute la nuit…

Et là…C’est le drame !

« Vos choix influenceront directement le comportement de votre jeune frère »

(Attention, petits spoilers) Comment aurait-il pu se douter qu’en quelques minutes sa vie allait virer du tout au tout. Accusés d’un meurtre qu’ils n’ont pas commis, pourchassés par la police dans une Amérique prochainement sous le joug de Trump et de la mentalité raciste qui sévit dans ses contrées profondes, Sean va devoir prendre la responsabilité de s’occuper de son frère et de gérer cette fuite infernale. Il se retrouvera ainsi plongé dans un rôle d’adulte qui va devoir mûrir à la vitesse de la lumière ainsi que dans le monde étrange de Daniel qui va développer un pouvoir surnaturel se déclenchant lorsqu’il perd pied et ne maîtrise plus ses émotions. Le but ultime de leur fuite : rejoindre le Mexique, voilà la lourde tâche dans laquelle vous allez devoir vous plonger dans la (on l’espère) nouvelle pépite de Dontnod. (Fin des spoilers)

Adios donc le voyage dans le temps de Maxine et bonjour l’influence fraternelle ! Sean va donc devoir mesurer le poids de ses mots, décider de ses actions, de ses réponses en évaluant les conséquences qu’auront ses dernières sur l’avenir du jeune Daniel. N’allez pas chercher de répercussions immédiates comme cela pouvait être le cas dans LiS, ici on ne voit rien lors de ce premier épisode. Impossible donc de savoir dans quelle voie on est en train de se fourrer. Si l’on peut comprendre ce choix de la part du studio français, il devient cependant difficile à cerner lorsque l’on lance une nouvelle partie pour constater qu’il n’y a pas de changement immédiat dans le déroulement de notre épisode malgré d’autres choix.

Les bonnes vieilles habitudes…ou presque !

« Un gameplay bien connu, mais étrangement amputé de certains éléments »

Le gameplay ne perturbera pas les vieux de la vieille ayant parcouru LiS, Before the Storm ou encore les Aventures Extraordinaires de Capitaine Spirit. On retrouve les mécaniques du point and click made in Dontnod, facile à prendre en main, intuitif et simpliste afin de se concentrer sur une rédaction scénaristique qui nous pousse à nous attacher rapidement aux deux frangins. En effet, on flippe pour eux, on s’énerve quand Daniel, loin de comprendre ce qui leur arrive, plombe Sean comme un gamin, ce qu’il est après tout et nous permet de revoir notre jugement. Un dosage émotionnel quasi perfect mais ça, on s’y attendait de la part des papas de la licence.

Si Max prenait des photos et que Chloé aimait sortir son marqueur pour laisser sa fibre artistique douteuse sur le monde, qu’en est-il de Sean ? Et bien, adepte du crayonné, il va sortir son carnet afin de garder une trace des paysages qu’il parcourt avec son petit frère, au travers d’une interaction qui aurait pu être un poil plus judicieuse que de simplement jouer du joystick. Pour ceux qui adoraient se perdre dans la lecture du journal intime de Max, qui aimaient jeter un œil curieux dans ses SMS, vous risquez une petite déception de cet aspect du soft, clairement minimisé dans cet opus. Le journal se transforme en un sketchbook et les SMS vont rapidement passer au second plan, ce qui peut s’expliquer par la fuite de nos deux jeunes gens, mais quand même… un léger manque se fait sentir et ce, dès le premier épisode.

Un air de déjà vu…mais en plus charmant

« Visuellement, le jeu est encore plus beau que LiS 1 pour qui aime le style »

Je pense que pour LiS lors de sa sortie, deux écoles s’affrontaient : ceux qui adhéraient totalement à l’esprit esthétique du soft et ceux qui n’accrochaient absolument pas. Par le biais de son passage sur l’Unreal Ungine 4, on retrouve l’empreinte poétique et envoûtante que Dontnod nous sert sur sa licence depuis la première heure mais en version plus aboutie, plus poussée et ce, sans perdre son identité ! On appréciera aussi le fait que les environnements dans lesquels évoluent Sean et Daniel soient plus grands et plus ouverts que ce que l’on a eu de par le passé, même si nous n’avons aucune garantie que cette ambiance va perdurer dans les prochains épisodes, d’autant que cela induit parfois d’étranges murs invisibles qui cassent l’immersion.

Passons à la bande son à présent car mine de rien, c’était l’un des points ultra forts de LiS: pas de fausses notes, une soundtrack à tomber par terre, un voice acting de qualité optimale, la barre était donc des plus hautes. Pour ce Life is Strange 2, bien que de bonne qualité, la sélection musicale n’est pas à la hauteur de ce que l’on aurait pu attendre. Toujours dans les notes pop/folk, la balade auditive est agréable mais pas aussi épique que celle proposée par Dontnod par le passé. Le doublage, quant à lui, est convaincant et dénué de faute de goût. On retrouvera de plus avec plaisir des sous-titres lisibles et d’une plutôt grande fidélité.

