Review

Après le succès critique et commercial du premier Divinity: Original Sin, Larian Studios se devait de tenter l’aventure une seconde fois et le retour des devs sur Kickstarter a fonctionné comme jamais! Pensez donc: plus de 2 millions de dollars alors qu’ils n’en demandaient que 500.000 à la base! Avec un aussi gros budget et le talent inné de ce studio d’origine belge, on ne doute pas que ce Divinity : Original Sin 2 sera aussi bon que son prédécesseur… mais c’est encore très loin de la réalité!

Une divinité parmi tant d’autres

« Les cinématiques remplies d’artwork sont excellentes, tout comme le récit ! »

Que les nouveaux joueurs se rassurent : ici, pas besoin d’avoir joué au premier Divinity pour profiter de l’histoire puisque vous vous retrouvez donc dans la peau d’un sourceleur, cette caste même que vous deviez traquer dans le jeu originel. Vous bénéficiez donc du pouvoir de la source, terriblement puissant mais aussi violemment destructeur et surtout… emprunt de corruption. On s’en rend d’ailleurs compte via une superbe cinématique bourrée d’artworks nous montrant justement une sorcière (ou Ensorceleuse) usant de sa source afin de lâcher des monstres – des Anéants – sur toute une ville. Malheureusement pour elle, elle sera rapidement stoppée par les Magisters avant de se voir déportée à Fort Joie… sur le même bateau que vous !

Fort heureusement, un Kraken détruit votre frêle esquif et vous permet de vous échapper à bord d’une chaloupe… qui se fait aussitôt renversée par une énorme vague! Contre toute attente, vous survivez à la catastrophe pour entendre la voix de la divinité de votre peuple, laquelle vous est venue en aide car elle a de grands projets pour vous. Et oui, vous voilà catapulté « Elu » : un Adéide ! Ne craignez rien, vous ne serez pas seul pour accomplir votre destinée puisque 3 compagnons d’armes vous suivront dans ce projet un peu fou!

Préparez-vous à entrez dans… un vrai jeu de rôle !

« Un grand choix de compagnons d’armes… et de sacrés caractères! »

Avant même le lancement d’une partie, vous aurez bien entendu à créer un héros de toute pièce ou bien à choisir l’un des personnages d’origine du jeu avec, par exemple, un mort-vivant qui adore les poisons et doit cacher son affreux visage squelettique, ou encore une magicienne qui partage son corps avec… un démon! Oui, le casting est hétéroclite, et les caractères aussi! Sachez juste que, peu importe votre choix, votre expérience en jeu sera sensiblement la même puisque vous pourrez vivre l’histoire de ces héros en les incarnant ou tout simplement en les recrutant dans votre équipe au gré du soft. De quoi pimenter des heures et des heures d’un scénario déjà très riche.

Niveau création, vous pourrez personnaliser votre avatar avec pas moins de 6 onglets différents ! Le choix de votre origine : nain, elfe, humain, lézard (avec une version mort-vivant pour chacun d’eux). Selon l’origine choisie, vous posséderez des compétences et des talents de bases auxquels viendront s’ajouter ceux que vous débloquerez plus tard. Vous pourrez également sélectionner votre classe parmi les 14 proposés : ecclésiastique (sorte de nécromancien), conjurateur, enchanteur, combattant, inquisiteur, chevalier, métamorphe (une nouvelle classe), ranger, gredin, lame des ombres, voyageur, sorcier, male ou mage de combat ! L’onglet suivant vous permet de personnaliser votre apparence tandis que le suivant sert à modifier votre « modèle » avec ses attributs (ses stats de base) et ses capacités (par exemple « Maître du savoir » pour identifier des objets).

