Review

Avec Hitman Absolution, fini d’utiliser ses pistolets pour tuer tout ce qui bouge ! Pour réussir à contempler la fin du jeu, il va vous falloir faire preuve de discrétion, de stratégie, et surtout d’une sacré dose de bon sens, comme vous le clamerons haut et fort les amoureux de cette saga d’infiltration initiée il y a des années sur PC et PS2. Io Interactive a-t-il réussi son pari de moderniser son bébé pour le rendre attractif au public next gen ?

Eh mec, t’as un truc dans le cou !

L'Agent 47 reprend du service!

Dans Hitman, vous incarnez le très célèbre Agent 47, meilleur tueur à gage d’une agence secrète : l’ICA (International Contract Agency). Reconnaissable à son crâne rasé et au code barre qu’il arbore dans le cou, notre héros se voit contraint d’assassiner celle qu’il considérait comme sa supérieur hiérarchique, mais aussi comme une amie, Diana Burnwood, qui a trahi l’Agence pour d’obscures raisons. Froid et calculateur, notre agent s’infiltre sans mal dans la demeure de la belle pour tenter de l’abattre froidement. Un instant d’hésitation, quelques paroles lourdes de sens au creux de l’oreille, et voilà notre tueur parfait en pleine remise en question devant une Diana à l’article de la mort. A son tour de se retourner contre l’agence en protégeant une mystérieuse jeune fille, Victoria, que cette dernière tente à tout prix de récupérer.

Si on pourra déceler une petite touche de « Léon » de Luc Besson dans l’image du tueur à gage qui s’éprend d’affection pour une petite tête blonde, le scénario de Hitman Absolution semble plus ambitieux que celui de ses aînés, même si l’Agent 47 a un mal de chien à faire ressortir ses émotions dans une histoire qui lui est pourtant plus personnelle (la remise en question dont je parle plus haut dure à tout casser 3 secondes et hop, le bougre vire de bord…il lui en fallait peu). On se retrouve donc à incarner un Agent « dé-code-barrisé » à travers la ville de Chicago, avant de voir embrayer son périple vers d’autres zones made in U.S.A. Une narration maîtrisée avec des cuts-scènes d’un bon niveau pour une aventure qui se laisse suivre sans problèmes.

Arturo Brachetti a trouvé son maître !

Le déguisement est la pièce maîtresse du gameplay de ce Hitman

Le gameplay de ce Hitman Absolution est bien plus poussé que celui de ces prédécesseurs, et change radicalement des TPS traditionnels. Ici, place à l’infiltration pure et dure. Bien sûr, on bénéficie d’armes à feux, mais le recours à ces dernières doit se faire le plus rarement possible. Il faut jouer de façon stratégique, en utilisant tout ce qui vous entoure pour réussir a évoluer sans se faire repérer. Ainsi, il y a une foule d’objets utiles pour passer inaperçu, la principale étant le sacro-saint déguisement prélevé sur un cadavre. En quelques dixièmes de secondes, vous voilà devenu jardinier, homme de main, flic du C.P.D. et j’en passe. Attention cependant, les PNJ du jeu sont plus ou moins réceptifs à tel type de costume, et certains vous démasqueront rapidement via une jauge de doute qui apparaîtra autour d’eux. Vous pourrez également utiliser la foule ou des objets du quotidien pour vous dissimuler, comme un menu de restaurant en vous accoudant à un comptoir, etc… Evitez surtout les comportements bizarres, les courses tout azimut ou le fait de sortir votre arme en public, sinon vous aurez rapidement une pléthore de flics à vos trousses. Si vous devez tuer quelqu’un, cachez son corps, prenez son apparence, et ne traînez pas dans les parages, conseil d’amie !

Ce qui frappe le plus dans le jeu, par rapport aux autres softs dits « d’infiltration », c’est la multiplicité des routes possibles pour atteindre votre objectif (en général, on vous le donne en mille : assassiner un caïd). Ainsi, en plus de proposer différents modes de difficulté qui font varier la méfiance des ennemis et vous donnent divers handicaps tout en faisant gonfler votre notre de fin de mission (utile pour récupérer des bonus), le titre se paie le luxe de proposer des chemins parallèles pour clore votre contrat. Vous en aurez un aperçu dans le vidéo-test, mais il vous sera tout à fait possible d’empoisonner la nourriture d’une cible, de piéger sa voiture, de l’abattre au snipe, lui faire tomber un lustre dessus en faisant croire à un accident et j’en passe, chaque approche vous obligeant à arpenter une certaine partie du niveau et à réaliser des sous-objectifs spécifiques. Et si en plus je vous dis qu’on peut mélanger lesdites approches entre elles, vous comprendrez qu’on ne s’ennuie jamais dans Hitman Absolution et qu’une partie n’est pas l’autre, d’autant que le placement des NPC est aléatoire.

