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Si vous connaissez Berserk, l’œuvre de Miura Kentaro, alors vous avez: de un, très bon goût en matière de mangas et de deux, vous savez que cet univers se prête à merveille à des adaptations vidéoludiques de par sa nature fantasy violente. Étrangement pourtant, il n’a eu droit qu’à deux jeux durant ses 30 années d’existence. Heureusement, Berserk and the Band of the Hawk vient rectifier le tir, bien décidé à rattraper le temps perdu en couvrant la quasi-totalité de l’histoire du manga! Prenant la forme d’un « Musou », autrement dit un soft dans lequel un puissant guerrier décime des armées entières à lui tout seul (idéal quand on connaît la série), le titre va-t-il faire mouche dans le coeur des fans ? Aiguisez votre Dragon Slayer et venez le découvrir avec nous dans ce test… Enragé !

La rage du Berserker !

« Guts et son univers Dark Fantasy débarquent sur Next-Gen »

Berserk commence alors que le jeune Guts, né des entrailles du cadavre de sa mère et élevé par une troupe de mercenaires sans pitié, commence sa carrière en tant que l’un d’eux. Ne connaissant que le conflit, notre homme est capable de prouesses guerrières sans précédent, y compris le fait de pouvoir manier une épée aussi grande que lui en tranchant des ennemis par dizaines avec chaque coup qu’il assène. C’est dans le tumulte incessant des combats qu’il rencontre la Troupe du Faucon. Cette bande, guidée par le stratège Griffith, engage notre héros dans ses rangs. Dès alors, les évènements vont s’enchaîner dans une spirale de violence, de complots et de dangers surnaturels…

Le mode histoire de Berserk and the Band of the Hawk est sans nul doute le clou du spectacle de ce jeu vidéo. En effet, il suit de très près l’histoire du manga, qui se trouve être l’une des œuvres écrites les plus profondes de l’univers seinen. Certes, des passages moindres et autres protagonistes secondaires n’y apparaissent pas, mais les développeurs ont mené un travail acharné pour incorporer tout le scénario des 30 premiers volumes avec une attention particulière pour les détails ! Très souvent, les dialogues entre personnages seront d’ailleurs repris au mot par mot, c’est dire. De fait, ce mode se veut assez long, avec une moyenne de 20 heures pour le compléter et ce, en difficulté normale et si vous ne souhaitez pas finir tous les récits à 100%.

« Quelques rares cinématiques, plutôt bien réalisées, ponctuent un mode story vraiment long »

Un petit bémol cela-dit: beaucoup de cinématiques ne sont pas animées et consistent seulement en deux personnages ou plus se parlant, immobiles, via une boîte de texte. Néanmoins, chaque ligne de dialogue est doublée par les acteurs originaux en japonais, ce qui rajoute tout de même une âme à ces scènes autrement très statiques. Heureusement, l’aventure sera ponctuée par quelques rares séquences entièrement animées en CGI avec motion capture, et le résultat est plutôt aguicheur ! Ce qui m’amène directement au deuxième bémol du mode Story…

En effet, la majeure partie des scènes de l’arc « L’âge d’or » bénéficie, en guise de cinématiques, d’un simple copié-collé des films « Berserk : The Golden Age » sortis en 2012. L’animation de ces long métrages n’était hélas pas des plus impressionnantes à l’époque, et l’ensemble nous laisse avec un arrière-goût de fainéantise. Honnêtement, je ne pense pas que présenter aux fans quelque chose qu’ils aient déjà vu soit le plus judicieux des choix, alors qu’une réinterprétation de ces événements aurait pu nous être offerte en utilisant le moteur du jeu, plus que valable.

Seul contre tous…

« Un combattant seul contre une armée entière… Mûsou pour souche! »

Pour ceux qui sont familiers avec le concept des jeux Musou/Warriors, le gameplay ne sera pas une grande découverte. Ce dernier consiste en du hack n’ slash à la troisième personne dans lequel votre personnage se heurte à des armées entières d’ennemis tout en cherchant à prendre le contrôle du champ de bataille. En détruisant les avant-postes, en éliminant les soldats haut-gradés et en empêchant l’avancée de vos adversaires, vous vous rapprocherez de la victoire. Berserk ne change pas la formule, mais ajoute quelques éléments de temps à autre pour mettre en peu de piment dans vos parties, notamment via des combats de Boss totalement épiques !

Vous vous déplacerez donc au sein d’environnements très spacieux, soit par vos propres moyens, soit sur un destrier de guerre. Dans les deux cas, dès que vous presserez une direction pendant quelques secondes, votre vitesse de déplacement sera accrue. Au niveau de vos moyens offensifs, vous pourrez asséner des coups légers mais rapides avec la touche carré et des coups lourds et plus lents avec triangle. Bien-entendu, vous serez libre d’effectuer des combos, plus ou moins longs, selon vos besoins sur le terrain ! Vous disposerez ainsi d’attaques très larges pour vous débarrasser d’un groupe d’ennemis vous encerclant, de stingers pour frapper des adversaires se trouvant à distance et même de prises vraiment jouissives pouvant faire trembler le sol avec… le crâne des félons qui s’opposent à vous !