« Les options de personnalisation sont nombreuses! »

En quatrième position, nous avons les talents ! Ces derniers vous seront particulièrement utiles comme « lève-tôt » qui permet la récupération totale des points de vie d’un personnage ressuscité. Attention, certains talents sont incompatibles entre eux. D’ailleurs on vous conseille « ami des bêtes » qui se révélera assez utile et surtout très amusant par la suite puisque vous pourrez converser avec la faune locale. Le cinquième onglet, quant à lui, se focalise sur les mots-clés qui représentent un peu votre biographie tandis que le dernier représente sans conteste le choix le plus amusant du soft: votre instrument ! C’est lui que vous entendrez durant des combats et qui soulignera divers moments de vos aventures, alors tendez l’oreille!

Divinity, un gameplay en(source)lant !

Divinity est un jeu qui se décompose en 3 grands modes : la campagne (en solo ou multi) et ses quatre modes de difficultés, le mode Maître de Jeu qui permet une totale liberté dans la création d’une campagne de A à Z (carte, personnages, évènements, musique d’ambiance, dialogues, récompenses), sans doute le meilleur mode pour les fans de jeux de rôle papier, et enfin l’Arène pour du PvP dans lequel vous devrez affronter d’autres joueurs sur quelques maps. A vous de mettre votre talent de stratège à l’épreuve avec votre groupe de 4 !

« Lac oopération peut réserver bien des surprises… et des traîtrises! »

Niveau contenu, cet Original Sin 2 propose du lourd, notamment vis-à-vis des personnages. Nous vous en parlions plus haut, vous aurez la possibilité de choisir vos compagnons (au nombre de 3) dont l’un d’eux aura d’office sa propre histoire. Si vous l’intégrez au sein de votre équipe, il se permettra par moment de vous interrompre afin de faire la conversation à un autre personnage, directement lié à son intrigue personnelle. Par contre, fini le système de lancer de dés du premier opus lorsque deux personnages sont en désaccord, le jeu décide de lui-même, en fonction de vos réponses et de vos compétences, sur qui prendra l’ascendant. D’ailleurs sachez que, suivant les mots-clés que vous aurez choisis durant votre création d’avatar, vous aurez accès à certaines phrases non accessibles aux autres joueurs.

Peu importe vos choix, vous ne manquerez de toute façon pas de lecture et d’histoires à la qualité d’écriture et au soin du détail irréprochables. La façon de remplir les différents objectifs de quêtes se fera de bien des manières (furtive, magique, diplomatique etc…) et vous devrez, la plupart du temps, vous débrouillez seuls, explorant chaque petit coin de chaque lieu afin de trouver l’objet qu’il vous manquait ou le bon PNJ à qui parler. Il y aura toujours plusieurs solutions à une énigme ou à un problème donné, une façon de se rapprocher le plus possible du jeu de rôle papier. Une porte dont vous ne trouvez pas la clé ? Pourquoi ne pas essayer de la crocheter voire même de la détruire, ou encore de passer par-dessus grâce à un sortilège de téléportation ? Bref, les solutions ne manquent pas et tout est fait pour vous donner l’illusion que vous agissez librement, brisant parfois les règles du jeu ! Les quêtes pourront même avoir plusieurs conclusions possibles, en fonction de vos choix de dialogues, de vos actions, ou encore de vos affinités avec les personnages.

L’art de la guerre

« Les combats au tour par tour sont jouissifs et stratégique au possible »

Mais Divinity Original Sin 2, ce n’est pas que de l’exploration… c’est également du combat au tour par tour ! Vous retrouverez donc votre barre de vie ainsi que deux petites barres supplémentaires : la barre d’armure physique, et la barre d’armure magique. Et croyez-moi, elles vous seront fort utiles ! La durée et la difficulté des combats sont extrêmement variées. Vous aurez parfois besoin de vous y reprendre quatre ou cinq fois avant de réussir à trouver le bon placement pour vos personnages ou de comprendre pourquoi vous n’y arrivez pas. Souvent d’ailleurs, un affrontement qui vous semblait pourtant perdu d’avance finira par se résoudre à force de patience et de persévérance, et cela notamment grâce à la profusion d’objets dont vous pouvez disposer (flèches magiques, parchemins, potions etc…), à la gestion des hauteurs mais aussi aux éléments du décor qui pourront vous aider. Vous aurez aussi la possibilité de créer vos runes et de les inclure dans vos armes pour booster votre potentiel, ou de fabriquer potions et parchemins en fonction des ingrédients que vous possédez.

