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Après avoir reçu des mains de Nate Fox, le Game Director de Sucker Punch, le soft plus de 10 jours avant sa sortie, il était tout à fait normal d’être dans les starting blocks pour vous présenter cet inFamous Second Son tant attendu par les possesseurs de PlayStation 4. Les visuels étaient alléchants, les trailers aguicheurs, mais le jeu une fois en main tient-il toutes ses promesses ? Tout dépend de quel côté de la barrière karmique vous vous situez…

C’est l’histoire d’un porteur…

Delsin Rowe n'est pas un porteur comme les autres…

Sucker Punch n’est clairement pas un studio débutant sur la scène vidéoludique, et encore moins pour les fans PlayStation. En effet, chaque machine Sony qu’ils ont pu fouler de leur génie est repartie avec une licence forte et inoubliable. Si la PS2 a eu les honneurs d’accueillir le fourbe mais attachant Sly Raccoon, la PS3 a fait la connaissance de Cole Mac Grath, un livreur qui se retrouve du jour au lendemain détenteur d’un pouvoir électrique surpuissant, le tout dans une sombre histoire de retour dans le temps, d’arrivée de l’apocalypse, et de choix entre l’amour et le destin de la race humaine… oui, rien que ça. Après deux opus menés tambour battant, il était temps de laisser la place à un nouveau héros, une nouvelle ère, et surtout une nouvelle machine. C’est ainsi qu’inFamous Second Son est né sur PlayStation 4.

Dans cette suite qui n’en est pas une, vous incarnez Delsin Rowe, un natif américain résidant au sein d’une tribu indienne, les Akomish (oubliez les tipis, nous sommes au 21ème siècle), et qui se cherche désespérement un but dans la vie autre que le graffiti, l’anticonformisme et le fun insouciant. Surveillé par son bienveillant frère Reggie, shérif de la bourgade, il va entrer malencontreusement en possession d’un terrifiant pouvoir en touchant un bio-terroriste évadé, aussi appelé porteur, et qui possède la faculté de modeler tel ou tel élément à sa guise. Delsin a hérité du feu, mais comprend très vite qu’il peut absorber tous les pouvoirs avec lesquels il entre en contact… cela lui vaudra d’ailleurs un sacré retour de flamme puisque le DUP, la milice chargée d’arrêter tous les porteurs pour les transformer en véritables cobayes de laboratoire, va mettre à feu et à sang son village, laissant quasi pour mort les amis de notre héros. Une seule solution : se rendre à Seattle, le siège du DUP, et absorber les pouvoirs d’Augustine, sa dirigeante, dans le but de sauver vos amis…

Nuits de cendres à Seattle

Un monde ouvert immense pour un gameplay maîtrisé mais trop proche de ses aînés

Dès le début d’inFamous Second Son, vous allez naviguer en terrain connu si vous avez déjà arpenté dans tous les sens les deux précédents opus. Certes, Cole Mac Grath est « mort », les développeurs ayant d’ailleurs pris un malin plaisir à visualiser les trophées des joueurs ayant fini inFamous 2 pour savoir s’ils avaient sacrifié Cole ou non, mais Delsin Rowe, bien qu’il ait un côté rebelle et tête brulée plus prononcé, ne se manie pas moins de la même façon que son père spirituel. Vous allez donc vous retrouver en plein monde ouvert, dirigeant Delsin à la troisième personne, lui faisant escalader des immeubles, planer sur de longues distances, combattre des hordes de soldats envoyés par le DUP et surtout accomplir une foultitude de missions pour reprendre en main, quartier après quartier, une Seattle sous le joug de la loi martiale, le tout en récupérant des fragments d’énergie qui vous permettront d’acquérir de nouvelles compétences ou d’améliorer celles que vous possédez déjà.

