Review

Décidément, Ubisoft n’en finit plus de rentabiliser la licence Tom Clancy en ce moment ! Ainsi, alors que les fans désespèrent toujours de voir débarquer un nouveau Splinter Cell, nous avons eu droit à un Rainbow Six Siege qui a réussi à se créer une jolie place sur la scène eSport, suivi d’un The Division qui a fait un carton à sa sortie. Alors quoi de neuf pour cette année? Et bien une nouvelle aventure de Ghost Recon, une autre franchise bien connue des gamers. Cédant aux sirènes de l’Open World online, ce TPS coopératif va-t-il faire honneur aux incroyables récits du père du Techno Triller ?

Les Ghosts reviennent

« Quatre soldats pour anéantir tout un Cartel de la Drogue bolivien… facile! »

Sur la sellette avec un Vivendi quasiment à la porte de son capital, Ubisoft tente bon gré mal gré de nous proposer des expériences vidéoludiques intéressantes pour résister à l’envahisseur et rester autonome, condition sine qua non pour garder un tant soit peu de liberté artistique face à un rouleau compresseur mercantile. De fait, après le très original For Honor qui lorgnait du côté du jeu de combat à l’arme blanche façon Bushido Blade, voici un tout nouveau volet de la saga des Ghosts qui pourrait offrir, on l’espère, des jours meilleurs pour le premier des développeurs français, et la confiance de ses investisseurs.

Ghost Recon Wildlands débarque donc aujourd’hui sur PS4, Xbox One et PC, fort d’une bêta historique qui a réuni presque 7 millions de joueurs actifs, mais également entaché par des preuves de downgrade évidentes ainsi qu’une polémique avec le gouvernement bolivien. Il faut dire que ce Wildlands vous entraîne en plein cœur de ce pays littéralement noyé sous le poids des narco-traficants… pas génial comme pub touristique.

La drogue, c’est mal… m’voyez

« La map est vaste et permet de belles techniques d’approche »

Dans Ghost Recon Wildlands, vous incarnez un soldat d’élite déployé en Bolivie pour donner un coup de main à des rebelles luttant contre la toute-puissance d’un Cartel du crime. Rien de bien extraordinaire pour un scénario qui sent le réchauffé à plein nez. Ça commence mal.

Heureusement, la carte qui vous est proposée dans ce TPS coopératif online est composée de 21 zones différentes, chacune soumise à l’autorité d’un dirigeant du Cartel. Elles sont toutes divisées en quatre secteurs d’activités : l’influence, la sécurité, la production de cocaïne et le trafic de stupéfiants. Vous commencerez donc tout en bas de cette échelle du crime pour faire tomber un à un les piliers de toutes ces zones. Le but ? Faire apparaître, lorsque chacun de ces quatre secteurs sera réduit à néant, son boss principal. Une fois ces quatre gros caïds éliminés… place alors à la tête du cartel de Santa Blanca : El Sueño.

« L’infiltration nocturne et la customisation d’armes seront de mise »

Avec ses vastes étendues sauvages, le soft vous donne pas mal de liberté dans le choix de vos missions puisque vous pourrez commencer par n’importe quelle zone et décider soit de vous attaquer à un seul des secteurs du crime en passant de  région en région, soit de complètement finir les 4 secteurs de chacune d’elle avant de passer à la suivante. Chaque zone possède ainsi un niveau de difficulté allant de 2 à 5 étoiles, représentant le nombre d’hommes du Cartel présent et leurs réactions plus ou moins intenses face à vos agressions contre leur lucratif marché.

Jamais 3… sans 4

Dans Ghost Recon Wildlands, vous dirigez un soldat accompagné de 3 autres Ghosts qui seront soit contrôlez par l’IA si vous jouez en solo, soit par des joueurs bien réels si vous décidez de rejoindre des parties en ligne. Vous aurez accès à un panel de compétences qui vous permettront de personnaliser votre combattant grâce à des skills comme une meilleure visée, une vision nocturne, etc… Ces compétences se récupèrent via des… points de compétences (sans déconner !) que vous gagnerez au fil de vos niveaux d’expériences ou via des objets disséminés sur la carte. Histoire de vous faciliter la tâche, vous pourrez récupérer de nombreuses ressources comme du carburant pour votre véhicule (jeep, moto, hélico), des trousses de soins et des munitions disséminées sur le terrain.

« Des effets de lumière convaincants et une nature luxuriante »

Le panel des armes accessibles se débloque au fur et à mesure en abattant des « boss » ou en récupérant des flingues dans des caisses à repérer sur votre carte, tels que le Super Shorty par exemple. Chaque gun pourra être modifié à volonté sur diverses parties, comme dans les anciens Ghost Recon, pour une personnalisation poussée à l’extrême. Si le côté custom est bien pensé, on regrettera par contre le manque de variété des missions: vous avez une cible, vous l’approchez, vous la descendez et hop, place à la suivante… mouais.

