Review

Digimon, le dessin animé censé concurrencer la folie Pokemon à l’époque de sa sortie, s’est vite trouvé une route et un public alternatifs, en général un peu plus âgé. Versant depuis ses débuts dans l’univers Cyber, la saga a continué sur cette voie dans ses nombreuses itérations vidéoludiques, avec plus ou moins de réussite. Cette fois, les monstres digitaux débarquent sur Next-Gen (et Vita) dans un RPG un peu passé sous silence par Bandai Namco, son éditeur, mais qui n’en demeure pas moins pétri de bonnes idées !

Eden artificiel

Recevoir un étrange programme d'un hacker... le début de vos ennuis!

Recevoir un étrange programme d’un hacker… le début de vos ennuis!

Japon, dans un futur proche. A cette époque, le net a laissé sa place à l’Eden, un Cyber-Monde dans lequel il est possible de rentrer physiquement, géré par l’entreprise Kamishiro. Notre jeune héros (ou héroïne, à vous de choisir), va recevoir de la part d’un hacker un étrange objet : le Digimon Capture. En entrant dans l’Eden avec cet artefact, il va vite se rendre compte qu’il peut converser avec des Digimon, des créatures peuplant ce Cyber-Espace, et les faire combattre à ses côtés.

Heureusement, puisque après avoir choisi trois Digimons pour l’accompagner, votre avatar doit se confronter à la mystérieuse Eater, une entité numérique surpuissante qui manque de l’éliminer. C’est en voulant sortir de l’Eden qu’il va comprendre qu’un étrange mal touche sa ville, Tokyo. En effet, les utilisateurs du Cybermonde se retrouvent physiquement plongés dans le coma, mais leur âme parvient étrangement à voyager entre les deux univers, réel et virtuel. Aidé par vos nouveaux amis digitaux et la belle Kyoko Kuremi, leader d’une agence de détective, vous allez tenter de sauver la population de cette malédiction en acceptant diverses quêtes proposées par le bureau de la demoiselle, classées suivant différentes couleurs : le vert pour la Digifarm, le violet pour les quêtes téléchargeables, le bleu pour les quêtes secondaires, le jaune pour les normales et enfin… le rouge pour les urgentes !

J-RPG pure souche ?

La croix de commandes est plutôt bien pensée, et le jeu fait dans le J-RPG classique... mais efficace!

La croix de commandes est plutôt bien pensée, le jeu faisant dans le J-RPG classique… mais efficace!

Si vous êtes un habitué des RPG nippons 3D dans la lignée de Final Fantasy X, le système de combat au tour par tour de ce Digimon Story Cyber Sleuth ne vous dépaysera pas. Ainsi, en pleine rixe et sur la partie droite de votre écran, vous pourrez voir les tours d’action de chaque combattant histoire de mettre au point votre stratégie en usant et abusant de certains coups pour littéralement empêcher vos adversaires de jouer. En bas à gauche, vous retrouvez une roue d’action qui change du menu traditionnel inhérent au genre. Le centre est ainsi dédié à l’attaque normale, le haut à la garde, la gauche aux items, le bas permet de changer ses trois Digimons de combat tandis que la droite est réservée aux compétences de vos créatures. Il en existe de deux types : les coups spéciaux que les Digimons possèdent depuis le début et peuvent modifier automatiquement s’ils évoluent ou « dés-évoluent » et les compétences inhérentes, qui ne s’apprennent que lorsque le niveau de votre Digimon augmente. Attention cependant, vos bestioles ne pourront pas apprendre plus de 20 skills chacune. Le choix s’avèrera ardu, surtout à pleine puissance de Digivolution.

Les Digimons se caractérisent, en plus de leurs coups, par leur type et leur affinité. Lors de la sélection de vos cibles, une bonne affinité (dégâts doublés à la clef) sera représentée par un anneau rouge tandis qu’un bleu en symbolisera une mauvaise (dommages divisés par deux). Il existe ainsi quatre affinités: virus, vaccin, data et free. On va vous la faire simple : le virus est plus fort que le data, qui est plus fort que le vaccin, ce dernier surpassant… le virus ! Et le free dans tout ça ? Et bien il est neutre !

Combattre pour apprivoiser

Après avoir scanné à 100% un Digimon et l'avoir fait votre dans le Digilab, emmenez-le à la Digifarm pour le booster un coup!

Après avoir scanné à 100% un Digimon et l’avoir fait vôtre dans le Digilab, emmenez-le à la Digifarm pour le booster un coup!

Durant le combat, vous pourrez souffrir de diverses altérations d’états comme confusion, paralysie endormissement, étourdissement, poison ou encore les originaux « dot », qui vous empêche d’utiliser vos compétences, et « bug » qui change carrément votre affinité. A côté de ce système, vient se greffer un gameplay à base de cross-combos lorsque plusieurs alliés sont alignés l’un à la suite de l’autre dans l’ordre des attaques. Vous pourrez ainsi réaliser quatre types de combos : le Chain Attack pour augmenter le nombre de coups donnés, le Damage Up qui porte bien son nom, le Heal Up pour remonter vos PV et enfin le Skill Up histoire de booster la prochaine compétence.