Vous aurez à faire de lourds choix scénaristiques

Bien entendu, comme dans les précédents volets, votre héros possède un « alignement » ou karma bénéfique ou maléfique, en fonction de vos actions. Vous aurez ainsi régulièrement à faire de lourds choix scénaristiques lors des cut-scènes du jeu, vous orientant vers le côté clair ou obscur de la force, mais ça ne s’arrête pas là. En effet, le moindre acte que vous pourriez tenter à l’égard d’un passant peut être catalogué en bonne ou mauvaise action, et de fait vous faire pencher d’un côté ou de l’autre de la balance. Tuez un manifestant anti-porteur et c’est le karma négatif assuré, immobilisez un garde du DUP au lieu de lui faire un magnifique headshot et vous vous rapprocherez de la voie du héros. Les points accumulés dans l’un ou l’autre des alignements vous permettent également de déclencher d’incroyables furies avec vos supers pouvoirs, idéal pour se sortir de situations désespérées.

Du neuf avec du vieux

Les combats sont intenses et plutôt ardus

D’ailleurs, en parlant de pouvoirs, vous allez en avoir pas mal à votre disposition au fur et à mesure de l’avancée du scénario, tels que Smoke ou Neon, par exemple. Vous pourrez en changer à loisir en absorbant, via le pavé tactile du pad, des sources disséminées dans toute la ville. A noter que le pavé tactile est ici utilisé de façon intelligente via de subtiles interactions (ouvrir une porte, un coffre, en mimant le mouvement), tout comme les hauts parleurs de la manette qui vous immergent dans le jeu dès que vous absorbez un pouvoir ou recevez un coup de fil.

Au niveau la maniabilité, on retrouve clairement les touches made in inFamous. Les boutons de tranches servent ainsi au tir de loin, à la grenade et au zoom, tandis que les touches classiques vous permettront de sauter, planer, attaquer, paralyser ou encore foncer vers l’ennemi. Les combats sont fluides même si la caméra a tendance à être un peu brouillonne, et chaque pouvoir se manie clairement différement des autres, de sorte que le gameplay est terriblement riche. Signalons aussi la présence de tours de communications mobiles, qui une fois détruites indiqueront les fragments de pouvoir disponibles alentours, tout comme dans inFamous 1 et 2. Un côté exploration qui n’est pas déplaisant, c’est un fait.

La next-gen sort ses plus beaux atours

Une réalisation magistrale et une immersion de chaque instant

On ne va pas y aller par quatre chemins, graphiquement cet inFamous Second Son est tout simplement ce qui se fait de mieux à l’heure actuelle sur consoles next-gen. Effets de lumières, de particules, pyrothechniques et j’en passe, le soft est un régal visuel de chaque instant. Impossible de ne pas saluer le travail remarquable des artistes ayant œuvré sur le titre tant Seattle paraît prendre vie devant nos yeux, le tout au travers d’une animation qui ne faillit jamais à la tâche. Et je ne vous parle même pas des détails à foison qui rendent l’univers plus crédible : feuilles qui volent, papiers traînant à terre, gouttes de pluie ruisselant sur les habitations, tout concours à vous immerger au maximum. Mais ce qui bluffe le plus, c’est sans conteste le jeu d’acteur incroyable des personnages modélisés. Oubliez Beyond ou autres L.A. Noire, ici on a clairement franchi un palier avec des expressions réalistes, une synchro labiale saisissante et surtout une transition inexistante entre cut-scenes et jeu en lui-même. Bluffant et prouvant clairement que la PlayStation 4 est un monstre de technologie.

Oubliez Beyond ou autres L.A. Noire, ici on a clairement franchi un palier

Musicalement parlant, inFamous Second Son propose des compositions toujours adaptées à l’action. De nappes mélancoliques en riffs de guitare survoltés, le titre nous entraîne dans un voyage auditif de haut vol, d’autant que le doublage français est totalement maîtrisé, avec un Delsin dont le côté rebelle et un peu borderline tranche à merveille avec le calme et la froideur de son frère. Les bruitages, quant à eux, sont réalistes au possible, notamment pour les effets climatiques qui ont été enregistrés en condition réelle. Plus que jamais, la crédibilité est de rigueur.