« Un inventaire un peu chaotique, mais qu’il ne faudra pas négliger »

Niveau équipe, sachez que même si vous faites un mauvais choix en début de partie lors de l’attribut des points de compétences de vos héros, vous aurez toujours la possibilité de modifier les caractéristiques de vos personnages et de leur faire apprendre de nouveaux sorts (il y en a environ 200!). Des magies à ne pas prendre à la légère puisqu’elles interagissent entre elles ou avec l’environnement. Ainsi, l’eau peut conduire l’électricité et les bidons d’huiles s’enflammer pour terrasser vos adversaires sur la durée. Alors oui, le jeu est certes difficile par moment, voire même extrêmement punitif (un seul mot : troll), mais entre les options tactiques et l’ambivalence des personnages, vous avez de quoi vous sortir de tous les mauvais pas. Quant à la fameuse source, n’espérez pas la dépenser sans compter ! En effet, celle-ci se trouve être limitée et ne se régénère pas toute seule. Vous devrez, par le biais de quêtes spécifiques, apprendre les compétences vous permettant de vous ressourcer ou trouver des flaques de sources ou des conteneurs adéquats. Autre nouveauté : la mémoire! Dans le premier Divinity, vous pouviez apprendre un certain nombre de sortilèges de chaque catégorie (ex : les sorts de feu). Désormais, le nombre de sorts qu’il est possible de connaître simultanément sera limité par la mémoire et vous devrez en mettre certains de côtés pour en maîtriser d’autres. Aussi intelligent que crédible.

+20 en performance 

« Parmi tous les effets pyrotechniques et les éléments de décor, il sera parfois un peu difficile de s’y retrouver »

Lors de votre exploration, vous passerez par de nombreux environnements qui ont été créés avec le plus grand soin, bénéficiant d’effets de lumières travaillés pour une ambiance visuelle immersive au possible. Tous les environnements sont fournis, riches en détails et agréables à regarder. La réalisation artistique apportée aux différents personnages est également appréciable : de l’aspect squelettique des morts-vivants à l’apparence claquante des elfes (car oui, nous on trouve qu’ils ont la classe !), ils ont tous une originalité et offre un capital sympathie enrichie par leur histoire propre !

Dans sa structure, le jeu n’est par contre pas un open world pur et dur, mais les cartes sont suffisamment grandes pour vous occuper pendant plusieurs heures et vous pourrez rejouer plusieurs fois le mode campagne puisque vous tomberez toujours sur des nouveautés qui vous avaient échappé auparavant. En revanche, on doit signaler un inconvénient majeur : la visibilité durant les combats! Quand vos personnages sont au beau milieu des flammes ou de nuages électrifiés, que les sorts fusent un peu partout et que vous êtes entourés d’ennemis, il est difficile de se repérer. De même, nous avons constaté certains bugs de collisions et des soucis de pathfinding qui seront, nous n’en doutons pas, corrigés dans un patch.

« Un exemple de la beauté visuelle du titre? Regardez les reflets sur l’eau! »

L’aspect audio n’est pas en reste également avec notamment des musiques composées par Borislav Slavov, qui a œuvré sur Crysis 2 et 3 entre autre, et remplace le regretté compositeur attitré de la saga Divinity, Kirill Pokrovsky. On est d’emblée plongé dans une ambiance fantastique, ponctuée par moment par le son de l’instrument que vous aurez choisi en début de partie, vous arrachant un sourire lorsque vous le reconnaîtrez. Pour ce qui est des dialogues, chaque personnage semble avoir un timbre de voix unique, augmentant le réalisme dans cet univers. En même temps, Larian a fait le boulot en sélectionnant quelques 80 acteurs afin de doubler intégralement les personnages, PNJ et animaux peuplant le monde du jeu, ce qui représente pas moins de 74 000 lignes de texte tout de même ! Côté traduction, les textes sont en français, ce qui n’est pas le cas des voix restées en VO anglaise. Rien de dérangeant et qui ne nuise à l’appréciation d’un récit mené de main de maître par Chris Avellone, qui a quand même bossé sur Baldur’s Gate et Fallout New Vegas, excusez du peu! Quel plaisir du coup que d’écouter le narrateur parler avec sa voix envoûtante pour nous rappeler nos meilleures heures de JDR papier!