Le risque d’avoir tapé trop haut…

« Un premier épisode convaincant, mais pas autant que celui de LiS 1 »

Malgré le fait que l’on adorerait juger Life is Strange 2 en le dissociant de son prédécesseur, c’est chose impossible à faire ! En effet, le premier volet a su jouer avec nos sentiments, nous faire frissonner derrière nos manettes et claviers. On s’est attachés à nos protagonistes, on a appris à les aimer, à les détester, avant de changer de vision… On retrouve certes dans ce nouvel opus une part de cette ambiance magique qui fait que l’on se prend rapidement d’affection pour Sean et Daniel, mais l’ambiance est par moment tellement stéréotypée qu’elle nous fait décrocher le temps d’un instant.

Le fait de ne pas ressentir notre implication dans le scénario dès ce premier épisode alors que l’on ressentait déjà le lourd poids de choix parfois même anodins dès le départ de LiS 1, c’est carrément frustrant, surtout lorsque l’on se lance dans une deuxième partie pour constater que notre empreinte n’est pas nette dans le déroulement des événements, nous donnant une impression de passivité certaine. Il reste cependant dur de juger un titre sur seulement les 3 heures de ce premier volet, alors prenons notre mal en patience avant de voir si Dontnod va parvenir à nous faire rêver autant que pour les aventures de Chloé et Max.

La Bande-Annonce

Réalisation: 16/20

On reconnait clairement l’ambiance et le trait caractéristique de Dontnod, mais en plus lissé, plus poussé, ce qui n’en rend l’expérience que plus agréable à l’œil. On regrettera cependant que certaines fonctionnalités que l’on avait apprécié dans l’opus précédent soient foutues au placard. Les environnements dans lesquels évoluent nos deux frangins sont plus vastes, ce qui offre une impression de liberté non négligeable mais la présence de murs invisibles par moment peut se révéler frustrante.

Gameplay/Scénario: 15/20

Difficile de juger un scénario sur quelques petites heures ! Même s’il prend des bases solides empreintes de bonnes intentions et de la lourde charge de prendre soin d’un petit frère pouvant parfois se montrer « gifflable » à souhait, il sombre parfois dans les clichés avec lourdeur. Ceci dit, il reste plaisant à parcourir bien que trop restreint pour le moment, de sorte qu’il est impossible d’affirmer avec certitude qu’il va nous emmener dans les méandres aussi tortueuses que ne l’étaient celles de LiS. Le gameplay, souple et simpliste, conserve celui de son aîné mais perd en intérêt sur des points de détails comme, par exemple, la faculté de Sean à gribouiller, loin d’être aussi percutante que le voyage dans le temps de Maxine.

Bande-Son: 14/20

Pour ce premier épisode, bien que la qualité sonore soit au rendez-vous, on est loin de la mémorable ambiance musicale de LiS. La voxographie se montre convaincante et on sent bon les bonnes intentions, mais il s’agira à coup sûr d’une affaire à suivre de ce côté en espérant retrouver la jouissance auditive que l’on avait ressenti lors de nos aventures aux côtés des jeunes femmes d’Arcadia Bay.

Durée de vie: ??/20

Comptez trois heures pour venir à bout de cet épisode. On gravite autour de la même durée de vie que pour Life is Strange premier du nom, épisode 1, sauf qu’il y déjà un mais: en effet, la rejouabilité n’a que très peu d’intérêt car nos choix n’ont pas de conséquences immédiates.

Note Globale N-Gamz.com: 15/20

Life is Strange 2 se pose comme un successeur qui pourrait s’avérer solide mais montre hélas dès ce premier épisode de nombreuses fragilités qui font que l’on a du mal à se projeter dans le soft comme on avait pu le faire avec LiS premier du nom. Dontnod a su nous faire rêver, nous emmener dans un monde magnifique qui laissera dans le cœur des joueurs une empreinte indélébile, alors passer derrière Arcadia Bay est bigrement difficile. On ne peut donc qu’espérer que ce nouveau titre prendra la même voie par le biais de ses prochains épisodes car la qualité est présente, c’est indéniable, et on la ressent dans de nombreux aspects, mais la barre a été placée si haute que la plus petite gaffe de gameplay ou de narration peut prendre une ampleur conséquente… le deuxième effet kiss-cool du succès !



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LadyDisturbed
Jeune sœur de bataille, dévoreuse de romans à la vitesse de la lumière et fanatique de jeux vidéos depuis la plus tendre enfance... voilà ce qui pourrait résumer de façon rapide votre petite rédactrice. Les mangas ne me font pas peur, la couture et le cosplay sont mon lot quotidien, l'écriture de fan fiction m'occupe et je rêve et vis dans un monde fait de fantasy et science fiction où les princesses Disney ont leur place. Éclectique, je suis ouverte à tous types de jeux, allant du RPG au FPS en passant par le Visual Novel, les MMO ou encore les jeux de stratégie et voguant dans les eaux troubles des jeux indépendants que je me plais à vous faire découvrir. Je ferais tout ce qui est possible pour être juste dans mes jugements, et puisse le sort vous être favorable !