« Faites coucou au bras canon de Guts! Cobra peut se rhabiller! »

En avançant dans le mode histoire, vous débloquerez également des armes secondaires, qui varieront en fonction du perso. Bien que peu puissantes, elles vous permettront d’être plus efficient dans certaines situations demandant plus de finesse et de stratégie (sauf pour la main canon de Guts… Là c’est juste une arme de bourrin comme on les aime). Leur particularité, c’est que suivant le costume que vous choisirez pour votre héros, elles changeront pour refléter l’évolution de ce dernier selon l’époque durant laquelle il a porté ces vêtements dans le manga. Les détails ont leur importance et Omega Force l’a bien compris!

Mais que serait un jeu qui a pour titre « Berserk » sans une barre de… folie ? Rassurez-vous, lorsque vous aurez décimé assez d’adversaires, votre jauge de « frenzy » vous permettra littéralement de déchaîner toute votre puissance guerrière durant une courte durée de temps pendant laquelle vous ne serez plus sujet aux dégâts, tandis que votre puissance d’attaque sera décuplée. Dans ce mode, si vous tuez assez d’ennemis pour remplir votre fameuse barre de Berserker, vous pourrez effectuer un coup dévastateur qui balayera tous les opposants à votre portée en un clin d’œil ! De loin l’attaque la plus spectaculaire et visuellement jouissive du jeu !

Fun mais répétitif?

« Vous affronterez aussi bien de simples soldats que des monstres titanesques! « 

Avant chaque bataille, vous aurez l’occasion de préparer vos pièces d’équipement. Composées d’objets remportés durant vos missions, ces dernières vous offriront divers bonus et boosts de statistiques pour vous aider en combat. Elles pourront être améliorés en utilisant des matériaux, eux aussi trouvés sur le terrain ou achetés dans le magasin. Enfin, vous pourrez les amalgamer entre elles pour créer des objets uniques et d’une puissance remarquable !

En général, les missions pourront vous prendre entre 10 à 30 minutes pour les compléter. C’est un point qui pourra être une bénédiction pour certains mais également une malédiction pour d’autres. En effet, les Mûsou sont reconnus pour être fun, mais aussi répétitifs. Vous vous retrouvez à compléter la même tâche encore et encore, ce qui pourra parfois vous paraître ennuyeux. Berserk and the Band of the Hawk n’échappe hélas pas vraiment à la règle, mais nous balance heureusement des combats de Boss en 1 contre 1 qui secoueront le joueur, le revigorant pour la suite ! En définitive, je dirai qu’il vaut mieux pratiquer le soft pour trois ou quatre missions par session de jeu, au-delà de quoi la nature répétitive des niveaux aura tendance à lasser.

Un monde de brutes, certes, mais pas sans charme !

« Parmi les personnages jouables: le légendaire Nosferatu Zodd! »

Graphiquement parlant, Berserk est très impressionnant pour un jeu du genre. Les textures sont incroyablement détaillées et le nombre de polygones élevé rend hommage à l’oeuvre originelle ! Vous pourrez d’ailleurs apercevoir un petit filtre cell-shading par-dessus les modèles des personnages qui donne un rendu plus « manga », tant pis pour les fervents partisans du réalisme ! La réalisation proposée donne ainsi littéralement vie à l’univers sanglant de Berserk, le soft pouvant se vanter d’être le Mûsou faisant apparaître le plus grand nombre d’ennemis dans le genre, avec parfois plus de 150 ennemis à l’écran sans le moindre ralentissement !

Paradoxalement, le roster de personnages est plutôt petit comparé à d’autres productions du style pouvant compter jusqu’à 30 ou 40 protagonistes jouables. Ici, nous n’avons qu’un total de 8 héros, mais qui présentent chacun un gameplay totalement unique. Chaque attaque, chaque arme secondaire et chaque action « frenzy » sera totalement nouvelle pour le gamer et apportera une fraîcheur bienvenue ! La différence entre guerriers est d’ailleurs tellement importante que même leur façon de se déplacer vous paraîtra inédite !

« Un grand soin a été apporté aux modèles des personnages »

En dehors du mode histoire, vous pourrez également jouer le mode « Eclipse Infinie » afin de débloquer des costumes et équipements bonus, lequel consiste en une multitude de mini-missions totalement à part du scénario de Berserk, qui mettront vos capacités à l’épreuve en vous envoyant des marées d’ennemis, un peu comme un mode survie mais sans les boost généreux pour votre santé entre chaque vague.

Malheureusement, il n’y a pas de co-op ou de jeu en ligne (comme souvent dans les Mûsou), du coup c’est le Story Mode, le mode Libre et l’Eclipse qui formeront l’ensemble de ce que le titre vous proposera. Ne vous laissez pas duper par ce faible nombre: vous êtes bon pour plus d’une centaine d’heures de combats violents et gores, surtout si vous visez le 100% !

Enfin, dernière petit chose à noter, qui refroidira sans doute quelques-uns d’entre vous, Berserk est entièrement doublé en japonais, sous-titré en anglais et… c’est tout ! Pas de traduction française des textes ! Pour les non-anglophones, le mode histoire risque donc d’être assez rasoir…

L’épéiste noir continue sa quête de vengeance!