Vient à présent la partie la plus intéressante de l’affrontement, puisqu’à chaque affrontement contre un Digimon, celui-ci sera scanné. Lorsque votre jauge de scan atteindra les 100%, vous pourrez matérialiser le monstre dans votre Digilab et le prendre comme allié. Croyez-nous, la collectionnite vous prendra par surprise, et obtenir les 240 monstres risque de devenir rapidement votre objectif ultime ! Vous reviendrez d’ailleurs souvent au Digilab puisqu’il comprend d’une part la Digibank pour faire évoluer ou dés-évoluer vos créatures, et d’autre part la Digifarm, essentielle pour augmenter le niveau des Digimons qui ne prendraient pas part à vos combats, en les entraînant ou les alimentant. Signalons également le « Miroir Donjon » qui permet de se téléporter dans un donjon que vous aurez au préalable terminé. Idéal pour récupérer des monstres que l’on n’avait pas assez affrontés. Enfin, la sacro-sainte boutique répondra bien entendu à l’appel et sera accompagnée d’un Colysée pour jouer en ligne. Bref, c’est plutôt complet.

Digi-Next-Gen ?

Bien qu'il soit en deçà des capacités techniques de la PS4, ce Digimon affiche des effets spéciaux percutants!

Bien qu’il soit en deçà des capacités techniques de la PS4, ce Digimon affiche des effets spéciaux percutants!

Digimon Story Cyber Sleuth nous propose des graphismes en Cel-Shading qui rendent plutôt bien, avec une palette de couleurs vives et variées dans le plus pur style manga. Bien entendu, on sait que la PlayStation 4 est capable de bien mieux, mais au moins l’animation ne rame pas et les combats sont plutôt dynamiques pour le coup, avec une jolie mise en scène des attaques les plus puissantes et des effets spéciaux bien dans le ton.

Les musiques, quant à elles, ont été réalisées par Masafumi Takada, un professionnel dans ce domaine puisqu’on lui doit les B.O. déjantées de No More Heroes et Killer 7! Le doublage des héros, en japonais, est assez immersif malgré le fait que votre personnage principal soit muet comme une tombe et se contente de hocher la tête ou de faire certaines mimiques. Frustrant. Gros bémol par contre : le sous-titrage n’est malheureusement qu’en anglais !

Un jeu pour les fans… mais pas que

Digimon Story: Cyber Sleuth est une jolie petite surprise au final. Clairement pas le J-RPG de l’année, mais un titre plutôt solide dans son gameplay et son aspect collectionnite, qui propose une réalisation correcte et un scénario qui se laisse agréablement suivre, le tout sur une bande originale signée par le compositeur de No More Heroes. Un bon petit RPG classique qui plaira aux fans de la licence, mais aussi à tous ceux qui aiment le jeu de rôle nippon en général !

La bande-annonce

Réalisation: 14/20

Les graphismes en Cel-Shading sont sympathiques et respectueux de la licence, avec un design des monstres très fidèle à la série, tandis que l’animation est vraiment fluide et les couleurs assez vives pour un rendu manga réussi. Malheureusement, le jeu tourne sur une PS4, console surpuissante qui nous a habitués à bien mieux niveau réalisation graphique. A noter que le jeu sort également sur Vita, mais nous n’avons pas pu tester cette version.

Gameplay/Scénario: 15/20

Le gameplay fait dans le J-RPG au tour par tour pur et dur, mais la roue de sélection des actions et les diverses compétences sont plutôt bien pensées. Les affinités donnent un petit côté stratégique aux joutes, tout comme la barre de chronologie des actions. A côté de ces combats classiques, certes, mais plaisants, on retrouve un système de quêtes bien fichu et une Digifarm qui s’avère plus chronophage qu’il n’y paraît. S’ajoute à cela l’aspect collectionnite de Digimons avec pas moins de 240 créatures à apprivoiser, le tout au travers d’un scénario qui se laisse suivre, même si vous devrez vous taper quasiment 1h30 de cinématiques en début de jeu.

Bande-Son: 17/20

Masafumi Takada, l’homme derrière les B.O. de No More Heroes et Killer 7, se retrouve aux commandes musicales de ce Digimon Story Cyber Sleuth pour un résultat qui fait plaisir à entendre ! Le doublage japonais suit la même tendance et l’univers mélodique du jeu s’en retrouve grandement amélioré.

Durée de vie: 16/20

Comptez environ une cinquantaine d’heures pour finir le soft, sans compter le recrutement des 240 Digimons et le mode online qui rallonge largement cette durée de vie.

Note Globale N-Gamz.com: 15/20

Sorti de façon un peu anonyme, Digimon Story Cyber Sleuth mérite pourtant que l’on s’y attarde pour peu que l’on soit fan de la saga ou de J-RPG au tour par tour. Profitant d’une histoire sympathique quoiqu’un peu lente à démarrer et d’un système de combat classique mais efficace, ce jeu de rôle devient rapidement chronophage, surtout si l’on se prend d’affection pour nos Digimons. Attention néanmoins, le titre est resté dans la langue de Shakespeare. Vous voilà prévenus !



About the Author

Chizuna
Chizuna
Passionnée de jeux vidéo depuis l'âge de mes 7 ans, j'ai commencé à jouer à des survival horror tel que Resident Evil mais je suis avant tout une grande passionnée de RPG, surtout les Final Fantasy et plus particulièrement le VII et le X. Depuis peu, je me suis mise à jouer à des FPS. Pour les mangas, j'aime beaucoup les seinens, particulièrement ceux axés sur le thriller (Doubt, Judge et Consuctor), J'aime aussi le shonen avec une petite préférence pour Arata. Je vais très souvent au cinéma, au minimum deux fois par mois et mes genres de prédilection sont le fantastique, l'horreur, l'action et les films de guerre.