Niveau difficulté, le jeu vous donnera sûrement du fil à retordre si vous optez pour les niveaux plus ardus, l’IA avançant prudemment et souvent à couvert, ce qui nous change des ennemis un peu lourds qui chargent arme au point dans le seul but de servir de chair à canon. Il vous faudra donc faire preuve d’un peu de stratégie, de repérage et de minutie. Et si, malgré toutes vos précautions, vous ratez l’opération et faites monter le niveau d’alerte de l’Unidad en flèche, vous pourrez toujours compter sur des rebelles qui viendront vous aider mais aussi faire appel à des véhicules, des frappes de mortiers, etc…

Visuellement réussi, mais un peu vide

« Dommage que le titre soit bardé d’aliasing et que certains environnements fassent si vides »

Le jeu se veut plutôt qualitatif au niveau des graphismes, avec des paysages vraiment somptueux malgré un aliasing qui peut gêner. La direction artistique parvient à reproduire sans soucis la nature paradisiaque de la Bolivie, et les différents biomes du jeu sont très travaillés, aussi bien pour la luxuriante forêt que pour l’inhospitalier désert. Malheureusement, avec un territoire aussi immense, on déplore des zones un peu trop vides et manquant de vie. N’est pas Horizon Zero Dawn qui veut.

La bande-son, quant à elle, se marie bien avec l’ambiance du soft. Ainsi, une radio est incorporée dans vos véhicules et elle fait étonnement penser aux stations de Farcry 4, avec de la propagande gouvernementale. La musique, de son côté, se rythme en fonction des alertes pour faire monter la pression, tandis que le doublage du soft est intégralement en français. Petit plus: c’est le doubleur FR de Jason Statham qui prête sa voix à votre personnage (si vous jouez un homme, évidement). Avouez que ça a de la gueule, non?

Retour réussi pour les Ghosts?

Soyons honnête, si Ghost Recon Wildlands ne révolutionnera pas le genre des TPS coopératif, il a au moins le mérite de faire entrer la saga dans l’ère de l’Open World avec un moteur 3D convaincant, une superficie énorme et une qualité plutôt présente à tous les étages, malgré un principe de jeu qui s’avérera forcément répétitif sur le long terme. Bref, le nouveau volet de la saga est certes moins épique qu’un bon bouquin de Tom Clancy, mais clairement fun à plusieurs malgré un souci d’équilibrage entre action et infiltration. Une valeur sûre, si vous avez des amis.

La Bande-Annonce

Réalisation: 16/20

Bien que le titre subisse des soucis d’affichage fréquents pour les Open World et souffre d’un aliasing un peu frustrant, la direction artistique et les textures nous offrent des biomes convaincants et diversifiés, de jolis effets de lumière et une nature vraiment luxuriante. A cela s’ajoute une modélisation des personnages et des armes très réaliste pour assurer l’immersion. Du bon boulot.

Gameplay/Scénario: 15/20

Niveau scénario, pas vraiment de surprise: on vient en aide à un groupe de rebelle opprimé par un Cartel et on va démanteler le tout à quatre. Surréaliste? Pas pour des Ghosts on dirait. Le gameplay, quant à lui, fait dans l’Open World pur et dur avec collecte de ressources, repérages sur la map, assassinat en pagailles et un bon degré d’infiltration grâce aux diverses armes et méthodes d’approche proposées. On apprécie le fait de pouvoir customiser ses équipements autant que ses persos grâce aux points de compétences glanés au fil des missions, ainsi que le loot d’armes et d’accessoires qui pousse à l’exploration. Par contre, le tout peut s’avérer très répétitif à haut rendement, et l’équilibrage entre action et infiltration est un peu bancal. Les bourrins apprécieront… mais pas toujours les fans des Ghosts de la première heure.

Bande-Son: 16/20

On adore le doublage FR de votre avatar par la voix de Jason Statham. La musique et les bruitages d’ambiance plongent de belle façon le joueur dans les environnements de la Bolivie, et la radio ressemble étrangement à celle de Farcry 4, propagande en tête.

Durée de vie: 17/20

Comme pour une majorité des jeux Open World, il est difficile de donner une durée de vie: chaque joueur progressant à une vitesse différente en fonction de sa volonté de complétion des objectifs secondaires. Le soft vous propose un vaste champ d’action, vous laissant vagabonder où bon vous semble et commencer par n’importe quelle zone. S’il fallait vraiment faire une moyenne, disons qu’une trentaine d’heures minimum, en bonne difficulté, seront nécessaires pour boucler le scénario principal.

Note Globale N-Gamz.com: 16/20

Ghost Recon Wildlands est une valeur sûre pour les joueurs avides d’Open World Coopératif. En effet,  bien qu’il ne réinventera pas le genre et qu’il souffre d’un souci d’équilibrage action/infiltration et d’un aliasing un peu trop prononcé, le titre d’Ubisoft remplit sans problème sa part du contrat et procurera aux gamers de longues heures à chasser du Caïd de la drogue entre potes. Répétitif certes, mais très fun au final!



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Arkamis
Arkamis
J'ai appris à connaître les jeux vidéo très tôt, grâce a mes frères, avec la NES, la Master System, et j'en passe. J'y ai découvert un univers de rêve qui, 15 ans plus tard, me réserve toujours autant de surprises et de plaisir, que ce soit rétro ou current gen