« Le soft n’a pas peur de montrer les litres de sang que vous allez faire jaillir! « 

Dans l’ensemble, Berserk and the Band of the Hawk souffre des mêmes tares que les autres Mûsou: un gameplay fun mais qui peut s’avérer répétitif sur le long terme, un mode histoire qui laisse parfois sur sa faim et un manque de contenu coopératif. Cela dit, sa réalisation de haute volée et les petites étincelles qui le différencient de ses concurrents sont assez conséquentes pour le faire sortir du lot et vous offrir une alternative intéressante.

Pour les fans du manga et de l’anime, vous obtiendrez ainsi une expérience jouissive malgré quelques découpes mineures dans l’histoire, et vous prendrez un malin plaisir à contrôler les personnages dont vous avez lu les sanglantes aventures ! Pour les fans des Mûsou en général, vous y retrouverez toutes les marques du genre, mais qui s’apparentent ici plutôt à un Ken’s Rage de par son contenu très violent tiré de l’univers d’un manga. En l’état, ce Berserk made in Omega Force s’avère donc être une excellente adaptation vidéoludique d’un seinen tout bonnement culte. Vous auriez tort de vous priver, non?

La bande-annonce

Réalisation: 17/20

Des graphismes tout simplement époustouflants et très fidèles au manga, des marées d’ennemis déferlant sous vos attaques, des effets spéciaux convaincants et spectaculaires… Bref, Berserk est très solide côté visuel. Le framerate, bien qu’il soit bloqué à un « petit » 30FPS, est très stable et ne ralentit jamais, ce qui est surprenant vu tout ce qu’il se passe ! De plus, les modèles des personnages sont extrêmement soignés et le nombre de costumes pour chacun vous laissera bouche bée.

Gameplay/Scénario: 16/20

Le gameplay est l’une des pièces maîtresses du soft. Non seulement il est très jouissif et plutôt complet dans son genre, mais il offre aussi une grande variété au travers des personnages radicalement différents à incarner. De plus, chaque arme secondaire vous permettra de mettre en pièces vos ennemis  de manière flamboyante et le mode « frenzy » vous donnera l’occasion de vous déchaîner comme jamais ! Côté scénario, je suis plutôt content de voir que le mode histoire suit très fidèlement les tomes du manga. Parfois au mot près dans les dialogues ! Cependant, il est dommage que la plupart des cinématiques du premier arc ne soient que des scènes tirées des films animés de 2012 ! Plus de cinématiques en CG auraient été les bienvenues.

Bande-Son: 17/20

La bande-son de Berserk and the Band of the Hawk est grandiose et entièrement orchestrale. Chaque morceau donnera une ampleur spéciale aux affrontements, mais saura aussi vous poser dans un cadre calme et profond lorsque vous vous retrouverez dans votre menu de mission. Bien que les compositions ne soient pas aussi mémorables qu’escomptées, il est impossible d’imaginer les combats sans elles ! Énorme point positif également avec le doublage japonais qui reprend les acteurs originaux de l’anime ! L’expérience de ces comédiens se ressent à travers chaque ligne de dialogue, donnant à l’ensemble une authenticité jamais prise en défaut.

Durée de vie: 19/20

Pour terminer le mode histoire, il m’a fallu une vingtaine d’heures, ce qui n’est déjà pas mal, mais j’ai perdu le compte des heures que j’ai passé à terminer chaque mission secondaire, à pousser mon score de plus en plus loin en mode Eclipse et à essayer de faire monter chaque personnage de niveau ! Vous pouvez donc littéralement quintupler ce score si vous voulez atteindre le sacro-saint 100% !

Note Globale N-Gamz.com: 18/20

Berserk and the Band of the Hawk est un jeu que beaucoup de fans de la série attendaient impatiemment. Et pour leur plus grand bonheur, le titre ne déçoit absolument pas et nous transporte dans le monde à la fois merveilleux et violent du manga de Miura Kentaro. Vous ressentirez toute la puissance de vos personnages à travers le gameplay rapide et brutal à souhait, durant les innombrables missions d’un mode histoire fidèle à l’oeuvre originelle. Arborant une durée de vie colossale, le bébé d’Omega Force se pare qui plus est d’une réalisation haut de gamme. Autant dire que si vous êtes fan, vous allez adorer ce jeu. Pour les autres, l’intérêt sera sans doute moindre mais le titre fait quand même partie du haut du pavé dans sa catégorie!



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Snakethoot
Snakethoot
Je baigne dans la culture vidéoludique depuis ma plus tendre enfance, elle m'a façonné, elle m'a donné le goût pour les passions qui m'animent aujourd'hui. J'accorde la plus grande importance à chaque détail, aussi infime soit-il, pour être certain de saisir tout l'arôme que l'expérience d'un jeu-vidéo peut m'amener (Appelez-moi le romantique virtuel...). Cosplayeur à mes heures perdues, mon dévolu se jette aussi sur le septième art, les comics et la musique. Les passions comme les avis sont faits pour se partager et se discuter, ne soyez pas timides!