Console seller or not ?

inFamous Second Son entre de plein pied, avec son moteur graphique surpuissant, son ambiance incroyable et son récit accrocheur, dans la catégorie des jeux qui vont faire vendre des PlayStation 4 par paquets de douze. Dans la droite lignée des deux précédents opus, il pèche seulement par quelques bugs de collision, une prise de risque quasi nulle qui ne fera pas changer d’avis ceux qui n’accrochaient pas la saga, et une durée de vie qu’on aurait souhaitée plus longue (comme toutes les bonnes choses), mais le voyage au cœur de Seattle en compagnie de Delsin Rowe et de ses supers pouvoirs cataclysmiques vaut largement une note dithyrambique… et un achat dans la seconde qui suit!  

Le Vidéo-Test par Neoanderson

Réalisation: 19/20

Encore plus impressionnant que Killzone Shadowfall, inFamous Second Son montre de quoi la PlayStation 4 est capable et devrait faire taire tous les médisants à la next-gen. Empreint de réalisme avec une Seattle superbement modélisée et nombre de détails rendant l’expérience plus que crédible, le soft n’en réserve pas moins une débauche d’effets visuels totalement incroyables qui devraient vous scotcher sur place, le tout sans aucun ralentissement et avec une profondeur de champ qui force le respect.

Gameplay/Scénario: 18/20

Les habitués de la saga inFamous vont naviguer en terrain connu, c’est un fait. Reprenant le concept de karma, de monde ouvert, de quartiers à sauver en accomplissant des sous-quêtes et de fragment à récupérer pour améliorer ses pouvoirs, Second Son va néanmoins plus loin en proposant des pouvoirs bien mieux pensés et totalement différents à jouer, et une liberté d’action encore plus grande. Niveau scénario, on est agréablement surpris par la potentielle noirceur du récit et de vos choix, qui vous offrent l’accès à des missions radicalement différentes!

Bande-Son: 18/20

Des compositions rythmées, des notes mélancoliques, mais surtout un doublage français clairement réussi font de cet inFamous Second Son un régal pour les oreilles.

Durée de vie: 16/20

Comptez une dizaine d’heures pour terminer une première fois le soft, et forcément la même chose quand vous opterez pour l’alignement contraire, ce qu’on vous conseille de faire.

Note Globale N-Gamz.com: 18/20

La next-gen est là, et inFamous Second Son le prouve avec brio en reprenant le concept d’une série PlayStation 3 et en le magnifiant à grands coups d’effets spéciaux, de réalisation hallucinante et d’immersion dans une aventure dont vous ne ressortirez pas indemne. Alors oui, le titre ne prend que très peu de risques et se repose sur les acquis de la saga, mais jamais récit de super héros (ou vilain) n’aura paru aussi réaliste manette en main. A posséder si vous avez une PlayStation 4… si pas, courrez vous en acheter une !



About the Author

Neoanderson
Hardcore gamer dans l'âme, la trentaine, Je suis le rédacteur en chef de ce site. Amoureux des RPG nourri aux Final Fantasy VII, Chrono Trigger, Xenogears, et consorts, je suis également fan de survival/horror. Niveau japanim, je suis axé shonen comme Ruroni Kenshin, Ga-Rei, Asebi et autres, mais j'apprécie aussi les seinen, Sprite en tête. Enfin, je suis un cinéphile averti, orienté science-fiction, fantastique et horreur, mes films cultes étant Star Wars, Matrix, Sucker Punch et Inception. N'hésitez pas à me suivre via mon Facebook (NeoAnderson N-Gamz), mon Twitter (@neo_ngamz) et mon Instagram (neoandersonngamz)!