L'infiltration à son paroxysme grâce à l'instinct

Mais il y a également de nombreux objets disséminés à travers les niveaux et qui vous permettront d’attirer vos cibles en faisant du bruit, et de les tuer de façon parfois très brutale, notamment quand vous mettez la main sur une hache, un katana ou encore un marteau. Oui, sous ses airs classes, l’Agent 47 ne fait pas toujours dans la dentelle. Enfin, on note la présence d’un sacré ajout niveau gameplay : l’Instinct. Sorte de Vision de l’Aigle surboostée, ce dernier est matérialisé par une jauge qui, suivant le mode de difficulté choisi, est infinie ou au contraire se désagrège à chaque utilisation. Cet instinct, en plus de vous faire passer en vision thermique, vous permet trois choses : un tir réflexe qui gèle le temps pour viser plusieurs cibles à la fois (attention, la jauge diminue très vite avec cette utilisation qui n’est d’ailleurs pas très discrète, car s’il reste une seule personne en vie, elle alertera illico les renforts), un passage en mode inaperçu total même lorsqu’on est sur le point de perdre sa couverture, et enfin un mode de détection des PNJ à travers les murs ainsi que leur future trajectoire, utile pour ne pas ouvrir une porte et tomber sur une personne qui nous démasquerait. Bref, un gameplay riche, varié, et incroyablement trippant, sans parler du mode contrat qui vous permet de créer vous-mêmes vos missions et de les proposer à la Communauté.

Un moteur de jeu tout en finesse

Le moteur de jeu en impose

Graphiquement, le moteur de jeu assure avec une gestion de la foule efficace et dense, et des effets de lumières flatteurs pour la rétine. Les explosions sont réalistes, les effets de flamme ou d’eau forcent le respect, seule la taille des niveaux pourra sembler plus réduite à certains accrocs des opus précédents. Mais ne boudons pas notre plaisir, Hitman Absolution fait quand même dans le haut de gamme en termes de réalisation technique.

Niveau bande-son, les habitués auront le plaisir de pouvoir entendre à nouveau David Bateson qui incarne une fois de plus l’Agent 47. La musique du jeu a été composée par Peter Kyed, qui remplace le compositeur des titres antérieurs de fort belle manière, avec une ambiance sombre comme il faut. Les voix, elles, sont intégralement doublées en français, sans accroc, et les bruitages ne dénotent pas avec l’ensemble, proposant notamment des bruits de pas réalistes et des détonations impressionnantes dans les basses.

Promesses tenues ?

On ne va pas vous le cacher plus longtemps, Hitman Absolution fait honneur à l’illustre saga qu’il représente, et qui semblait quelque peu en perte de vitesse. Si certains risquent de lui reprocher un gameplay un peu trop assisté bien loin du Die & Retry de ses aînés, le titre séduira sans problèmes les accrocs d’infiltration et de scoring. Les personnages sont charismatiques, l’univers prenant et les sensations bien présentes pour un soft que vous pouvez acheter les yeux fermés et qui risque de vous faire aimer l’infiltration si vous n’y avez jamais goûté.

Le test vidéo

Réalisation: 17/20

Les graphismes du jeu sont splendides, avec un moteur 3D développé spécialement pour l’occasion et qui nous offre des effets aquatiques ou pyrotechniques de haute volée, ainsi qu’une gestion de foule réaliste et un filtre lumineux aguicheur. L’animation est sans faille et les réactions des PNJ réalistes. Seul un léger aliasing vient un peu gâcher la fête.

Gameplay/Scénario: 17/20

Le jeu nous propose un gameplay dans la continuité des opus précédents, mais clairement relooké à la sauce next gen (entendez par là, un peu plus assisté). On retrouve 5 modes de difficultés, le premier étant bourré d’indices et d’aide à l’infiltration tandis que le dernier misera totalement sur la discrétion et l’observation. Le système de score pourra déplaire, mais il a le mérite de rajouter une bonne rejouabilité. Le scénario, quant à lui est sombre à souhait, avec une bonne mise en scène et des personnages très différents les uns des autres, voire même carrément décalés comme des nonnes habillées en cuir. Dommage que l’Agent 47 ne sorte pas de ses expressions monosyllabiques.

Bande-Son: 18/20

Les voix françaises sont biens doublées, expressives comme il faut. Le réalisme est donc de mise d’autant que les PNJ sont plutôt bavards. La musique fait dans l’oppression et les basses, et colle donc parfaitement à l’action.

Durée de vie: 17/20

Avec ses nombreux modes de difficulté, le jeu peut se targuer de proposer un sacré challenge, d’autant qu’un mode contrat rallonge la durée de vie en permettant de créer ses missions online. Comptez une bonne vingtaine d’heures de jeu pour un premier essai, et bien plus si vous souhaitez voir tous les embranchements possibles des niveaux.

Note Globale N-Gamz.com: 17/20

Avec un gameplay remanié pour la next gen, un moteur de jeu flambant neuf qui en jette et un scénario un peu plus sombre qu’à l’accoutumée, ce Hitman Absolution remplit parfaitement son pari de maître étalon de l’infiltration. Apprêtez-vous à vivre dans la peur d’être repéré, mais aussi dans l’excitation de tuer sans être vu, dans la peau d’un Agent 47 qui vire clairement sa cuti pour devenir un justicier implacable.



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Chizuna
Chizuna
Passionnée de jeux vidéo depuis l'âge de mes 7 ans, j'ai commencé à jouer à des survival horror tel que Resident Evil mais je suis avant tout une grande passionnée de RPG, surtout les Final Fantasy et plus particulièrement le VII et le X. Depuis peu, je me suis mise à jouer à des FPS. Pour les mangas, j'aime beaucoup les seinens, particulièrement ceux axés sur le thriller (Doubt, Judge et Consuctor), J'aime aussi le shonen avec une petite préférence pour Arata. Je vais très souvent au cinéma, au minimum deux fois par mois et mes genres de prédilection sont le fantastique, l'horreur, l'action et les films de guerre.