Lancez les dés !

Larian Studio a d’ores et déjà montré qu’il était passé maître dans l’art du jeu de rôle au tour par tour, mais avec Divinity: Original Sin 2, il nous livre rien de moins que le fantasme de tout amoureux de JDR papier! Le titre est d’une richesse incroyable et s’adaptera à vos faiblesses, à vos erreurs, à vos choix pour faire en sorte que la découverte et l’amusement soit constant au sein ce cet univers beau en diable et de cette histoire prenante à souhait. Ajoutez à cela un gameplay original, des combats stratégiques, des quêtes offrant une kyrielle de résolutions différentes, et vous comprendrez que le jeu est addictif comme jamais! Alors, seul ou entre amis, n’attendez pas et jetez-vous dessus, il s’agit d’un chef d’oeuvre du genre, tout simplement!

La bande-annonce

Réalisation: 19/20

Le jeu jouit d’une très bonne direction artistique et de décors fouillés à l’extrême. Les effets visuels, qu’il s’agisse des sorts, des animations ou des décors (les reflets, les effets de lumières) sont enivrants tandis que vos personnages sont détaillés comme il se doit. Un simple zoom sur l’un d’eux vous en persuadera. Bref, de l’excellent boulot qui souffre juste de quelques bugs de collision, rapidement corrigés par un patch nous en sommes sûrs!

Gameplay/Scénario: 19/20

Les gamers ayant déjà joué au premier Divinity ne seront pas perdus car le gameplay est le même, les points négatifs en moins ! Mais il faut noter les petites nouveautés intéressantes apportées au jeu : la notion de hauteur en combat, l’ajout d’une barre d’armure physique et magique, la mémoire, le jeu à quatre, les combats au tour par tour plus tactiques et techniques, vous poussant à la réflexion quant au placement de vos personnages, l’interaction plus conséquente avec le monde et les PNJ, tout est fait pour vous immerger comme jamais dans un monde dont vous serez le héros… ou le pire des bad guy!

Bande-Son: 19/20

La bande-son est sublime, enivrante et entraînante ! Les musiques collent à toutes les ambiances et vous procureront par moment des frissons de plaisir ! Sélectionnez votre instrument lors de la création de personnage et essayez de repérer où vous l’entendez ! Quant au doublage, rien à redire, c’est excellent, tout simplement !

Durée de vie: 19/20

Vous pouvez comptez au minimum une centaine d’heures pour finir le jeu. Bien entendu, tout dépendra de votre façon de jouer, vous pourrez choisir de passer d’un acte à un autre, ce qui vous fera perdre toutes les quêtes secondaires obtenues auparavant, mais on vous le déconseille tant la richesse du soft frise le génie.

Note Globale N-Gamz.com: 19/20

Comme son prédécesseur, Divinity : Original Sin 2 est un jeu de rôle à ne pas rater! De l’intensité des combats au tour par tour à l’ingéniosité et l’opulence des dialogues et des histoires, en passant par une durée de vie faramineuse et une liberté d’action affolante, le titre de Larian Studios est un must have absolu du genre en solo ou en coop! Ajoutez à cela les modes « arène » pour du PvP et « maître du jeu » afin de créer de toute pièce votre propre campagne, et vous obtenez un cocktail détonnant que vous vous devez d’acheter, que vous soyez fan de JDR ou non!



About the Author

Deyleina

Joueuse le jour et streameuse la nuit (avec une grande passion pour le cosplay), je suis une adepte des jeux PC depuis ma plus tendre enfance (mon premier jeu étant « Prince Of Persia ») ! J’adore également les films (surtout d’animation), la littérature (manga powa!) et la musique ! Ma devise : « Enjoy and Play » !